‹ Considérations sur l'histoireChapitre 56 sur 143 · I. Manon, livre VI · texte numérisé non relu

I. Manon, livre VI

î. Livre XII.

Siô CONSIDiiRATIOXS SUR L'HISTOIRE.

dans ce monde, comme par exemple un sacrifice pour obtenir de la pluie, ou dans l’autre vie, comme une oblation faite dans le but d’être récompensé après la mort, est déclaré lié au monde; mais celui qui est désintéressé et dirigé par la connaissance de l'Être divin est dit détaché du monde.

« L’homme qui accomplit fréquemment des actes religieux intéressés parvient au rang des dieux (dévas); mais celui qui accomplit souvent des œuvres pieuses désintéressées se dépouille pour toujours des cinq éléments, et obtient la délivrance des liens du corps.

« Voyant également l’Ame suprême dans tous les êtres, et tous les êtres dans l’Ame suprême, en offrant son ûme en sacrifice il s’identifie avec l’Être qui brille de son propre éclat. »

Dans cette dernière strophe se trouve résumée toute la théologie des brahmes.

Les peuples actifs créent des dieux actifs, ils les détachent de la nature parce qu’ils s'en détachent euxmêmes et la prennent pour objet de leur énergie : ils sont anthropomorphes au premier chef. L’Indou contemplatif se noie dans la nature, son dieu suprême, Brahma, ue se donne pas la peine de créer — il laisse les choses dériver de lui dans le repos de son étemelle substance. Rien ne l’émeut, il est impassible, la quiétude même. Ce ne pouvait être tel quel un dieu populaire. Aussi le peuple sut-il l’arracher à sou impassibilité en l’incarnant. Le peuple a besoin d’aide en ses misères, il a besoin de médiateurs; le peuple indou a donné ce rôle principalement à Mithra. Avant que Bouddha vint pour le délivrer de ses misères, il se choisit l’un des personnages de la Irinité indienne, Vischnou, et le fit

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