‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 3 sur 15 · Chapitre L · texte numérisé non relu

Chapitre L

De la sainte Trinittf.

Dieu se révèle à rhomme de deux manières différentes. Le premier mode de révélation, com. fiie il a été dit dans l'introduction de cet ouvra** ge, s'opère par la nature. Le second est Talliance de l'être tout-puissant avec l'être libre, de. l'être aimant par excellence *) avec l'être, objet de son amour. Cette seconde révélation est le principe de la croyance religieuse, unique voie de. salut pour l'homme, être immortel et dégradé.

La religion est une science y parce qu^elIe est la manifestation de Tessence et des attribats du principe universel des êtres. Elle est une loiy parce qu'elle est en même tems l'expression de sa volonté.

, Là scièhce de la religion nous révèle une vérité qui est la source de toutes les autres. Elle

nous enseigne le dogme ^e la trinité de Dieu.

La foi dérive de cette doctrine mystérieuse; enfin la lo.i de la religion établit la triple ramifîcation des devoirs de l'homme: elle dévoile son '"origine et ses destinées» C'est sur cette seconde partie de la religion que se fonde Tamour du prochain , le repentir et l'espérance.

Exposi' Le dogme de la Trinité se trouve indiqué par '

iion du -^ : . ' ' ' ' 4 t* . i i r'

dogmg. plusieurs passages de 1 ancien testament dans la forme de notions éparses, sur chacune des personnes de la substance divine ♦). De plus au défaut d^une manifestation complète, qui était réservée pour ' l'époque de la venue du Sauveur on y retrouve dans une foulé de passages les révélations les plut sublimes sur la puissance infinie de l'être suprême^ sur' l'amour infini qui fait partie de son essence, et sur la sagesse impénétrable qui préside à se#

*) Voyex Genèse. C2i»p. I.' Ff eaamet de Payid.

conseils. Or ce sont autant d\emblémes servant à

désigner les attributs distinctifs des trois personnes

de la trinité. Et que Ton ne nous accuse point

de substituer de simples qualités ou attributs à la

'distinction substantielle des trois personnes. Les

vertus et autres propriétés ne sont à la vérité, dan«

rhomme, que de simples accessoires, des epithètes

purement relatives parce qu'elles ne sont que des

émanations plus ou moins abondantes du principe

universel. Mais il n'en est pas de môme, des at«

tributs que nous découvrons dans la nature divine^

Ce ne sont point des accessoires, mais au contraire

des réalités ,absolues et inaltérables comme Tessence

dont elles sont les élémens.

. n est donc incontestable que sous les déno* xninations de toute puissance, d'amour, et de sagesse infinie , nous retrouvons dans l'ancien testament les itois personnes d'une trinité adorable, qui ne devait se définir Elle - même dans ses analogies, qu'à l'époque de l'accomplissement des promesses faites au genre humain. La nouvelle alliance du Créateur avec la créature, vient donner une expression claire et pjécise, à ce dogme inaccessible. Le voile du temple se déchire , toute la nature s'ébranle, le soleil des tems s'obscurcit, celui de l'éternité se lève, la terre ouvre ses tombeaux, le ciel épanche ses trésors, et l'homme est appelle à connaître son Dieiu

J^sus- Christ naît du leîn d'une vierge, et s'annonce comme le fils dn Père Éternel. 11 le glorifie par ses oeuvres, l'adore comme le devait le représentant de la nature humaine et promet à tes frères*) la venue du consolateur, de l'Esprit Saint, destiné à accomplir la mission de l'Homme-Dieu.

Cet acte de la divinité qui rattache les f^stei ' du genre humain à une éternité sans bornes,; ect en même tems conforme à la loigénëiale qui.iiègls les choses de ce monde; il s'accorde parfaitêllçiiDl avec la marche que suit la raison humaine ^oïir «pérer. En effet, c'est la puissance, la force,. i^ui est en toute chose , le principe et le mobile. . ;i^,amour obéit à l'impulsion reçue, pour enfançei^ Pt développer. EnGn c'est la sagesse, qui aSeOSi, Tevoit et sanctionne l'ouvrage de ces deux pQui^ pes antérieurs. C'est ainsi que l'on fonde lei-esçc pires, que l'on donne l'éducation aux hommes^' ^li^ l'on crée les sciences, que l'on organise tçaltiis qui est destiné à avoir une forme et une 4^V^È quelconque. Le principe de toute existencf^; de toute création est donc identique, et Dieu, en nous révélant la type de son être, ainsi que le plan de sa providense infinie, suit la même règle qu'il, a prescrite à notre intelligence. Quelle source i^*Àmiration, de convicrion et de reconnnaissancs!.*..

•) Vkrvt. Si. Mhc, St.Mitliien. I*ui. Lue.

L'antiquité avait pressenti les propriétés et la destination du nombre ternaire. Ou plutôt elle possédait une traditibn confuse transmise par les ptemiers âges du mondes. Soit que l'on veuille envisager ce nombre comme un simple signe ; ou que l'on consente , à lui attribuer une signification et une valeur intrinsèque, il n'en est pas moins vrai que le mystérieux triangle contient l'emblème du prindpe divin et humain. Son sommet est l'unité génératrice du nombre deux, qui par ces deux côtés tracés en ligne divergente caractérise la série des êtres croissante à l'infini. En le considérant sous le point de vue opposé, il devient l'emblème de l'association primitive de deux étires qui engendrent par leur fusion un nouvel être. A cela près , on ne saurait se défendre d'un mouvement de surprise et d'admiration en retrouvant cette combinaison du nombre ternaire, dans toutes' les harmonies de l'intelligence et de la nature. On n'en citera ici que quelques unes. Les trois facultés de l'ame, d'après Platon et autres philosophes , les trois imperfections de l'homme , qui y correspondent, les trois actes de la nature humaine, c'est - à - dire la perception , la détermination et l'action* La triple division du tems qui correspond à tous les instans de notre existence, et produit en nous J^a souvenir, la conscience de nous mêmes, et la prévision. Les trois membres qui composent le syllogisme; les trois ramifications de la faculté j^ensitivc représentative, je veux dire 9 le désir, la jouissance et.

8a reproduction imaginaire qui constituent les trois élémens du bonheur, les trois vertus théologales^^ les trois principes d'existence , la création » la conservation y la réproduction , les trois régnes de la nan ture, les trois dimensions dç la matière et autres barmonies. Peut • on de bonne foi considérer ces analo* gies comme fortuites *) ; et surtout lorsqu'on en fait l'application à ce sublime passage de la Genèse, qui est la clef de toutes les découvertes que Tespiit hu-^ main puisse faire dans les régions supérieures.

Dieu créa thomme à son image et

ressemblance.

Or Thomme est évidemment ternaire, soit qu'on le considère moralement comme le produit de la fai«. son 9 du sentiment et de la volonté ; soit qu'embras* ^ant tout son être on retrouve en hiï, le principe pen* ^nt , Ib principe de vie et les formes matérielles'] soit enfin, qu'on l'envisage dans ses rapports avec l'univers et avec ses semblables, c'est à dire comme'^ un être essentiellement actif. Dès lors il se mani<* feste pa!r trois attributs qui embrassent et absorbent tous les autres. Ce sont la pensée^ la parole et Vac* tion. Ici se dévoilent les grandes analogies entré le Créateur et la créature , telles qu'elles sont constat

*) Le nombre quatre, révéré par Pythagore, si coBs^qaeat en mathéixiatiqnef , est sanctifié par le signe de la croix. Combiné au nombre trois , il offre celui de sept , qui eti l'arclietype -des fonctions de aotre système planétaire.

tèmB par les Saintes Ecritures. Tâchons de les àé^e-lopper, afin que cette étude nous conduise à recon*

naître la pureté du dogme enseigné par notr»

Eglise»

Tout est harmonie dans la création; ttfut Test aosn dans la religion révélée. Moyse au commencement de la Genèse, nous annonce la mystérieuse similitude de l'homme, avec son Créateur. St. Jean,ce disciple chéri de THomme - Dieu , nous déclare Tétemelle existence de la parole. Quoiqu'il ne soit pas facile de saisir au premier coup d'oeil Taflinité àe ces deux passages des Saintes Ecritures, il n'en est pas moins vrai, qu'ils servent à s'expliquer mutuellement. Car le mêmeEvangëliste ajoute que rien de ce qui a été fait, n'a été fait sans la parole. Tout esprit refléchi, se demande ce que signifie cette défiomination, employée pour désigner la seconde per- <omie de la trinité. Pour pouvoir s'en rendre compte, il faut recourir au dogme de la similitude entr» Oitu et sa créature. L'jbomme est ternaire selon Tarchetype de celui gui est, La pensée^ la parole et Vaction humaine représentent perpétuellement en hd les trois personnes de la substance divine. La pensée est le Père invisible , générateur de tous les êtres , principe de vie et d'action , inaccessible et vivifîcateur. La parole humaine c'est le Fils , elle est coexistante à la pensée, sans ces^e engendrée par el* léy essentiellement créatrice;^ seule palpable et at-

cessible, seul pùint de contact et de rapport entra l'ordre physique et l'ordre intellectuel. L'action dérive souveiit de la parole , mais elle ne procède essentiellement que Me la pensée, qui en est Tunique moteur nécessaire, et le principe éternel. En effet la parole inarticulée elle-même, n'est point un médiateur absolu et nécessaire , entre la volonté que j'ai de mouvoir l'un de mes membres et l'action qui suit cette volonté. De même V esprit suinta, V^action^ V accomplissement^ émane et procède substantielle* xnent de la pensée, du sensorium, quoique le plus souvent elle soit précédée ou provoquée par la parole. C'est TEsprit Saint'^ qui accomplit et réalise toutet choses. Le père , la pensée^ ne se manifeste et n# ce matérialise que pat le Fils^ que par la parole^ il n'agit que par VMsprit <, qui est V-actien.

Voilà donc la raison pour laquelle Su Jean d'ac» cord avec Moyse, parceque l'ancien des Jours pré^ sidait à leurs écrits à travers tant de siècles, désigne Jésus -Christ, sous le nom de parole, unique embl6« met qui peut le retracer à notre intelligence.

\ f Q^'y A*t-il besoin de développemens ultérienzi

pour constater aux yeux de tout lïpmme impartial, l'i^ibntité du principe abstrait consacré par les rêvé* lations divines, avec le symbole de la foi, rédigé aux conciles de Nicée et de Constantinople , et professé «ans itération quelconque p«LZ l'Eglise orthodoxe.

L'addition arbitraire ànjîlioaue^ pêche contre l'analogie fondamentale qui existe entre les trois personnes; elle confond des idées aussi simples qu'elles lOBt femelles ; elle contrarie la na^ture de Thomm^ tout comme celle de la diviii^itë; en uu mot, ell? porte atteinte , non seulement à l'énoncé primitif du dogme» fondé sur la chaîne entière des écritures» . mais aussi elle détruit et altère le sens profond d'une Térité-mère, dont toutes les a^utres i^e sopx que les €oivséquei;ices!^..

On ne savirait au reste assez méditer sur la suhr lime conformité qui s'établit entre la parole articur lée, palpable émanation de l'ame huma,ine, et la pa<r rôle étemelle engendrée par le très - Haut. Les propriétés de la parole soAt effectivement inconcevables. Seul phénomène qui participe également au monde phjsique et au monde intellectuel, la parole désarme les transports des passions effrénées, donne l'essor aux seatimens les plus sublimes , calme les douleurs du corps ^t deTânie, et n^iultiplie les élans d'un coeur généreux. Elle est la clef mystérieuse qui ouvre la source de nos larmes, et pénétre les repHs tortueux où se roulent nos peines cuisantes et nos chagrins amers. Elle seule soulage le coeur du poids qui l'opprime i lui fait entendre les accens délicieux de la eympathie, les doupes mélodies de Tespérance^ et ressuscite les échos lointains du passé. La parole, xnystëre elle- même , puisqu'elle est double par sa

nature, et tient autant à la matière qu'à Tesprit; l«t parole, ce mystère incomprëheniible, peut seule nous révéler le secret de notre existence et de noa destinées. Elle est le lien le plus intime, le deal point de contact entre Tordre moral et la nature phyftique. Emané de la pensée dont il matérialise Tima* ge, ce protée divin se revêt indifféremment de la livrée de tous ♦) les peuples ; sur les ailes de la voix il s'élance dans ratmosphère , et y fait circuler le germe intellectuel qui Panime, pour Tinstruction et la consolation ^^s mortels» Quel type plus réel, plus consolant, plus admirable de' ce divin rédempteur, qui par le mystère de ses deux natures distinctes et étroitement unies , participe au ciel et à la terre , à l'essence divine et aux misères humaines , à la fragi- "lité du tems et au calme de l'éternité. Aussi longtems que la parole ne se fait point entendre, la méditation qui se peint sur le front de l'homme en si* lence, le sentiment qui/éclate dans le foyer dé ses regards, n^est jamais entièrement accessible à son semblable , qui ne se croit pas appelé à le partager.

De même la tète voilée de Moyse au sommet du Sinaï, les cavités du tabernacle, le buisson consumé d'ardeurs symboliques, la manne disparaissant aVec U rosée, les flots de la mer rouge s'amoncelarit en remparts , le pectoral du souvef ain - pontife sillonné

lie

far des lettres de feu, le voile flottant entre le saint ites saints et Tencens da sacerdoce , sont autant de aijrstëras. impénétrables , sans la présence de THomme -Dieu 9 dont la voix instruisait les docteurs et les pèttes, dont la vie sauvait, guérissait, édifiait la natare humaine, dont la mort déchirait le voile du mystère y et sappait les fondemens de ce twnple su« perbe, témoin de tant de miracles, et voué dès ce jour aux torches incendiaires des satellites de Titus*

La parole de Thomme expire et se perpétue en passant de bouche en bouche, et de main en main, à f ^de d'un lambeau fragile et d'une immortelle tradition : humble mais fidèle emblème da Verbe divin sacrifié à nos souillures > et immolé chaque jour sous des espèces si conformes à nos besoins et si propor*» tionnée/à notjre faiblesse.

Après avoir ainsi constaté la pureté du dogme, par une série de théorèmes philosophiques qui ren« ferment les vérités' les plus sublimes de la religion, nous allons parcourir renchaînement des preuves de iait servant à démontrer que TËglise orthodoxe , de* meurée fidèle à la communion mentale et rituelle de la chrétienneté primitive, n'enseigne et ne professe que ce que les Pères de Nicée ont enseigné et professé. ' Cette adhésion scrupuleuse à la lettre même du symbole de la foi et à celle de TËvangile, se fonde sur la conviction humble et profonde, que lors-

qu'il s^agit d'un dogmo aussi inaccessible à la raison humaine, on ne saurait trop se Corner au sens ex« plicite du texte, qui est en pareil cas» strictement '' conforme à Tesprit,

Les Pères de Constantinople en sentirent ^ale> ment la nécessité ; c'est pourquqi se voyant appelés à énoncer par la parole et récriture, un dogme si fort au dessus des conceptions humaines , ils s'astreignirent à copier fidèlement le passage de TEvangile qui dit en propres '*') termes : V esprit de vérité qui procède du père. » .

La lettre vivifie en pareil cas, autant que l'esprit lui-même, et ne saurait être en opposition avecluL Farceque dans toutes les manifestations qui sont du domaine de la science de la religion, d'cLprës la dis* tinction établie ci - dessus , rien n'est indifférent , et rien n'est susceptible d'un développement arbitraire. Ce sont autant de formules, pour ainsi dire, algé« briques, qui représentent une réalité absolue.. S'il existe un point de coïncidence entre les vérités mathématiques et les vérités métaphysiques, ce point ne saurait résider que dans l'expression d'un dogme fondamental, qui seul unit l'intelligence aux formes matérielles^ la divinité à l'humanité, l'infini au fini, ot ramène tous ces extrêmes à un principe commun*

*) Et« 4t St.. Jean x$. 36.

L^ezactitadè wpthématiqae est donc indispensable, dans rëtude de semblables révëlations. La moindre dénation nous précipite dans un abyme , et ne fait qu'aatoricer de nouvelles erreurs. Il n*y a que la loi de la religion qui exige une application et des dcveloppemens diversifiés, pour marcher de front avec les devoirs et les besoins individuels et sociaux. La sdence ou partie spéculaiive de la religion est au CQiitraire d'une vérité absolue, et malheur à celui qui 6se porter la main aux formes mêmes de Tarche du Seigneur.' C'est ce que les premiers Conciles ont constamment observé, c'est ce que TËglise orthodoxe maintient avec une courageuse persévérance, malgré les sophismes et les clameurs de la schol astique du. moyen âge« C'est là tet édifice brillant d'antiquité ?t de jeunesse, que le tem^ps c^t le mal ne sauraient ébranler^

L'Eglise d'Occident s'est écartée de cette voie lumineuse et simple. Elle a commencé par tolérer les innovations , et a fini par s'en rendre complice. ' Ce futyilelon quelques auteurs, au cinquième siècle que l'église d'Espagne, ayant opéré la conversion des Visigoths introduisit l'altération àajîiiaque dans le symbole, jusqu'à lors demeuré intact.

Désirant, à ce qu'on prétend, préserver ses nou-f ▼eaux prosélytes du venin de TArianisme qui circu^ Uit de toutes parts ,. Içs Evèques du pays , possédés

d^une audace sacrilège, et s*arrogeami; «tés pouvoiir que TËglise universelle peut seule exercer, jugèrent, convenable d'ajouterla clause de la procession du Filk^ la considérant comme une reconnaissance de plus i» sa divinité. Erreur déplorable , mais qui n'eut poiiri^ €u de conséquences aussi funestes , si le siège de Ro -. me, plus initié à l'esprit du Christianisme n'avait pas méconnu la gloire de se rétracter avec énergie» et de confesser une faute, si préjudiciable à la cause du Seigneur. 11 en fut autrement et son obstination toujours croissante, consomma le mal que rignorance avait préparé. Au reste , d'après des autorités beaucoup plus respectables , il parait que cette erreur ne remonte pas même à une origine aussi reculée. Ce ne fut qu'à la fin du huitièîfte siècle que quelques novateurs de l'Eglise des Gaules, attentèrent à la pureté du symbole, par cette audacieuse interpolation. Et ce fut en 809 qu'elle excita des discussions très -graves aux Conciles d'Aquitaine»

Quoiqu'il en soit Téglise d'Occident reconnaît l'autorité àes sept Conciles généraux en nflitifere de dogme et de discipline. Elle enseigne le précepte d'une obéissance absolue aux décisions de ces grandes et augustes assemblées. Elle déclare hautement que rEsprit Saint qui préside à leurs délibérations, présente à tous les fidèles la plus sûre garantie dé leur infaillibilité. Elle impose à tout chrétien le devoir de soumettre son propre jugement à celui des Cond-

les universels et de s'humilier devant leurs arrêts *) Parfaitement d*accord en thëorie avec sa soeur aînëe TEglise d*Orient, elle dëroge arbitrairement à tous cet principes conservateurs, dès qu'il s'agit de les mettre en pratique. Livrée à des contradictions in« explicables, elle viole ce qu'elle respecte, altère ce qa'elle recommande de conserver intact, donne l'exemple des déviations à ses propres ouailles et ce qui est encore plus extraordinaire , elle reconnaît tacitement ses fautes, parcequ'elle ne saurait nier les faits, mais elle refuse d'y apporter remède. En effet, la conduite du siège de Rome, à l'égard de ceux qu'elle appelé Grecs - unis, offre la preuve la plus convaincante de la vérité de nos assertions. On ne fait point de difficulté par rapport au dogme de la procession du St. Esprit, on se relâche sur plusieurs autres points de dogme et de discipline, on permet aux Uniats la. pratique d'une foule de rits étrangers k l'église Romaine, et l'on n'insiste que sur leur adhésion: au principe de la suprématie du siège de Rome. Or il y a contradiction et mauvaise foi évidente dans ce système de conciliation. C'est réunir temporellement , au lieu de travailler à réunir en esprit et en vérité. C'est évidemment sacrifier le dogme k là prérogative , et l'intérêt de l'unité mentale, qui est la seule véritable, à celui de l'unité extérieure et parement apparente.

«) Yoyes Jean Zotmicabinf. Tom. I.

Mais indépendamment de ces considërationii qui ;mettent à découvert la conviction intime oh sont les occidentaux de l'erreur qu'ils ont commise ; il est incontestable, qu'ils se placent dans la triple alternative, soit d'atténuer rimportancd 4u dogme qu'ils ont altéré, soit dô nier Tautorité du Concile de Constantinople, soit enfin d'inEirmer 6es décisions par des dispositions postérieures. Quant à la première assertion, elle a été sufïïsam* \ ment combattue et. réfutée dans le commencement de ce chapitre, par les recherches que jious y avons faites , du sens profond que renferme cet article du symbole, sous le point de vue métaphysique, naturel et religieuse.

Nier l'autorité des sept Conciles, ce serait renverser tout l'édiHce de la doctrine chrétienne; c'est ce qu'aucun docteur de l'église d'Occident, n'oserait avancer ni soutenin II ne leur reste donc pour unique refuge, que d'opposer à l'autorité des pères de Constantinople, celle du Concile de Trente, qu'ils voudraient faire envisager comme ayant tous les caractères de l'universalité. Mais sans parler des énormes scandales qui remplissent l'histoire de cette assemblée , la non - participation de l'église d'Orient à tous ses actes suffît, pour en détruire tout le prestige, et ne laisse aucun doute, sur le rang subalterne qu'il convient de lui assigner. Quoiqu'iJL en soit, supposons pour un

moment qti;e 1\b Coïicile de 1*161116 ait eu le droit de représenter et^ de faire parler l'Eglise univer-» selle. Dans celte hypothèse même y il ne pouvait avoir celui d'infirmer et de contredire les arrêt» : des Conciles antérieurs. Cette vérhé est surtout ( évidente, lorsqu'il s'agit du dogme, auquel la sut* cession des tems ne saurait faire subir aucune al« tération, comme cela pourrait être le cas en xba* tière de rits et de discipline.

Quanti il n'est question qui^ des lil^gislàtions humaines, on ne peut nier, que le même pouvoit qui a fait une loi, possède celui de l'abroger. C'est là un principe aussi incontestable en théorie, qu'il est salutaire dans T application. Sans lui tou-» tes lés institutions humaines une fois vieillies nô poutraielit se renouveller. Mais il n'est pas de xnéme de la puissance lëgislativ'e déférée à l'église. Comme elle ne repose que sur les promesses dtt Sauveur, et sur la certitude de Tinspiration divine qui en règle l'exercice, rien ne saurait porter atteinte à un dogme une fois proclamé par la représentation de l'église universelle. Aucune asseitfk blëe oecuménique n'a le pouvoir d'abroger en fait de dogme, ce qui a été statué par une assemblée antérieure. Dieu ne se rétracte point, son influence est illimitée et absolue. Sa parole est une, comme la vérité dont elle est l'expression, et tout Concile qui altère et contredit ce qu'ont décrété las

Conciles prëcëdens , dévoile par cela même la faus« seté de sa mission spirituelle. Il pèche contre TEsprit'Saint dont il profane les dons inamovibles et de^ vient l'instrument de Tesprit de ténèbres , au lieu da contribuer à l'avancement de Toeuvre du Seigneur, Que le lecteur juge après cela, si Ton peut s'étayer; de l'autorité du Concile de Trente, pour justifiée l'altération du dogme de la procession du Saint Es» prit! . . — *)

Telles sont les Considérations que nous avons à offrir à nos lecteurs , sur le dogme sublime de la Trîr nité, et celui de la procession du Saint-Esprit **); Les preuves abstraites et les preuves de fait concou» rent à en déterminer la pureté et la haute importance. UEglise orthodoxe, toujours d'accord avec elle-même, l'a constamment enseigné dans son intégrité primitive. N'ayant sur ce point aucune abeiy ration à se reprocher, elle ne saurait craindre le jugement de Dieu, ni celui âes hommes. Elle comparaîtra devant le tribunal de la Puissance, de l'Amour et de la Sagesse infinie, le livre de la nature Ht de la révélation à la main. Dépositaire résignée des trésors de la foi, elle en appellera, aux merveilles

i') Le Concile de Constantinople dans ses actes, proscrit e.t. condamne à tel point toute altération du symbole de la foi , qu'il défend même d*y ajouter ce qui serait conforme à la vérité.

♦♦) V, J. Zoernicabius.

de laCréifttion et entendra les' paroles de vie du Sauveur, et les siècles qui ne sont plus, s'accorder à faire son apologie, comme à chanter ses louanges. LoAgtems persécutée sur la terre « cette mère souffrante des fidèles , fixera avec confiance le soleil de rétemitë dont elle apperçut les premiers rayons , et I dont elle conserva religieusement la lumière, dans (- les limites du tems et de l'espace. Elle s'élèvera comme l'épouse, pour aller au devant de celui qui console, et glorieusement environnée de peuples ï simples et fidèles, elle recevra au jour des justices du Seigneur, cette couronne radieuse que l'esprit d'erreux et de ténèbres ne pourra plus obscurcir.

Pin du premier Chapitre

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