‹ Considérations sur la doctrine et l'esprit de l'église orthodoxeChapitre 8 sur 15 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

Du Clergé séculier.

Âusn longtems quç la société chrétien ne fut que peu nombreuse , les prêtres étaient choisis parmi les ^ciens et les vieillards, comme l'indique la signification-du mot prêtre^ npBfSfivtBpo^y qui veut dire doyen. i*âge«^ Cette fonction a quelque rapport avec les Démogérontes, StuioyépovtBÇ^ anciens du peuple, dans )lusieurt républiques grecques* ' Homère nous les 'etrace assis sur des pierres dans la place publique; rt rendant la justice à leurs concitoyens; ce qui leur mposait en même tems quelques devoirs du sacerloce, en qualité de pères de famille et de dépositaires de la religion de Tétat* Partout Tâge avancé fut :hargé de préférence, des fonctions judiciaires et sacerdotales , parceque la jeunesse n'a plus le sommeil ' le l'innocence ♦) et qu'elle n'a pas encore atteint le réveil de la maturité,

*) Laissez lei enfant venir à moi l

Les premiers chrétiens choisissaient donc leurs

prêtres, parmi le$ individus les plus capables par leur

âge, d'enseigner, de consoler et d*exercer le culte

public. IS imposition des mains motivée par le choix

des communautés y comme nous Tavons observé dans

.y rintroduction de cet ouvrage donnait aux chrétiens \

leurs dvêques et leurs prêtres. Les qualités requises .1

pour être admis à la hiérarchie se trouvent merveil- ]

leusement indiquées par St« Paul dans le passage soi- ;

vant*): „I1 convient que TE vaque soit irréprochable, ,,épo4ix d'une seule femme, sobre ,. chaste , décent y^dans ses moeurs; hospitalier, capable d'enseigner, ,,point adonné à l'ivrognerie, point impétueux, inca* „pable de se laisser corrompre par un intérêt sor- ,,dide: mais au contraire il faut qu'il soit équitable, ^,haïssai)t les dissentions, inaccessible à l'argent;. ,,capable de gouverxier sa propre maison et de mainy,tenir ses enfans dans la soumission et le respect, „I1 importe qu'il ne soit point néophyte , de crainte. „que l'orgenil ne le fasse tomber dans les pièges de „resprit de ténèbres. Il* faut à cela près qu'il réu- ^nisse les témoignages favorables de ceux qui l'en-: yyvironnent, pour ne point devenir le jouet de Satan. :

„Les diacres doivent être pareillement humbles. ,^et modestes, dépourvus de toute faussité dans leurs, ^^discours, point adonnés à l'ivresse etàl'aoïourdtt / •

4() Epitr, à Thimot2irt« C]iap« 3. V. 3 ad xo. —

ygaînv Dignes par la pureté de leur» conèciences de ^conserver le mystère de la foi. Il convient qu'ils ^«oyeat mis à Tépreuve avant que de desservi» l'an- ^Vniïy. afin qulk puissent le faire sans reproche» ^Qu'ils soyect époux d'une -seule femme et dirigent Jeurs enfans et leurs maisons ,. d'une manière ,louable^V

Tek scmt les Garact^«»^istinctîfs et extëxieur»

les ministres de Tautel , tracés de la main du St.

apôtre. Ils portent Tem^rieinte de cette divine li«.

«Iftéy qui est le don le plus précieux que la religion^

*amou3r ait fait à l'espèce humaine^ L'église or-

bodoxe a tâché de se conformer à sw préceptes lu-

lineux et simples, autant que le changement dfs

poques et Textension du culte a pu le permetti^e.

En conséquence elle a maintenu l'institution sz^ itaire.du mariage pour les prêtres et les diacreSi-. Le itnel du saint sacrifice une fois déterminé, le pré- :e fut préposé à la consécration et à l'administra* on des saeremeni». Le jeune c^acre ou ministre ibaltetne, fut chargé de desservir Tautçl : comme riginairement les agapes, jusqu'à l'époque où il serait igé digne d'exercer la sublime fonction du pon« ifîcat.

L'Ëvèque au contraire, étant ^ considéré comme e surveillant, le gpide et le modèle des simples

pasteurs; dut se vouer au célibat, en vertu des'conseilB âU'.méiDë apôtre et de la promesse que Jësai- Christ adresse à quiconque aura renoncera femme, pareus et à toutes les douceurs de la vie domestique, dans la vue de travailler exclusivement à Toeuvre da sàlut des hommes, L'ëglise orthodoxe envisage les Evêques, comme des holocaustes fumant sur Itê hauteurs et dont la vocation est de rëpandre au loin la lumière vivifiante «t la suave odeur de leur ëter* nel sacrifice. En prescrivant le célibat des Evoques moyennant leur adhésion à la règle monastique, notre église a cru devoir honorer et réaliser la doctrine du Sauveur, qui nous enseigne qu'il existe un certain nombre d'hommes capables de se vouer à une chasteté perpétuelle;^ • En restreignant cette institution à répiscopat, Téglise orthodoxe conciliei les lois de la révélation avec celles de la nature, et n'impose point à la faiblesse humaine, des fardeaux qu'elle n*est point en état de supporter. Elle n'exige point rimpossible, ne cherche point à donner le change par les dehors d'une pureté chimérique, et n'interdit point despotiquement à Tordre nombreux du clergé, ce qu'elle serait forcée de tolérer dans uii honteux et coupable silence. Aussi cette distinction entre les chefs de la hiérarchie et ses ministres inférieurs se conserv^a -r- elle, même en Occident, iu^ qu'à une. époque très-ïécente. . Mais elle gênait Tambition insatiable du siégQ de Rome qui ne considérant les ministres de l'Evangile j que comme de siio*

pies instmmens de son système d'usurpation mon^ daÎ0e voyait avec peine le clergé faire partie da eorps social y et s'y rattacher par ses affections les pins chères.' En effet le despotisme, sous quelque ferma qu'il se manifeste, ne saurait employer pour panrenir à ses fins, une milice indépendante et nationale. Il lui faut des étrangers, des mercenai* xes, des satellites dociles et topjours prêts à exéenter ses desseins. Après avoir peu à peu déponillë'les Ëvèques de leur sainte égalité et de leur indépendance, le siège de Rome ne pouvait se croire en possession du vicariat terrestre, que lors qu'il aurait inculqué le célibat au clergé séculier. La barbarie et la dévotion souvent mal entendue, qui signala le moyen âge, concoururent efficacement k faire adopter ce préjugé déplorable. Une effrayante variété d'ordres monastiques de toute és« pèce, vint encore donner une nouvelle consistance à cette funeste séparation entre le prêtre et le citoyen.

"Ce ne fut que dans le treizième siècle que le célibat dès prêtres prit le dessus en Occident, sur les coutumes tet les disciplines de l'église primitive.

Las actes du Concile de Trente contiennent tncora des dispositions qui attestent l'introduction xécanta du câlibat. L'auteur du Génie du Christia-

nisme avait lui «même reconnu cette vëritë^ qui sql trouve consignée dans les premières éditions de |)oà ouvrage. Mais bientôt effraye par les remontrances magistrales de quelques Docteurs de son église» il crut devoir abjurer toute bonne foi, et redressa dans les éditions postérieures, ce qu'ils appelle un^ erreur et qui n'est qu^un aveu arraché par l'ascendant d'une vérité historique. Il est pénible de voir ainsi le talent et même le génie , rendre un honteux hommage à l'usurpation et au caprice, composer avec l'esprit de secte» et transiger sur les droits imprescriptibles de la religion et de l'humanité. D'ailleurs quelque soit l'époque précise où la coutume du \ mariage des prêtres fut coinprimée en Occident; il n'en est pas moins vjai pour cela, que selon les traditions les plus respectables, plusieurs apôtres et St. Pierre lui - même ' étaient mariés; que St. Paul autorise le mariage des ministres de l'autel, que toute la primitive église s'est conformée aux préceptes et à l'exemple des premiers propagat^eurs : enfîn que l'église orthodoxe par des vues aussi justes que profondes n'a pas cru devoh* l'interdire au clergé séculier. En effet, cette ramification secondaire de la hiéraréhie chrétienne est exposée continuellement aux séductions et aux épreuves du monde. Appelles à administrer les consolations, à distribuer les secours de la religion, dans toutes les circonstances de la vie sociale:' les curés des villes et des cam-

pagnes doivent nécesnairement ccmnâître les affections domestiques, il importe qu'ils soyent initiés par la sympathie aux mystères du coeur humain. La dignité de père de famille préserve le prêti?e d'une infinité de dangers et d'épreuves diifAciles, en lui imprimant un caractère respectable. L'institution da mariage pour le clergé séculier remédie à la corruption, épargne beaucoup de scandales et rend plus rare l'hypocrisie. Condamner une aussi nombreuse classe d*hommes au célibat, c'est con^ trevenir ouvertement aux intentions de notre Seigneur qui no veut que de vrais célibataires; c'est sacrifier la réalité à l'apparence, c^est insulter aux bonnes moeurs, c^est se jouer de la crédulité, c'est profaner la religion et outrager la nature.

Mais il ne faut pas s'étonner que les cory»

phées de l'église d'Occident ayent mis tant de persévérance, a faire triompher le célibat de tous les obstacles. La souveraineté temporelle des Papes et Le célibat du clergé, sont les deux colonnes sur lesquelles repose l'édifice du vicariat terrestre. Si ces deux causes permanentes qui le soutiennent, cessaient d'agir pendant cinquante ans, on verrait à coup sûr s'évanouir la conséquence principale de ce système d'usurpation et d'exclusion. L'église orthodoxe n'ayant pas de semblables ^laximes à maintenir en vigueur, n'avait pas le même intérêt à dénature^ les institutions primitives du Christia^

visme. Il existe encore un ëlëment constitutif d cette suprématie universelle et arbitraire. C'est li multiplicité des ordres monastiques, qui dérive des mêmes principes. Or il importe de remonter à Torigine de ces corporations abusives ou dangereuses; afin de parvenir à fixer le véritable point de vue, 80US Jle quel on doit envisager la vie religieuse, son utilité intrinsèque et ses rapports avec l'ordre social. Cette analyse offrira au lecteur les mêmes traits de conformité, entre les premières conceptions de Tascétisme , et les réglemens adoptés par Téglise orthodoxe , sans égard à toutes les innovations, que le moyen âge a enfantées.

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