‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 14 sur 15 · livre de cet ouvrage à T article où nous avons traijé · texte numérisé non relu

livre de cet ouvrage à T article où nous avons traijé

du batême. Un des moyens les plus effîcaces pour inspirer une tolérance chrétienne, et préserver l'in- ' dividu des écarts d'un zèle orgueilleux, et inconsidéré; c'est ia classification des vérités. C'est pow avoir perdu de vue cette règle importante, ^^ dans tous les tems les têtes ardentes et les espr^ faibles se sont livrés au fanatisme et à rintfW

rance. En effet toutes les vérités ne sont pas d'une égale importance pour l'homme, .Pour les con-

naître il faut savoir assigner à chacune* d'elles le rang qu'il lui convidtit d'occuper dans le^ régions de l'intelligence , sans quoi l'on ne saurait éviter .de tomber dans les plu« graves erreurs. Car si la vérité est une. comme il a été -yftabli plus haut, ,.^les vérités isolées n'en sont que les parties. Or pour former un tout quelconque il faut né cessai- Sv, Tement que les parties qui le composent se ra'hgent dans un ordre organique ^i subordonne les unes aux autres et détermine par leur combinaison, l'harmonie :*t l*intégrité de l'ensemble» Il suit de ce théorème, qu'en fait de religion^ comme ^e toute science abstraite et féconde en applications^ rien n'est plus dangereux que de se méprendre sur Ja valeur et l'importance des vérités. * Le*. défaut de discernement dans ce genre d'études, mène directement à l'intolériance. On détourne les yeux dés affinités essentielles qui existent entre les différens cultes, on s'attache avec ardeuf aux divergences secondaires. Les esprit^ se concentrent, s'exaspèrent, s'arment d'orgueil et d'obstination; et l'on finit, tout en confessant le même Dieu rédempteur, les mêmes Âogmes moraux et religieux, ^ar s'égorger pour une fprmule, pour la structure Si'un autel ou pour des préséances et des pompes* Au lieu de se féliciter du bien, on ne voit que le mal; et les passions une fois mises en jeu par cette erreur de l'esprit, nous finissons par haïr ce

qui est le plus procbe de boos, au mépris i€ la faison da devoir et de Tévidence.

Ceit ainsi que l'esprit de prosélytisme et d« persécntion s^em^are des individos. Le démon de Torgneil empmnte alors le masque le pins spécieux et se tranrforme en anjge de Iwmhrey comme dit V£vangile; pour abuser, agiter et faire sonSiir les malheureux inorteU. Si les faux prophètes ont fait des miracles , si les «gnes les plus prononcés sont nécessaires pour reconnaître en nous - mêmes une simple vocation intérieure et passive, combien ne faut - il pas de prudence, d'humilité, de ref cueillement et d'épreuves pour constater le sacré caractère d'un vrai propagateur de la foi^ pour oser entreprendre de diriger les consciences , d'in* culquer des vérités abstraites , et de répandre des germes trop souvent destructeurs sur un champ que la providence divine- se plaît à cultiver de^.ses propres mains.

C'est pourquoi parmi les formidables menaces que l'Homme-Dieii addresse aux faux ^ministres de la parole, il y en a une qui s'addresse spécialement à ceux qui parcourent la terré et la mer pour faire des prosélytes et qui les rendent plus mauvais qu^iîs ne le sont eux-^mêmes. Ce n'est pas à dire ^our cela qu'il faille s'abstenir de propager la parole du Dieu sauveur parmi les nations qui

rîgirorent, qui T attendent ou qui la méconnaissent, A Dieu ne plaise que nous voulions faire ici l'apologie de cette coupable indifférence qui rend un culte par habitude et qui par conséc^uent ne soxxg^ point à rétendre avec amou^.

Mais c'est précisément cet amour qui est là seule garantie admissible de la pureté de la foi. C'est lui qui souffre tout^ espère sans cesse et qui allie la tolérance la plus inaltérable, le discernement le plus sûr, avec l'ardeur d'un zèle que rien ne saurait éteindre ni décourager. L'individu animé d'un tel esprit ne se permettra . point de violer les loix sociales, sous prétexte de faire triompher la loi divine; et semblable à uH médecixi habile et dévoué, il ne s'attachera point à corriger quelques difformités qui lui déplaisent, au lieu de s'occuper des plaies profondes dont l'humanité eft atteinte. Enfin il n'oubliera jamais qu'il n'est qu'un être, qui ne peut xazfzr et communiquer la vérité j gu'' autant qu'ail pratique la jusfice et que sti actions les plus Ipuables en apparence, sont ter*^ nies par la passion et Terreur.

Telles sont les considérations que nous avion» à offrir à nos lecteurs sur le principe de la tolé*. xance si intimement lié aux bases constitutives de ziotre sainte religion. Que l'on compare maintenant les annales des deux églises depuis leur sév

paration pour s^assurer laquelle des deux a le moins dévié des régions qu^habite Tesprit de paix, de tolérance, de concorde et d'amoor. Si l'abondance des dons de l'Esprit - Saint semble généror lement diminuée au sein de l'église apparente; si la sève des vertus semble n*être plus aussi vigoureuse, que dans les trois premiers siècles: il n'est pa5 étonnant que la vraie tolérance, qui est le calme et la douceur de la force, ne soit plus telle que~parmi les apôtres. Néanmoins il importe de considérer de quel côté penche la balance. Les faits parlent, leur témoignage est irrécusable. L^intolérance a engendré en Occident une foule innombrable de maux et même le philosophisme moderne qui a tout subvertL Mais, dira - 1 <- on , Téglise d'Orient a été plus tolérante, parcequ'elle a été faible et subjuguée. Cela se peut. Les tems d'expiation sont le triomphe du Chrétien. Cependant qu'il nous soit permis d'observer, que cette même objection n'est point applicable à la Russie. £t -d'ailleurs il est évident que la seule doctrine du vicariat terrestre que professe l'église d'Occident, a dû la rendre plus intolérante et plus exclusive. L'autorité répressive confiée à un seul homme a dû nécessairement multiplier les actes

de rigueur arbitraire et les calamités. Quiconque se refuserait encore aux témoignages de fait et de raisonnement que nous lui offrons avec confiance, n'a qu'à parcourir les fastes de l'inquisition, à la lueur de ses inexorables bûchers^

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