‹ Considérations sur l'histoireChapitre 82 sur 143 · Mahabharata, épisode de Sacoumala · texte numérisé non relu

Mahabharata, épisode de Sacoumala

past... et toi, être doué du gentiment de la vertu et de la justice, tu ne protégerais pas, tu ne chérirais pas cet être faible à qui tu as donné la vie ? »

La famille fait le mariage plutôt que le mariage la famille : où l’enfant manque il peut y avoir des amants ou des amis conjugaux — il n’y a pas de vrais époux. Le code de Manou permet à l'homme de délaisser la femme stérile : la fin de l’union d’après lui est la naissance de l'enfant, ou pour mieux dire du fils qui doit faire renaître le père du sein de la mère. La plus grande vénération est prescrite aux enfants envers leurs parent» : le père pçut les chdtier et les frapper, mais seulement avec un roseau de bamltou.

Les animaux ne vivent en couple qu’en vue de leur progéniture; ils cessent d’être monogames quand cesse pour la progéniture la nécessité de leur aide. Cela se vérifie particulièrement chez les oiseaux, le nid est une prophétie. L’homme est monogame parce que pour lui la famille ne cesse pas d’exister une fois qu’elle a pris naissance. La polygamie existait dans l’Inde, mais atténuée par le génie austère et délicat de la race. Le code de Manou est implacable pour l’adultère, mais il proscrit la vente des femmes et ne veut pas que celles-ci soient dotées même sous prétexte d’indemnité au mari : une union contractée de cette façon est celle des asouras ou des mauvais esprits. Afin de ne pas rompre tout à fait avec l’antique coutume patriarcale, le don d’une vache ou d’un taureau est permis toutefois, mais seulement dans un but de consécration religieuse. Cela s’appelle l'union des saints. Le mariage uniquement contracté pour la satisfaction d’un penchant réciproque se nomme l’union

L'ORIENT

des musiciens célestes, celle des gandharvas : le code de Manou ne lui est pas favorable — est-ce parce qu’elle surpasse les simples mortels ou qu’elle ne tient pas assez compte du poids de la terre et des obligations morales du mariage? Si un père remet sa fille aux mains du fiancé avec ces mots : — Remplissez tous les devoirs qui vous incombent — il a consacré l’union du créateur ; la donne-t-il richement vêtue, ornée de parures à un homme versé dans les saintes écritures qu’il a invité et reçu avec honneur dans sa maison, c’est l'union selon Brahma. Le don est-il fait à un prêtre en fonction, il marie sa fille d’après le rite des dieux. La pire façon de contracter un mariage est celle par le rapt, c’est l’union des géants; encore pire cependant est le mariage si le séducteur a d’abord enivré la jeune fille à l’aide de boissons capiteuses, ce qui est l’union des sangsues. D’après le livre de Manou, les mariages contractés par vente, pure inclination, ou séduction, portent de mauvais fruits; il n’en peut résulter que des fils cruels, menteurs, ou méprisant les védas. Le code défend de marier la plus jeune sœur avant l’aînée, il n’aime pas qu’on prenne sa femme dans le cercle d’une parenté trop rapprochée, ou dans une famille où régnent des maladies, non plus que dans celles qui négligent les pratiques religieuses. Il convient de choisir autant que possible une jeune fille qui ait le maintien décent du cygne — ou de l’éléphant 1 — qui ait les dents petites et les cheveux fins. Qu’on évite celles qui ont la voix forte, les yeux rouges, la bouche loquace, ou celles dont le corps est poilu.

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