I . J ajoute, ni omnipotent
L'ORIENT
cet aliment dérisoire qu’un mécompte, quand ce n’est pas un regret aigu enfoncé dans le cœur saignant. Honneurs, argent, volupté, plaisirs, pouvoir, autant de mirages dont se sert la grande Maya1 pour nous fasciner, pauvres crédules, et nous retenir en son giron I Tout est faux, tout est creux : il n’y a rien que notre désir et le vide, dont le mariage condamné à un avortement perpétuel n’enfante d’autre réalité que notre misère : finissons-en donc et détruisons en nous toute velléité d’existence.
La métaphysique attriste, l'Inde métaphysique, bien avant l’apparition de Bouddha, s’est déjà vouée à la tristesse ; l’Indou pense, il sent, s’énonce dans le mode mineur.
« L’homme ici-bas n'est pas libre dans ses actes ni maître de lui-même, dit le Ramayana, c’est le destin qui le traîne à son gré çà et là dans le cercle de la vie.
« Tel qu’un morceau de bois flottant se rencontre avec un morceau de bois promené dans l'Océan, les deux épaves se joignent, elles demeurent quelque peu réunies et se séparent bientôt pour ne plus se rejoindre : ainsi, les épouses, les enfants, les amis, les richesses vont de compagnie avec nous dans cette vie l'espace d’un instant, et disparaissent; car ils ne peuvent éviter l’heure qui les détruit. »
Cette tristesse, Bouddha qui en arespiré tous les poisons les concentre dans son cœur et les distille dans sa dialectique.
Nous l’avons dit ailleurs1, l’Oriental, terrassé par le
<■ L'Illusion, que les Thibélaing bouddhistes appellent la mère de Dieu.