‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 12 sur 15 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

^e la tolérance en général et de Tapplication de ce principe à réglise d'Orient.

Il a été dit daus le cours de cet ouvrage que a vérité dans le sens le plus étendu ne saurait hxe envisagée que comme le représentant de la 'éalité des êtres. La vérité n'est absolue que lans le sein de Dieu, attendu qu'il est le principe le toute existence. Par rapport à Thomme la véité, de même que toutes les qualités abstraites, lemeure constamment relative y- tant à raison des limensions infinies de la réalité qu'elle représen- :e, que par suite des limites déterminées dans ]es« quelles «e renferment les facultés de l'observateur. Ces bornes se sont encore rétréciçs depuis la dégradation originelle de Tespèce 'humaine î et elles sont plus ou moins étendues , à raison du degré de perfection morale de chaque individu en parti»

culier. Un oeil vicie organiquement, ou a£EELibli par Tabus qu'on en V fait, ou offusqué par des humeurs opaques et malfaisantes^ .ne saurait appercevoir ni même supporter Fënergique lumière du soleil* Le rayon n'agit donc plus sur un tel organe que d'une manière purement relative, et les pilles lueurs d^une lampe suffisent déjà pour éblouir des yeux , accoutumés aux ténèbres d'une prison. Il y a plus. L'homme ne peut se flatter de connaître la vérité que lorsqu'il agit selcfti la justice^ de même que dans les rapports les plus ordinaires de la vie, on ne possède une théorie quelconque, qu'autant que l'on sait, que l'on veut et que l'on s'applique à la mettre en action. Ce n'est pas que plusieurs individus no parviennent à force de travail à connaître et à approfondir une foule ^de vérités isolées. Mais alors ce sont des vérités et Uon ^ pas la vérité qu'ils connaissent. Car la vérité est ' uncy comme le principe de toute existence est »», et par conséquent elle ne saurait se refléchir dam l'intelligence d'un être qui, devenu multiple mixte^ et déchiré par sa chute, ne la contemple qu'à travers le prisme de ses sens altérés, de ses passions et de ses erreurs, La vérité condamnée à nous retracer une réalité, que le mal a corrompue, ne trouve dans l'homme qu'un miroir réfracteur, -terni par ce même souffle d'impureté. Elle ne saurait donc se dégager du principe du mal, dont elle est astreinte à reproduire l'image et doit nécessaire-

ment pour trouver accès dans Tcsprlt dé rhomme^ ce diviser elle-même et se dépouiller de son unitë» De là naît Tillusion et le mensonge. C'est le rayon pur qui traversant une atmosphère chargée de va-' peurs, s'altère ^et se décolore et qui venant à se réfracter sur un miroir à facettés, s'y brise de mille manières différentes , après s'être dénaturé»

Ces considérations encpliquent pourquoi la vi' rité n'est ici bas que la statue voilée du temple de Saïs; pourquoi elle se transforme si souvent en poison , en éclair, en discorde, en délire: pourquoi elle ressemble toujours à une nuée orageuse, attirée par nos baguettes électriques et qui vient fondre Sur nos tètes, sans pouvoir désaltérer nos coeurs. Or ce même orage quand il est porté sur les aîles de Tesprit de Dieu, s'annonce par un souffle plein de douceur et de charmés; il se trahit par l'emblème gracieux de la colombe, se "manifeste par l'organe de la parole humaine, et 'subjugue toute puissance intellectuelle et sensible s^ns l'écraser ni l'an^antîr *). Cette grande leçon sert à matérialiser une vérité sublime c'estj que le premier symptôme y comme le premier fruit de notre initiation à la vérité doit être la vertu de la tolérance» En effet la vérité enfante la justice» La justice conduit à l'amour, et l'amour est- il compatible avec Vintoli»

rance"^ .......

*> Voyes. Acttf des Apdtrti»

Aussi le divin Sauveur des hommes s*appliqaat-il à inculquer en toute occasion Tesprit de man* , suétude, de tolérance et de longanimité. Les Evangiles sont remplis des préceptes les . plus sublimes et les plus . touchans qui nous recommandent cette vertu avec Taccent dé la sollicitude et de Tamour. La tolérance annonce le calme et la sécurité de la force , et ne saurait être confondue avec cette cou* pable indifférence qui n'est que le symptôme de Ti-nertie^ de l'aveuglement ou de la terreur. Jésus* Christ prêcha la tolérance par V exemple ^ car il pria pour ceux qui le crucifiaient et réprimanda ^ses discipies empressés à faire descendre le feu du ciel , sur une cité samaritaine. Il la prêcha par le raisonne' ment ; car il nous apprit à redescendre dans nos consciences, avant que de juger nos semblables. Il prêcha la tolérance par intention y car il nous enseigna comment il faut rechercher le commerce des êtres pervertis dans l'unique vue de les ramener à la vérité. Enfin il nous démontra les conséquences salutaires de cette vertu mise en pratique, en nous faisant contempler les progrès rapides de ses humbles . apôtres pour la conversion de l'espèce humaine, comparés aux secousses, aux carnages, aux dévastations qu'a produit l'intolérance des siècles postérieurs Les actes des apôtres contiennent plusieurs faits remarquables, servant à car£tî5\ériser l'admirable tolérance dont ces ministres de la parole étaient constamment animés, quelques fussent les persécutions qui s'op-

posaient à la propagation des vérîtës étemelles.

Apollos ne connaissait que 'le batéme de St. Jean et l'&dniettait pour base de sa doctrine qu'il enseignait aux Gentils avec un zèle à toute épreuve *) Saint Fauly loin de le combattre, ou de lui interdire l'exercice de son ministère, n'eut à coeur que de lui fournir les notions -q\!itî lui manquaient sur l'incarnation de la divinité. Au dixième siècle, Apollos eut vraisemblablement été la victime de sa bonne foi et de son ardeur. Une îouîe d*exemples de la même nature, démontrent jusqii'àTévidence que tout dépositaire de la grâce divine, doit tètre tolérant, plein de patience, d'humilité et d'amour. La tolérance, avons nous dit plus haut est le repos de la force: et c'est à la religion de rétemelle victime, à constater son origine céleste, en alliant la puissance^ que rien ae saurait détruire, à V amour ^ que nulle haine ne i peut épuiser. Si une église partielle qtrélfconque a ' dévié de ce principe immuable, si le glaiv-e extermi- { Uateur a été mainte fois substitué au glaive à deux ^ trancbans de la Parole',- que notre foi n'en soit point ébranlée. Car souvenons • noiis-que ce n'est ni sur • la montagne de Sion^ ni sur celle de Garizim que l'on adore exclusivement le Père des miséricordes et que si nous fléchissons matériellement le genou dans la vallée des larmes , c'est pour lui rendre un culte dans les régions de Vesprit et dans le sanctuaire de la vérité. . ^

*) Voyez Actes des Apôtref.

La toléranciB, est une vertu chrétienne politique et sociale^ C'est à dire qu'il y a essentielle» ment trois espèces de tolérance: celle de V église; celle de Vêtat et celle de Vindividu *). C'est sous ces trois aspects différetis que nous allons tâcher de Tenvisager pour en déterminer les attributs distinctifs et les conséquences nécessaires,

'loUrancê L'Esprit de Ûieù a fondé l'églisfe et son action t:ontinue raumente et la soutient. Ç est donc en agissant selon cet £spr^^ qu^elle se perpétue, se propage et se met au dessus de toute atteinte. Or l'Esprit de Dieu est un esprit de puissance» d'amour et de sagesse infinie. Ces trois attributs pris séparément ou confondus en un seul produisent. également la tolérance. La puissance est tolérante parcequ'elle peut tout, et n'a rien à rédouter. L'a- ' mour est tolérant^ parcequ'étant le principe du bien, il est prêt à tou,t souffrir plutôt que de faire le mal. La sagesse est tolérante parcequ'elle. sait que la vérité n'est jamais toute entière dans les opinions des hommes et qu'elle ne considère Terreur que comme un réactif nécessaire pour faire passer par le creuset du tems, la vérité divisée dans la multitude des êtres. Dieu est donc essentiellement tolérant et les ministres de son culte,

4>) Voycx l'Essai sur la Tolérance eu langu» grecque pt' rArchëvéqae Eugène Boulgaris. —

t dépositaires de ses révëlations doivent Tetra alexnent sur la terre. Car c'est Tunique moyen Lpprendre aux hommes à glorifier leur père cé« ;te et à se rapprocher de Lui.

La tolérance ecclésiastique se fonde par con- }uent sur la connaissance intime des attributs irins, sur Timitation de Jésus -Christ et sur ses ^messes positives.

En effet, la vie terrestre de notre Seigneus t un modèle de tolérance et de z^le, merveiU i^ement combinés, et afin que Téglise n'hésitât s à suivre cet exemple, et qu^elle n'eut point à douter les suites d'une tolérance absolue, au Llien des combats et des persécutions qu'elle aa« it à essuyer , THonlme - Dieu annoni^ à ses dispies t/u'ils doivent avoir courage 9 parcequ'û 4^ lïnou le monde et au corps entier de Téglise, te les portes de Venjer ne prévaudraient poinf ntre e^le.

C'est le zèle uni à la tolérance qui a propagé religion de la croix: c'est à ces mêmes mobi<^ s à maintenir et à consommer leur ouvrage.

Si la plupart des cultes payens furent intolé* ins, à Texception peut-être de celui de Tanf enne Rome, qui respecta toujoiHrs ce qute les Ho*

mains appéllaient DU minorum ffentium; si lareli» gion préparatoire des Hébreux professa essentiellement des maximes intolérantes t on rte doit attribuer cette tendance exclusive qu'A la circonscription de leur domaine intellectuel , qui était astreint à la matière, aux formes et à àes localités déterminées. Mais il n*^n est pas d« même de la religion chrétietme, qui doit ôtre tolérante à raison d« ^o» «mversalité. Comment l'église pourrait- elle se flatter de ramener au culte du Dieu sauveur les nations voi* sinesties glaces du pôle, et celles qui habitent la zone t-orridc, si -ce n^est à force de tolérance et de zèle? Comment des éHmens «ussi hétérogènes parvien* dront-ils à être vivifiés du même esprit, si les ministres de la parole , ne se t:onstituent pas tout -à tons k l'imitation de St. Paul , «fin de se concilier toutes les consciences et tous les coeurs? Ne serait -il pas éminemment préjudiciable à la vérité de laisiser croire à l'impie , qvre le Christianisme n'^ été tolérant que pat impuissance -et qui ne s'indignerait pas de voir rejaillir sur la doctrine de l'amour et de l'espérance ce qu'un fanatisme impur a commis d'inhumain au nom du Dieu des miséricot'dés ? L'église est épouse et mère de famille; n'a de glaive que celui de la parole,, et réprouve tout sacnfice sanglant. Elle doit lutter contre les abus qui résulteiit de la liberté de consciences, tout comme son divin fondateur s'est rendu volontairement la victime des écarts de. notre spontanéité. Loin de réclamer sans cesse l'appui da

^ra9 séculier pour réprimer les erreurs de la pensée, ^église doit travailler à le désarmer et ne jamais ouffrir que Ton se prévale de sa cause , pour assouir des passions haineuses ou réaliser des projets amlitieux. La police ecclésiastique n'est utile et légi« ime qu'autant qu'elle se borne à reprimer les abus le fait , les scandales et la déviation des moeurs puiliques. Dès qu'elle tente d'inculquer des vérités ibistraites autrement que par l'ascendant de la parae, l'église non seulement s'éloigne du but de ses solicitudes , mais aussi elle ravale la dignité de l'homne, matérialise l'jintelligence et détrône la divinité. Juel délire pernicieux que celui de prétendre faire :rioippher la vérité par le mensonge, Tamour parla sontrainte, la foi par i'hypocrîsie et l'espérance par ka terreur*

L^é^tise ne doit point se laisser gouverner par lés passions qui maîtrisent les individus. Il est na« Lurel qu'un homme intimement pénétré d'une opibien quelconque , soit sujet à des raouv^mens d'into» lérance. Juge dans sa propre cause, il ne saurait prononcer que des sentences suspectes, et le défaut de correctif et de régulateur en lui -même, suffit pour expliquer son orgueil ^ans la vérité, comme son obstination dans Terreur. Mais il n'en est pas de même du tribunal de l'église. Il ne doit juger qu'avec des entrailles de mère, avec l'impartialité d'un arbitre appartenant k un autre ordre de choses,

avec la sëcùrltë d*iine puissance qni ne craint point celles de Tabyme^ enfin avec toute Tefficacité de l'Esprit de Dieu qui préside à ses conseils.

Et que Ton ne croye pas que Téglise , que nous retraçons ici à nos lecteurs , soit une chimère. Envain nous alléguerait • on les fureurs de Tëglise d'Ëspagne contre le Priscillianisme , ce premier exemple d'intolérance dans les annales de la Religion ♦), les interdits de celle de Rome, les dépositions, les troubles , les incendies occasionnés par l'Arianisme et les Iconoclastes, les guerres de religion du moyen âge, le massacre des Albigeois, celui des Péruviens, la f ac de Magdebourg , les persécutions contre les Htt^ sites, les Auto-da-fé, les cruautés inquisitoriales de toute espèce , la Saint Barthélémy, la révocation de redit de Nantes , et une foule d'autres calamités. Les églises partielles ne sont point Téglise* Les motifs purement humains ne doivent point être cdUfon* dus avec le ressort indestructible des idées religieuses, qui sont le patrimoine de Thomme» ^ Le soleil n'est - il plus qu'une torche incendiaire, parcequ'il dessèche la surface du globe à de certaines, époques? Les faux prophètes prédits par THomme- Dieu peuvent - ils anéantir le don 3e prophétie? Si le pbilosophisme des démagogues modernes n'a rien de commun avec la vraie philosophie, pourquoi s'obstine*.

*^ Voyez rhistoire du Bat -Empire par It BfAitr - •

raît-on à confondre le fapatisi^e le plus sanguinaire avec la r^ligioti de l'amour? C'est une vérité reconnue de tous les siècles, que plus uii principe est actif et salutaire en lui-même, et plus il est susceptible d'abus et de dégradation. L'homme pris collectivement en est la preuve ; et la hauteur d'où il est déchu, lui donne la mesure de l'abyme où peuvent à chaque moment le plonger ses erreurs. Que l'on appjique cdiXe vérité à la religion de la croix: que Ton se rappelé qu'elle est l'arène où le bien et le mal se livrent une lutte à inort : et l'on ne s'^étonhera plus, que ce grand levier qui a tant influé en bien sur les destinées de l'espèce humaine, se soit plus d'une fois transforn^é en fléau. N'eti serait -il pas de nos préventions contre la religion du Dieu sauveur , comme de notre ingratitude envers la nature ? Nous comptons soigneusement les ouragans, les météores et les coups de foudre, et nous ne nous appercBvons pas de l'action bienfaisante des zéphyrs, de la sérénité des cieux, de la patiente fertilité de la terre, du charme de nos affections naturelles, d«t ^ la régularité de nos jouissances physiques, du sentiment magique de l'existence, et de l'ivresse réparatrice du :^epos. Ah si nos cimetières avaient une voix, si les cavités de la terre pouvaient rompre leut mystérieux silence, si les réservoirs de l'éternité s'ouvraient: la croix serait justifiée et les hommes du siècle reconnaîtraient sans doute leur ignorance en condamnant leurs murmures présomptueux.

4re temporel^ Il suit de ces considérations que tout Gouvernement doit être tolérant par respect pour la religion. Des mesures coactives habilement combinées et soutentues par la séduction peuvent opérer Tunité du culte; mais l'unité du culte n'est pas encore Tunité de religion,

U a été dit dans l'introduction de cet ouvrage que rhomme cîçiste sous l'empire de quatre loix fondamentales: la loi des besoins, la loi naturelle, la loi civile positive, et la loi révéléç. De ces quatre lois ou mobiles sociaux , il n^ si que la loi civile qui dépende entièrement du Gouvernement parcequ'elle présuppose son existencç. Les besoins au contraire, les sentimens naturels et les idées religieuses , concernant les vérités révélées, sont antérieures à tout gouvernement, qu'on ne saurait jamais ^concevoir, sans admettre au préalable ces pripcipes généraux et constitutifs. Ce sont les élémens donnés, sur lésquels doit s'exercer l'action du Gouvernement pour faire naître de leur combinaison une loi civile positive. Car comment se fornaerait-on l'idée d'un Gouvernement sans la préexistance des besoinsy fruits du climat et de la situation géographique d'un peuple; sans les notions générales du jt^ste et de Vizijuste et les sentimens de la nature; enfin sans quelques opinions religieuses préexistantes dans la nation ?

Il suit de là que l'action du Gouvernement est restreinte dans de certaines bornés à l'égard de ces

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loix antëcëdentes » et que s'il peut décréter ou abroger à volonté un règlement purement legis* latif , administratif ou judiciaire-, il ne saurait de même proscrire un objet de nécessité première» changer les, idées générales de justice , donner une plus grande étendue au «sentiment de la nature ou intimer une idée religieuse. Ce n'est donc qu'eiv prenant le change sur sa propre essence^* qu'un Gouvernement peut se permettre d'être intolérant* Soit qu'on veuille considérer l'autorité suprême comme le résultat d'un pacte immémorial ou récent, tacite ou explicitement stipulé: soit qu'on l'envisage à plus juste titre conune une émanation de la puissance divine et de l'autorité paternelle des ill^emiers âges du monde : il n'en est pas moins constant que la jurisdiction du pouvoir souverain, ne saurait dans aucun cas réagir sur les bases qui te constituent. Dans la premièiie hypothèse qui est celle d'un pacte quelconque, il e^t clair que rhomme en accédant à l'ordre social n'a entendu lui subordonner que son être extérieur; attendu que ce ne sont» que des avantages extérieurs qu'il retire de la dite association, qui n'est plus l'asso* dation de famille involontaire. Dans la seconde hypothèse, qui nous semble plus admissible on ne saurait disconvenir que puisqu'un chef de famille^ ce type originaire du pouvoir souverain, n'a pat "le droit absolu de commander à la conscience de sa postérité: c'est à bien plus forte raison que le

chef d^un ëtat soit collectif soit indimduel ne doit point s'arroger celui de dicter impérativement une croyance ou un culte aux membres de Tassociation que la providence a placée sous ses loix*

Par conséquent tout gouvernement , quelques puissent être d^aiUeurs les conjectures auxquelles on veuille se livrer sur son origine, est tenu d^ètre tolérant. i° Par respect pour Tessence intellectuelle de la religion. 3<> Pour ne point violer des principes antérieurs à lui - même. 3^ Pour ne point porter atteinte aux éleme^is ^constitutifs de son existence. Tel est le point de vue religieux »et pu- «rement abstrait de la tolérance que doivent exer« cer, les états. .|P

Point Mais il existe encore de nombreuses considé- UHaue*^ rations politiques et d'utilité temporelle qui en imposent également le devoir. Les formes de -Gouvernement varient à l'infini et de toute' nécessité, puisque rien ne se ressemble, L& but reste, toujours le même. Sécurité y bien.' être ^ confiance et ' stabilité de V édifice social.

Or tous ces résultats essentiels - de l'ordre, 50ddl sont incompatibles avec Tintolérance, Il n*y a point de sécurité là pu le secret des conscien- ' ces est exposé aux fausses interprétations des délateurs. Il n'y a pas de bien - ètxre, là où le pa:-

sible exercice du culte, les liens d'affînitë entre les familles» les rapports de commerce > les objets d'é<* mulation sont gènes, désorganisées, entraves et disputés par rintoldrancé. . 11 n'y a pas de confiance dans un état où il n'y a point d'indulgence et de sécurité et où Thypocrisie est devenue nécessaire. Il n'y a point de stabilité à espérer pour Tédifice social, là où les intérêts sont divisés, où la partie est en garde contre le tout, où les vues serviles et rampantes conspirent contre l'indépendance et la bonne foi des citoyens. L'état de guerre existe sans cela entre les individus. Faut - il l'aggraver encore par une action hostile du Gouvernement envers les gouvernés. , C'est là cependant Tattitude du pouvoir souverain lorsqu'il s'obstine à professer des maximes intolérantes et à les mettre en pratique. Il suffît de consulter les annales du globe» Les faits prêchent eûcoré plus hautement la tolé-^ rance que le raisonnement même. Mais il faut que cette tolérante ne soit point dépourvue de zèle*

La Russie, la Prtissfe, l'Angleterre, l'Amérique septentrionale, la Hollande et dajis des jtems plus reculés, Ron^e, Athènes, attestent celte vérité importante: qu'une tolérance uniforme ^ combinée à un zèle éclairé affermit les l)ases de l'existence sociale, favorise les progrès et le perfectionnement des^ peuples , désarme les résistancjBS les plus ob«

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8tinëe§, neutralise le germe aie destruction, inhémit à toutes les institutionis humaines et cimente an défaut de Tunitë^ les liens d'une cohésion paisible et salutaire entre Jes nations et les individus. L'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Turquie, la Perses le Japon, se sont loAgtems ressentis des eSett per* nicieux du fanatisme persécuteur, qui semblable aux grandes sécheresses de la zone torride, tranS' forme une lumière bienfaisante en feu dévorant; et frappe de stérilité le sol le -plus abondant et le plus comblé des prédilections de la nature.

S'il est vrai, comme nous Pavons observé dans l'introduction de cet ouvrage, que la science du Gouvernement est intimement liée à celle de Véducation, et que Tune ne peut agir qu^avec le,« moyens que Tautre a préparés: il est clair que le^ n'est que par une éducation réellement nationale iBt essentiellement religieuse que le pouvoir s\xprême a le droit de travailler à ramener Tunanimité des consciences, parmi Jes peuples conliés à ses soins. La cause d'un siècle de gloire pu de bonheur, est le plus souvent cachée dans les répertoires d'une école ignorée; et ce n'est qu'en rendant la vérité vivante dans ceux que l'on en constitue dépositaires, que l'on doit tâcher de la faire triompher sans contrainte, comme sans effort.

Un Gouvernement peu soucieux ou incapable d'élever les générations et -qui s'^^bstine néamnonii

^•-lefûr ili^^vdire toute doctrine et toute opinion.

i|iBjpg'ëi^iU^*rea$embl^ à un agriculteur , qui, sans

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