‹ Considérations sur la choréeChapitre 7 sur 18 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de la chorée se trouve dans l’histoire des phénomènes de la maladie, dans leur conversion en signes au moyen de l’intelligence , et dans l’étude de leur marche. Lorsqu’elle se présente avec le cortège de ses symptômes habituels, le véritable diagnostic n’offre pas de difficulté, et il y aurait plus qu’un défaut d’attention, c’est-à-dire de l’ignorance à la confondre avec un autre type morbide. Mais il est rare que le tableau nosologique soit complet : les signes différentiels les plus caractéristiques peuvent se modifier suivant l’âge, le sexe, le tempérament, l’idiosyncrasie, et mille particularités propres à l’individu et au milieu qui l’environne. Dans certains cas, l’affection est recouverte d’un voile obscur pour les gens inhabiles ou peu exercés; d’autres fois elle emprunte des traits qui lui sont étrangers ; et puis la maladie a des phases diverses, des formes multiples, des variétés ; les affinités et les dissemblances s’entremêlent; enfin, il arrive un moment où les esprit les plus judicieux doutent et se trompent.

Le chapitre du diagnostic différentiel est trop chargé habituellement, et il serait inutile de faire entrer ici la plupart des m'aladies nerveuses. La chofée ne peut être confondue avec l’inflammation du cerveau et des méninges, avec l’apoplexie, avec l’aliénation mentale, avec la myélite, etc.

Dans le tremblement, les mouvements s’exécutent avec une espèce d’égalité en haut ou en bas, sur l’un ou sur l’autre côté. Frank a observé que la chorée pouvait s’allier aux tremblements.

Le tremblement mercuriel se rapproche des mouvements volontaires, et marche avec les troubles de l’intelligence. La connaissance de la cause tranche d’ailleurs toute difficulté.

Dans la chorée du visage, celui-ci est sillonné dans tous les sens

par des mouvements rapides et grotesques; les muscles du cou et des autres parties du corps sont plus ou moins agités ; la déglutition est gênée. Les tics de la face restent le plus souvent bornés à un seul côté et aux muscles qu’alimentent les branches du nerf de la cinquième paire. Le tic est frontal, sous-orbitaire, maxillaire, etc. , selon la branche malade isolément.

Le sentiment d’une boule qui de l’abdomen se porte vers la gorge, le gonflement du cou, l’intermission des symptômes, l’âge des malades, l’absence de cette physionomie grimaçante, les cris de l’accès, etc., séparent l’afiection hystérique de la chorée.

La force musculaire est très-développée chez les épileptiques ; les mouvements convulsifs n’ont lieu que par accès ; les malades perdent connaissance, l’écume leur vient à la bouche. Rien de pareil ne s’observe dans la chorée, que Sydenham appelé une sorte d’épilepsie.

Sans entrer dans de plus longs détails, il reste clair comme le jour que, nonobstant quelques points de contact, ces maladies ont des caractères distincts qui les séparent complètement l’une de l’autre.

Le diagnostic ne peut être obscur que dans le cas de complication, et encore seulement par rapport à la détermination du rôle et de l’importance respective de chacune des affections composantes.

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