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CHAPITRE IV

L'adiposité chez les animaux sauvages

On serait tenté de croire (l'affirmation en a d’ailleurs été faite) que les animaux sauvages ne peuvent engraisser. En effet, ils mènent une vie dure et active, et leur alimentation est plus grossière que celle des animaux domestiques.

Le fait est généralement vrai, il est loin d’être absolu.

Le chat sauvage mange une nourriture plus délicate que le chat domestique, il a un tube digestif plus court que ce’ dernier, etc. Il est affiné par rapport à lui. De même, le sanglier par rapport au cochon. Mais bien qu’affinés, ils n’engraissent pas du fait qu’ils mènent une vie dure.

D’autres animaux sauvages réalisent la paix au sein de l’abondance. Tel l’hippopotame qui vit paresseusement dans les cours d’eau des tropiques et jouit d’une nourriture abondante et facile à cueillir, est

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extrêmement gras, polysarcique. De même sont en général les mamifères qui vivent dans les marais des tropiques : tapirs, babyroussa, etc. Enfin, on a insisté dernièrement sur l'obésité générale des cétacés.

De plus, il est des circonstances où l’animal -sauvage engraisse. Cela se produit avant le rût et avant l’hibernation.

Examinons ces deux circonstances.

Rur. — Certains animaux gras avant le rut, mangent leur graisse durant cette période agitée et reviennent très maigres.

On a étudié dernièrement à ce point de vue les saumons migrateurs qui jeunent durant plusieurs mois à l’époque des appareiïllages. Ils accroissent prodigieusement leurs ovaires et leurs testicules aux dépens de leurs muscles qui fondent absolument.

- Parmi les mammifères, le cerf est remarquable à ce point de vue. Buffon, qui l’a étudié, écrit : « Il y a tant de rapport entre la nutrition, la production du bois, le rut et la génération dans ces animaux, qu’il est nécessaire, pour en bien concevoir les effets particuliers, de se rappeler ici ce que nous avons établi de plus général et de plus certain au sujet de la génération : elle dépend en entier de la surabondance de la nourriture. Tant que l’animal croît (et c’est toujours dans le premier âge que l’accroissement est le plus prompt), la nourriture est entière-

ment employée à l’extension, au développement du corps. » (1). |

(4) Buffon œuvres complétes t. IV p. 88 et 890

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