C. — L'Uretère
Les dilatations de l'uretère peuvent être partielles, lorsque l'obstacle est haut situé ou lorsqu'il s'agit d'une déficience musculaire localisée à une partie du conduit. Egalement dans les dilatations réflexes par douleur du bassinet, on peut voir la dilatation s'arrêter à la partie supérieure de l'uretère pelvien.
2 Mais en général, les dilatations qui accompagnent l'Hydrohéphrose sont totales en raison même de la situation basse de l'obstacle et aussi dans les cas où.la musculaturé urétérale fait défaut ‘sur toute la longueur du conduit. MR an
- Dans bien des cas, ces dilatations s'’accompagnent de la béante de Forifice urétéral inférieur. Cependant, les véritables béances de l'orifice urétéral, qui se présente à la cystoscopie comme un orifice sombre de dimensions variables, sont à distinguer des « sphincters forcés » dans lesquels l'orifice apparaît à peu près
DL PAT mens
normal, mais laisse refluer dans l’uretère le liquide vésical, soit en permanence, soil seulement lorsque le malade urine. Dans les deux cas, il y a reflux vésico-rénal et cela est important, car cette communication libre laisse une voix toute tracée à la propagation de l'infection ascendante.
L'uretère dilaté est aminci, transparent, et forme un long boyau appliqué sur le côté de la colonne vertébrale. Son diamètre, non uniforme, peut atteindre celui de l'intestin grêle. En haut, ‘il se continue avec Ja dilatation pyélique, mais il persiste à son union avec le bassinet un point plus étroit, ébauche du collet de l'uretère. Son insertion, au lieu de se trouver à la partie déclive du bassinet, est plus ou moins remontée et devient oblique. D'autre part, la poche pyélo-rénale distendue repousse l'uretère en dedans, l'aplatit et détermine au niveau de son abouchement pyélique la formation d'une valvule ou d'un éperon. Ces faits contribuent à augmenter les difficultés d'évacuation de l'urine et aussi à expliquer certaines crises d' hypertension de Ja poche. à
La dilatation de l'uretère, pour peu Fe dl soit étendue, s accompagne toujours de coudures du canal parfois si accentuées qu ‘elles sont des obstacles sérieux à l'écoulement de l'urine. Ces coudures revêtent des aspects variés : en baïonnette, en siphon, en cor de chasse. Files sont particulièrement accentuées lorsqu il v a abaissement du rein, mais elles existent également en dehors des cas de ptose rénale. En effet, l'uretère est non seulement dilaté, mais aussi allongé el'cet allongement est dû au fait que les fibres musculaires longitudinales se distendent et se paralysent au même titre que les fibres circulaires. L'uretère ainsi allongé est amené à se replier sur lui-même. Les coudures, avec le temps. deviennent irréductibles en raison des adhérences qu ‘elles contractent avec les tissus voisins. Elles ne deviennent d’ailleurs chblitérantes que lorsqu elles sont fixées et modifiées -Par une inflammation adjacente (Albarran et Legueu).
Les modifications anatomo- pathologiques relatives aux parois de | uretère dilaté sont les mêmes que pour le bassinet.
D. — Le liquide
Sa quantité peut varier, suivant les dimensions de la a
PR, à LRU
et la période de l'affection, d'une cinquantaine de centimètrescubes à plusieurs litres. Il contient les éléments de l'urine, mais la concentration en est de plus en plus faible à mesure que les lésions rénales progressent.
C'est ainsi que le malade de notre observation accusait, pour son rein atteint, une élimination de 8,8 p. 1.000 pour les chlorures et 5,9 p. 1.000 pour l'urée.
À un moment donné, on voit le liquide urinaire perdre presque complètement ses caractères pour ne plus contenir que des substances albuminoïdes, parfois de la cholestérine et il peut être difficile de reconnaître que l'on a affaire à de l'urine.
E. — Le Rein opposé
Il est parfois aussi atteint d'Hydronéphrose. Certaines statistiques concluent même à une fréquence plus grande de l'Hydronéphrose bilatérale. Mais il y a [à une exagération manifeste (Marion et Papin). En fait, la bilatéralité n'est pas la règle.
Jusqu à quel point y a-t-il retentissement du rein malade sur celui du côté opposé ? La question a été controversée.
— Le rein opposé, non atteint, subit généralement une hypertrophie compensatrice destinée à contre-balancer la diminution fonctionnelle du rein malade.
— Le rein malade secrète ses toxines (Castaigne et Rathery) . provenant de la destruction de ses éléments cellulaires et qui pourraient, dans certains cas. déterminer des lésions inflammatoires du rein opposé.
— D'autre part, le rein non atteint peut être influencé par le réflexe réno-rénal (Guyon) et ceci explique l'anurie parfois observée au cours de certaines hydronéphroses. Mais en fait les rétentions rénales aseptiques modifient beaucoup moins le rein sain que le rein malade et Brun-lagarde, dans sa thèse, conclut que l'Hydronéphrose aseptique ne s'accompagne pas de lésion du rein opposé.
pese