‹ Considérations sur l'Urétéro - Hydronéphrose et son traitement à propos d'un cas traitéChapitre 21 sur 43 · END TRE · texte numérisé non relu

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Lorsque la poche est en tension, elle peut déterminer dans le flanc correspondant une saillie appréciable à la vue.

Au palper, la tumeur est arrondie, régulière ou légèrement bosselée, parfois lobulée, à contours nets. Elle est dure, résistante, ou alors rénitente et même fluctuante, suivant son état de tension. Quand elle est peu tendue, elle apparaît molle et même dans certains cas elle est inappréciable à la palpation, le liquide fuyant entre les doigts.

Cependant, elle a les caractères d'une tumeur rénale : elle prend le contact lombaire, permet d'apprécier le ballottement rénal si sa tension est suffisan'e, est mate à la percussion mais ovec une zone de sonorité colique qui la traverse transversale ment à droite et qui, à gauche, siège au-dessus et en dehors d'elle. Cette sonorité peut cependant disparaître quand la tumeur refoule le colon en dedans. Enfin le développement de cette tumeur se fait de haut en bas.

Les urines sont claires et émises en quantité variable avec parfois de véritables débâcles polyuriques. Dans les cas d'intermittence dans la perméabilité et la fermeture du conduit urétéral, aux modifications de tension et de volume de la poche correspondront des variations inverses dans la quantité d'urine émise par le malade.

9°) La douleur lombaire.

— Elle peut simplement consister en une sensation de pesanteur lombaire plus où moins pénible, ou de courbature, permanente ou intermittente, du côté de la lésion.

— Parfois le malade accuse de vagues douleurs irradiées vers l’uretère, le pli de l'aîne ct le testicule, avec des sensations de tiraillement. Toutefois elles ne smblent pas influencées par {x fatigue.

— Enfin il existe parfois des crises douloureuses très intenses, analogues comme caractère et comme intensité à des crises de colique néphrétique. La douleur est alors très vive, atroce, courbant le malade en deux, parfois syncopale et déterminant des phénomènes réflexes tels que pâleur, sueurs froides, vomissements. Les urines sont généralement, mais non toujours, diminuées pendant la crise, qui est suivie d'une débâcle polyurique

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claire et à la fin de laquelle on peut observer parfois une héma-

turie.

Pendant la crise, la région rénale est tendue, l'abdomen est Le siège d'une contracture musculaire rebelle et on ne sent pas la tumeur à la palpation. C’est seulement à la fin de la crise, quand la contracture a cessé, que l'on peut arriver à sentir le rein tuméfié et à en apprécier le volume par le ballottement rénal. En dehors des crises, on ne sent rien, la poche étant flasque et dépressible. La crise dure de 2 à 4 jours, mais elle peut être plus courte. (Chez le malade de notre observation, les crises duraient quelques heures). Il n y a pas de fièvre quand il nya pas d'infection surajoutée. L'intervalle des crises est très variable, de quelques semaines à 1 an, 2 ans et plus (plus de 4 ans chez le malade de notre observation). Enfin ces crises ne semblent pas reconnaître de cause déterminante, mais parfois un effort, un excès de marche ou de boisson peuvent les provoquer.

5°) L'Hématurie.

C'est une hémorragie de quantité variable mais souvent assez abondante. Elle est capricieuse, indolore. File peut se produire à la fin d’une crise douloureuse, comme chez le malade de notre observation, où elle a duré trois jours. Parfois elle peut être aussi abondante que celle d’un néoplasme rénal et seule l'exploration complète de l'appareil urinaire permettra d'en reconnaître l'origine.

4°) Les troubles digestifs.

Ils peuvent être extrêmement variables en nature et en intensité, allant du simple malaise digestif avec ballonnement, aux vomissements et aux syndromes sub. occlusifs ou pseudo-occlusifs. Baron rapporte même dans sa thèse un cas d'Hydronéphrose congénitale à manifestations péritonéales aigues. Cependant il faut distinguer deux ordres de faits :

a) Celui dans lequel les troubles digestifs sont réellement subordonnés à l'affection rénale et dus au volume de la tumeur hydronéphrotique qui agit en apportant une gêne mécanique au cours des matières. C’est le cas des deux observations rapportées par Cleman dans les « Anals of Surgery » (mai 1922) et où la

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symptômatologie avait complètement fait dévier le diagnostic vers une affection du tube digestif.

b) Celui dans lequel il existe également des troubles diges- Lifs, mais où ceux-ci ne sont nullement dus à l'Hydronéphrose. lis peuvent exister pour leur propre compte et n'intervenir un jour auen créant ou en favorisant une complication : l'infection de la poche hydronéphrotique. EL c'est à l’occasion de ces accidents nouveaux que l'Hydronéphrose, restée latente jusque- là, va se révéler. Ces faits établissant les relations étroites existant entre l'intestin et le rein ont été bien mis en lumière par Heitz-Boyer.

Dans l'observation de Rocher et Darget, les troubles intes- Unaux évoluent sans se compliquer d'infection de Ja poche hydronéphrotique. L'examen du liquide, qui ne présente aucun caractère inflammatoire, le prouve. « L'Hydronéphrose s'étant donc soudain signalée à notre attention au cours d'accidents d'ordre digestifs antérieurs, ceux-ci ne doivent pas être mis sur le compte ce Ja gêne apportée au cours des matières par l'Hydronéphrose. Les troubles digestifs, qui existaient depuis le plus jeune âge, semblent en somme n'avoir été qu une coïncidence. L'Hydronéphrose latente n'a été relevée au cours du palper abdominal qu à l'occasion d'accidents gastro-intestinaux : il s ‘agit | là d'une simple découverte clinique >. Et Rocher et Darget concluent pourtant qu ‘il convient tout de même, dans la symptomatologie de l Hydronéphrose congénitale, de retenir la possibilité d'accidents du côté du tube digestif, déterminés par la tumeur hydronéphrotique elle- Inême,

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