Byronia grandis, fruit rouge
Tu regardes son corps, blanc sur sa couche brune.
Aminci par le deail comme un croissant de lune
Et tout en elle est deuil I
C’est que ce cher trésor est à moi tout entier. Comme au jour du départ l'absent peut s’y fier.
Ah! qu'ils pèsent ces jours de l’humide saison A l’absent tourmenté par le maître aux cinq flèches! Parfois les bois mouillés, arec leurs senteurs fraîches, Douces comme l'odeur qui flotte sur tes pas, T'évoquent un moment à mes yeux , et mon bras, Comme pour t'enlacer, ma jeune bien-aiméo.
S'élance dans le ride et presse une fumée I
Comme moi, cœur Adèle, en ce cruel divorce,
A U réflexion demande un peu de force ;
Quel être dans ce monde a reçu du destin Le bonheur sans limite ou le malheur sans fia?
Il faut qu'en son retour la roue infatigable Relève incessamment ceux que la chute accable.
Ainsi parla l’époux exilé. Le nuage A la nymphe éplorée apporta le message.
Houvéra l’entendit et, louché dans son cœur. Oubliant à la fois la faute et la rigueur. Réunit les amants, et de joie éternelle Entoura les be aux jours de ce couple fidèle.
La volupté et l’amour, à travers les regrets, respirent dans cet hymne de la nostalgie conjugale. Mais son caractère panthéiste n’est-il point marqué à chaque vers, ne se trouve-t-il pas dans l’inspiration même qui fait du nuage, ce passant des airs, le confident et le messager des époux séparés?
La force de l’union conjugale est dans la famille. L’étymologie déjà nous informe de la place qu’elle tint
I . Les métaphores lunaires sont très en honneur chez les Indous comme chez les Germains panthéistes.
:U8 CONSIDÉRATIONS SLR L’HISTOIRE.
chez les Arvas primitifs. Le père signifie protecteur, d’après les racines qui subsistent dans le sanscrit ; la mère celle qui ordonne et distribue; le frère est le porteur, l’aide; la sœur celle qu’on soigne; la fille, la laitière : c’est la vie patriarcale se reflétant dans la langue avec une pittoresque naïveté *. Ce culte originaire de la famille, le brahmanisme ni le bouddhimse ne l’ont pas effacé du cœur de l’Indou, malgré leur esprit monacal et solitaire : ne voit-on pas l’épouse émigrer avec l’époux daus les retraites de la pénitence? L’Orient mahométan est voilé, il relègue la femme à l’écart dans la maison et sur le seuil met en sentinelle la jalousie. Ni la vierge ni l'épouse ne marchèrent voilées dans l’Inde : t le voile de la femme, dit le Ramayana, c’est la vertu de l’épouse. »
L’enfant est le couronnement de l’union conjugale et le centre de la famille, les époux se joignent, se pénètrent, se continuent en lui.
L’Indou se montre tendre et compatissant à l’enfant :
« .... Car il n’est point dans la nature de sensation plus délicieuse que le toucher d’un enfant.
« Tous les pères, éloignés quelque temps de leurs fils, se réjouissent à leur vue, ou plutôt no cessent un instant tfë les avoir présents à la pensée 1 toi seul donc demeurerais insensible à cette impulsion universelle?... toi seul entendrais, sans en être ému, ces touchantes paroles que prononce pour le père lebrahmaue à la naissance d’un enfant?...
* O toi qui proviens de toutes les parties de mon être, toi le fruit précieux de mes entrailles, toi qui es mon
i A Weber, Indiscbe Sludien.
L’ORIENT
âme même, puisses-tu vivre cent ans ! Sur toi repose le soin de mon existence, de toi dépend la perpétuité de ma race ; vis donc heureux, ô mon fils, l'espace de cent ans « Écoute la voix de nos anciens sages, rappelle-toi ce que, dans leurs chants immortels, ils ont dit de la femme, cette compagne modeste de l’homme : c’est elle qui dans le fils qu’elle lui donne prolonge son existence en le faisant revivre dans cet autre lui-même ; c’est à ce fils qu’il doit la délivrance des âmes de ses ancêtres. La femme est la moitié de l'homme, elle est son-ami le plus tendre : par sa voix caressante, elle sait dissiper les ennuis de sa solitude ; elle est son consolateur dans les peinqp inséparables des sentiers de la vie ; et à la mort de son époux, avec quel dévouement ne se précipite-t-elle pas sur le bûcher funèbre, résolue à ne point s’en séparer et à partager à jamais son sort, quel qu’il soit ? Plus religieuse que lui, souvent elle rallume dans son cœur une faible étincelle de vertu qui allait s’éteindre, le sauve ainsi à son - insu, et attire sur sa tête les faveurs de Brahraâ.
« Non, il n’est point de spectacle plus touchant que celui d’un père respectable, entouré de sa femme et de ses nombreux enfants : de quel transport n’est-il pas luimême saisi lorsqu’il reconnaît dans ces innocentes créatures sa vivante image?... Quand un enfant accourt vers son père, et qu’il se précipite dans sou sein pour l’embrasser, quoique tout couvert de la poussière qu’il vient de soulever dans ses jeux, quelles délices sont comparables à celles que lui procure ce baiser I »
« ... La petite fourmi protège ses œufs et ne les brise