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Les expériences de Claude Bernard et Dastre ont montré que les chylifères ne sont remplis de matière grasse qu'après le mélange bile et suc pancréatique; Lombroso ligatura le canal pancréatique : le chien absorbait admirablement les graisses. Claude Bernard avait pratiqué l’ablation du pancréas chez le chien, les graisses n’étaient plus digérées. On en conclut que, le pancréas joue un rôle par une sécrétion interne sur l’utilisation des graisses ; le suc pancréatique peut, en effet, être remplacé par la bile et le suc intestinal, pour la saponification. Dans le cas d’ablation du pancréas, Lombroso pense que la quantité de graisse excrétée est plus grande que celle ingérée, il y aurait sécrétion de graisse par la paroi intestinale. De même, les hydrates de carbonne sont mal utilisés (glycosurie pancréatique).
La sécrétion externe du pancréas est sous l’influence de la sécrétine. Cette substance, sécrétée par l’intestin en milieu acide, passe dans le sang, et, par ce véhicule, agit sur la glande (sur les cellules). Au contact du savon ou de la graisse la muqueuse intestinale produit une sécrétine spéciale.
Sous toutes ces actions, la graisse se trouve donc saponifiée. De même que les acides aminés se retrouvent dans le sang, que le glucose soluble et cristalloïde se retrouve en abondance dans la veine-porte, de même la graisse saponifiée peut traverser le plateau épithélial; puis, dans l’épithélium, se reconstituent les graisses. Expérience de Ranvier, qui montre, par la coloration en noir par l’acide osmique, à partir du plateau, des globules graisseux de plus en plus
gros, mais jamais à l’intérieur du plateau.
ou
On trouve des granulations graisseuses dans le sang de la veine-porte, dans les cellules du foie et surtout dans les lymphatiques, ce remaniement constitue une graisse spécifique de l’animal qui l’a ingéré, les herbivores ne prennent que des graisses végétales, avec lesquelles le suif n’a aucun rapport.
Nous verrons l'emplacement des réserves de graisse dans l’organisme.
Que devient cette graisse ?
Une partie est éliminée en nature, avec la matière sébacée, chez les femelles avec le lait. Mais la plus grande partie est brûlée pour donner COZ et H2 O, en passant par les termes intermédiaires: Acide-alcool, acide-acétone, puis perte d’atomes de C par groupe de deux. Ainsi, l'acide palmitique C16 et stéarique CP, donnent une série d’acides, parmi lesquels l’acide caprylique C8, caproïque Cf, butyrique C#, qui lui-mèême se transforme en acide 8 oxybutyrique, puis en acide acétylacétique qui donne acétone et COZ. Cette dernière série, ou corps acétoniques, sont brülés.
Le sujet obèse que l’on fait jeuner, maigrit. Il brûle ses graisses pour alimenter son organisme et produire l’énergie utilisée dans les muscles, les glandes, les centres nerveux. Le point d'utilisation de ces graisses est donc loin du réservoir. Il faut, pour cette circulation une nouvelle saponification et transport à cet état dans un autre point de l’organisme où elles sont brûlées ou reconstituées. Cette décomposition est due à une lipase, qui existe dans tous lestissus, celle du sang est très connue ; mais toutes ces trans-
formations occasionnent une perte d’énergie. Les belles expériences du Professeur Maignon, ont mis en relief l’importance de la graisse dans l’organisme : Déjà Magendie, à la suite d’expériences faites avec la gélatine, avait répondu par la négative à la question : les albuminoïdes suffisent-ils à eux seuls à entretenir la vie des animaux ?
Le Professeur Maignon a soumis des animaux au régime exclusif des protéines, ces derniers meurent de 3 jours à 2 mois, après épuisement des réserves ou intoxications (troubles nerveux, lésions viscérales). Avec l’ovalbumine chez le chien et toutes les protéi- ’nes chez le rat blanc on a un amaigrissements continu depuis le début des expériences jusqu’à la mort, qui semble se produire après la disparition complète des graisses de réserve.
Ces expériences ont montré, en outre, chez le rat blanc, la formation de la graisse, avec certaines albumines. Ainsi :
L’ovalbumine, ne donne pas de graisse,
survie 8 jours; perte de poids quoti-
dién:. Sie UE CN ARR RE RES 1,98 % La fibrine, donne un peu de graisse,
survie 21 jours; perte de poids quo-
tidien ire EDS SRE se LT La caséine, donne le foie gras, survie
42 jours; perte de poids quotidien.. 0,81 %
Les deux premières données sont proportionnelles, donc la survie est d’autant plus longue que la molécule albuminoïde fournit plus de graisse, la dernière donnée varie en sens inverse, donc la perte de poids
est d’autant plus forte que la molécule albuminoïde fournit peu de graisse. Il résulte donc que la graisse semble indispensable à l’utilisation de la molécule albumine et si cette dernière n’en fournit pas, c’est
l'organisme qui est mis à contribution.
Cette hypothèse est encore appuyée par d’autres séries d'expériences, où M. le Professeur Maignon a montré que le mélange ovalbumine-graisse, même si cette dernière existe dans une faible proportion, supprime la toxicité de l’albumine et maintient la fixité de poids.
Seul, le mélange ovalbumine-amidon, à parties égales, donne la fixité de poids (les mélanges, dans d’autres proportions étant insuffisants), et dans ce cas, il faut une qualité d’albumine trois fois plus grande qu'avec la graisse.
En résumé, les corps gras interviennent dans l'utilisation des protéines alimentaires, dont ils diminuent la toxicité et augmentent le rendement nutritif. Ceci nous amène à penser à l'importance du rapport adipo-protéique dans la ration. Fait bien connu des éleveurs, qui ont constaté depuis longtemps que lintroduction dans la ration, d’huile ou de graines oléagineuses, exerce une action favorisante sur l’assimilation. De plus, les effets cliniques obtenus par l'huile végétale dans les maladies cachectisantes (diabète, tuberculose) accusent un arrêt de l’amaigrissement et de la dénutrition azotée, qui ne peut s’expliquer que par une intervention heureuse des graisses dans le métabolisme protéique.
N’a-t-on pas noté également une action favorisante des graisses dans la croissance ?
Les graisses jouent donc un rôle considérable dans la nutrition.
Les graisses se transforment-elles en hydrate de carbone ?
Pendant l’hiver chez la marmotte, la graisse disparaît et le glycogène s’accumule dans les muscles. Chauveau pensait que les graisses se transforment en glycogène C18.H36 O2 (acide gras) donnerait 3 molécules de Cf; mais si CO2/02 est égal à 0,7 quand la graisse est brûlée, quand elle est transformée il y a prise d’O, donc C02/0?2 sera plus petit que 0,7. Or, CO2/02 tombe à 0,4. Donc cette hypothèse parait vraisemblable. Mais on peut interpréter les faits autrement et particulièrement en appliquant cette même théorie à la fixation d’O sur les matières albuminoïdes, CH? devenant CH.OH.
Enfin, rappelons le traitement que le professeur Maignon a fait suivre à une chienne de neuf ans atteinte de diabète grave à forme rapide. Cet animal maigrissait de 300 grammes par jour.
Les premiers jours, huile émulsionnée dans du bicarbonate de soude; le sucre diminue et tombe de 125 gr. à 50 cgr. en 3 ou 4 jours.
Puis soude caustique et huile (plus digeste); l’animal continue à brüler ses graisses sans faire de sucre.
On peut donc penser que, s’il y a transformation | des graisses en hydrate de carbone, cette dernière est très lente. Les graisses sont donc en majeure par-