Chapitre I
Sacxemejas*
•La religion y comme il a été dit dans Tintroduction' de cet ouvrage, entoura Vhomme de sacre^ ^ens y qui lui révèlent les mystères de sa cro^ yance et de sa destinée. Les sacremens sont dçs signes palpables des vérités les plus sublimes et des bienfaits les plus précieux. lU sont les corps animés de Vesprit du Sauveur çx constituent 1^ sept fonctions principales de l'acte de la rédemption. Organes intermédiaims entre le culte intérieur et le culte extérieur, les sacremens sancti» fient toutes les époques de l'existence terrestrç^
Leur nécessité se fonde sur les principes suivans: toute t^éritéy toute action appartenant au monde intellectuel , ne peut se manifester dans les limites du temSf que par un signe visible ^ proportionné à ta durée. Voilà j^urquoi il n'y a pas une seule vérité abstraite, qui ne corresponde à un phénomène quelconque de rotdre physique^ destiné à la caractériser symboliquement. On n'en citera ici que quet ques- exemples. La loi de^ l'attraction ou esprit de vie au physique représente Tamour ii|l(versel au morai. La forme et le mouvement ne sont que les emblèmes de rintelligence et de la volonté. Le feu éle- ' mentaire, principe de la lumière et de la chaleur, caractérise la divinité source de la vérité et du bien» Il en est de même des autres élémens. L'air est le symbole de l'esprit , l'eau celui des passions humaines, la terre celui de la vitalité. Chaque phéno* mène partiel nous annonce une vérité impoitante. Ceux de la putréfaction et de la réproduction de) germes , décèlent une force régénératrice au moral La réfraction des rayons dans l'eau ^ la projectioii des ombres^ les phénomènes du so;n et de la viÂJ^ ceux de la pc^arité du globe, les lois de la gravitatÎN les harmonies des trois régnes offrent autant de $] boles inépuisables^
On peut donc infétrer avec raison 4)0 JinilM^ observations Goi|/Uamment avérées pUi^^^^'''4H que chaque venté correspond à ùnf¥ ^ ^r
I ^1 îu représentât ou autrement gue toute pensée a un corps ici -bas; et par consdquent il était naturel, il était également indispensable que Toeuvre de la médiation du Sauveur se matérialisât par VEucha-^ Yinie^ celle de la renaissance de Thomme par le bap* Urne y celle dé la propagation des dons de TEsprit» Saint par la prêtrise , celle de la mort intérieure du péché par la pénitence ; enfin celle de l'accomplisse* ment de la renaissance , de la durée des promesses^ et de la guérison physique et morale , par les sa crâniens de la coTiftrmationy du mariage et de Vextrême vnetion*
Les quatre premiers sacremens furent institués pratiquement par notre Seigneur Jésus - Christ luimême, qui reçut le baptême, fonda TËucharistiey prescrivit l'imposition des mains, pratiqua et enseigna la pénitence. Des trois derniers, celui du mariage repose sur un précepte clair et irrécusable *) les deux autres dérivent du texte même du nouveau testament et des usages de la primitive église **)
JOeaUs comme nous venons de le dire plus haut, ^ ^ est V emblème des passions humaines. Sa masse est »»#. irrésistible, ses efforts partiels toujours impuissant. Le déluge des passions précéda celui des ondes, qui
*) Ce que Dieu a uni,, que rholttme ne le sépare point. ^
**)JEp. de St, Jacques.
n'en fut que le fidèle emblème et la juste expia- ] tion. L'eau 9 tout comme nos passions , a besoia ': d*une action uniforme pour ne point se dénaturer» | Les jeux et les combinaisons de. la lumière avec i Teau, celles de Tair atmosphérique avec le niveau l de Tocéan, les phénomènes de Tabsorbtion et de * la formation des nuages, sont autant de symbolef t des influences de Tesprit et de la vérité sur lef ' penchans aveugles de l'homme. L'inçompressibi» ■; •lité de Teau, annonce la tendance indomptable des passions, qu'aucune force matérielle ne saurait briser, mais que Tintelligence seule peut fléchir. En* ! fin rétat de fluidité , principe de toute génération \
dans les trois régnes de la nature, révèle la sus* ceptibilité indéfinie de nos penchans, qui ne sont ni bons ni mauvais par eux-mêmes, mais qu'an principe supérieur peut façonner à volonté. Rap- i prochons en suite de ces observations générale;, l'opinion universelle de tous les peuples, qui ac-, cordent à l'eau la propriété d'effacer toutes les souillures matérielles *) et nous concevrons sans
*) Lei ablutiont des peuples de rOrient, et les pratiques des Anciens dans les temples , telles que : les eaux lustrales, •t les actes préparatoires qui précédaient les sacrifices, se fondent sar une vérité importante, savoir: que les sal». stances liquides portent essentiellement en elles an force de régénération, attendu qu'elles comrauniquei AUX corps solides, moyennant Tablution, une partie O yertui inhérentes à Tétat primitif de la matière, dont «i lont plus proches.
peine, l'ensemble des motifs tant naturels que sodaur, qui firent donner la préférence au baptême^ ponr devenir l'initiative des fonctions du Ghrittianisme, et opérer la régénération dé l'homme dégradé.
L'institution du baptême n'est donc point in-« différente ou arbitraire. Elle présente une grande harmonie entre les loix de la nature et celles de la révélation y comme tout ce qui a été fondé par le médiateur étemel. Allez et instruisez toutes les nations 9 dit le fils de l'homme, et baptisez les au nom du Père, du Fils et du St. Esprit. Ce qui veut dire en d'autres termes: „ Allez et jyfaites entendre la parole du Dieu sauveur, à toutes ,,les races déchues par la prévarication de leurs
„përe8; plongez les dans l'eau vive, symbole de yyl'état primitif de leurs affections, et' de leurs pas- 9,sion8 orageuses après la chute; et par Tinvoca- „tion de l'essence ternaire de la divinité, opérez „dan8 l'homme intérieur, le miracle de l'alliancQ ^éternelle entre le créateur et la créature" ♦).
En sa qualité de représentant de la^ nature humaine , Jésus - Christ s'assujettit lui - même à la fonction du baptême, dans les eaux du Jourdain.
*) Si rÉvangile ne s^est point énoncé en ees termes , c*eit Ç[u41 a eu constamment en vue , comme nous Tavons observé dans rintroduction , d*allier la profondeur k la pqi pularité.
Or contemplons avec receuillemcnt notre d.!.-*. vin rédempteur, lorsqu'il reçoit des mains d'uii instrument passif de sa volonté adorable, le baptême de régénération et de vie. Ce spectacle suffira pour nous convaincre que réélise orthodoxe est la seule qui spit restée fidèle à Timitation de son divin JVIaître, et qui administre ce sacrement dans toute sa pureté primitive. Le Seigneur est ^ dans le désert, car Thommç est seul au milieu de la création, quand il n'y est point avec Dieu» Il se plonge dans le torrent d'eau vivante, emblème d'une . eristence passagère et du tumulte des passions. Il s'ensevelit dans les ondes, pour caractérîser le naufrage de l'espèce humaine, et sort de cette tombe agitée, pour s'élever dans les airs, type dçs régions de l'intelligence, pour nous rêvé*» 1er la nécessité de traverser les orages des'pas^ sions, avant que de s'exalter vers un ciel sans orages. L'Esprit-Saint , sous la forme de Ik colombe, symbole de la pureté primitive recouvrée par le baptême, vient ombrager le fils de l'homme: et aussitôt le silence de la création est rompu, les solitudes jusqu'alors muettes de douïeur , répètent mille fois les accens de cette divine parole: l^oici mon fils bien aimé, en qui je me complais^ et les souillures sont effacées, et l'adoption est ac* complie, et les forces vivifiantes de la régénération ont pénétré toutes lès profondeurs de l'espace.
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|. Otiif Seigneur, c'est pour cela que nous t'in-
l'oi voquoDS du sein des ftotSj comme s'écrie le Roi
ba> prophète 9 et que nous affirmons avec confiance^
^ fie celui qui aura cru et aura été bcfptiséf sera
imvé^
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La caractère distinctif de Tlnstitution du baptime est dope V immersion ^ BccTCtiôiAa^ qu'on ne saurait omettre, sans détruire le sens mystérieux du sacrement, et sans contredire en même tems la signification étymologique du mot qui sert à le désigner.
LVglise d'Occident s'^st donc écarté de l'imitation de Jésus-Christ, elle a fait disparaître toute la sublimité du signe extérieur; enSn elle commet un abus de mots et d'idées , en pratiquant le baptême par aspersion dont le seul énoncé est déjà une contradiction dérisoire. En effet le verbe fiairti^cû^ •— immergo — n'a qu'une seule acception» n signale littéralement et perpétuellement /^Zo/z^^r.^) Baptême et i|»mersion sont donc identiques et dire: baptême par aspersion^ c'est comme si l'on disait : immersion par aspersion ou tout autre contresens de la même nature.
Qui pourrait après cet aperçu, refuser son assentiment, ovi hésiter de rendre hommage à la
*) Voyez tous les lexicographes, les fables d'Esope, les écri< vains plus modernes , les pèret de rEglise.
.sage fidélité de notre églûe^ toujour» invariabX« ment attachée à la tradition dogmatique et ritueXIa du Christianisme primitif. Elle seule a conserrv^ le sens profond ainsi que les formes imposantes â« sacrement initiatoire, et Ton n'a qu'à lire dans le$ i annales des premiers siècles, la description des ce- ; rémonies baptismales, par lesquelles devaient pat* sér les catéchumènes, pour être frappé deleurpafr^V faite identité avec nos rits actuels»
Ce rapprochement si simple et si démonstratif n^a sûrement pas échappé aux Docteurs et aux £cri« vains de l'église romaine. Mais ils ont cru peutêtre qu'il suffisait de détourner les yeux de Tévidence pour en détruire tout Tefifet. Nous ne citerons ici en passant, que le célèbre auteur du Gë> nie du Christianisme, qui en traitant du baptême ^), s'étend beaucoup sur, les pratiques de l'église primitive ' dans l'administration de ce sacrement. Oi ces pratiques sont strictement les mêmes, que celles qui sont observées jusqu'aujourd'hui par l'église orthodoxe. Cependant l'apologiste des beautés de la religiop, se garde bien d en faire la remarque^ pour l'instruction de ses lecteurs. Il pousse mètne la mauvaise foi, (car on ne saurait supposer l'ignorance) jusqu'à avoir l'air d'admirer de loin ces
'•') V. Génie du Chris tianisme. Xom. I«
^ lielles jEnrxnet antiques du baptême, comme étant tumbëes en désuétude. Il n'en parle que comme iic*efQssent été des pratiques surannées/ et il affecte dane point se douter, qu'elles sont encore en vigueur. •Or peut - on supposer avec quelque vraisemblance, f. que M de Chateaubriand ait ignoré le fait? Et s'il en était informé , sa rétiscence est-elle pardonnable ? Etait -il en droit de tatre à ses lecteurs, qu'à Theure qu'il est, près de soixante millions de Chrétien$^ administrent encore le baptême y à l'instar de celui dçt Jésus • Christ, des apôtres, et selon les institutions de la primitive église ? . . . Que tout homme impar* tial juge après cela, si ceux-là méritent quelque con* fiance , qui dirigés par l'esprit de secte , méconnaissent tous les dons de l'esprit de paix, de concorde et de vérité.
Ce sacrement par lequel l'oeuvre niystérieuse -O' VE
charisth
de la rédemption s'accomplit et se matérialise tous les jours, est désigné sous le nom d'Eucharistie, ou action de grâce, parcequ'il est effectivement V action mutuelle de la grâce divine et de la gratitude de Vhomme mises en harmonie. Il représente le seul tribut que la créature puisse offrir à son créateur pour le plus grand de tous les bienfaits et le plus sublime de tous les miracles. L'importance et la réa« lité de l'Eucharistie Refonde comme celle du baptême sur des consonnances admirables entre les deux mondes, et sur les emblèmes les plus consolans. La
nutrition du corps nous retrace symboliquement celle de Vame. Toutes deux s'opèrent par les mêmes loix, je veux €ire celles de la tra/issubstantiation de» espèces 9 moyennant la sanguification et la sécrétion des ëlëmens nutritifs. Le pain et le vin, sont la symbole des fluides et des solides qui communiquent à la structure humaine la forme et le mouvements L'une est le résultat de Tossificafion et de la formation des chairs. L'autre s'effectue et se conserve par là circulation du sang. Or nous avons fait observer pins haut, que Ifi forme et le mouvement reTprésextr ' taient dans Tordre physique , Vintelligence et la tm* lonté au moral. Il suit de là que la nutrition mentale produite par l'Eucharistie, alimente le vrai prin» cipe de l'intelligence et donne une impulsion salutaire à la volonté. Le choix des deux espèces du pain et du vin , qui caractérisent le corps et le sang du Sauveur , n'est donc pas indifférent et arbitraire 90US le point de ^ue métaphysique* Le médiacteor éternel se donne tout entier à l'homme, po.ur agir sur la totalité de son être , et en nous annonçant sa présence dans l'Eucharistie il nous révèle une vérité sublime c'est que Vame humaine ne peut avoir d'autre nourriture solide et vivifiante que son Dieu; et que ce n^est qu'yen s"* alliant sans cesse' à son principe, qu^elle parvient à renouveler les forces de son ifi' telligence et de sa volonté. Ceci est mon corpSf se* Ion l'auguste manifestation de l'Evangile , veut donc dire en d'autres termes, ceci est mon esprit» ma puis'
SaneCy ma sagesse infinie^ rendus palpables à Titre dégradé: ceci est mon sangj veut dire^ ceci est ma volonté y mon amour , principe du mouvement universel ^ qui seul peut régénérer la volonté de Vhomme. Après avoir ainsi constaté la profondeur et la solidité du principe abstrait , ainsi que le sens symbolique du sacrement de TËucharistie , comment peut* on hésiter u^ moment à admettre le dogme de la présence réelle sous les espèces transformées du pain et du vin? Quelle pourrait être cette singulièi?e x^ugnance à, y adhérer , pour tout homme pénétré du sentiment de la toute présence de Dieu; en qui, selon l'eicpression de St. Paul, n&us vivons, nous nous mouvons et nous existons *)•
LVlément dans l'intensité duquel nos âmes exiflient et qu'elles respirent sans cesse , ne doit -il pas en être la nourriture la plus pure , la plus vivifiante et la seule convenable? Et cette nourriture étant destinée à un être mixte, composé d'un corps et à'uï^e \ amé, doit nécessairement se revêtir de formes matJrieHes, mais emblématiques, qui caractérisent toutes les propriétés de l'aliment divin. Enfin l'acte de U transsubstantiation peut- il) étonner tout homme, iititié aux phénomènes de la création , et habitué à découvrir en eux la divinité inexplicable des loix qui I«Qi servent de base ?
'^) !A.ct. €et Ap : Ghap. z^* 2^.
Dieu est présent en tout lieu par sa puissance et sa sagesse infinie: mais dans le sacrement derPËUi charistie , c'est surtout la toute - présence de son amour. Le seigneur est présent dans la nuée si* lencieuse qui déployé les ténèbres et les éclair^ sur nos têtes. Mais c'est la puissance suprême qui nous parle dans ces fprmidables ombres et ces terri* blés accens. Le seigneur est aussi présent dans le sanctuaire de la pensée, où naissent les méditations du sage, occupé à sonder les mystères de la nature et du coeur bumain* Mais c'est la sagesse suprême qui se manifeste alors par des illuminations soudaines et d'ineffables transports^ L'amour au contraire est au pied de la croix : il s'exhale du sang des victimes innocentes , il brille dans les larmes du repentir, il se fait entendre dans les humbles soupirs d'une ame résignée , il se voile et il vivifie sous les espèces du pain et du vin. L'Eucharistie est donc la manifestation de la présence de l'amour. Voudrait* on encore lé chercher dans l'arche pompeuse et ven« geresse , dans le buisson ardent du désert , sur les cimes étonnées du Sinaï, ou bien dans les signes mei^açans 4e ^^ voûte éthérée et les séditieuses cla»* meurs de l'Océan. Non l'Amour, le Christ, la Parole, VHomme- Dieu, est réellement présent dans l'Eucharistie. Il se donne à notre ame, pour prix de ses efforts et de %^% sacrifices ; comme le pain et: le vin qui le couvrent , deviennent la récompense de nos sueurs et de nos travaux corporels. C'est là
qu'il fant le chercher, pour ne point encourir le reproche d'incrédulité et d'ingratitude.
Une contidération secondaire, mais qui ne laisse pas que d'être très- importante relativement à l'acte de l'Eucharistie, c'est la nécessité de la communion sous les deux espèces , telle que l'administre Téglise orthodoxe. En* la restreignant à une seule espèce, on détruit audacieusement le sens typique de la nu* tiition corporelle , qui comme nous l'avons observé tout à l'heure, caractérise l'action régénératrice de Dieu sur V intelligence et la volonté hunaine , c'est à dire sur l'homme passif et actif. 11 y a*plus, L'Eucharistie symbole d'alliance, de gratitude et d'amour, est en même tems l'offrande de tous les dons de la terre représentés collectivement sous l'emblème de la fluidité et de la solidités On se demande avec raison pourquoi l'église d'Occident s'est permis d'altérer arbitrairement tous ces augustes mystères , en refusant la coupe d'amour, de fraternité et de paix à tous les laïcs : sans daigner étancher leur soif de e( îastice et de vérité. Les Occidentaux se le demandent sans doute à eux - mêmes, sans pouvoir s'en J zendre compte. Mais la surprise de tout homme imu partial ne fait que s'accroitrc, lorsqu'on jettant les yeux sur le texte même de l'Evangile, il y trouve: cecie^ mon sang, qui est versé pour Vous , buvez- ^n tous. C'est alors qu'il se demande quel est le I crime des simples de l'Occident, ^ui leur a fait per-
dre la jouissanc*.de cette invitation illimitée et ^ les Tëduit à n^.ètre qu'à demi les convives de la tab da Seigneur. . • Ce ne sofit cependant ni les phi risiens, ni les scribes; ni lès ^ens de loi , qui obtii rent la préférence au banquet du fils de Thomme, i de quel droit le clergé de l'église romaine a-V établi cette funeste séparation?
/ Il est pénible de le dire. Les atteintes portées
rintégrité des sacremens du Baptême et de-l'Euclu ristie , par l'église d'Occident, sont d'une nature pis grave qu'on ne pense ; en ce qu'ils établissent une r< striction tyrannique des bienfaits de Jésus - Chris^ , et mettent obstacle à l'unité de communion enti les fidèles ♦).
Les Occidentaux ne peuyent alléguer à Fappi de cette erreur, que le fait de son invétération et d son existence; c'est à dire qu'ils se trouvent dans u cercle vicieux ; dont ils n'ont point, voulu sortir ]m qu'ici , ^et où nous ne saurions entrer , sans nous dei saisir d'une des plus belles prérogatives du Christifl nisme. \ Us essayent de s'abuser eux - mêmes et d nous combattre , par des subtilités déplorables , ei prétendant qu'un corps ne saurait être dépourvu d sang y et que par conséquent , Jésus - Christ étan tout entier sous chacune des deux espèces / il doi
*) Voyez. Gatéch. do TArchi. Platon.
lufiBre atut ^èles. de se nourrir des miettes qui tom«>
bent de la table du clergë» Mais indëpendamment
du mal, qui résulte de la destruction du sens typique
ishërent à rËucfaarittie , comment ne considèrent*
ils pas, que celui qui s'immole pour nous sous les
i^0Lx espèces, est Tagneau plonge dans son sàng^
comme ofirande propitiatoire, livrée à la justice éter*
nelle» Christ souffre et se sacrifie, et scelle de' son
sang Talliance du créateur avec la créature, et ces
théologiens raisonnent avec assurance, analysent
les immenses douleurs du sauveur des hommes et se
privent obstinément de la couj^e qui «nous est offerte
à tous plutôt que de reconnaître leur erreur et leurs
misères» Ceci est mon sang: buvez en tous. Tovto
i^t ta aîp,a /âov , nhte iS àvrov Tràm^.
n existe encore une différence dans les rits du sacrement-^ tels que les pratiquent les deux églises.. Le clergé orthodoxe emploie le pain levé Sptoff celui de l'église Romaine se sert d'azymes ^ ou pain sans levain pour la consécration. Le premier de ces \ nts se fonde sur le sens littéral et grammittical du / terme âproîj qui dans la langue grecque a toujours i vue signification distincte et non générique. L'autre i est dérivé des coutumes judaïques, en vertu desquelles on n'employait point de yain levé pour la pâque. Ces deux manières d'envisager la chose, ne portent point sur une différence essentielle, et si d'une part l'absence du levain parait être plus sym*
bolique, de Tautre, Tusage du pain érdinaire est d'une simplicité plus auguste, et rappelle les agapes, ou repas des premiers chrétiens qui selon toute vraisemblance ne s'accomplissaient point avec des azymes. Le rit de l'église Rt)maine est donc plus conforme aux traditions judaïques , le notre plus rappioché de celles de la primitive église *),
x>« la Le sacrement de la prêtrise, a pour but de donner la force de propager les dons de l'Esprit - Saint) moy^ennant l'imposition des niains. £t ce signe extérieur dérive de la connaissance approfondie des plui grands secrets de la nature. De même que 1^ prévarication originelle se transmet par la communication de l'esprit de vie: ri^sprit- Saint, unique correc* • tif de cette contagion héréditaire , et principe génë« rateur de toute puissance ici -bas, se transmet aussi, moyennant le signe visible de l'imposition des mainSt opérée par un vase d'élection digne de le communiquer , -à l'égard d'un organe susceptible d'en devenir le dépositaire. Le péché ne meurt point avec le pré- ▼aricateùr: il était donc nécessaire que l'esprit de foi, de charité et d'espérance survécut également aux individus , qui ne sont que des anneaux dans la
*) L^église ortHodoze administre 'les sacremens aux enfans à la mammelle, désirant les sanctifier dès le berceau. CeUe d'Occident n'accorde la Commanion, qu'à un âge plut avancé. Il y a plus de foi dans le premier de ces usages: dans l'autre il y a plus de raisonnement. .
grande chaîne de régënëration et de vie. II fallait , de plus que la prêtrise eut des gradations , parceque les trésors de la giçâce sont départis aux individus se* Ion des proportions adaptées au plan général de la proTidence* Telle est Torigine de TËpiscopat,'
. L^église orthodoxe ne diffère point de celle ■ d'Occident, par rapport à Tadministration du sacrement 4e la prêtrise» Cette dernière ne s'est écartée m ce point,' des rits de la primitive église, que pour ce qui concerne le mariage et le célibat de& prêtres t Mais nous nous réservons de traiter cette question au chapitre, où il s'agira du clergé séculier.
Ce sacrement dans son origine s^administrait pac^< l« Pé^ le moyen des pénitences canoniques , opérées publiquement» Un usage de Cette nature ne pouvait sub* tister que dans la pureté et la simplicité primitive des institutions chrétiennes , restreintes à un petit nom« brede fidèles, que les persécutions faisaient fraterniser entr'eux. Depuis, Ton dut modifier les for* mes de Pacte de la pénitence, à raison de l'extension du Christianisme. Delà i^aquit Tusage de la confes* don privée ou auriculaire, destinée à briser l'orgueil htunain , sans troubler Tordre sociaL
'Le repentir et V espérance ^Xdcal les plus doux
fruits de la doctrine de l'Homme«Dieu, le sacrement
de la pénitence en est le véhicule le plus efiicace.
Il précède celui de l'Eucharistie, parizequ'un vase impur ne saurait recevoir la rosée de la grâce divine : paroeque le remords accompagne de l'abstinence etf de la^ prière, semblable au mystérieux précurseur du fik de rhomme, doit préparer les voies àcelui, qui pàrboUi'ant les déserts de la création, vient chercher XxTûL lieu de repoft dans sa créature* Ce n'est qu'aç près avoir accompli le gratid holocauste de la péni« tence, que tout homme peut s'écrier avec le Roi-Prophète: moii coeut est prêt Seigneur i ètoififf rj Kofh Sia jiQV-, xtipie et qu^aussitôt une voix lui répond avec un accent que l'humilité seule peut comprendre: les derniers seront les premiers ♦) et cette céleste mélodie renferme en soi toutes les délices de la paiic du coeur.
C'est ici surtout que le ptêtre du Très - haut, chaï-gé du plus auguste ministère, doit demaiider des forcés à Jésus -Christ, pour combattre Fesprit d'orgueil. Riche des promesses du Seigneur qui lui déférent la puissance de lier et d'absoudre, le prêtre ne doit en faire usage qu'avec un saint frémissement. Malhéjur à lui s'il croyait être riche de son propre fonds , ou s'il oubliait un seul instant , comme noas l'avons dit au premier Livre, qu'il n'est que Vorgand purement passif des miséricordes et des justices du Dieu sauveur.
'^) St. Marc. Cliap. lo. 31.
<6ou minis^èie ce borne atrictement à être le dé* poiitaire du rexnorda, le hérault de la grâce divinot et le médiateur ignoré, entre le crime et la vengeance. U n*y a. que le don transmis par Timpositiou des mains qui assure au prêtre un si auguste privilège. ,
S^il en outrepasse les limites jusqu'il vouloir exercer un ascendant habituel sur les consciences , sous pré* texte de les diriger, la dignité du sacrement est pro« fanée ) et TËsprit- saint, cesse de présider à ses fonc^ lions. . Il est douloureux de le répéter ici. De tous tems on a plus ou moins abusé des merveilles de la pénitence. Mais c'est surtout en Occident que la fiction scandaleuse des indulgences , et Tabus des censures ecclésiastiques y prodiguées toutes deux, par des motifs temporels et sordides, ont profané cette admirable institution et multiplié les sacrilèges*
Nous serons dans le cas de revenir sur ces pénibles questions au chapitre où n^i^i;^ traiterons de Thiéxarchie.
Ce sacrement, comme il a été dit plus haut, est ^^
Confirn
le signe extérieur dont se revêt la grâce divine, pour uon. caractériser V accomplissement de la renaissanjce du chrétien y et consommer l'oeuvre de sa régénération, effectuée par le 'baptême. L'église orthodoxe l'administre immédiatement après le baptême, ^elon le^ usages de la primitive église. Celle d'Occident en difTère l'accomplissement, jusqu'à un âge plus avancé*
Cette distinction n*a rîen de cohdamnalble ini lellt^ mèinô: mais ce qui n'est pas également indifférent) c'est qu*én Occidi^nt , ce sont les EvèqUes qui se sont réserves le privilèjgè eitclùsîf de coiifîrmier» Oï cetta i^striction n*est fondée sur ku(hin motif plausible. ' Elle décèle au contraire cette funeste tendance aux iiinovàtions arbi^aires ; et un certain ^despotisme hiérarcliiquîe qui se manifeste à l'égard dû clergé in-
te
fèrîôur : tout comme ce dernier ée permet de l'exercer 'enVets le reste dei fidèles , pour ce qui concerne Va. comïnuniob sous les deux espèces , les censures et les indulgences. Le tout présèiite unfe série de réaio fions et d'usurpations dont les évéques se ressentent eux-mêmes, depuis qu'ils se sont soumis inconsidélément à recevoir leur installation de la part des Ëvèque» de Rome. Ainsi s'accomplit la loi inexD*rable à&s compensations» qui asf^ujettit les Ëvèques d^'Occident à la jurisdictîon de leur égal, pour prix des restrictions qu'îMmposent k leurs collègues et à leurs troupeaux^
i Mû' ^^ mariage est lalsoufcè des généï'atîons, hi pé« ^* pinièré de toute moralité , Técole des vertus domel»' tiques \et sociales , le gage des bénédictions accordées aux patriarches, l'émbl'ême de Talliance de Jésus- Christ avec le genre humain. Ce que Dieu n rétinif ^ué Vhomme jie le sépare-px>int *)• La solemnité
^) Et. St. M«tc Cliftp. ta t»
'Jipd co&tacxe et cimente cet indissolotila liea, en le jratt^liant à un avenir sans Ixomes^ ne saurait être trop imposante. Or il suffira de. comparer les rits orthodoxes qui accompagnent panpi x^oixs le sacre^ nient du mariage, avec ceux de toutes les autrcf comoscunions chrëtienzies , pour être frappe des former antiques et de la supériorité d,es usages , que jiotre église a adoptés^ L'échange des anneaux et '4ea coupes, Timposition des couronnes nuptiales, la lecture des évangiles, et celle des divins préceptes de Sjt. Faul„ Içs hénéd^ctions patriarchales que .1^ prêtre addresse aux épotgc chrétiens , tQu,t est auguste, emblématique I plein du sena le plus profond et le plus religieiyc« Oç a comme9cé par trouver ces form^ importunes , et à force de les simplifier avep une audace impréveyante, on a fini par transformer lé saci^ement en contrât civil, passé par devant notaire, et sous la garantie, du magistrat. Tel est le terme auquel abouti$sen,t toutes les aberrations des disciplines de la prinutive église.
Ce (gage précieux de la ^ guérison physique, et joeV morale, est un acte de pënjttence à rentrée du topi-^^iç^.
heau. L'huile, syn^bole de l'incorruptibilité céleste,
Tient sanctifier le front du pécheur courbé sous la douleur physique et lui révèle avec le Roi-^Prophëte: 4iue le juste ne verra point la jmtréfoftiojif *}* Le
ibi
teligion, cet «nge du Très - haut se placé à Tentrëe et à rissufe de la vallée d*épreuve, le glaivp de la parole à la main. Il pénètre Tagônisant^ jusqu'à séparer son esprit de vie , de sa substance originale et \ Ini rend la santé du corps , lorsqu'il est révoqué vers la vie: ou la santé de Tame, lorsqu'elle est citée à comparaître par le ministère de la mort. C'est alors que le tems et l'espace ont cessé d'esdster pour elle» La puissance, l'amour^ et la sagesse infinie, prodiguent à rètre regénéré: ce que Voeil ne peut voir y ce que V oreille ne saurait entendre, ce ^ que le sein fragile de Vhomme est incapable de contenir* C'est en contemplant ta gloire , s'écrie le prophète, que seront rassasiés mes désirs. Xopta(f3^if6o/Âat iv tip 'éç}S^^az tiffv ôôSav Cfov.
Il y a dans ce sacrement réiïnission des péchés, et guérison dôs infirmités du corps.