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des dents et le rétrécissement des arcades dentaires ; d'autre part, le traumatisme produit un arrêt de développement et parfois même l’arrachement du follicule secondaire.
Dans la même communication, il constatait en outre qu'à la clinique des Quinze-Vingts, 55 ‘/, des enfants visités avaient besoin de soins dentaires immédiats et 75 °/,, d’une surveillance active : la plupart d’entre eux étant atteints de caries simples ou compliquées de périostites alvéolo-dentaires, affections justiciables de soins et de pansements et très rarement de l'extraction. Ces mêmes enfants présentaient en outre des affections des gencives, des sinus, des fosses nasales, et même des yeux, affections dont l’origine dentaire était certaine.
Le docteur Pietkiewicz concluait en insistant sur la nécessité pour les médecins-inspecteurs des écoles d'examiner la bouche des enfants et de prévenir les parents des soins nécessaires ; et il demandait à la Société de faire une démarche en vue d'obtenir l’organisation d’un service dentaire dans les écoles commu nales de la ville de Paris, organisation déjà réclamée dans une pétition qui avait été l’objet d’un rapport favorable de M. Levraud, au Conseil municipal de Paris, dans la séance du 2 février 1883.
A la suite de la communication, la Société de médecine publique et d'hygiène consacra plusieurs séances à l'étude de cette question, et dans la séance du 24 octobre, le docteur Galippe donna lecture d’une note concernant l’examer de l'appareil dentaire dans les établisse:
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ments d'instruction publique et les lésions observées par lui à l'Ecole Monge. Son travail très remarquable peut se résumer ainsi :
La fonction de nutrition domine chez l'enfant : il s'accroît et il travaille ; il lui faut donc une ration de développement, une ration de travail et une ration d’entretien. Or, les mauvaises dents ont pour conséquence un mauvais estomac et, par suite, une nutrition insuffisante d’où découle fatalement la déchéance organique. Certains enfants ont des tares héréditaires qui leur rendent la lutte plus difficile, mais si ces enfants se nourrissent, ils sont sauvés, tandis que dans le cas contraire, ils succombent. Malheureusement on sacrifie le développement physique au développement moral ; on s’occupe plus de donner des nerfs que des muscles ; on opère une sorte de prématuration de l'enfant par des programmes trop chargés et par une disproportion trop grande entre l'éducation physique et l'instruction, entre les heures de travail et de récréation. Dans ces conditions, c’est la santé qui succombe ; or, la bouche est souvent le fidèle miroir de la santé générale et il n’est pas d'état de santé compatible avec un appareil masticateur défectueux.
Ces considérations générales étant posées, le docteur Galippe énumère les diverses affections qu’il rencontre chez les enfants soumis à son examen. Ce sont, en général, des caries en relation avec la constitution et l’état général, et justiciables d’un traitement local et général. De 7 à 8 ans, on rencontre des directions vicieuses par développement incomplet des maxillaires ou par la pré-
sence d’une dent de lait, la carie des premières grosses molaires permanentes coïncidant avec la présence de débris de dents de lait et produisant une réaction inflammatoire d'où résultent des douleurs souvent violentes, de la périostite, des fluxions, des abcès et même des fistules. |
De 8 à 9 ans, on observe les mêmes accidents compliqués de fractures de dents.
De 10 à 11 ans, apparaissent les fistules alvéolo-den- :
taires au niveau des premières grosses molaires permanentes et des dépôts de tartre qui entraînent la gingivite et ses conséquences.
De 11 à 12 ans, l'influence de la race, de l’hérédité, de la déchéance physiologique et des tares diverses se fait particulièrement sentir sur la bouche, qui est un lieu de moindre résistance.
Avec l’âge, les malformations deviennent incurables, la carie et la gingivite augmentent, et de 18 à 20 ans, on observe une aggravation des caries dentaires que l’on peut attribuer au surmenage. |
Sur cette influence du surmenage intellectuel sur la carie dentaire le docteur Galippe donne l’opinion du docteur Gitervood de Bloodmigton: « Ce dernier a remarqué que chez les étudiants qui travaillent beaucoup, les dents bonnes s’altèrent rapidement quelques mois après leur entrée à l’école, et rien n'arrête plus les progrès du mal que l'interruption des études. Cela résulte-t-il de ce que le cerveau consomme les aliments phosphatés destinés aux dents, ou de ce que la santé générale souffre de l'excès de travail ?
« Le docteur Harlan affirme que le travail prématuré nuit beaucoup au développement des dents. Chez les écoliers dont les succès sont remarquables, la carie est fréquente. Chez les enfants envoyés tout petits à l’école, souvent l’éruption des dents définitives est préma-
turée, et celles-ci sont de mauvaise qualité. »
Il ya peut-être excès, dans les théories chimiques de la nutrition, à attribuer à la dérivation des phosphates vers le cerveau les accidents dentaires dus à l’étude excessive et prématurée. Mais le fait de cette altération est vrai et n’a pas échappé à bien des praticiens.
C'est ainsi qu’un dentiste de talent, M. Chrétien, a depuis longtemps attiré notre attention sur le fait que nous avons vérifié bien des fois. Chez les jeunes gens surmenés de travail, on voit les dents s’altérer. Aux époques où les excès de travail atteignent leur sammum (examens, concours), on voit les dents atteintes légèrement se perdre définitivement en peu de temps et causer des douleurs atroces.
Le précepte hygiénique en découle tout naturellement et nous avons entendu M. Chrétien répéter bien des fois que plus on voulait faire travailler un enfant, plus on devait prêter d'attention aux moindres accidents dentaires ; selon lui, pour tous ceux qui, dans la lutte pour la vie, abordent les travaux excessifs, pour tous ceux qui suivent la carrière des concours, la première préparation de combat devrait être un examen, un soin immédiat des moindres tares dentaires précédant les grandes périodes
d'excès de travail.
Le docteur Martin, ancien médecin de l'Ecole Poly-
technique, auquel on doit des travaux scientifiques remarquables, dit à ce même sujet :
Les médecins des établissements d'instruction sont généralement bien placés pour observer les conditions dans lesquelles se développent certaines affections, telles par exemple que la carie dentaire. Sans doute la négligence des élèves à l'égard de tout ce qui tient à l’hygiène est un élément qui contribue à créer et à développer cet état de choses; mais il existe une autre cause autrement sérieuse. Nous voulons parler de l’hyperémie à laquelle est soumis l'appareil dentaire et qui remonte à une époque où commence pour les enfants la nécessité de ce travail intellectuel considérable, pour ceux surtout qui se destinent aux écoles supérieures, par cette raison qu'une limite d'âge impose un programme avec lequel on ne peut transiger: Aussi les candidats à ces écoles vont durant plusieurs années s’adonner à un labeur assidu, presque constant, et qui, physiologiquement, se traduit par une congestion de toute la partie supérieure; il en résulte une surexcitation cérébrale qui souvent engendre des étourdissements ; mais le trouble apporté dans la circulation entraîne d’autres phénomènes qui, par la lenteur de leur progression et la façon latente avec laquelle ils marchent, n’appellent pas aussi directement l'attention ; ils n’en sont pas moins graves et cela d'autant plus qu'un jour arrive où le mal est à peu près irrémédiable. Pendant un séjour de plusieurs années à l’Ecole Polytechnique, nous avons pu constater combien est vicieuse la dentition chez la majorité des élèves ; le docteur Magitot à qui est confiée cette branche
met
si importante de l'hygiène, sait, mieux que nous encore, la disproportion entre l’âge des élèves de l’école et la fréquence des accidents de nature diverse et spécialement dé périostite alvéolo-dentaire, presque toujours justiciables de l’hyperémie due à l'excès de travail et Surtout à ces fatigues subies durant le cours de la préparation aux examens.
Le docteur Magitot, dentiste de l’Ecole polytechnique depuis 1865, nota cette influence du surmenage sur l'organisation en général, et secondairement sur l’appareil dentaire, où il accentue l'influence de la race et de l’hérédité. Cet effet se manifeste surtout par des accidents survenant lors de l’éruption des dents de sagesse, accidents consistant surtout en gingivites, en kystes périostiques, tumeurs du périoste, périostites alvéolo-dentaires, que le docteur Magitot dit avoir rencontrés en si grand nombre qu’il n'hésite point à affirmer que 75 à 80 0/0 des élèves de l'Ecole polytechnique sont justiciables des soins du dentiste.
Parlant ensuite des mesures qu’il conviendrait de prendre, il insista sur le nettoyage obligatoire et quotidien de l'appareil dentaire et de la bouche, le lavage après les repas, la défense de manger en dehors des heures du réfectoire, le choix des aliments, etc.
Dans la séance de la même société, le 28 novembre 1883, le docteur Dally constata que 85 0/0 des enfants ont besoin de soins dentaires et il insista sur les conséquences d’une mauvaise dentition, montrant que les maux de dents, source de dyspepsies, arrêtent le travail, amènent l’inaptitude au service militaire et sont,
affirma-t-il, la cause de malheurs personnels et conjugaux (?). D'après lui, l'hygiène peut enrayer 75 0/0 des maux causés par les altérations dentaires et il termina sa communication en demandant la création d’une commission d'hygiène des écoles et l'obligation des soins de la bouche.
Dans cette même séance, le docteur Magitot préconisa la nomination d’une commission chargée d'élaborer les instructions relatives à l'inspection médicale des écoles en insistant sur l'obligation pour les médecins inspecteurs des écoles d'examiner l’état de la bouche, des dents, des veux et des oreilles, en se bornant à signaler les soins à donner sans intervenir eux-mêmes.
Le docteur Th. David fit entendre une note discordante dans cette discussion, en affirmant, à tort à notre avis, que l’hérédité joue un rôle essentiel dans la prédisposition à la carie dentaire et que l'alimentation et les soins atténuent peu les altérations dentaires qui sont dues à la race. Ces affirmations étaient basées, prétendait-il, sur des observations faites dans les lycées de Vanves, Henri IV et Louis-le-Grand où existe une consultation hebdomadaire, indépendamment d’une inspection annuelle et même bisannuelle pour les classes inféieures, inspections destinées à signaler aux familles les soins à donner.
Cette organisation n’ayant eu que des résultats déplorables et n'ayant abouti qu’à de nombreuses réclamations des familles.
Après un certain nombre d'observations présentées par les docteurs Dubrisay, Galippe, Pietkiewiez et
NE
Javal, une commission fut nommée et déposa son rapport dans la séance du 23 mai 1885, sous forme d’instructions relatives à l'examen de la bouche et des dents dans les écoles, rédigées par le docteur Magitot.
Dans ces instructions, après quelques considérations générales, tendant à faire connaître à l'instituteur et au médecin la marche régulière ou anormale des phénomènes de la dentition, indiquant les procédés d'examen ou de contrôle pour chaque période de l’évolution, il formulait les règles élémentaires d'hygiène correspondant aux cinq périodes de dentition :
Dans la 1", qui s'étend du 7° au 36° mois, caractérisée par l’apparition des vingt premières dents qui tomberont de 7 à 12 ans, coincidant avec les accidents dits de dentition caractérisés par des inflammations locales, des stomatites ou des phénomèénés généraux catarrhaux ou nerveux, des anomalies dans la forme, le volume, le siège des dents, des altérations organiques, la carie et ses complications, les instructions d'hygiène se bornent à vérifier l'ordre d'évolution des dents temporaires, à étudier les rapports de causalité existant entre l’éruption des dents et les accidents qui leur sont empiriquement attribués, à constater que les accidents locaux peuvent nécessiter une intervention médicale, à observer des soins obligatoires de propreté consistant dans lemploi de la brosse, de lavages après les repas au moyen de dentifrices neutres ou légèrement alcalins où antiseptiques. Les sucreries et les fruits acides seront interdits et l'extraction de toute dent temporaire sera rigoureusement proscrite.