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suralimenté par ordonnance du médecin, où pour tout autre cause. Par suite si on veut se restreindre, l'estomac trop ample réclame et donne la sensation de la faim.
Le plus souvent les polyphages et les polydipses sont en même temps tachyphages et tachydipses. Ils mangent et boivent rapidement, et, comme ils ont fini avant les autres, ils s’ennuient à les regarder manger et reprennent des plats. Ou encore, le service ne se faisant pas assez vite à leur gré, ils cèdent à la tentation de reprendre d’un mets qui reste sur la table. Dans le même ordre d’idées, des gens qui se croient sobres, mangent une pleine assiette de gâteaux laissée à la portée de leur main, machinalement, sans s’en rendre compte. L’habitude prise, si on leur prescrit de manger peu et lentement, il est bien rare que cet ordre soit exécuté.
D’autres engraissent parce qu’ils ont contracté une passion invincible pour certains mêts. Les Français ont souvent la passion du pain, les Allemands celle de la choucroute, de la saucisse, de la bière; les uns et les autres souffrent si on les rationne de leur aliment favori. J’ai connu un jeune obèse qui se refusait à manger du pain rôti parce qu'il était impossible de « saucer » avec : il lui fallait du pain tendre dont il prenait la mie en grande quantité.
D’autres cherchent à exciter artificiellement leur appétit. Les femmes des Touaregs pour acquérir un aimable embonpoint fort prisé dans leur pays, pren-
nent des graines d’helba trigonellum et de fœnum grœcum.
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Le médecin doit, pour le traitement, tenir compte de ces mauvaises habitudes; il ordonnera le régime sec au polydipse, la suppression des féculents à celui qui se bourre de pain, la diète au polyphage. Mais ces indications ne réussissent pas à tous les obèses indistinctement, elles ne réussissent que pour certaines causes d’obésités.
Ces conditions ne réussissent à produire l’obésité chez l’homme que chez certaines natures. Ici nous retrouvons la même réponse que chez les animaux : il existe un type affiné digestif qui a la vocation de l'obésité.
L'histoire du tempérament digestif apte à devenir obèse remonte à l’école médicale anatomo-pathologique du début du XIX: siècle.
En 1801, Richerand attribue le tempérament à la prépondérance d’un organe. Hallé, en 1820, puis Thomas, parlent de tempérament abdominal. En 1822, . Rostan, dans son traité d'hygiène, distingue autant de tempéraments que le corps compte d’organes. La prédominance du système digestif donne le tempérament digestif. Au début du XX: siècle, Sigaud, de Lyon, décrit en clinicien le type digestif (1), puis Chaillou et Mac-Auliffe le décrivent en anthropologistes(2). Pour eux, le type digestif a les caractères du gros mangeur : muscles masticateurs développés, mandibule carrée et puissante, cou court, thorax large et gros ventre. |
(1) Sigaud, Traité clinique de la digestion.
(2) Le type dtgestif. Builetins Soc. aut. 1910.
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Les zootechniciens savent que les tempéraments et les types sont bien plus nombreux. Pour le Docteur F. Regnault il faut distinguer plusieurs types digestifs chez l’homme et les animaux (3).
Ils dépendent d’abord de la qualité des aliments. Ainsi, suivant l'insuffisance de calcium en terrain granitique, ou son abondance en terrain calcaire, on a chez l’homme, comme chez les animaux, deux types dénommés en Aveyron type ségala (mangeur de seigle) et caussenard (habitant les plateaux des Causses).
Laissons ce point de côté et examinons la valeur nutritive ou digestibilité des aliments.
Animaux et hommes qui se nourrissent d’aliments peu alibiles ayant une faible valeur alimentaire, doivent en ingérer et assimiler une grande quantité pour un mince résultat. L'homme rustique est comme l’animal rustique que nous avons décrit : il a des muscles masticateurs puissants, des dents puissantes, des maxillaires épais, robustes, des intestins vastes, capaces, longs, avec un estomac et un cœcum volumineux, d’où un ventre gros et saillant. Il est pigmenté, a la peau épaisse et le poil dur. Ce tempérament rustique est noté par les zootechniciens, chez un grand nombre d'animaux sauvages, chez les animaux domestiques des pays pauvres. |
Il s’observe chez les races à types variés. Ainsi, les bœufs de Salers et d’Aubrac sont rustiques. Le bœuf de Salers est longicrassiforme avec un grand corps
(3) Regnault. Les tempéraments digestifs.
comp. 1920, p. 466. Revue pathologique,
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mince, étroit, des côtes plates; il est monté haut sur jambes, avec des cuisses très fendues, des épaules longues, un chanfrein busqué. Le bœuf d’Aubrac est latiforme, court, épais, avec des muscles très développés, des côtes arquées, bas sur jambes, avec un garrot bas et large, des jambes écartées, une tête carrée.
A l’opposé, examinons l’homme rustique tel qu’il existe chez le sauvage, tel qu’il était chez l’homme paléolithique.
La rusticité s’observe aussi, quoique à un moindre degré, chez les civilisés qui, par la pauvreté des terres qu’ils cultivent, sont réduits à une alimentation grossière, et, par leur isolement, à une alimentation monotone : pain d’orge, pain d’avoine, galettes de sarrazin qu'on ne peut faire lever, etc.
Le type digestif affiné fournit chez l’homme comme chez l’animal, les vocations obèses.
L’animal qui dispose d’aliments très alibiles a, nous l'avons vu, un tempérament affiné : des muscles masticateurs faibles, des maxillaires minces, délicats, des intestins étroits, courts, peu capaces, avec un estomac et un cœcum petits, d’où par suite un ventre petit, levretté.
Quand le tempérament affiné digestif coexiste avec - un type latiforme et écartelé, brachycéphale, aux larges épaules, au large bassin, il prend la vocation de l'obésité à l’inverse des longiformes (diamètres longitudinaux prédominants) et des crassiformes (diamètres antéro-postérieur prédominants, figures en coup de vent) qui restent maigres. D’ailleurs un sujet
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longiforme, menu et ficelle dans l'enfance, peut, après la puberté, s’élargir, s’étoffer. Si les conditions de la vie favorisent ce type, s’il a le repos au sein de Pabondance, il prend de suite de la graisse, et de ce fait naturellement sa forme change. Le tube digestif, ayant un surcroit de travail, s’allonge, augmente. La longueur du corps étant un ,celle des intestins sera : 9 chez le sanglier, 13,5 chez le porc commun, 16 chez le cochon siamois. Ce dernier a un abdomen énorme, un corps cylindrique avec des côtes arquées.
Tout changement de régime amène un changement de tempérament par, suite modifie le type. On fait passer un chat, un chien, un rat du régime végétarien au régime carné, on a ainsi modifié leurs organes. De même, une poule a pu diminuer ou agrandir son jabot, épaissir ou amincir son gésier, etc.
Le type affiné s’observe sur les bestiaux des régions riches où ils sont bien soignés.
Est affiné l’homme civilisé qui use d’aliments alibiles.
La civilisation affine l’homme en améliorant son alimentation; les graines finement broyées épargnent le travail des dents et des muscles intestinaux, la levure qu’on mêle à la farine, la fait lever et la rend plus digestible; l'élevage des bestiaux, leur sélection, leur castration procurent des viandes tendres
et grasses. C’est pourquoi l’affinement de l’homme civilisé s'oppose à la rusticité de l’homme sauvage.
Le XX° siècle a vu un changement profond dans l'alimentation de nos paysans. Avant la révolution, ils vivaient de céréales grossières, ignorant le pain de
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froment et la viande, buvaient de l’eau. Actuellement, de plus en plus, ils mangent du pain de froment, de la viande, boivent du vin et du café. De ce fait dérivent un grand nombre de conséquences sociales importantes, les développer ici sortirait du sujet.
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