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à tout le corps. Vers 30 à 35 ans, accroissement progressif de l’'embonpoint; entre 40 et 50 ans, l'abdomen prohémine franchement. Puis brusquement, sous un choc accidentel sans importance, ce bel édifice se met à croûler; l’amaigrissement est rapide, le ventre s'effondre. Qu'une modification brusque d’un de ces milieux tende à traumatiser l’organisme, celui-ci redouble d'efforts, c'est-à-dire fait un pas de plus dans la voie où il est engagé de la dilatation et de l’engraissement, et c’est tout. Or, à mesure que l'irritabilité cellulaire décroît, l'effort est de plus en plus nécessaire; d’où ce parallélisme connu de l’embonpoint et de l’âge. Mais avec la décroissance continue de l’irritabilité cellulaire, il arrive un moment où l'effort habituel avorte, ou plutôt se transforme en une réaction d'inertie, créant un état subaigu terminal.
Autre exemple du même auteur :
Un cultivateur, vigoureux, bien musclé, d’'embonpoint modéré, vient habiter la grande ville. Instantanément, son aspect extérieur se modifie. Il engraisse, prend un ventre énorme; son poids s'élève en quelques mois de 70 à 80 kilos. Inquiet de cette métamorphose et de quelques malaises qui l’accompagnent, notre homme rentre dans son pays et reprend les travaux des champs. Au bout de quelques semaines il a recouvré son aspect antérieur. Le poids est redevenu normal, l’hypermégalie abdominale a disparu,
Le plus souvent, l’obèse n’arrive pas à remonter la phase ptosique. On diagnostique son aggravation en examinant la sangle abdominale; celle-ci accuse de bonne heure les moindres signes de déclin ou de distension par des déformations très apparentes.
Au début, dès que la dilatation abdominale com-
-(4) Rigaud et Vincent. Les origines de la maladie, 2 édition, p. 80, . (2) — — — — 158.
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mence, le ventre bombe en avant, puis il tombe. Plus tard, la couche graisseuse sous-cutanée tendant à disparaître en même temps que les muscles abdominaux perdent de plus en plus leur tonicité; la peau reste distendue et forme comme un tablier au bas de l'abdomen et jusque sur la racine des cuisses, lorsque l'individu a subi des modifications morphologiques énormes au cours de son évolution (cas fréquent chez les digestifs).
Dans la position couchée, les déformations s’exagèrent encore; on les voit se succédant, donner des formes connues en clinique depuis une dizaine d’années sous le nom de ventre en tonneau, puis de batracien, puis en S couché, puis en îlot, puis en cuvette (1).
En même temps que les tissus cèdent, la digestion se dérange, l’assimilation se fait mal, la graisse fond, les tissus se relâchent; le menton devient double et triple, les grosses joues rebondies se transforment en bajoues tombantes, les seins d’abord fermes et saillants, tombent en deux longues poches, les fesses qui pointaient en arrière tombent et se plissent, le ventre enfin s’affaisse en de nombreux plis descendant jusque sur les cuisses. Toute cette graisse flasque se déplace suivant les mouvements. Les viscères suivent la même évolution : foie, estomac,
intestins descendent vers le bassin en allongeant leur
mésentère et font saillir la région sous-abdominale.
Il s’agit alors d’un dyspeptique qui fait des ptoses. Il devient mou, indolent et triste, parce que dvspep-
(1) Chaillou. Bul, s0e. antrop, 4940, p. 501.
» résine inns mé
tique et souffre parce que ptosique. Ici le médecin a plutôt à soigner l’estomac qu’à diminuer l'obésité, qui s’efface d’elle-même. Dans une derniere phase, l’obèse ptosique maigrit, se cachectise et est finalement emporté par quelque complication intercur-
rente.
Terminons par quelques mots sur l’anatomie pathologique de l’obèse. L’hypoderme, le tissu conjonctif sous-cutané est épaissi, rempli de lobules adipeux. L’épiploon, le mésentère et le péritoine sont surchargés de graisse. Les muscles, sur la coupe, présentent des taches jaunes. Les reins sont entourés par un manteau de tissu adipeux. Le foie est volumineux, à bords arrondis, couleur rouge orangé, orange jaune, à surface lisse, à consistance molle, il surnage sur l’eau et tache le papier. Les lobules hépatiques sont moins bien indiqués et la coupe, en certains points, rappelle celle du tissu adipeux. Le cœur est dilaté, particulièrement le cœur droit, ce qui conduit l’obèse à l’asystolie. La surcharge du cœur se traduit par une couleur feuille morte, par places des taches blanc jaunâtre indiquent les foyers de surcharge graisseuse. On a constaté dans cet organe l’atrophie simple des fibres cardiaques, les fibres sont écartées par des lobules de tissu adipeux. Dans les points ou l’endocarde et l’épicarde sont séparés par des lobules de tissu adipeux, il peut y avoir rupture du cœur. Cet organe se vide mal parce que les fibres sont gênées dans leurs contractions et de plus ‘ces fibres s’atrophient, ce qui peut amener la syncope.