Chapitre IL
De Finfluence de Téglise orthodoxe sur les peuples ap- . partenans à sa coinmutiion, et notamment sur la nation grecque.
Des écrivains de toutes les nations et de tous les siècles se sont appliques à faire Papologie du Christianisme en -* récapitulant ses bienfaits. Les annales de cette céleste doctrine depuis la première époque de sa propagation présentent un enchaînement de victoires remportées sur la perversité humaine. On y reconnaît à chaque pas l'action ^'une main invisible , qui arrêté sans cesser les fureurs d'un être suicide , et remédie à ses ëgaremens. On a fait plus d'une fois Téloge de la religion chrétienne. On a vanté à juste titre les effets salutaires des missions, de la vie agricole de certains ordres monastiques , de leurs vertus hospitalières, de leur puissance conciliatrice. On a admiré leur invariabilité au sein des vicissitudes du globe. La religion a-t-on dit, a résisté à la
iza
corruption de TEmpire Romain > elle n^^ point succombe aux invasions des peuples barbares ^ çUe a triomphé des sectes les plus pernicieuses et n'a. point ëté ébranlée par les secousses anarchiques de k féodalité.
' Le temple du Dieu vivant est devenu Tasyl»
des connai5;sar2ces humaines ensevelies sous les dé* bris des empires. Le flambec^u des arts s'est ra]-* iumé au feu sacré de la religion; la charité a multiplié ses ressoiirces à l'égal des misères hu* maines et la doctrine du Christ a conservé avec le iépiôt de la foi, les trésors de la science et le germe ie toutes les vérités*
Il semblerait au premier coup d^oeil qu'il n'y Et rien à ajouter à ce tableau. Tous les écrivains q^ni ont traité ce sujet jusqu'à nos jours, ont con* namment reproduit les mêmes idées sous des for*^ mes différentes. Les uns n'ont pas sçu, les autres se sont bien gardés d'ajouter le dernier trait, à cette Rublime apologie» Et cependant combien n'y «n a-t-il pas parmi eux qui o|it laborieusement parcouru cette terre classique, jadis si féconde en prodiges^ et maintenant, devenue le triste repaire de la barbarie et le théâtre des bienfaits sans nombre de la religion. Oui , . c'est là , c'est sous le ciel enchanté de la Grèce, sur ce sol, vaste prison d'un peuple déshérité, vaste tombeau du génie de ses
ancêtres, sur cette terre chërie de la pensëe el des grâces, que le Christianisme accomplit depuis quatre siècles un miracle perpétuel! . »
L'vEmpire d'Orient semblait devoir tout entraîner dans sa chute. Constantinople , ce point de ralliement des deux plus belles parties. du monde tombe au pouvoir des Musulmane. Le dernier reste du grand empire disparaît. Les sa vans, les gens de lettres Tabandonnent ; les dernières espérances sont éteintes; les hommes s'écrient que la Grèce d cessé d'exister. Dans ce déluge de maux quelle est donc cette force invisible qui résiste à toutes les atteintes , brave les persécutions et conserve à une nation malheureuse, son caractère, sa langue et ses souvenirs. Ce ne peut être que celle de la* religion. C'est ce Dieu inconnu annoncé par St. Paul à l'Aréopage, qui maintient encore parmi les descendans de cette auguste assemblée, les traits distinctifs de leur illustre origine. Le Maho* métisme, qui s'est étendu jusqu'aux plaines de Tours avait failli engloutir le globe.
La violence et l'imposture avait propagé au loin la doctrine de cet Arabe vagabond, dont let fanatiques sectateurs à la lueur du funeste eDH brasement de la bibliothèque d'Alexandrie, n'off» raient au genre humain que le triste choix entre l'apostasie et l'esclavage. Que de nations ont saùi
coxnbé à, cette pénible épreuve*^ La nation grecque y résista et ne dût son salut qu'à la religion du Christ. En vain les Osmanlis appesantirent leur bras sur leurs tributaires. En vain tentèrent - ils d'empoisonner les générations naissantes, en leur faisant sucer Terreur avec le lait* L'église orthodoxe veilla sur ses enfans; elle maintint dans Byzance même le signe glorieux qui fît triompher Constantin le Grand, à côté du croissant qui venait de détrôner ses successeurs. L'autel tint lieu de trône au sein de la captivité, et le Roi des Cieuz qui dispose à son gré des nations et des empires, signale encore tous les jours sa puissance souveraine, sur les tombeaux de ces Rois, rentrés dans la poussière dont ils étaient Sortis,
Les institutions civiles des Grecs au milieu de leur assujettissement attestent la prodigieuse activité du principe, religieux qui les vivifie, et leur tient lieu de patrie, de liberté, de gloire, de sé« carité, de richesse, de lumières et même d'espérance. Les Turcs ne conservent quelques égards que pour l'ordre monastique protégé par le fondateur de leur culte à raison des idées orientales sur l'excellence de la vie religieuse. Ou reste les ministres du culte, sont vexés et rançonnés sans cesse, \pour obtenir le" droit d'exercer leurs fonctions. La permission de réparer et d'entretenir exv térieurement les églises doit être achetée au poid^
de Tor. Toutes les fois qu'il a été permis d'en bâtir une nouvelle, le zélé et Tardeur des Çhrë* tiens, l'a fait sortir, en quelque façon, du «ol, avec une rapidité invraisemblable.
L'assujettissement absolu auquel POrient est condamné depuis plusieurs siècles y a reproduit toutes les merveilles de Téglise primitive. Les Evèques indépendamment de leur pouvoir spiritueli exercent encore dans leurs diocèses respectifs ^ une jurisdiction civile très - étendue. Ils administrent' la justice d'après le code Justinien, celui de Théodose et les lois de Basile de Macédoine. Toutes les causes litigieuses entre Grecs ressortent à leur tribunal. Une force d'opinion irrésistible y ramène les parties contendantes, sans que cette paisible autorité ait jamais d'autre soutien que celui de la religion et de l'honneur national. Tout Gxec qui' préfère de recourir aux tribunaux turcs s'attire l'ignominie. Ce ressort indestructible est si puissant, qu'il triomphe même de l'intérêt personnel. C«r quoique les loix turques soyent beaucoup plus fr vorables aux collatéraux que ne le sont les loisiomaines; cependant il n'y a presque point d'exemple qu'un Grec ayant droit à un héritage ait tenté de s'en prévaloir. Tel est l'ascendant vraiment extrtordinaire que la religion exerce sur tous les peiiH pies, qui n'ont plus qu'elle pour appanage. La"^ langue grecque elle même, ne s'est conservée qui
^ous ses .auspices^ Elle n'est demeurée vivante que parcequ'elle a ëtë consacrée aux louanges du Dieu vivant. Envain le Turc d'une part, Tltalien de l'autre ont tenté de l'effacer et de là faire disparaître. Malgré les altérations qu'elle a subies dans la bouche du vulgaire, le type est resté le même; la connaissance en a été transmise par le moyen de la hiérarchie, et de nos jours la génération naissante travaille à épurer par degré cet idiome divin, qui s'est restreint dans des limites moins étendues, sans avoir toute fois changé de nature* C'est du sein de cette église orthodoxe si méconnue et si calomniée en Europe, que se sont éle-. vés^ de nos jours trois hommes de génie, \dignes d'être nés das^s les tems les plus prospères du Christianisme. L'archevêque Miniatis qui fit entendre ]a parole de Dieu avec tout rentraînement de l'éloquence humaine, dans les temples du Péloponnèse, Nicephoye Théotokis, Archevêque d As-^ tjracan, digne successeur des apôtres, offrit à l'univers le modèle accompli de toute? les vertus pastorales^ convertit à la religion un grand nombre âe Musulmans et d'idolâtres et fut utile à ses comjpatriotes par des ouvrages pleins de raisonnement, d'érudition et de vérité. Eugène Boulgaris, archevêque de Poltava, décédé à St. Pétersbourg, fonda ■ur le mont Athos une école célèbre. Son exemple et sf^B leçons embrasèrent la jeunesse d'un zèle ^cdent pour l'étude. Forcé d'émigrer à cause dç»
]p^ersécutions qui Tatteignirent^ il trouva un asyle en Russie y et y acheva ses illustres travaux,- qui le fireât admirer de tous les sa vans de TEurope* Eugène consacra toute sa vie' aux études les plus pro* fondes, et se fit pardonner sa gloire à force de calme et d'humilité.
Plusieurs isles de TArchipel, où quelques xnoiiaes d'Occident ont réussi à s'introduire, oJBreUt dans leur sein le contraste le plus frappant entre les deux cultes. Le peu de familles qui ont embracsé l'hétérodoxie sont agitées du plus déplorable fanatisme. Subjuguées par les missionnaire^, elles répugùent à s'unir par les liens d*affinité avec ks chrétiens orthodoxe^* En cas que des mariages àyent lieu, tous les prestiges de Timposture ïont employés pour désunir les plus proches pareûs, opérer des abjurations par surprise, administrer de gré ou de force le batème par aspersion et accréditer parmi le peuple les pré ventions les plus anti- • sociales.
Aussi ces satellites de la papauté sont *- ils en horreur dans toute la Grèce, et il semble qu'un esprit de vertige et de perdition suggère à ces doc* teurs, tous les moyens les plus eôîcaces pour^en* venimer la plaie profonde dont la chrétienneté est atteinte.
Tels sont les fruits déplorables du schisme qui a divisé le patrimoine du Seigneur* Les chrétiens
d^Orient loin de trouver un appui dan» ceux d'Occident, comme ils auraient eu droit de s*y atten- i dre éprouvent des persécutions de Jeur part et ne trouvent de consolation et de refuge que dans la puissance de ce Dieu qu'ils adorent, comme Tout adoré leurs ancêtres. En Italie les derniers hon* neurs de la sépulture sont refusés aux Grecs; dans le nord les chrétiens orthodoxes ont essuyé à di« verses époques tous les genres de vexations, de sé« ductions et de violence, pour les faire adhérer à Tunion. Et Ton voudrait après cela que la haine ne se perpétuât pas d'âge en âge et qu'il fût possible de faire régner en tout lieu l'unité , par des moyens aussi condamnables!
Nous allons voir maintenant ces mêmes ré« sultats d'une religion conservatrice et tolérante se reproduire en Russie isous un aspect différent. Ce grand empire a eu sa période de désolation et d'esclavage. Il importe d'apprécier au juste le contre - poids que la religion a réussi à placei;^ dans la balance de ses destinées. C'est de l'ensemble de ces observations que nous tâcherons de déduire quelques çoïiséquences positives sur l'esprlç qui caractérise les deux églises séparées, sur le principe de la tolérance en général, et sur le^ combinaisons qui pourraient un jour en !i:ésulter pour le salut et à la réunion de l'espèce humaine» au nom de son divin Rédempteur*
catastrophe renversa tdu$ les calculs humains: elles plaines du Don virent se briser le torrent destiné à engloutir VEurôpe, comme jadis celles dé Tours avaient contemplé le dernier élan de Tlslamisme du côté de rOccident. Néanmoins ces masses dévorantes et mobiles demeurèrent maîtresses de plusieurs belles provinces et la nation russe, loin de pouvoir détourner ou retarder la chute du Bas - Empire, dut se borner à combattre pour sa propre existence. Quoiqu'il'en soit de ces grands événemens, que Ton pourrait comparer aux plis ondoyans de ce voile immense , dont l'arbitre des destinées se plait à couvrir la profondeur de ses desseins : la Russie vit se lever sur son horizon le soleil de vérité, des régions qui avaient été le berceau du Christianisme ; et l'époque de barbarie et d'esclavage qu'elle était destinée à traverser, fut tempérée par le rayon vivifiant de l'Evangile. Le culte orthodoxe moins despotique, par son essence, plus tolérant et plus conforme à la doctrine des premiers siècles do l'église que celui d'Occident, communiqua au clergé russe ce même esprit de patriotisme et de tolérance, qui a empêché qu'il ne séparât sa cause de celle du peuple dgtrant les longues calamités qui affligèrent la Russie sous le )oug des Tartares et sous cçlui dos Polonais, En effet, on retrouve à chaque page de l'histoire du tems, des preuves éclatantes et multipliées du dévouement des ministres de l'autel à leur patrie ; ils ne cessèrent jamais d'être soumis à l'autorité suprême et bons cito-
yens. Qu'il en eut été autrement, et surtout aux époques critiques de Thistoire de Russie, teLes que la bataille du Don, la prise de Casan, Tavénement au trône de la dynastie Romanoff, si les principes anti- sociaux du vicariat terrestre, avaient pénétré dans ces immenses contrées, et les eussent subor^ donné comme TÂlleioagne , la France, TËspagne et ritalie aux despotiques injonctions d*un Pontife étranger. 11 est aisé de cpnjeoturer ce que cette dépendance eut pu amener pour la Russie et quelle aurait été dans cette hypothçse , la nature de ses rapports avec les nations voisines. Nous abandoi^^ nons à nos lecteurs, ce vaste sujet de méditations instructives. Mais indépendamment de ces grand? résultats qui sont uniquement dus à l'introduction du culte orthodoxe en Russie, il en est d'autres non moins importans , et qui ont puissamment influé sur les destinées de cette partie du globe si féconde en espérances.^ La langue slavonne sen^ble n'avoir été jusqu'au dixième siècle qu'un amas d'idiomes hétérogènes et incohérens^ La traduction de la bible grecque, créa l'unité de cette langue majestueuse et sublime, elle réveilla son génie, en l'associant à celui de l'antiquité.
De là il est résulté que la langue slavonne a été de tous les idiomes modernes ^) la première déposi-
*) Si l*on en excepte la traduction' de la bible en langue go* thique parUliîla, qui ne saurait entrer en ligne de compte.
taire des ventes révélées. Car comme l'obterve ju— dicieusement l'historien Levesque, la Russie possé^» dait une admirable traduction de la bible dès le ohoftiëme siècle, tandisque dans le reste de l'Europe» celles qui furent entreprises au seizième n'étaient en«> core que des essais fort imparfaits. Sans l'invasion Ûes Tartares , ce premier pas de la langue slavonne, aurait eu des suites bien plus rapides et plus salutaires. IV^ais quelqu'ait été le malheur des tems, cette époque mémorable rendit la nation russe chrétienney €t la religion nationale; et ce bienfait ne doit être attribué qu'à Tinfluence d'un culte qui emprunt? indistinctement le langage de tous les peuples poat chanter les louanges du Seigneur et ne prétend point substituer l'unité du son, à celle de l'esprit qui est la plus essentielle et la seule véritable. \^
Une telle identité de culte, établie entre la Rus« «ie et le berceau du Christianisme ne manqua pas d'attirer l'attention et d'exciter la jalousie des sectateurs du rit romain. Ces passions haineuses et inquiètes se couvrirent du masque trompeur de l'esprit de prosélytisme. Dès l'année iiK>4 ^® P^pe Innocent III. députa un Nonce à Roman Mstislavitch, prince de Galitch , pour l'engager à abjurer la foi de ses pères, mais il échoua dans son entreprises^
En 1438 Isidore, Métropolitain de Kiew, in-* vite à se rendre au Conciliabule de Florence, s'y
laissa éblouir par les séductions'de la Cour de Rome, et s'attira la rëprobation de toute Téglise russe, qui le repoussa de son sein , comme un mandataire infidèle. En 1576 le Pape Grégoire XIII. fit les mentes tentatives auprès du Tzar Ivan Wassilievitch , par le ministère du théologien Rodolphe Klenchen, mais avec aussi peu de succès. En 1581 ^^ Jésuite Antoine Possevin fut chargé d'une mission du même genre, qui se rattachait à toutes les vues politiques des puissances voisines de la Russie.
Le Pape Clément VI II. crut pouvoir obtenir quelque succès par les mêmes moyens, auprès du Tzar Fédor Ivanovitch.
En 1668 les mêmes sollicitations d'accéder au rît romain, étayées par les argumens les moins conformes à l'esprit du Christianisme, furent réitérées auprès du Tzar Alexis par l'entremise de Jean Casimir, roi de Pologne*
A différentes époques et jusqu'au régne de Pierre L , les Jésuites et autres religieux du rit romain ne cessèrent de s'introduire en Russie sous mille prétex-^ tes spécieux.
Renvoyés de Moscou pour avoir troublé l'ordre public, par des correspondances nuisibles et de| déclamations audacieuses ^ ils sMtayaient constam^
ment de rintercession des puissances amies ^e la Russie. Pierre le Grand enjoignit aux Jésuites de ^quitter ses états par une déclaration donnée le 17* Atxil 1719, et affichée à Moscou*
Ces tentatives réitérées n'altérèrent pas néanmoins l'esprit de tolérance inhérent à laidoctrine et aux institutions de Téglise orthodoxe. En Russie surtout ces maximes se transformèrent en loix de l'état , qui par la suite du tems sont devenues invariables. Cet empire leur doit en partie les avantages de la civilisation et de sa sécurité intérieure , et ce que l'on ne saurait se lasser d'admirer c'est qu'un gouvernement que l'on considère comme arriéré dans la carrière des connaissances et des idées dites libi^ raies , ait réalisé par le fait des principes que les autres nations de l'Europe se sont contentées de préconiser. ' En effet on a beaucoup vanté la tolérance depuis un siècle» Après Tavoir longtems combattue on a fini par en faire un étalage pompeux, mais la réalité n'a que faiblement répondu à l'exagération des éloges. Il serait digne de l'observateur judicieux et'dmpartial , d'établir un parallèle entre les maximes et les institutions des autres états relativement aux différons cultes et celles qui depuis longtems sont en vigueur sous le sceptre russe. Cette comparaison offrirait pour résultat que ce n'est qu'en Russie où la tolérance passive a pris le caractère d'une protection efficace et constante. Il y a plus* La loi ac-
corde' indistinctement à tous les citoyens quelque soit le rit ou le culte qu'ils professent, une parité entière de droits civils en vertu de laquelle ils peuvent aspirer à tous les emplois publics et jouir des mêmes prérogatives. Et cette libéralité dont il se- » rait difficile de trouver ailleurs le modèle, n'a été provoquée ni par Tirreligion , ni par la crainte des réactions et des résistances. Ce système porte le caractère respectable d'une sage prévoyance combinée \ à une noble sécurité»
On serait peut-être porté à attribuer cette tolé* rance à des raisons d'état particulières à la Russie, au caractère de ses habitans plutôt qu'à l'esprit du rit orthodoxe. Mais on se tromperait en refusant à l'église d'Q rient cette tendance prononcée à respecter les autres cultes. Car quoiqu'il soit yrai de dire que les sages maximes du Gouvernement et certaines qualités nationales ont puissamment contribué à introduire en Russie ce système de tolérance absolue, néanmoins il est incontestable que l'église d'Orient, toute fière qu'elle est de n'avoir point altéré les bases des premiers siècles, n'est pourtant pas à beaucoup près aussi jalouse de son autorité que celle d'Qc-» cident«
L'érection du patriarchat en Russie . en est une preuve irrécusable et démontre jusqu'à l'évidencd que les Ëvêques de l'Orient ne redoutent point d'à*
voir des égaux, parcequ'ils ne reconnaissent qu' seul chef visible et invisible , qui est notre Seigneuza Jésus -Christ. Fils étemel de celui dont la longam. j mité et la patience ne se mesurent que par rinfîc^i^ l'Homme - Dieu n*a cessé de donner au genre htamain des leçons de tolérance. L'épouse serait -elle moins aimante, plus inflexible que Tépoux? Voudrait-elle étouffer et détruire cette liberté intérieure de la créature pensante, unique gage de sa similitude avec le créateur; ce glaive à deux tranchans que le Tout-puissant lui-même conserve avec amoar comme un reste de son image, quoique cette liberté eoit perpétuellement une infraction des loix qui gouvernent Toeuvre de ses mains.
Non sans doute car ce serait anéantir le précepte de Tamour, qui est le seul emblème visible de la pureté du mystère de la foi. A quoi pourrait -on la reconnaître, Cette foi vive et divine? Comment la distinguerions - nous de la foi de terreur et d'angoisse, puisque les démons eux-mêmes croyent et tremblent.
Il nous reste à étudier maintenant ce principe conservateur de la tolérance, dont nous avons reconnu dans l'église orthodoxe plusieurs caractères distinctifs ; et c'est de cette vaste et consolante théorie que nous allons nous occuper au chapitre suivant.