LA TRAGÉDIE : SOPHOCLE
Le destin supérieur aux hommes et aux dieux. — La justice en lutte avec le destin; leur rencontre dans le fatum moral. — Les dieux sacrifiés à la justice. — La filiation des ouvres. — La tragédie dans l'histoire. — La sérénité grecque. — Aristophane et Sophocle. — Le chœur.
La tragédie est la lutte de l’homme avec le destin.
Sadi, poêle moraliste de la Perse, dit que : « toute personne en haine de laquelle les révolutions du globe s’accomplissent, la fortune la dirigera ailleurs qu’à son avantage. »
— « Hélas 1 pour ceux qui ont contre eux la destinée, le malheur s’enchaîne au malheur, » s’écrie le poêle indou Kalidasa*.
Le destin, envisagé comme puissance suprême, n’appartient qu’à la Grèce ; elle seule en a fait la théorie, il règne en maître sur son théâtre, il y gouverne les dieux euxmêmes, et jusqu’à Jupiter maître des dieux et des hommes :
PHOMÉTHÉE.
L’art est une bien faible puissance auprès de la nécessité.