‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 10 sur 15 · Chapitre L · texte numérisé non relu

Chapitre L

nt de vue général pour étudier l'esprit des deux églises*

me -Dieu prédit à ses disciples des persécula mort. Il déclara que son royaume n'était

ssa^ de TEvangile que j'ai choisi pour emblème An ième livre de •et otrvrage a été cité avec une jus-

pa$ de> ce monde, et il annonça au corps entier def fidèles, des divisions, des scandales, deys dëchirexnens de toute espèce , .un^ longue suite d^épreuves et de calamités» Néanmoins les disciples de Jésus* Christ, n'vhésitèrent point à aller au devant de h coupe qui leur était présentée, et l'église s'avance avec calme et une résignation profonde vers le terme de ces afflictions le glaive de la parole dans le coeur.

Cette arche d'élection portée sur Vocéau des vicissitudes mondaines , cette fille du Très-Haut, cette mère si souvent reniée et méconnue par ses propres enfans a vu son sein déchiré par une séparation déplorahle.

Telle que l'antique division d'Israël et do Juda, cette scission de la chrétienneté, rentre dans le plan de. la providence sur la race humaine. L'unité n'est point de ce monde, et la grande pensée de celui qui est constitue le seul lien de tout ce qui existe,

Il a été dit dans l'introduction et dans le cours de cet ouvrage, que Jésus- Christ fut crucifié par la première prévarication de l'homme. Cette souffrance perpétuelle de l'amour divin , caractérisée par i«

tesse admirable dans la réponse que le saint Synode ^' réglise Russe addressa à la Sorbonue du tems de Pierre ^* Grand.— Voyez rouvrag^e russe intitule; „ Journal de Pie^i^'^' le Grand** où cette fameuse rép.onse est rapportée en enti ^^^

^tmm

signe visiblt^ de là croix, a donc cojxàxï^nté avant don mpplice apparent, et elle doit se reproduire 9ap( :esse jusqu'à la consoxnxuation des choses, etàl'ac^ ^omplisj^ement de tous les décrets étemels» Les schis* nes> les hérésies, les guerres de religion , les triom* )hés de rimpiété^ enfin la séparation des égliseà l'Orient et d'Occident, ne doivent être cqnsidéréé* ['après ce principe, que comme le prolongement de :«tte crucifixion perpétuelle du Rédempteur, inhiélente ^ Tétat de dégradation plus ou moins .pronou* :ée de l'homme et de la nature. Telle est la source ie la résignation du Chrétien , à l'aspect des calami" :és, .qui affligent le corps entier des fidèles. Ces maux ne sauraient ébranler notre foi. Ils sont destinés au contraire à la fortifier, à l'épurer, en nous imposant tous le devoir de la méditation, du recueil» tement et de l'espérance» En effet quelques soyent les orages qui couvrent l'horison du Christianisme^ on retrouve toujours dans cette doctrine sainte le ca* Xftctère indélébile de l'universalité»

De tout tems les religions qui ont successive^ znênt envahi le genre humain, se sont vues constamment , identifiées au destin des Emçires> Le culte naystérieux des Egyptiens s'est enseveli dans les py*i^dmides. La doctrine descendue du Sinaï ne se ^userve que parmi les descendans d'Israël. La Chine ^ plus d'une fois modifié sa religion, au gré des peupies qui l'ont subjuguée, La science des Brames sem*

•ble fix^e aux éives du Gange* Les secrets de la mythologie des Grecs ont cessé d*exister avec la liberté de la Grèce. Tous les oracles sont devepus muets à une certaine époque, et le feu sacre de Vesta s'est éteint dans Rome, avec les derniers reflets de sa gloire et de sa splendeur*

Il n*y a que la religion chrétienne qui n*est astreinte à aucune latitude, à aucune langue, à > aucun siècle. Elle a vu passer TËmpire Romain et le moyen âge. Elle a survécu à la corruption des derniers siècles. Elle admet indistinctement ) le Grec et le Juif, le gentil et le fils des promesses. On la voit s'étendre et se propager sur les bords de la Plata et sur ceux du Gange, au Cap de Bonne - Espérance , dans les déserts et dans les cités, chez Vhomme sauvage et parmi les sages de l'Orient.

Cette universalité n'est que l'effet de l'immensité du principe. Car toutes les religions temporaires, préparatoires ou nationales portent l'empreinte de V^go^s^^' inhérent à la nature hamaine. C'est toujours et en tout lieu une nation .qui se déclare privilégiée, qui repousse et dédaigne les autres peuples, qui voit le soleil de vérité dan<

la, lampe de ses docteurs et de ses prêtres; q^^ s'efforce de fixer à uiie localité, à une montagH®» à un fleuve, à ^n temple quelconque, cet esp^^

le Diea , gui pulvérise les monts et t^appësantit or les coeurs rebelles,

La religion chrétienne ne pouvait être qu*unierselle, dès Tinstant où elle deskërita le peuple u, au lieu de flatter ces espérances et son oraeil. A dater de cette époque , la religion cessa être attachée à une localité quelconque ^ le culte

I esprit et en vérité fiut réhabilité dans sa pléniide et malheur à ceux qui cherchent à défennier quel est sur la terre des sépulcres le lieu de ipos du Dieu vivant.

Mais cette même force conservatrice et cette fndance à l'universalité qui distinguent la religion

II Christ et Télëvent au dessus de toutes les ânes, est devenue nécessairement le principe des icissitudes qui en ont altéré l'unité. Les haines ationales, les passions individuelles, les intérêts a moment ont été effrayés de cette hauteur in- :cessible, qui plaçait le Christianisme si fort aa easus de leurs frivoles conceptions. Chaque nation lutôt que d'appartenir au culte ^u Seigneur a 9ulu^sé l'approprier, et quoique r£mpire Romain 'ait pu entraîner dans sa chute cet édifice fondé IX la pierre qui est Jésus • Christ: il semble que » efforts de ce colosse pooir résister à l'arrêt de a réprobation, ayent néanmoins réussi à déchirer n deux ce patrimoine de Thomme avec celui des

Césars. L*esprit qui préside aux destinées di& rëglise étant hors de toute atteinte, son corps fac la victime des texTibles secousses qui agitèrent le genre humain, lors de la chute de TËmpire d'Orient»

Mais lorsqu'on étudie les circonstances qui ont précédé, accompagné et suivi ce déplorable schisme, on ne saurait se dissimuler que ce ne fut point une séparation spontanée de deux, partie^ également saines et inaltérables, mais plutôt uiie avulsion de la partie malade, qui s'éloigna de son centre, après s'en être aliéné par degré. Les deux premiers livres d-e cet ouvrage ont suflasamment , démontré que l'église d'Orient^ étant demeurée sur les bases établies par les premiers siècles, ne pouvait ni ne devait -composer avec Terreur, avec des passions -et des prétentions nouvellement écloses en Occident à la faveur des troubles et de Tanarchie. Quand même on admettrait avec quelque vraisemblance, que les torts individuels ayent été réciproques, et que l'ambition des évêques de Gonstantinoples ait coi^tribiié à >envenimer cell'O de l'évêque de Rome, il n'en <5st pas moins vrai, qu« la déviation dogmatique et rituelle était toute du côté' des Occidentaux. L'église romaine par suite des ■ innovations qu'elle tolérait ou favorisait d-epuis plus d'un siècte et demi , se trouvait dès longiems séparée , par le fait du berceau de la chretienneté

primitive» avant que de l'être nominalement et d'une manière dëclarëe* Il en a été de cette fu* neste époque, comme de toutes les grandes révo^ lotions. Le nom ne vient ordinairement que bien après la chose , et le mal se développe et se forti* fie en silence » jusqu'à l'instant fatal où retentit lé cri de douleur,

L'afiFaiblissement du pouvoir suprême en Occi» dent y les fureurs théologiques àes Monarques du Bas-Empire, les titres ambitieux dont se revêtirent dis le sixième siècle les prélats des différens sié« geS| doivent être envisagés comme les prémices et les avant -coureurs des collisions subséquentes.

Les causes générales remontent peut-être encore plus loin.

La fusion de tous les peuples dans Je gouffre dominateur de Rome, avait effacé, pour ainsi dire, toates les antiques habitudes du genre humain. Mais lorsque ce lieu impérieux eut commencé à se relâcher et à se dissoudre, les grandes malédiotions reprirent toute leur influence.

Les descendans* d'Âssaracus et ceux d*Hercule temblent prédestinés à une rivalité perpétuelle* Home et la Grèce, alternativement conquérantes ^ tubjujuées, émules de gloire, de puissance et

de lumière , avaient été forcement réunies et confondues pour l'époque de la venue du Sauveur. Mais bîientôt elles reprirent leur tendance naturelle et le bras de mer que la nature a creusé entre ces deux points lumineux du globe , redevint un abyme, que la main de Dieu seul peut combler.'

Le partage de l'Empire entre Arcadius et Hoiiorius donna l'éveil à ces antiques préventions nationales. Leur tendance ne fit que s'accroître) et les Occidentaux humiliés de la chute de leur Empire, et de la prépondérance de celui d'Orient vouèrent une grande animosité à tout ce qui émanait de Constantin ople. Leur orgueil oecuménique, déjà profondément blessé par la translation du siège cle l'Empire, ressentit encore de plus vives atteintes, à l'époque où Justinien, soutenu par Bélisâire et Narsès, reconquit l'Afrique et l'Italie, illustra son règne par la promulgation de ses loiX) la Construction de* S*® Sophie : événemens qui semblaient présager au monde la résurrection du grand Empire, et^qui n'étaient que le symptôme d'un esprit de vie ranimé, av^nt que de s'éteindre.

Les Papes ne pouvaient voir d'un oeil indifférent, ce retour de la puissance impériale, dans des contrées où l'anarchie, et les invasions des , barbaires favorisaient puissamment l'exten^on de leur autorité. Plus d'une fois cités à comparaître

\ la Cour de Constantiuople^ et obligés de s'y rendre « les Evêques de Rome ne pouvaient qu'aspirer à secouer le joug de cette dépendance. Nés euxmêmes dans un pays déchu, avili, agité par des révolutions de tout genre, cette chaîne d'individus que Ton désigne sous le nom de Papes, semble

avoir méconnu ou ignoré lé* respect et la foi dûs au pouvoir suprême. L'esprit de rivalité profondéaient enraciné dans tout l'Occident, seconda leur projet, et Tan goo fît contempler à l'univers un spectacle jusqu'alors demeuré sans exemple dans les fastes du Christianisme. Au milieu des ténèbres de l'ignorance, le descendant des maires du ''palais ^e Mérovée, voit luire une couronne ra* dîeuse, que lui offre un prêtre étranger, assis au pied du Capitole. Il s'en approche sur les ruines du royaume des Lombards et la reçoit des maint * d'un Pontife usurpateur. Si ja,nais la. force et la gloire s'humili&rent ouvertement devant la fraude et l'imposture: certes, cf fut à cette mémorable époque. A dater' de ce jour, tout |esprit éclairé, aurait pu prédire les attentats, les délires, les em^ treprises de la papauté, jusqu'au i^ème siècle.

On aurait pu prévoir sans peine ce qui est arrivé. Que sa puissance s'accroîtrait constamment en raison inverse du progrès des lumières: que ce éiége profané donnerait à l'univers des tyrans et des monstres; que les Papes bâtiraient des X^m*

ples> au détriment de celui qui n'^èst poîiit de main, d'hommes et provoqueraient de nouvelles séparations, à force d'abus, de scandales et dlm* punité. Enfin il ikait ais^ de prévoir qu'à force de lancer des interdits sur des. peuples entiers, d'excommunier et d'absoudre, ils useraient leurs armes chimériques, et les briseraient eux-mêmes de douleur. Mais ce qui devait mettre le sceau à tous ces désordres, c*était le dernier pacte avec le. fortune que la papauté n'hésita pas à conclure . pour sauver le soidisant patrimoine de Su Pierre, mais dont elle se tépentit bientôt, lorsqu'elle se vit enlever ses cités, ses palais et ses sépulcres Mais les Papes non contens de s'assurer à tout prix la possession de l'Etat Romain, sans laquelle ils n'auraient jamais pu faire valoir avec succès leurs prétentions au vicariat teri^estre; ne dédaignèrent pas même de fabriquer des titres pour constater leur droit de propriété, A cette fin ils produisirent et accréditèrent un faux acte de donation attribué à Constantin le Grand , et ne rougirent point de faire usage d'untî fiction digne des tems de barbarie, La trop célèbre collection {rjudis indigestd' ifue moles:) connue sous le nom de Décrétales fut compilée par un fanatique en H50, puis en 1^34» ^t ilonna naissance au labyrinthe du Droit canonique d'Occident. Les Evêques de Rome, loin de démasquer ou de renier l'imposture, en profitéteal avec avidité; et notamment Grégoire IX*

la revêtit de sa sanction par la Inille Rex pacificus ♦). V

La prise de Constantinople par les Latins mit à découvert cette antique animositë, dont nous aurons parlé plus haut, et qui emprunta une nouvelle force de la ^férocité des peuples barbares, qui s'étaient armés pour servir les vues mercantiles des Vénitiens, et les projets de vengeance des Pontifes de Rome, acharnés contre la nouvelle. Aussi la domination des Latins en Orient, présentet-elle un spectacle déplorable et bien plus doulouleux encore que celui des ravages opérés par les croisades.

Le Concile de Florence, qui fut la dernière ; 1439. faute et le signe de réprobation finale des Souve- ^ rains de Byzance atteste également la mauvaise foi | de ceux qui gouvernaient alors l'église d'Occident, \ Michel Paléologue, réduit à la plus grande détresse J embrassa ce projet de réunion, comme le seul moyen de se soustraire à une perte certaine **)♦ Sans égard à ce qu'il devait à la religion de ses

*) Voyez k ce sujet l*admirable histoire du Droit civil , par le célèbre Heineccius , où ce tissa de mensonges est dé- Yeloppé avec une sagacité, une érudition et oi^e réserve peu commune*

«*) Vojes l'hi»teir« de) Uniatt par Mr. de Bantiick - Kam^nsky. /

pèires, et à la postérité, ce Prince, dans l'espoir d^obtenir par là le secours dont il avait besoin , accéda à la convocation d'un Concile, où la disproportion dans le nombre des Ëvêques respectifs, le lieu même de l^ssemblée , le choix des délégués de l'église orthodoxe, la marche précipitée des délibérations , tout en un mot , présa^ait une prostitution manifeste de la vérité , et l'opprobre . du Christian nisme. Aussi ce simulacre de réunion, fut -il rejette avec horreur par Téglise grecque et russe ; et le nom de ceux qui trahirent en cette occasion la- cause de la religion, pour obtenir des dignités, tels queBessarion, Isidore de Kief et autres, fut -il flétri d*utt commun accord. Ce qui caractérise la nullité de ce Conciliabule d'une manière frappante , c'est que ce même Eugène IV. qui en ourdissait les intrigues et feignait de rappeller des schismatiques dans le be^ cail , était lui - même l'objet des sentences de condamnation du Concile de Basle *) convoqué à ]^ même époque et qui sévissait sans crainte , contre ce Vicaire de Jésus - Christ.»- Ce Pape fut déposé, ana* thématisé , déclaré scbismatique , ennemi de la paix et de Tunlté de l'église, coupable de simonie, parjure, hérétique, incorrigible, endurci, dissipateur du patrimoine de l'église etc. ♦♦).

*) L*Empereiir Sigiimond et lept cent Evéques d*Occident y assistèrent.

4*) V. le X3. T. des actes des conciles publiés' pac Labb* pag«* 590. 606. -< T. hist. eccl. de Flenrj T. XXII.

Cest ainsi qu'on se jouait en Occident des intérêts les plus chers de l'espèce humaine » et que Ton profanait sans honte les dons inamovibles de l'esprit de Dieu !

Feu de tems' après cette dernière tentative, Iç 1451. trône des souverains de Byzance « qui chancelait der puis plusieurs siècles , et ne se soutenait que sur un monceau de ruines » s'écroula sous le glaive exteriài* nateur de Mahomet II. Cet Empire ressemblait àe^ puis longtems à un corps atteint d'une maladie incurable, que des attaques extérieures n'avaient cessé d'aggraver. L'esprit de vie s'était retiré des exttë» mités et ne résidait plus que dans le coeur. Conr «tajitin Paléologue s'ensevelit avec gloire sous les rui* nés de sa capitale. Mais la che du trône n'entratna. point celle de l'auteU :

L'église d'Orient avait été gouvernée par des hommes. La décadence de l'empire avait dû influer nécessairement sur l'état de perfection de l'église. Lbs lumières et les vertus n'étaient plus au niveau de otlles qui avaient illustré les premiers siècles. Mais le dépôt de la foi étai| demeuré intact. Le dogme et la discipline n'avaient subi aucune altération. Il lui restait à traverser la plus formidable de toutes les épreuves, mais au^si la plus salutaire de toutes: celle de la captivité e t des hu miliati ons. L'église toait tortio pure et radieuse du creuset du pagamsme.

Celai du. Mahomëtisme lui était encore xéserj/é, Tandisque l'ëglise d'Occident s'enivrait des fruits dé la terre , et goûtait avidement les perfides douceurs de la puissance temporelle; sa soeur recevait de li main de Dieu le vêtement de^'li euil et d'esclava ge; elle S6 voyait chargée de fers, pour être soustraite aux pièges de Tesprit d'orgueil, qui allait ^asservir l'Europe pendant trois siècles ; et il est vrai de dire que le bras du Tout -Puissant en s'appesantissant sur elle lui prodiguait les plus inestimables bienfaits.

Une grande et fructueuse leçon allait être donnée à la race humaine. En vain les dépositaires de la science désertèren-tils 1^ Grèce après la catastrophe de Gonstantinople. La religion demeura la même^ et prouva au monde, que si le flambeau des connaissances humaines sert à décorer ses temples , ce n'est point de leur pâle et vacillante lumière que la révélation de l'Homme - Dieu, emprunte ses divines clartés*

Les t'ems de persécution , de prospérité et de pénitence, semblent se succéder perpétuellement dans les annales du Christianisme ^t reviennent à des ép(K ques déterminées, selon les décrets de la sagesse éternelle , pour châtier , éprouver et régénérer l'espèce humaine. Les siècles de pénitence préparent ceux de splendeur et de prospérité , de même que la dissolution et la reproduction des germes dans le sein

de la terre» amènent les joyeuses moissons. Les siëeles ïe persécutions ressemblent à la faucille et au ilëau» qui séparent le bon grain de Tivraie. Uépi est arraché du sol et n'appartient qu'à son maître. Les réservoirs de réternité s'ouvrent, les générations égarées s'y engloutissent, et Timage da Dieu immuable se réfléchit avec gloire dans le torrent.

Résumons de ce qui a été -dit plus haut: }?

Que l'église d'Occident se sépara du berceau de

Téglise primitive, par des causes inhérentes à Tétat

de déviation où elle était plongée: 2^ Que ce

fut une avulsion de la partie malade et non une

séparation de deux parties également saines. 3®

Que l'état d'anéantissement et de dissolution de

l*empire d'Occident avait puissamment contribué à

dénaturer cette portion de la chrétienneté. 4® Que

l'autorité du siège de Rome, véhicule principal de

cetfe séparation n'a pu s'accroître qu'à la faveur

des troubles, de l'ignorance et de l'anarchie. 5^

Qu'une foule de causes humaines et de germes

d'inimitié entre la Grèce et l'Italie, ont coi;icouru

à faire éclater le schisme, qui existait par le fait^,

avant de s'être hautement déclaré. 6° Que les am-

bitions de plusieurs Pontifes, envenimèrent des

deux côtés ces germes de discorde. 7^ Enfin que

jla Providence divine a voulu éprouver l'église ot*

tbodoxe et la préserver de toute complicité , di^ns

' les hérésies subséquentes^ en la livrant au, sceptre de fer des Ottomans.

C'est par l'action de cette même providence impénétrable que la Russie fut exceptée de l'arrêt de peysécution, quoique livrée à de pénibles épreaves, que l'invasion des Tartares lui a fait essuyer pendant plus de deux siècles. Arrivés à l'époque fatale de la chute de Constantinople , nous allons offrir à nos lecteurs', un spectacle qui n'est comparable à aucun des phénomènes de l'histoire du globe. Nous allons contempler la plus affreuse àéfaite» et le triomphe le plus sublime, le plus grand bienfait, comme la plus formidable épreuve de la religion du Christ. Trois cent soixante ans de ca,lamités vont nous présenter un miracle perpé« tuel. Le Christianisme envisagé jusqu'ici comme principe de régénération , ' devient principe d'existence. Huit millions d'hommes n'ont plus d'autre bannière que celle de la croix, d'autre nom que celui de Chrétien, d'autre patrimoine que l'autel La verge de Moyse ne se borne plus à faire des miracles: elle porte des branches et des feuilles. Des peuples entiers ont vainement porté sur eux mêmes une main suicide» Ils se sont - survécu à

X - mëmet. Mais la foi habite encore parmi K. Elle ^e plait au milieu dès sépulcres; et religion chrétienne constate pa^ le fait cette rine parole de TEvangile, que J^sus- Christ n*est int le Dieu des morts, mais celui des .vivans.

Page 1