‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 7 sur 15 · Chapitre IL · texte numérisé non relu

Chapitre IL

Culte eztërieur; Liturgie*

La nëcessitë da cvàXfit extérieur êe fonde sur 1k nature mixte de Tbomine^ $v^ la réalité des rapports existans entre le monde visible et Tordre de choses supérieur; enfin sur l'içiitation de notre Seigneur Jésus -Christ. ' Aussi les prenûers chrétiens se réunissaient - ils régulièrement pour cihanter les louanges de Dieu « méditer les Ecritures, offrir le sacrifice de PEucharistie et célébrer la mémoire des m^^y^s de la vérité* Les accroissemens du Christianisme, qui sorti des catacombes, vint s'asseoir sur les trônes de Tunivers , durent nécessairement ajouter à la pompe et à la splendeur des solemnités religieuses, mais le fonds demeura toujours le même. Les fidèles conti- Huèrent à se rassembler dans les temples et les basi* Liques, pour y jouir des promesses du Sauveur, qui déclare sa présence, là où deux ou plusieurs adorateurs sont réunis en son nom^ On eut toute fois lien

de s'ëcrier avec le Roi-Prophëtet Combien foi aimé la magnificence de ta demeurer

Mais le culte extérieur transmis à Tëglise or« thodoxe, par les premiers siècles du Christianisme, n'en conserva pas moins son unité , son uniformité et sa majesté, La forme des temples, les a.utels, les vases sacrés, les chants, les habits pontificaux, les rits des sacremens et des funérailles, les offices de la quàdragésime, les pompes nocturnes de la nativité et de la résurrection, le sens emblématique du * voile qui couvre le» sanctuaire ; des encensoirs et des mystiques flambeaux: tout y porte l'empreinte de Tantiquité là plus reculée et la plus invariable.

La Liturgie ordinaire, transporte tous les joufs le Sdële à une distance de plus de treize siècles. Le berceau de la religion s'y montre tout entier, avec tous les dons de P esprit du Dieu si propice à Tenf ance , et toutes les saintes coutumes initiatoires du Christianisme primitif. On y reconnaît les accens des* humbles catéchumènes „Vamour et Tallégresse des initiés r la cléture des portes qui précède Ténoncé du symbole, le recueillement qui annonce Pacte de la consécration* Le voile se baisse, les chants se taisent, rpSrande est accomplie. Le prêtre se pro' sterne, sa chevelure^ antique touché le pavé du temple, et aussitôt les voix d'allégresse se font entendre, «t les sublimes accens du IVoi- Prophète» retentissent

«omina jadis devant Tarche, pour câëbrer rHomme-

[, Oièu.

Toute cette divine Liturgie, n^est qne la mëlodle de l^amour , de la foi et de Tëspérance , qui ressus* oiUmt les ëchps lointains du passée

Cette même supériorité de notre église, que

nous avons fait remarquer dans le mode d'admixûs-

trerles sacremens, se manifeste dans tous les rits se-

tondaires , qui sont purement du ressort du culte ex-

fi&ieur. Il auffîra de comparer l'antiquité de nos rit3

et disciplines à ceux pratiqués en Occident pour être

convaincu' de cette différence. La Liturgie romaine, .

aie défaut de tous les^ abrégés* Infi nime nt plus mo^

derne que la nôtre , elle en diffère esstntiQllemeiit .

* par le mélange des instrumens de musique , le peu «

de dignité des costumes^ Toutes les pompes, les

chtfnts , les prières , et les fonctions sacerdotales, au*

n(Hicent une date plus récente. On n*y retrouve

nulle part cette magnificence antique qui possédait ■

le secret d'être simple , sans cesser de captiver et

d'imposer, \

Au reste, sans prétendre dicter la loi sur ce^ujet, nous nous bornerons à observer, que quelque soit Topinion de l'homme impartial sur la préémi* nence 4u culte orthodoxe:, il n'en est pas moins in- ^contestable, que nos institutions rituelles , retracent

io6

mi»

le plus {îdëlement celles de la primitive église> et porte Tempreinte d'aucun mélange hétérogène.

Les inductions que l'on peut tirer de cette pëce de physiognomonie historique , ne sont poii dédaigner, pour tout esprit susceptible d'impur lité et de réflexion. Nous allons passer maînten à l'analyse des principes sur lesquels repose le ; tème de l'hiérarchie chrétienne : Ce qui nous cond xa à traiter les questions orageuses et stériles^, < Voû a tant débattues , relativement à la suprême entre les diiférêns sièges, et à leurs droits resf tifs* Nous avons jusqu'ici consulté les raisons «traites et les faits, avant que de plisser aux tit Il serait surprenant que ces derniers fussent en position avec ce qui a été démontré jusqu'ici.

TT

Ghapitre III.

De la Hiérarchie.

Tonte tociëtë est gouvemëe par une autorité

ioprème que la providence institua pour veiller à sa

conservation. Le premier devoir de cette autorité

est de rendre hommage et de s*unir en esprit à la

source dont elle émane» en la faisant îTdorerà ses

sabordonnés , afin d*ètre respectée elle - même, A

cela près y cette tendance religieuse est l'acte le plus

•olemnel de justice et de reconnaissance , qui doive

signaler le pouvoir , en garantir la légitimité , et en

devenir l'initiative. Tel est le principe immuable

dont la puissance souveraine ne s'est jamais écartée

impunément, et sans attenter à sa propre existence.

Dès l'enfance du monde, aucune société légalement

organisée, n'a subsisté sans culte public. Aussi long-

tems que les sociétés ne furent qua^de nombreuses

^uidlleSy les patriarches, ou chefs de race, remplis-

loa

•aient les fonctions sacerdotales, comme représenti et régulateurs de leur jeune postérité. . Mais Ueul tout se subdivisa, à raisou de la dispersion des pei plçs, et des grandes révolutions qui changèrent face du globe. Certains vieillards acquirent la gnité de pontifes par suite de leur grand âge, de connaissances traditionelles , d'une vocation rieure d'en haut, ou des signes visiblçs de la béi diction du ciel. Le pontificat fut bientôt restreii quelques familles privilégiées. L,es lien^ du si suppléaient à ceux de Tesprit divin | et souvent servaient de conducteurs* ^

Des réminiscences entretenues par la longéviMi des connaissances astrales plus prononcées , quelqaili||| fois une ambition persévérante, désignaient les milles dépositaires du sacerdoce, La royauté s^ sait au pontificat , comme Tattestent les annales peuples de TAsie, de la Grèce et de Rome: Paxoe* que la force du commandement n'existe que par ceDfl de la prière. Ceux qui doutent de TeHicacitë it celle-ci, devraient bien plutôt s'étonner de celle Al commandement. Et certes s'ils Q'en voyaient paAkP effets palpables, ils seraient bien plus tentés de récp* ser l'ascendant de la parole impérative, que celui'* la parole oratoire.

Mais quoiqull en soit, il -est hors de doute, qu^ ia prière est la base du commandement dont toute jft

Bagie Ile coniriéte que dans co ressort invisible. La pofayoir sans la prière n^est plus qu'une force coactive, jui doit se briser tôt ou tard« Voilà la raison pour lufoelle THomme- Dieu priait si souvent ^ à la veille ie faire un miracle. Car Tordre de choces visible Il naturel , n'étant que le produit de I^l foret et dé a réststancv^ ce n'eit qu'un surcroit de force obtenu ler la prière^ qui peut effectuer Vacte de la puis^ sôit continu, soit instantané^

'toutes lei nations de l'antiquité eurent dono enrs prêtres et. leurs chefs^ Ces deux fonctions se ëparèrent bientôt, parceque toute religion étant fon« liée sur une r^t;^Z^zf zo/i quelconque vraie ou supposée, m un fny stère et un sacrifice^ on sentit bientôt la nécessite, d'eh confier le dépôt à une classe distincte, ^la9 capable de le transmettre et de le préserver de^ ricissitudes d'ici- bas. Malgré la multiplicité, la di» rertité et l'incohérence des doctrines payennes on y retrouve par tout un sacerdoce distinct des autret Conditions sociales. La përmaneiice de cette corpo« ration, servait à constater l'antique Unité du culte, effacée par le torrent des révolutions du globe. La durée des états fut toujours en raison de la solidité de la hiérarchie. L'Egypte , la Chine et l'Inde en font foL

Enfin c'est Putiité et l'utilité de la têvilation^ ^eit la profondeur du mystère institué par elle et la

IIO

pureté du sacrifice 9 qui earactëxisent la Traie xt? ligion, / ■,

Nous avons dit ailleurs que le mal étant unit comagion qui se perpétue d'âge en âge, les doi6 de l'Ësprit-Saint devaient être également trai sibles^, pour remédier à la dégradation héréditt Or 1^ hiérarchie n'e$t que la succession visibl des dons faits par Jésus- Christ à ses apôtres , transmis à leurs disciples , moyennant Tacte m] stérieu^c et naturel de l'imposition des mains. Clp grand arbre de vie est enté sur la pierre anguli qui sert de base à l'église universelle, qui ne point les portes de Venfer.

Tâchons d'analyser les principes constitutif Jl cette merveilleuse filiation que l'orgueil humain % l'imposture se sont efforcées de défigurer par ds fausses attributions. Ces recherches nous condui* ïont à reconnaître que le gouvernement de 1'^ glise orthodoxe est entièrement conforme à la oiK ctrine du Sauveur et que le dogme erroné du fv cariât terrestre que s'arroge VEvêque de Romeii ne s'accorde pas plus avec le texte des écrituxci qu'avec les institutions du Christianisme primitiL

L'unité de Viglise est toute spirituelle^ ^ ne se fonde ni sur ^es lieux» ni sur les terni.

Voilà pourquoi Tapôtre St. Paul nous rècommde *) de conserver Vunité de Vesprit par le m de la paix: ne formant tjuun corps et un.

prit. 9 selon l'unité de vocation et d'espérance: tendu quHl iCy a t/u'un Dieu^ une Joi et un iptêmê*

X<e Saint apàtre h^y a point ajouté , un Seul ince des apôtres , chef unique des évoques et da glise Huiverselle. Il n'a jamais enseigné que no-* ) Seigneur Jésus - Christ eut un représentant vide sur la terre ) ni que ce Vicai^re, administrOr IX souverain de touis les fidèles, eut le droit d'e« gex de leur part> obéissance ei^soumission* Les. Lnts apôtres eux mêmes, quoique remplis de 119 leâ dond de Tesprit de sagesse ( ne songèrent tnaif à s^arrogér une jurisdiction Suprême, et S0 ifièrent tellement de leur infaillibilité individule,- qu^ils ne décidèrent la fameuse discussion evée entre les Gentils et les ludaïsans, relative-^ lent à la circoncision prescrite par l'ancienne loi, ne moyennant leur réunion à Jérusalem» L'opiion de St» Paul prévalut, et Tesprit rallia lou^ ss suffrages et les consciences ^ par l'ascendant 'une sainte unanimité **).

*) £p. au< Bphlsient. tV, 3. 4. 5.

^*) Yb les actes des apôtrcf .

Les doctrineiK postérieures , sur. la supr^mad» et Vautorité universelle de l'Evèque de Rome, eli ta qualité prétendue de successeur de St. Pierr^^ et la prétention anti « chrétienne au vicariat Xxtt^ restre^ que Tfaumble Céphas lui v même , n'avait ja<: mais cru posséder: toutes ces erreurs , comme tout ce qui enfante les troubles et les divisions dans Tordre moral, ont pris leur source dans des idéei, oonfases>

Dh que si Iw membres révérés de la piiflii* tive église, avaient pu prévoir, que l'on ferait tm abus aussi scandaleux de leurs institutions les plu^ humbles et les plus fraternelles: qu'il) auraiiiSt pris soin de déterminer avec une rigoureuse ex» I titude, la moindre des prérogatives de la pull" aance pontificale, dont ils fesaient si peu de cas* RHËis l'humilité ne conçoit point l'orgueil demi- Hateur, et Tesprit d'fimour et de paix, ne saurait descendre jusqu'à scruter les cupidités mondaines. Ce joug spirituel de Jésus • Christ , si léger et il doux, qu'ils auraient gémi de le voir s'appesantit sur nos tètes, sans pouvoir reposer sur nos côéûrs; de le voir enfin se transformer en un fastueux arc de triomphe, où les pompes criminelles de ran* cienne Rome, seraient reproduites sous le voile de la religion d'amour^ Ces élus de Dieu, en s'élevant de la vallée de larmes vers le monde diviUf 9^ue pouvaient «ils faire autre chose» comme le

ika

]^phëte Elie, que de laisser à leurç succelseurs ici- , bas, ce ipanteau pastoral et prophétique, ce vètement' d'admission à la demeure de Tëpoux, qui était fait pour attirer sur les ministres de la parole tous les dons de la grâce et de TÉsprit de Dieu» Or que Von compare le vêtement actuel à C0lui qui leur fut laisse, comme gage d'une filiation étemelle, et l'on sera frappé de terreur, à l'aspect de tous les ornemens étrangers qui le ren* dent méconnaissable. Seigneur, ayez pitié de nous!

Nous venons d'observer que toutes les doctrîtke9 erronées sur l'unité locale et individuelle du pouvoir ecclésiastique, sont provenues d'idées confuses. Mais ces idées de jurisdiction restées vagues et indéterminées dans la primitive église, prouvent que la simple vérité, fondée sur la parole du Sauveur, était alors évidente, parceque les passions btimaines n'avaient pas encore tenté de l'obscurcir. Mais les passions honteuses de quelques individus^ ^'emparèrent avidement de ces idées vagues^ pour cacher leur propre difformité.

On s'est donc m^épris, ou Ton a voulu donner le change i*' en interprétant isolément certains pas- •âges de l'Evangile, qui ne peuvent être entendus que dans leur liaison avec les passages antérieurs. î* en détournant de leur sens primitif, les régleïaens àQ$ premiers siècles de l'église, jusqu'à tran»^

former une simple préséance honorifique, ou d'an- «^ cienneté, entre les différens sièges, en une suprématie de pouvoir et de commandements C'est Cê que nous allons tâcher de démontrer.

L'église universelle, comme nous l'avons fait iohserver au conunencement de ce chapitre, ne zeconnatt pour chef, que Jésus -Christ, le médiateur, le pontife selon Melchisédéc, THomme-Dien qui par la réunion de ses deux natures, et l'influence de son esprit, en est le seul souverain risihle et invisible. Son unité est donc pûn^ment , spirituelle; car tout autre espèce d'unité porterait évidemment préjudice à Tordre social, à l'indépendance des nations, et à la salutaire variété qui réculte d'une foule innombrable de causes naUuceUes •et locales*

L^umque point de ralliement , le foyer de cet es.prit de régénération et d'amour, reproduit sous ïnille formes différentes, réside dans la réunion des chefs otf pasteurs de cette église universelle» convoqués en concile général, d*après la teneur des promesses de Jésus - Christ , qui deviennent le principe de l'infaillibilité des assemblées de ce genre. ÎLe droit de les convoquer, ce grand prétexte qu'on allègue en faveur du Vicariat terrestre, n'a jamais appartenu qu'à la puissance souveraine, comme* les annales de l'Ëglise en font foi. Le concile de

its

cée, cet àtchiétype de toutes les réunions oecuéniques, fut convoqué par PEmpercur Constan- 1 le Grand, en sa qualité de défenseur de la iy et de protecteur de l'ordre social. Jamais aun siège ne reçut la délégation de cette prérogare; et cependant pour qu'il put l'exercer, il fauait qu'on la lui eut déférée solemnellement, moornant les suffrages de l'église universelle. Mais

siège de Rome se l'arrogé de sa propre auto* :é. Elle ne saurait donc lui ^appartenir. Mainnaàt que la sainte fédération de la Ghrétiennetë t divisée, oii ne' peut régulariser le système de invocations des X^nciles» D'aillears, comme nous ivons prouvé au premier Livre, chap. de la' Trité, l'ensemble des dogmes une fois arrêté par s sept Conciles, il n'y a plus lieu à aucune alration, ou addition qui serait toujours illusoire

criminelle. Quant aux rits et disciplines locas , elles sont du ' ressort des Conciles nationaux

: 'provinciaux, dont la convocation dépend de la lissance souveraine. Enfin s'il s'agissait de la rélion des églises, ce dont nous traiterons au 3e Lvre de cet ouvrage, le droit de convoquer pour îtte fin un concile universel, ne saurait apparnir davantage à un siège quelconque: attendu a'il est absurde que l'une des parties exerce en lême tems les fonctions de la présidence, et celle e la plaidoyerie. Ce serait un renversement des rincipes les plus invariables. Il est doàc évident

que ce n*est que de l'accord entre les principaux monarques de la Chrétienneté , que peut résulter un Concile vraiment oecuménique. I>a réunioA* corporelle et mentale de plusieurs individus con« stitue l'efficacité de la prière^ ou parole oratoire.^ Elle opère également la vérité et l'efficacité de li^ .1 parole impérative, qui enjoint aux fidèles, d'adhérer à tel ou tel dogme , et en règle l'expression. Tout concile universel n'est que la réproduction de cette réunion primaire des apôtres, qui fît descendre l'Esprit-Saint et leur assura le doii- des langués et de la parole vivante. Tout autre pouvoir de législation en matière de dogme, est incompér tent et illusoire: comme Jes apôtres nous l'ont enseigné par leur exemple, en vertu de leur parfaite égalité, qui doit être la même entre leurs successeurs. ,0r c'est cette égalité que Téglise d'Occident -s'efforce de rejetter, en s'étayant à, cet effet de quelques passages de , TEvangile. Les voici: Vous êtes Pie^rre^ et sur cette pierre je. bâtirai mon église: et les portes de V enfer ne prévaudront point contre elle. Ce passage con- ' sidéré isolément semblerait indiquer en effet une concentration de tous les pouvoirs dans la personne de St. Pierre. Et voilà le danger d'isoler les diverses expressions partielles, qui servent à désigner une vérité unique et infinie par son essence. Les Saintes Ecritures, quoique dictées par TEsprit de Dieu, sont néanmoins calquées sur les imperfe*

ctions des langues humaines, et renferment par conséquent une foule de passages inconcîliables et contradictoires en apparence, dès qu'on les interprète sëpaxément -et sans ëgard aux idëesf antécédentes. Tel est recueil de toutes les rechercheif icientifîques y qui à force d'abstraire et d'analyser ne conduisent qu'à de funestes dissonances et font/disparaître l'harmonie du tout. Une saine critique nous avait déjà dévoilé toute la mauvaise foi qu'il y a, à disséquer un ouvrage quelconque, au détriment de l'ensemble, en qui seul peut résider la vérité. Mais ce principe régulateur est encore bien plus applicable aux Saintes Ecritures, où tout étant mesuré sur des dimensions infiniment grandes, chaque fraction mène nécessairement à l'erreur. Ce n'est point parceque la lettre est en opposition directe avec l'esprit, que Vune tue^ lorsque Vautre pivifie; mais c'est parceque l'esprit indivisible par son essence, se trouve associé par la parole écrite, à des formes divisibles. Il résulte de là que cette divisibilité altàre l'unité identique de l'esprit, toutes les fois qu'on se laisse aller à des recherches isolées. Sans parler de l'ancien testament, le nouveau atteste sans cesse cette importante vérité, qui pour avoir été trop souvent méconnue est devenue la source de la plupart des hérésies. En effet, on trouve dans l'Evangile un grand nombre de passages, lesquels, pris séparément, ne présentent aucune trace de la divinité de Jésus - Christ, et où

ii8

*) Dialo^es de Philarète sur- l*ortliodozie de PEglise d*Ori* ent. V. ta pierre d'achoppement pM TArché^que Heliîil

le Saviveur tel qu'une mère tendre et caressante, qui balbutie avec son nourrisson, pour se rendre plus in^ telligible» semble écarter à dessein tout Tapp^reil màjestjieux de la divinité. C*est. l'interprétation isth lée de ces passages, qui donna naissance à l'Arianisme, cette hydre orgeuilleuse et insensée, dont les mille têtes, tant de foi^ abbatues, ne cessent desf reproduire jusqu'à nos jours. Ôr si les premiers hé» résiarques s'étaient abstenus de bâtir un dogme sur une pa);ole isolée , et qu'ils eussent étudié l'ensemble des paroles de Jésus -Christ, dans leur enchaînemjent indestructible, l'erreur n'aurait point trouvé de base pour se jsolider. Il en est de même de Topinion qtii établit le Vicariat terrestre ^ur le passage cité plus haut.x Avant que de se reposer aveuglément sur la lettre de ce passage , il aurait fallu considé* rer, que sur tout ce qui y est contenu, il n'y a que ces mots: Vous êtes Pierre et sur cette pierre jê bâtirai mon église j qui s'addresse particulièrement à St. Pierre. Le jreste est également promis au restt des apôtres *). Et cette clause elle - même ne fut motivée f^ue par la question de Jésus -ChriK, qui demanda: Et Vous^ qui dites-vous que je suis? A\uoi Pierre répondit en déyançant l'énoncé de ses condisciples; Vous êtes le Christ ^ fiU du Dieu vir

vont: ee qui lui attira cette interpellation rassurante. Or voici comme Texplique St. Augustin '^): Vous êtes Piei^re, dit le Christ , et sur cette pierre que tu as reconnue, en confessant que je suis le Christ, lils da Dieu vivant , je hâtirai mon église. Ce que veut dire en d'autres termes: c'est sur moi-même que je Vëdifîerai et non sur toi que je bâtirai mon église, qui est mon corps. Car Christ est lui - même la pierre angulaire de Védificej longtems rejettée par les ouvriers; et quiconque veut faire reposer Tëglise sur une autre base, ressemble à ceux qui se vantaient d'être de préférence disciples de Paul ou de Ce* phas **). £t c'est là malheureusement la déplorable erreur que l'église d'Occident ne cesse d'accréditer^ par uàe interprétation circonscrite du texte de TE-t vangile, parcequ'il semble favoriser sa fabuleuse suprématie. Quant à la dernière promesse qui garantit la perpétuité de l-églisc, il est clair qu'elle ne s'addresse qu*à l'église universelle, dont le régne n'est pas de ce monde, et qui ne craint point les at* teintes temporelles, parcequ'elle n'est fixée à auctine localité, telle que Rome, Jérusalem ou Con> •tantinople, et qu'au contraire elle est indestructible comme l'esprit qui l'anime, et peut la transférer à volonté, selon Texigeance des vicissitudes terrestres^ Les portes de V enfer ne prévaudront point contre

*) Serm. i^ Ae verb. et retract* I<. X* Cft]^. ai* ^

^) Bp. aux Corin. 1. 19,

eîle^ n'est donc point une promesse faîte au siégo de Rome et aux prétendus successeurs de St. Pierre. Une église partielle peut toujours être réprouvée, comme Tapocalypse nous Tannonce, pour avoir abuië des dpns de rËspril,-^jdnt; et ce n'est que la totalité des fidèles, qui constituent le corps entier de la victime éternelle, en qui r^sprit de vie et de régénënh tion ne saurait jamais succomber à T esprit de tÂ* nèbres.

Le second passage dont l'église d'Occident invoque l'autorité en faveur dç 1^ doctrine du Vicariat terrestre, n'est 'pas plu^ concluant, que celui que i^oUs venons d'anal^ser^ Le voici. C'est celui ok notre Seigneur^ apfë's. sa rési:^rrection , s'adressant à Pierre, l,ui demande à trois reprises différentes, s'il l'aimer Simon Pierre ^ rn. aimez - vo9as? A quoi le saint Apôtre répond toutes iejs fois: Seigneur ^ Vous savez que je Vous aime , et Jésus - Christ l'en récompense par l'autorisation trois fréis renojavellée en ces termes: paissez mes brebis.

Or pour approfondir le motif de cette insistance de la part derHomme*Dieii, il suffîra de se rappeU 1er les circonstances antécédentes qui Tav aient rendue nécessaire»

Pierre avait rpnié trois fois son maître , «m présence des Hébreux, Cette trip\e rénég^tion Tavait

iàXt déchoir de la haute dignité de Tapostolat et ren* du d'autant plus Coupable, qu'ayant été interpellé par le Christ, à la veille des épreuves qui Tatten* daieot, en ces termes: Simon ^ fils de Jonas^ m'ai^ mes,' tu plus que ceux-ci? ... il répondit avec asinr^uiçe; -^uand même tout le monde se scandalise* xeit en toit moi seul je ne me scandaliserais pas^ C'était donc dans la vue de redresser cette prévarication aggravée par le serinent de rorgueil, que Jésus- Çhrînt lui addresse postérieurement la question d'amouTy à laquelle Pierre, instruit par une doulou euse expérience» uq répond qu'avec une extrême humi« lité: Vous savez y Seigneur^ que je Vous aime. Cette question, trois fois répétée avec intention, rap* peie à Pierre sa triple rénégation et il fut saisi de fLoaleur. Gecin'annonce donc nullement une délégation da^ vicariat universel, mais bien au contraire une épreuve expiatoire que Pierre avait encourue par ta rétractation , une réhabilitation formelle dans les hautes fonctions de Tapostolat. jyPaissez mes brebis^^ Veut dire dans cette circonstance et à raison des événement antérieurs: ,,reprenez et exercez vos fon- »)CtioB9 d'apôti'e de la parole, quç vous aviez juste- >,inent mérité de perdre , par votre apostasie.*' —

Ansfi St. Augustin, Ambroise, Chrysôstôme, Êpiphane, Cyrille, entendaient- ils ce p&ssage de la x&ème manière, et dans son affînité véritable avec les faits antérieurs *),

*)'DiAl6ga«saeFhilarètesurrorth«dozi« de r ëgliso d^Urient.

Nous avons fait sentir jusqu'ici combien 14iiterprëtation isolée de certains passages de 1- Ecriture, était dangereuse et devenait. ordinairement la source des plus graves erreurs. L'application de ce principe à la question du Vicariat terrestre, ou suprématie universelle, nous a conduit à 'reoonnaître que ce n'est qu'un abus de Tesprit et do la lettre des Evangiles, qui ait pu y donner lieu.

\ Mais ceux qui se déclarent les champions de

eette doctrine ambitieuse s'étayent encore de quel- •

ques faits et citations puisées dans les actes de

quelques conciles et dans les réglemens de Téglise.

Nous allons tâcher d'en rendre compte, afin que

le lecteur impartial soit à - même de prononcer

d'après l'inspection et le rapprochement des faits

les plus irrécusables.

Les canons du premier concile oecuménique, comme ceux du second, décernent d'un commun accord une préséance d'ancienneté et d'honneur i TËvèque de Rome, en sa qualité d'Ëvéque, de Tan» cienne capitale du monde, et à celui de Constantinople la seconde place en vertu du nom de nouvelle Rome. Mais on n'y découvre aucune traci^e cette prétendue suprématie universelle, que les Papes se sont arrogée depuis. Au contraire, on trouve ce pontife rangé dans la même cathégorie que ceux d'Alexandrie et d'Antioche. L'histoire du terne. a^

ste do mémo que les Légats envoyas par le Pi« larche de Rome, an concile de Nicëe, n^ siégeant que comme ddlëgués de Téglise d'Occident; ; cela uniquement parceque les distances avaient npèchë un certain nombre de pasteurs d'Espagne \ des Gaules, de se rendre à rassemblée générale, oavoquée dans la vue de faire justice de TÂriaisme. '

Le troisième Concile oecuménique renouvelle !S mêmes dispositions et il ajoute (Can g) les ininctions les plus instantes pour restreindre Tautoté des métropoles à leurs limites respectives et aturelles, afin, dit il, d'empêcher que l'orgeuil ^ la puissance temporelle ne se prévale des inxêts du sacerdoce, pour empiéter sur la sainte bertë qui est le prix des souffrances du, Sauveur.

Le quatrième Concile remit en vigueur les Ti^éances des Evêques de Rome et de Constanti- >ple (33)9 ^^ ^®s motivatit toujours de la même laiiière que les assemblées précédentes, et sanj mais alléguer la doctrine mensongère de la translission héréditaire du Vicariat terrestre. Ce mèle Concile établit môme une certaine égalité ho.r Diifiqué entre les pontifes des deux capitales, es lettres clu tems constatent cette égalité.

Il est donc constant' et irrécusable que la pri« litive église non seulemeiitt n'a point reconnu lu

suprématie universelle du siège de Rome; mais qu'elle n'a pas même imagiifë, que Ton tenterait un jour de se prévaloir de ses réglèmens les plai précis et les plus simples, pour faire germer Ter* reur du sein même de Thumble vérité. En sup* posant que TEvèque de Rome soit le successeur d« . St. Pierre 4 cela ne suffirait pas pour le constîtaei Vicaire de Jésus Christ et chef suprême de l'église, i® parceque cet apôtre lui* môme n'a jamais reçu cette dignité des mains de l'Homme • Dieu» comme nous l'avons démontré plus haut; 2^ parcequ'il existe une différence essentielle entre l'apostulat et l'épiscopat, à peu près semblable à celle qui élevait les saints apôtres au dessus des autres disciples du Christ, également appelles néan* moins à propager la parole. Or il y a plus. L'Evèque de Rome n'est point le successeur de St. Pierre, parceque celui-ci était apôtre universel et non Ëvèque d'u^e cité quelconque; parceque l'église Ro» maine a été fondée simultanément par St« Pierre et St. Paul; en&n parceque la couronne du mar* tyre qu'ils obtinrent tous les deux au sein de lagrande prostituée, selon les traditions ecclésia^* ques, n'est qu'une circonstance individuelle, d'o& l'on ne saurait inférer, que Pierre se fut constitué Evêque de Rome. La mission divine de l'un et de l'autre était si peu astreinte à de certaines localités, que Pierre se croyait appelé préférableilieht à la conversion dos Juifs, et son Collègae

i celle des Gentils , comme ce dernier Ta observé ai- même*). ,

D^ail leurs comme le dit merveilleusement le fénétuble Philarète, auteur des dialogues dont lous avons tant profite, soutenir que le vicariat :errestre a réside dans le siëge de Rome, dès les mns les plus recules de IVglise, c'est subordonner le disciple chéri de Jésus- Christ, qui vécut jusque rers la fin du 1er siècle, et Simon le Zélote de fërusi^lem, parent de notre Seigneur, selon la chair, à la fabuleuse suprématie' des prétendus raccesèeurs de St. Pierre.

' Dé toi^t ce qui a été dit jusqu'ici sur la scan* laleuse question de la suprématie universelle, nous pouvons résumer ce qui suit:

1^ Le Gouvernement de la Chrétienneté en matiirré de dogme religieux , de rits et de disci* pline, réunit en soi, comme nous Tavons fait observer dans rintroduction de cet ouvrage, toutes les {ormes de Gouvernement humains, merveilleulement combinés par TËsprit de Dieu» dans celui de son église.

3® L'église universelle est une sainte fédération entre toutes les races humaines, dont le chef

^) ftp* AUX GaL If. ?. *

suprême, visible et invisible, c'est Jësni * Chfirt,rHomme - Dieu, la pierre aj:igulaire de TédiScei le médiateur universel* x

3® Cette sainte fédération ne porte atteinte à aucun des liens sociaux, domeniques et indifvidtt^ f els , qui rattachent le Chrétien à sa patirie , à «a famille, à sa langue maternelle et à ses devoirs.

4*^ Elle est gouvernée par le code dje la nott* velle alliance entre Dieu et sa créature, et la réunion de tous les Evêques en conciles universels qui 'possèdent seuls le droit de législation et d'interprétation en matière de dogme. Les Synodes na» tionaux et provinciaux prononcent sur les qu^stioxu de rit et de discipline locale*

5** Les principaux sièges de la Chrétienneté, ' tels que ceux de Tancienne Rome, de Constantinople, de Jérusalem, d'Àntioche et d'Alexandrie^ n'ont entre eux que des préséances et primautés purement honorifiques , fondées sur certaines dis* positions des premières époques de l'église, tout comme les titres de pape^ oecuménique ^ saùUt hieriheureux j communs à plusieurs patriarches: et dont il eut été plus utile de s'abstenir,

\ 6® La doctrine de la suprématie universelle.

où Vicariat terrestre , attribué au siège de RoïoMi

acte fonda que sur une interprétation erronée de quelques passages de TEviuigile, dont la signification intégrante a ëté détoarnëe et altérëe«. Nous avons fait sentir que cette méthode de commentet certains passages isolément» Revenait le principe ie tîntes les erreurs et de toutes les hérésies, jette même prétention au Vicariat terrestre s'étaye le quelques expressions tirées des actes des Gonfles; mais on n'y trouve aucune trace d'une suc trématie d'autorité: seulement celle d'une présé^ nce' d'ancienneté et d'honneur. En conséquence ette doctrine qui a déchiré le sein de l'église et nsanglanté la terre> ne repose que sur des idées onfuses, des passions persévérantes, et elle n'a ris racine qu'à la faveur des troubles et des té« febres du moyen âge. Ce qui le prouve encore lus, ce sont les divergences d'opinions entre les Ittamontains, l'église Gallicane et une foule d'au* res 8^>arations temporaires à diverses époques.

-7^ L^églîïe, dépositaire des pouvoirs, des pro« lesses et des consolations du Sauveur des hom* lès y régne par cela même sur les consciences, is affections, sur les liens individuels; en un mot u: l'homme intérieur. Cette puissance est invi* ble, elle est immense ^ elle s'étend à un autre rdre de choses w eile doit donc suffire à l'église, ai ^e saurait allier le pouvoir temporel au^ pou- 9ir spirituel, sans violer les préceptes de l'amour

rédempteur. Or rilistitution usurpatrice du vicariat terrestre ne saurait subsister réellement et soutenir son gigantesque échaffaudage, ^ans attirer î à soi toutes les ressources, sans faire mouvoir tqat les ressorts, sans employelr tous les prestiges de la puissance temporelle: c'est à dire qu'il s'en - std* vrait que l'éternel édifice de la rédemption, qu'att^ cun moyen purement humain n'a concouru k foéder*), ne peut se soutenir qu'en les employant tous, en devenant un royaume de ce monde, en composant avec les passions et les erreurs de l'homme» Quelle assertion sacrilège ,et desespérante! Et ce* pendant voilà le terrible modèle, que nous offrent; à chaque page, les annales de la papauté!

Tel est le dernier, point de vue sur lequel il impotte de jetter un coup d'oeil rapide, pont mettre en évidence, que cette prétention ^u vicariat terrestre,' étant incompatiljle avec le véritable esprit du Christianisme, est devenue la source de tous les fléaux , qui ont atteint l'église d'Occident malgré toute sa splendeur mondaine; et que pat conséquent, l'autorité papale coupable de ces dé^ chiremens, quand bien ra^me elle aurait reçu dei constitutions ecclésiastiques une suprématie quel- Conque, eut mîérité de la perdre et d'eji être desti'

*) Voyez rintrodnction. Ni la violence, ni U lëdaction, ai la pertutision^ ni le témoi^age.' i

tuée pour avoir fait un trafic de l'héritage du Seigneur.

En effet rëglise d'Orient, impliquée dans les destinées d'un Empire dont la caducité ne pouvait résister aux attaques du Mahométisme, et à la haine aveugle des barbares de TOccident, survécut néanmoins à la chute de Byzance, et se maintint dans toute sa pureté. Les persécutions et Tassujettissenent auxquels elle est livrée jusqu'à nos jours la préservèrent peut - être des funestes tentations des mondanités et de la grandeur. Sa rivale y succomba. Noo contente de dédaigner le berceau de Téglise pri« mitive, la papauté commence sa carrière temporelle l'an ^'}0 par. donner une couronne. Elle devient souveraine; elle s'arroge tous les jours de nouveâox pouvoirs spirituels et temporels. L'identité de communion s'altère de plus en plus , mais ce siège enivré des fruits de la terre, s'est précipité dans une direction divergente qui ne peut que l'écarter tous les jours davantage du Christianisme primitif. Tout ce qui a été discuté jusqu'ici dans le cours de cet ouvrage Ta suffisamment démontré. Mais pour s'en convaincre d une manière encore plus frappante , il n'y a qu'à rapprocher certaines époques. Au sixième et septième siècles , les Papes obéissaient encore im» plicitement aux Empereurs, se rendaient à Coustantinople et essuyaient avec résignation des injustices, comme il convient à des pasteurs ^). Cent ans plus

*) Hist. du Bat-Bmpire.par l.ebeau.

tard, ils s^arrogent le droit de'décenjer des-couron nés y -et postérieurement , établis au pied du,profaa.< Capitole, ils se méprennent sur leurs droits, jusqu^ij se transformer en Jupiters chrétiens, armés de loaares invisibles.

En 809 le pape Léon III, loin de consentira intercaler la clause du Jilioque dans le symbole de kl foi fait graver le texte sur d'es tables d'argent, «n langue grecque et latine^ tel qu'il se trouve danski actes des Conciles de Nicée et de Constantinoplect ajoute au bas ces mémorables paroles: Haec Le$ fosui f nmore et cautela orthodoxae religionis.

Ces mêmes Vicaires de Jésus - Christ , font rédiger' au Concile de Trente une nouvelle profession de loi , pleine d'additions arbitraires «t mondaines: ^ l«s(^uelles on a bien soin do stipuler l'autorité uaiverselle du Pape, la communion sous une seule es* pèce , et le dogme de la procession du fils»

Après -cela peut - on en conscience -et devant \t tribunal de l'éternelle Victime, soutenir, qu'une autorité qui s'est ainsi dénaturée elle- même, soit le délégué visible de celui qui est le point central de l'église universelle -et l'oracle iniaillible de toate doctrine religieuse? Or ces aberrations et aieiit iné* vitables dès l'instant où l'on osa articuler le dogme téméraire du vicariat terrestre, qui ne saurait se

èontenir sans une force temporelle et par cela ^ême se voit assujetti aux vicissitudes humaines , au ton-ent de Torgeuil et de la corruption. Saint Pierre 56 soumettait aux autorités payennes , ses prétendus inccesseurs tracent des lignes àe démarcation sur le globe, et humilient devai^t leur palais la mf^jesté louveraine. I

L'église d'Orient au contraire a été persécutée,

die a traversé Teau et le feu, elle a résisté à l'Isla-

niisme, elle a converti le nord: elle a été dépouillée

i la vérité de ses riches vètemens et de ses pompes,

mais rien n'a pu lui arracher le dépôt de la foi et de

la tradition qu'elle a conservé intact. Les Eglises de

Géorgie, de Syrie, d'Âbyssinie même, longtems

restées isolées attestent sa fidélité. Le foyer de Té-

glise orthodoxe subit encore la captivité de Babylone,

mais elle réédifiera le temple, et cette pierre qu'ont

feint de rejetter les architectes humains deviendra la

pierre angulaire de Tédifice religieux^ car la rouille

eu tems ne Ta point dénaturée.

Telles sont les considérations que nous avions à offrir aux lecteurs sur la question importante de la hiérarchie et du pouvoir ecclésiastique. Nous serons dans le cas de revenir sur les développcmens historiques au troisième livre de cet ouvrage. Les deux chapitres qui terminent celui - ci , sont consacrés à traiter de l'existence du clergé séculier, de celle de»

ordres mohastiquiîs , ces deux grand^^ tattiiHcatioi^j dfe la hiérarchie chrétienne. Nous y retrouverorxs quelques difTërencès remarquables entre les constitutions de rëglise orthodoxe et celles de l'Occident. ♦)

*) Le pouvoir temporel let le poQvoir spititnel he furent jamais réunis légitilnement qu*en Melchisedec, |»ersonn«ge entièrement mystérieux, symbolique, et surnaturel. Cif la royauti , le pontificat , et la prophétie li'apartiennent qu'k Jésus Christ, en sa qualité de Représentant de l'homme pnmitif. Quiconque essaye de s'arrt>ger les deux pouvoirs ,' da?!* Tétat de dégradation, où se trouve pion* . i^ée la nature humaine, ehcourt la peine infligée à Osias, «l^ailleurs si juste et si agriéable à Dieu, «insi que ce terrible exemple est taarré au 2me livYe àe9 paralipomèoes Cliap. 26. Vers. 16 '^ 22, Chey les payens on n*osait s'ap- ^ procher des autels avec le glaive. Or le sceptre du monarque, n^est que le glaive qui punit le cotipable et protège l'innocenta Puisque l'ancienne loi qui était une loi ât justice défendait la fusion des deux pouvoir!; à bieA plus forte raison doit -elle être interdite par la loi noa- Velle qui est une loi d'amour et de miséricorde. Tant qnt dure Tordre social dans ses rapports terrestres, (a vergt de Mayse et Tencensoir d^Aarou ne sauraient £t;re ina^ niés de la même main. Que les deux pouvoirs fratemi^ sent ensemble à Tinstat de ces dvux élus d'Israël, nuif qu'ils ne se confondent jamais. Ce n'est qu'à rhomme régénéré en masse qu'il est réservé d'dspirer à réunir Itf parole de vie, comme prophète, Ventrée du sanctuairtf comme pontife, et ie sceptre de la nature en sa qualité de roi.

Page 1