‹ Considérations sur l'Introduction de la Race Bovine du Durham dans nos Grandes Races FrançaisesChapitre 18 sur 28 · LOS · texte numérisé non relu

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arrière ». Dans tout croisement il faut s'attendre aux manifestations alaviques. Mais pourquoi le Durham a-t-il été mis en cause? A-t-on jamais vu ces animaux avec une ossature développée ? Nous avons assez, et sciemment, insisté dans notre historique du Shorthorn sur les qualités et caractères de l’ancien Teeswaler, animal fin tout prêt à rendre un maximum sous l'impulsion raisonnée des Colling.

Au contraire, qu'était l’ancien Charollais avant son amélioration? Cet animal à ossature forte, était exclusivement un bétail de trait. La tête était grosse, les membres forts, l’encolure grèle, le fanon et le cuir épais. Mathieu d’Oyé améliora ce bétail par le choix judicieux des reproducteurs et l'introduction des fourrages naturels et artificiels.

Les mauvais métis décrits par Magne résultent donc d’un retour aux formes ancestrales du Charollais; mais non du Durham.

On reprocha aux métis d’être moins bons travailleurs. C’est un résultat auquel on devait s'attendre avant même d'entreprendre le croisement. Rien dans le Durham n'indique le tractionneur. Les éleveurs déçus avaient nettement manqué de perspicacité.

Si l’on en croit Tesserenc de Bort, les produits de troisième et de quatrième génération portaient des signes de dégénérescence qui les rendaient inférieurs à leurs ascendants des deux races.

Mais, par ailleurs, nous trouvons une remarque de Magne reconnaissant qu'il n'y eut aucune suite dans les accouplements. Tantôt on s’arrêta à un premier croi-

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sement tantôt on ne donna à une Charollaise qu'un taureau demi-sang ou trois-quarts de sang anglais.

Toutes ces opinions exprimant, de la part de divers auteurs, des points de vue fort différents, montrent l’incohérence des opérations effectuées. Aucune suite, aucune persévérance, des jugements tout faits ne reposant très souvent sur aucune observation personnelle, une mauvaise adaptation des géniteurs métis au milieu extérieur et aux conditions spéculatives de l'élevage, telles furent les causes d’un échec complet dans une opération qui, bien comprise, eut été une source de profits pour notre élevage charolais.

Les croisements ont donné de mauvais résultats parce qu'on les a faits au hasard; enfin, fait important: les métis n’ont pas reçu les soins nécessaires.

En fait, les éleveurs charollais nétaient pas, à cette époque, à même de conduire les opérations compliquées du croisement. La sélection était seule à leur portée, grâce à une connaissance profonde, il est vrai, mais exclusive, de leur bétail. Il est juste de reconnaître a ’ils réussirent magnifiquement dans cette voie.

Notre confrère et ami, M. Monteil, dans un excellent travail, nous fait remarquer qu'il y eut, à la Société d'agriculture de Montbrison des discussions passionnées sur l’éventualité de la suppression des primes accordées aux Durhams dans les différents concours. Le Shorthorn fut renié par les comices malgré l'autorité du Professeur Cornevin qui se résumait en disant « qu'il estimait les Shorthorns utiles dans les croisements et l'obtention d'animaux plus précoces ».

Les jurys de ladite société avaient cependant fait grand

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éloge des animaux issus de croisements Durham-Charollais car, malgré le fonctionnement éphémère de la vacherie de Mably (elle fut supprimée en 1860), de nombreux éleveurs avaient persévéré dans l'élevage des métis.

Entre autres exemples, nous prenons à dessein l’année 1906 qui fut particulièrement sèche, où la nourriture fut donc des plus réduites. Audit concours de Montbrison, M. Vernay de Saint-Foy-Saint-Sulpice présenta un lot de métis remarquables par leur conformation, leurs qualités laitières et l’état parfait dans lequel ils se trouvaient au sortir d’une dure période.

Devant ces résultats, M. de Poncins écrivait que les tribus laitières de Durham étaient préférables au Charollais. Tout en spécifiant que le climat ne se prêtait pas à l'élevage de ces animaux à l’état pur il vantait la valeur des métis et les recommandait aux éleveurs de la plaine forézienne qui voulaient augmenter la ‘production laitière sans renoncer à celle de la viande grasse.

L’obtention d’une quantité maximum de lait en même temps que celle de la viande. serait donc justiciable du croisement; le spéculateur se ménageant ainsi deux portes de sortie suivant que la graisse et les veaux se vendraient bien, ou que le beurre au contraire serait plus avantageux.

Mais, à l’époque où nous nous reportons (1906), les sociétés locales s’insurgèrent contre les primes à accorder aux facultés laitières. Tous leurs efforts. visaient la production de la viande. Peut-être est-ce parce que cette dernière était plus rémunératrice que celle du lait? Il n'en n'est plus de même aujourd’hui,

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Toujours est-il que la faveur accordée au Durham ne ne se maintint pas; fait curieux, malgré leurs introductions discrètes, nombre d’éleveurs se défendirent d’y recourir. Les métis élant souvent fleur de pêcher lrahissaient leur origine, et restaient pour compte sur les champs de foire. Aussi lesdits éleveurs recherchèrent-ils au loin les Durhams blancs afin que le croisement ne modifiât point la robe des produits.

Petit à petit les introductions de sang anglais cessèrent complètement. Mais la sélection obligea malgré tout l’éleveur charollais à fournir à ses produits une meilleure alimentation.

Le cultivateur s’adapta progressivement à la marche des choses. <

La production du méiis impliquant un boulversement trop brusque dans ses habitudes, il est facile de comprenprendre que les méthodes de sélection devaient l’emporter sur celles du croisement.

Pour abandonné qu’il soit de nos jours,

le Durham a-t-il laissé quelques traces de son passage ?

On s’accorde pour affirmer que cette influence aurait été nulle ou tout au moins très minime. Nous ne sommes pas tout à fait de cet avis. Tout d’abord nous savons que le caractère production de la viande grasse est un caractère dominant. En second lieu, les éleveurs chez qui l’on se procure habituellement des géniteurs, abandonnèrent la fabrication du métis uniquement pour une question de clientèle. Mais le sang anglais introduit

dès le début de leurs opérations imprégna leur élevage et fut un puissant adjuvant de la sélection pratiquée dans la suite.

M. Dumazet dit que: « Nier l'influence du sang anglais, c’est mettre dans la question un vaniteux point d'honneur. »

M. Monteil pense que le Durham a agi d'une façon indirecte en éduquant l’œil de l’éTeveur et en lui mettant sous les yeux l'exemple de l'idéal vers lequel devaient tendre ses efforts; il a montré, en outre, l'influence d'une alimentation raisonnée dans une telle spéculation. Il conclut que l'influence du croisement a été presque nulle à côté de celles considérables de la sélection et de la consanguinité.

Quant à nous, tout en acceptant pleinement l’opinion sur l'exemple fourni à l’éleveur, nous sommes persuadé que si le Charollais a charpenté les premiers métis, le Durham en échange lui a donné sa précocité et la finesse ne ses formes.

Les qualités acquises le furent bel et bien. La sélection que certains affirment avoir été le seul facteur d’amélioration de la race, fut faite sur des qualités, en puissance il est vrai chez le bélail charollais, mais renforcées par les croisements anglais.

Opportunité de l'introduction du Shorthorn dans notre race charollaise actuelle

Nous avons vu quel fut le sort des introductions successives de Durhams dans le Charollaiïs, et avons discuté

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au fur et à mesure les arguments émis en faveur ou non de ces opérations. |

Dans l'état actuel des choses, le croisement serait-il intéressant au sein de la race charollaise ?

À cette question, nous répondrons par l’affirmative. Reste à savoir dans quels cas.

A priori, nous éliminerons le croisement dans la production du tractionneur. L’éleveur qui se spécialise dans l'élevage de ce genre d'animaux doit s’en tenir uniquement au Charollais, cel animal étant vraiment le type du tractionneur fournissant un état de chair intéressant en fin de carrière.

Par contre, considérant d’autres points de vue, nous établirons trois paragraphes :

1° Production des jeunes destinés à la boucherie;

2° Augmentation des facultés laitières.

3° Facilités de parturition.

1° Production des animaux de boucherie

Actuellement, la production des animaux de boucherie peut se diviser comme suit:

Elevage du veau blanc;

Elevage du jeune bœuf;

Livraison à la boucherie par cas fortuit des animaux de plus de quatre ans, vaches, taureaux ou tractionneurs réformés.

Nous n’envisagerons dans notre exposé que le veau blanc et le bœuf jeune ou adulte,

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a) Le veau blanc.

Dès sa naissance, le nouveau-né est mis à lêter le lait de sa mère et sera nourri exclusivement au lait jusqu’au jour de la vente qui oscille entre 6 ou 8 semaines. Mais souvent le lait de sa mère est insuffisant pour assurer son engraissement. Ce sont deux, voire même trois vaches de l’étable qui doivent pourvoir à sa nourriture. I] en résulte pour l’éleveur une forte diminution dans sa récolte de laitage.

Nous verrons plus loin que l'introduction du Shorthorn, susceplible d'améliorer la production lailière des vaches indigènes, sera avantageuse pour l’éleveur qui nourrira ainsi plus facilement ses veaux. D'ailleurs, tenant compte de la précocité apportée d’une façon indiscutable aux métis, l’éleveur pourra vendre ses élèves dans un délai beaucoup plus court. D'où diminution du risque, meilleur placement du capital.

b) Le jeune bœuf.

Indépendamment du veau blanc, l’éleveur charollais produit le jeune bœuf livré à la boucherie entre 24 et 48 mois.

Ici encore, le métis pourra rendre de véritables services en permettant à l'éleveur de livrer à la consommation un bœuf gras dans un temps beaucoup plus bref. Nous ne disconvenons pas de la précocité actuelle du Charollais, mais elle n’atteint cependant point celle du Durham, et l'introduction de celui-ci ne peut qu’améliorer les qualités de celui-là.

Par le métis plus précoce, l’éleveur gagnera du temps: diminution du risque, meilleur placement de son capital

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puisque le gain sera le même pour une dépensé moindre.

Actuellement, la consommation du jeune bœuf est de plus en plus grande. On note de plus en plus la présence sur les marchés des animaux que les Américains ont dénommés « Baby-beef », et pesant de 500 à 600 kilos. Ce n’est plus un veau mais ce n’est pas encore un bœuf. Cette orientation de la consommation est fort intéressante pour le producteur, car il a intérêt à livrer à l’étal un animal plus jeune. En effet, à mesure que l'animal vieillit le taux de l'intérêt (augmentation de poids) diminue, alors que le capital fourni (nourriture) augmente. Le métis sera donc tout indiqué pour ce genre de spéculation,

Conduite du croisement.

Dans les chapitres précédents, nous n'avons pas envisagé de métis entretenus en tant que reproducteurs. Nous avons parlé de métis et non de métissage. Le métissage, en effet, s'entend de la reproduction entre eux de métis obtenus en partant de deux races différentes. Dans l’état actuel de notre race indigène nous considérons qu'il serait une hérésie d'entreprendre le métissage.

A notre avis, la seule méthode qui, de nos jours, serait intéressante, est le croisement de première génération, encore nommé croisement industriel.

On sait qu’il consiste en la production d'animaux issus de croisements, lesquels seront castrés et utilisés uniquement en vue d’une production donnée.

Cette méthode qui à notre avis, trouverait aussi bien sa place dans l'élevage du cheval (donc en vue d’un rendement énergétique) que dans l'élevage des producteurs

de viande quels qu’ils soient, présente en effet des avantages incontestables:

De magnifiques exemples peuvent être puisés dans l'élevage ovin.

L'éleveur, par ce procédé, profitera de l’amélioration des animaux livrés au commerce; il n’aura pas à s’inquiéter de savoir si ces améliorations seront transmissibles dans le temps; il pourra revenir à la race pure quand bon lui semblera ; il sera à l’abri des incohérences du métissage.

En l'occurence, il ne pourra qu’améliorer son bétail en y introduisant des Durhams de robe blanche.

Autrefois l’éleveur, suivant que le lait se vendait bien, ou que la viande grasse était plus rémunératrice devait nécessairement se ménager plusieurs portes de sortie et pouvoir, avec son cheptel, donner dans l’une ou l’autre de ces productions.

Actuellement les conditions économiques ont notablement changé et, dans une race à viande, l’éleveur peut sans crainte produire uniquement des animaux de bou-

cherie.

Nous voyons très bien le croisement industriel fonctionner grâce à des syndicats pourvus de taureaux durhams purs. Il est évident qu'immédiatement on dressera devant nous le spectre de la contagion.

Des taureaux communs : mais c’est vouloir propager

à plaisir la vaginite, l'avortement, etc. C’est une question de surveillance sanitaire.

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2° Augmentation des facultés laitières

Nous ne ferons qu'effleurer le sujet, ayant déjà particulièrement insisté sur la question. Nous avons vu que les résultats obtenus dès les premières importations avaient été satisfaisants, mais qu’ils n'avaient pas été encouragés à ce moment-là.

Cependant, actuellement, l'influence du Shorthorn devrait être envisagée pour augmenter la quantité de lait que certaines Charollaises donnent réellement avec trop de parcimonie.

Devant une lactation si réduite, nombre d’élevenurs introduisent quelques sujets pris dans nos races laïtières; et parmi elles, la Normande principalement. Ceci est bien, mais encore faut-il assurer la saillie de ces lailières. Le gros taureau charollais de l'exploitation remplit naturellement ce rôle. La suite se devine aisément: le vétérinaire dans 90 % des cas est obligé de venir faire l’accouchement. La mère et le produit peuvent périr, et l'introduction onéreuse d’une laitière dans le troupeau se traduit par une perte sèche pour l’éleveur.

Il faut donc de toute nécessité améliorer la production laitière au sein de la race: soit par sélection, méthode lente nous le savons, soil par le croisement. En l’occurrence nous préconisons Le Shorthorn (puisé dans les tribus laitières) homologue par excellence du Charollais quant à ses aptitudes générales,

3° Facilités de parturition

Nous avons effleuré le sujet dans le paragraphe précédent mais nous avons voulu réserver une place à ce chapitre qui nous semble de première importance. Quoique jeune praticien, peut-être en est-ce la cause, nous avons été impressionné par le nombre de nuits passées à extraire péniblement les jeunes, dans l’aire du Charollais. Nous en avons déduit immédiatement que l'éleveur s'est, à notre avis, dans ces travaux de sélection, trop exclusivement préoccupé de produire un animal de plus en plus volumineux. Pour soutenir ces masses de chair il y a le squelette imposant de la race. Tout cela est bien, mais il semble que la femelle n’ait pas été améliorée dans le sens voulu. Autrement dit, le moule aurait dû subir une augmentation parallèle à celle du format des produits. Ceci n’a pas eu lieu, et nous sommes certain que tous les vétérinaires exerçant dans la région du Charollais sont de notre avis.

Actuellement, dans ces clientèles, on peut dire que 80 % des dystocies sont dues aux excès de volume. Et quels excès!

Dans les classiques les auteurs parlent, pour une race de format moyen, de veaux normaux à la naissance quand ils pèsent 35 kilos. Personnellement, dans un de nos remplacements, nous n’en ‘n'avons pas extrait de moins de 45 kilos (naissance doubles mises à part); augmentation sans compensation proportionnelle de la vache charolaise.

C’est dire que l’embryotome et la scie fil sont à l’hon-

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neur dans ces régions. D'où accidents possibles à la suite de manipulations, accidents consécutifs aux tractions exagérées ou intempestives de la part des propriétaires ; déchirures vulvaires, rectales, vaginales, utérines, hémorragies, renversement vaginal ou utérin, paralysies post-partum, etc.

Les veaux sont gros, mais le volume créant la dystocie vient surtout de l’ossature; le volume de la tête est fréquemment une cause de dystocie au niveau de la vulve, surtout chez les primipares.

Comment remédier à cet état de choses ?

Tout d’abord sélectionner les vaches en vue de leur fonction naturelle : recherche d’un bassin ample, à passages larges.

En second lieu, rechercher un géniteur mâle dont les produits seront moins fortement membrés, dont la tête sera plus légère, tout en étant aussi bons producteurs de viande.

Le Durham ou les métis durham-charollais seront tout indiqués.

Ce, bien entendu, quand on visera la production des animaux de boucherie ou l'amélioration des facultés laitières, à l'exclusion de l'obtention du tractionneur.

Pourquoi utiliser le Durham ou ses métis comme mâle ?

Parce que c’est l'animal se rapprochant le plus du Charollais quant à ses aptitudes et que son ossature est bien moins développée. Les membres et articulations, la tête franchiront plus facilement les passages car moins volumineux; et les accidents du part, si graves économiquement pour l'éleveur, seront supprimés du même coup.

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