‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 86 sur 156 · Code de Manou · texte numérisé non relu

Code de Manou

L'ORIENT

rable ! Cependant il est vrai de dire que les femmes comme les enfants préfèrent ce qui brille à ce qui éclaire, qu’elles s’attachent au.v personnes plus qu’aux institutions et vi> vent de partialité. La femme ne peut s’empêcher d’aimer, mais quand elle aime quelque chose, derrière ce quelque chose se trouve généralement quelqu’un ; il y a du parti pris, celui de son cœur, dans ses enthousiasmes. L’autorité personnifiée, la majesté princière l’attirent plus que la majesté de la loi. Elle aime la force ou du moins le pouvoir, chose masculine ; l’éclat dans la force l’éblouit et volontiers en toute contrée l’attire, même la précipite sur le passage des princes : un regard princier la fascine, un royal sourire l’enivre; n’est-ce pas la puissance souveraine qui s’incline et se rend à la beauté plus forte?

La femme dans l'Inde vit en pleine théocratie, le prince lui apparaît revêtu des rayons de la divinité. Quelle joie de trouver sous ce rayonnement divin la chaleur humaine, un cœur sensible aux charmes de l’éternel fémim'ft? Voici le roi Douchmanta qui part pour la chasse. Les femmes pour le voir accourent sur les terrasses : « Ohl s’écrient- elles délirantes, c’est l’intrépide Vasou lui-même : Indra armé de ses foudres s’avancerait avec moins de splendeur I » Et mille mains charmantes faisaient à l’envi descendre sur lui une pluie de fleurs, tandis que de vertueux brahmanes, les bras tendus vers le ciel, cherchaient à attirer sur le monarque les faveurs de Brahma*. »

Ou comprend que des princes placés si fort au-dessus des vulgaires mortels se dispensassent de suivre en toute occurrence les règles de la morale vulgaire. Jupiter et

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