LE BOUDDHISME
Bouidiia; l'exlinction du désir; le Nirrâna. Vanilë et misère de l'èlre, victoire sur la métempsycose. — Le problème de la destinée ; les génies religieux. — Prosélytisme, dialectique do Bouddha. — Les disciples. — Origines : systèmes philosophiques, le Saiikhya. — La tristesse métaphysique. — L’Indou et l’Anglo-Saxon. — L'égalité des hommes devant la souffrance. — La compassion. Morale bouddhiste. — Transaciioa du brahmanisme et du bouddhisme ; le Uaghaval-Gita. — Bouddhisme populaire dégénéré. — Li'gendes et miracles; métamorphoses. — Conclusion.
Le Itrahmanisme n’avait plus rien à faire, il était complet et partout victorieux : l’abstraction s’étalait en haut, les superstitions abondaient en bas, le code de Manou et ses classiScations réglait toutes choses depuis la journée des rois jusqu’à celte des soudras esclaves. L’ascétisme avait répandu sa torpeur sur le monde indien, engourdi son àme et paralysé sa volonté.
A cette époque, environ cinq siècles avant Jésus, parut Bouddha, le Christ indien. Une naquit pas dans une étable mais sur les marches d’un trône, au milieu des splendeurs d’une cour orientale, dans la famille royale desÇakya qui availsonsiége sur les premiers versantsnord del’Himalaya. A l’âge de seize ans on lui donna en mariage trois femmes avec lesquelles il mena joyeuse vie. Parvenu à l’âge de vingt-neuf ans, il aperçut un jour durant une promenade, du haut de son char princier, un malade, un vieillard, un cadavre, étendus au bord du chemin, et poursuivant sa route il arriva dans un village dont les habitants se
L’ORIENT
trouvaient plongés dans la plus extrême misère. Ces spectacles le jetèrent en une profonde méditation sur les maux qui remplissent le monde et lui inspirèrent la résolution d’abandonner lacouronne pour se vouer tout entier à la recherche des causes d’où naissent les souffrances qui désolent l'humanité. Son père s’opposant à son dessein, il quitta secrètement le palais, rasa ses cheveux, ne conserva qu’un vêtement jaune — le jaune est la couleur des familles royales dans l’Inda — prit le nom de Çakya-Mouni , qui signifie moine de la race des Çakya, et se rendit en pèlerin mendiant jusqu’à la capitale du royaume de Magadha, dans le voisinage de laquelle se trouvaient les plus célèbres ermitages et les écoles des plus célèbres brahmanes. Il apprit très-vite tout ce que les brahmanes savaient et comprit leurs enseignements, mais comme ils ne purent lui dire exactement quelles étaient les causes des souffrances, humaines, ni quel remède il y avait à ces souffrances, il résolut de se retirer au fond des bois, dans un complet isolement, et par les plus austères pénitences et la réflexion opiniâtre de pénétrer jusqu’à la vérité. Il mena cette vie pendant six années sans parvenir à la parfaite intelligence de ce qu’il cherchait à découvrir. Ayant cru remarquer au bout de cette période que la faim affaiblissait l’esprit, il se détermina à prendre une nourriture modérée. Après cela, assis sous le figuier légendaire à l’ombre duquel il viendra mourir, il tomba dans un recueillement plus profond encore et fut enfin frappé de la lumière de la vérité*. Il se leva alors, et la sébile à la