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glais. La vacherie Massé eut bientôt un succès mérité, et ses animaux remportèrent de nombreux prix.
À ce sujet, dans un exposé sur la race charollaise, V. Borie écrit : La race charollaise était arrivée au sommet de la gloire lorsqu'un bruit fâcheux vint porter une atteinte passagère à sa réputation. On prétendit que Massé avait introduit clandestinement dans ses étables du sang durham. »
Cette citation est un bel exemple du parti pris de ceux qui dénigraient systématiquement le Durham. On n’en voulait plus entendre parler; mais tout en s’extasiant devant de splendides animaux, on les accusait d’'emprunter leur succès au Shorthorn.
Il semble pourtant bien que Massé n'avait introduit aucun Durham ; mais cette allégation est le plus bel éloge que l’on ait pu faire de ses produits.
L'enseignement à lirer de ce qui précède est que Île Charollais a des aptitudes analogues à celle du Courtes- Cornes quant à la production de la viande. Les animaux de Massé avaient encore une forte ossature et restaient propres au travail, ce qui les différenciait des Shorthorns.
Nous en déduirons immédiatement que les qualités semblables des géniteurs de ces deux races en présence ne peuvent que se retrouver dans leurs métis, en se renforçant, assurant à ceux-ci une supériorité incontestable lorsque l’on vise la précocité et l’engraissement.
Vers 1855, de nouvelles introductions furent faites dans une ferme-école sise à Mably, près de Roanne. Diverses inilialives privées s’occupèrent activement de l'élevage Durham et de ses croisements. Tout au début,
ce fut avec enthousiasme que furent produits et élevés les premiers métis. 1Is étaient plus précoces que les Charollais et offraient une vente plus avantageuse à la boucherie: avantage d'autant plus apprécié qu'il coïncidait avec le début de l'augmentation de consommation en viande. Dans les concours on notait les plus hauts poids et les meilleurs exemples de précocité dans les Durhams- Charollais.
Indépendamment du résultat au point de vue viande, l’amélioration se faisait sentir sur les qualités laitières. Mais, pour en arriver à ce résultat, l’éleveur devait avoir une connaissance parfaite des tribus de Durham. Beaucoup ignoraient qu’il existait des familles où les facultés laitières avaient été particulièrement poussées, tout en conservant malgré tout une grande précocité. Les ignorants affirmaient catégoriquement que le Durham était exclusivement un animal de boucherie, alors que l’expérience, par un choix judicieux des tribus, montre un relèvement de la production laitière chez les vaches métis.
Dans différents élevages, les résultats étaient loin d’être concordants. Vers 1858, Tesserenc de Bort, se basant sans doute sur les nombreux échecs d’éleveurs incompétents, jugeait sévèrement le Durham qu’il disait « être regardé comme le rénovateur destiné à transformer d’une manière complète et inespérée toutes nos races françaises, et à leur prodiguer en abondance les qualités qui leur manquaient: poids, perfection des formes, aptitude à l’engraissement. Tout agriculteur qui se respectait devait nécessairement, pour entrer dans ie mouvement, s’adonner aux essais du Shorthorn. Le
Durham a eu ce sort heureux d’être regardé comme un mortel destiné à ramener l'espérance et d’être comme une corne d'abondance pour les contrées privilégiées assez avisées pour s'adresser à lui, la fortune rapide pour les éleveurs qui lui ouvriraient toutes grandes les portes de leurs étables. C’était une panacée universelle destinée à porter remède à tous les maux passés, à guérir toutes les plaies dont souffrait notre agriculteure, à ouvrir un champ large et fécond à la génération dont il devenait le contemporain et le remorqueur ».
Comment faut-il interpréter cette appréciation? Le sarcasme dont elle est empreinte vise-t-elle le Durham ou les éleveurs malheureux de cette race et de leurs métis?Peut-être les deux.Tesserenc de Bort nargue les insuccès mais omet de féliciter avec autant de verve les éleveurs qui ont vu leurs opérations couronnées de succès.
Vers 1865, de nombreux croisements furent pratiqués dans le Cher. A cette époque, M. Chamard écrivait : « Le seul mélange qui nous paraisse réunir pour l'avenir des chances sérieuses de succès est celui fait avec le durham. On le regarde en Charollais comme devant être avantageux. Bien des éleveurs, quoiqu’ils s’en défendent à outrance, ont croisé leurs animaux avec du bétail anglais. Cependant, il convient de dire que malgré les qualités acquises, les mélis sont plus tenus à l'étable qu'à l’herbage. »
Cette citation constitue une appréciation impartiale, maïs la restriction qui s’y trouve est sans portée. Elle vise les métis de première généralion, animaux que l’on sait particulièrement instables, et leur mode de vie ne diffère en rien de celui des animaux de M. Massé qui,
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quoique Charollais purs, recevaient un surcroît d’alimentation à l’étable. Ceci prouve une fois de plus que les conditions d'entretien doivent être modifiées aussi bien quand on sélectionne la race indigène que lorsqu'on y introduit une race améliorée.
Résultats des opérations de croisement
Il est un fait frappant dans ces opérations: c’est la diversité des résultats obtenus. A côté des succès, il y eut des échecs. Mais malgré le discrédit qui fut jeté sur le Durham, il appert que son rôle améliorateur a été plus apprécié qu'on n’a voulu l'avouer et que, souvent, des sujets présentés comme Charollais purs dans les concours avaient du sang Durham.
L'introduction du Durham ayant été pour beaucoup, et dès le début, une question de mode, se traduisit par de nombreux échecs.
Le croisement demande beaucoup de connaissances de la part de celui qui l'emploie, sous peine d'obtenir des sujets décousus inférieurs à ceux de la race locale.
Les opérations étant souvent mal conduites, un grand nombre d'animaux défectueux voisinèrent avec d’autres cependant bien conformés. Magne disait: « Ils sont décousus, ont la tête forte, les membres longs et gros, je corps mince et le ventre levretté. »
En fait, qui doit-on incriminer en présence de ces insuccès: le Durham ou l’éleveur ? La description de ces mauvais métis est un exemple type du « coup en