‹ Considérations sur la clientèle dans la classe pauvreChapitre 6 sur 10 · QU · texte numérisé non relu

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usitées, si indiscutées, que l'on ferait mauvaise besogne en luttant contre elles. Les tisanes prennent une part importante dans toute intervention. Le médecin habile doit savoir prescrire des tisanes. C’est souvent là le criterium dont le pauvre se sert pour le juger. Il connaîtra donc toutes les nuances, toutes les espèces, et ‘acquerra une autorité absolue grâce à ces moyens, le plus souvent inoffensifs, et qui parfois peuvent être d’une réelle utilité. Dans les maladies fébriles aiguës, il est indiqué de rechercher la sudation et la sécrétion urinaire par tous les moyens possibles. Les tisanes sont les meilleurs de ces moyens. Diurétiques puissants, elles servent à l'élimination des toxines et des produits morbides que l’organisme a accumulés. Enfin, ce sont des boissons hygiéniques, si leurs effets spéciaux sont trop souvent. à négliger.

Il est certaines indications que nous aurons de la peine à faire accepter partout et dont nous devrons user avec prudence. Il est peu probable que l’on nous tolère d'emblée, chez le typhoïsant, le bain froid, et, s’il survient quelque accident, nous en serons infailliblement responsable. Il faudra user de ménagements tout en restant autoritaire.

Enfin, c’est au médecin surtout qu’appartient cette part, la plus importante de la médication chez le pauvre, la médication morale. Toujours, plus pour le malade que pour l'entourage, nous devrons paraitre sûr et confiant, être rassuré alors que nous sommes le plus incertain sur l'issue de la crise. Le malade lira chaque jour sur notre visage le pronostic vrai, les parents épieront le moindre de nos gestes : prenons garde et que pas un muscle ne nous trahisse. Encourageons le désespéré, parlons-lui d'avenir, d'amélioration dans sa position actuelle. Apaisons plus que les souffrances physiques ses tortures morales. Et en cas d’épidémie, en cas d’affolement, quand le mal frappe à coups redoublés autour du malheureux, il importe que nos nerfs soient d’acier, notre volonté puissante ; une seule défaillance, un instant

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