TRAITEMENT HYGIÉNIQUE
Les soins hygiéniques forment une partie importante du traitement. Il faut éviter les grands froids et les fortes chaleurs, entretenir en hiver, dans l’appartement du malade, une température un peu élevée; ne lui permettre la promenade que dans le milieu de la journée ; le faire sortir le soir et le matin en été, et donner un libre accès à l’air dans la chambre. Les vêtements qui mettent le corps à l’abri des vicissitudes
atmosphériques, qui excitent la peau qui ne paraît pas remplir ses fonctions, méritent notre confiance. Le lit doit être dur et large, et son séjour ne doit être toléré que pour le sommeil. Le régime sera basé d’après la constitution du sujet : léger et végétal chez les pléthoriques, animai chez les jeunes enfants détériorés par la misère. Une nourriture un peu forte, des viandes rôties, du vin trempé d’eau, impriment à la constitution une modification très-avantageuse.
L’exercice est un des plus puissants modificateurs de l’économie dans les maladies nerveuses, et surtout celui qui exerce le corps tout entier en récréant l’esprit. Pour que l’exercice puisse produire tous les bons effets qu’on en attend, dit Fréd. Hoffmann, il faut le faire dans un air calme et serein, de peur que le dommage que le froid extérieur causerait au malade ne l’emportât sur les avantages qu’il peut en retirer; il ne doit pas être violent, mais modéré, et il faut le continuer jusqu’à ce qu’on se sente modérément échauffé. Le moment le plus convenable, c’est le matin, ou l’après-midi, lorsque la digestion est faite. L’exercice est un tonique et un fortifiant du corps entier et de chaque organe en particulier ; il répartit convenablement les forces , et calme le moral.
Les voyages et les changements de contrées, la navigation, tendent à rappeler l’équilibre des forces motrices. On y aura recours, lorsque la chose sera possible, dans la chorée chronique. In morbis longis solum mutare , a dit Hippocrate. Baglivi a dit aussi : Avenit morbos peregrinatione desinere , qui antea nulli tnedicamini cedebant.
Tout ce qui est susceptible de mettre en jeu les passions du malade sera soigneusement évité, ainsi que l’ennui, cause toujours incessante de stagnation dans les fonctions.
Surveiller l’activité digestive, maintenir la liberté du ventre et des excrétions naturelles, provoquer le sommeil par une fatigue qui ne soit pas poussée trop loin, divertir l’intelligence et les sens sans une trop grande application : voilà le secret de répandre le calme dans le sang et les nerfs , mieux qu’avec un baume officinal.