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différencient que très peu l’une de l’autre. Enfin d’assez notables modifications existent selon qu’on observe une Ancée femelle ectoparasite et un individu femelle pélagique (10 août). Les yeux en effet, relativement réduits dans le parasite, acquièrent une grosseur considérable chez celui-ci. Le volume excessif des trois derniers anneaux thoraciques, caractéristique des femelles parasites, ne dépasse guère dans la femelle pélagique les dimensions des autres segments.
Les larves et les femelles parasites ont donc perdu, par le seul fait de leur commensalisme, certains caractères qu'ils tenaient de leur régime pélagique : réduction des yeux, fusion des trois derniers segments thoraciques pour la formation d’une vaste poche incubatrice, enfin diminution du volume de l'abdomen.
3° Portuniens. — Il semble que la réduction de l'organe de natation, qui caractérise les Brachyures et qui se dessine déjà dans leurs larves zoéennes, devrait entraîner des adaptations à la marche. Or, s’il y a dans ce groupe de Podophthalmes des types essentiellement marcheurs, tels que les Sténorhynques, on en connaît d’autres qui sont ou presque tout-à-fait immobiles (Maia), ou bien chez lesquels les pattes de la région postérieure acquièrent une grande habileté; ceux-ci courent. Cette dernière tendance se manifeste déjà dans le Carcinus maænas, L., espèce des eaux saumâtres, qui nous mène aux Portumnus, Leach., chez lesquels l’article terminal des dernières pattes est étalé en une lame natatoire, grâce à laquelle ces Platyonichines peuvent s'élever en nageant. Ce sont néanmoins des espèces des fonds vaseux. Elles nous conduisent au Polybius qui réalise complètement cette adaptation, monte à la surface, est en un mot essentiellement pélagique. | Les mêmes adaptations se retrouvent dans la sous-famille des Portunines, sans qu’il y ait des types pélagiques comme le Polybius, car les Lupées nageuses, nous l'avons vu précédemment, ne peuvent être considérées comme de véritables pélagiques. Mais on retrouve parmi les Portuniens des adaptations analogues à celle du Portumnus. Tel est, en effet, le cas des Portunus qui nagent avec une grande facilité, s'élèvent quelque peu, mais ne présentent pas la transformation en lamelles de leurs pattes thoraciques.
Dans le golfe de Marseille, à l’exception des Portunus dont je vais donner le nom, on n’a jamais signalé la présence des Portumnus et du Polybius. Je les ai vainement recherchés.
Les Portunus, recueillis par le Laboratoire de zoologie marine dirigé par M. le professeur Marion, sont les suivants :
Portunus holsatus, Fabr. (P. lividus, Leach). — Les pêcheurs au ourgin le prennent quelquefois au cap Janet, à sept ou huit mètres. Les autres stations de cette espèce sont les graviers et les débris de Posidonies (de 4 à 5 mètres) du Prado.
Portunus arcuatus, Leach. — Le gangui le ramène de treize à quatorze brasses au large du cap Pinède. On le rencontre également à huit brasses dans les fonds vaseux à l’entrée des nouveaux ports d’Arenc, au large de Montredon (20 mètres), du Canoubier, au Pharo (20-23 mètres); toujours dans les fonds vaseux.
Portunus corrugatus, Pennant. — On le prend par milliers dans les prairies de Zostères, si on pêche pendant la nuit en hiver et en automne.
Portunus depurator, L. — Du Canoubier vers les Catalans à quinze brasses. On le rencontre en octobre, pendant la nuit, un peu en dehors des prairies de Zostères, dans les débris de Posidonies. Enfin, on le ramène de quatorze à dixhuit brasses au large de Montredon, où il habite les graviers coralligènes.
Portunus longipes, Risso. — Fonds coralligènes, parmi les Algues encroûtées rougeûtres.
Portunus pusillus, Leach (P. maculatus, Roux). — Fonds coralligènes, cap
Caveaux (trèsrare). Pêches de nuit: prairies de Zostères et petits espaces sableux, vingt mètres. Pêches de jour: graviers au large de Montredon, de quatorze à dixhuit brasses ; large du cap Caveaux, de cinquante à cinquante-cinq mètres.
4° Dactylopterus volitans, L. — Cette espèce, qui seule représente le genre Dactylopterus, est bien connue de tous les naturalistes, et le docteur Moreau, dans son Histoire naturelle des Poissons de la France, en donne une longue description, à laquelle nous renvoyons le lecteur.
J'ajouterai cependant que le Dactyloptère a une aire géographique assez considérable : Nice, Cette, la Manche (d’après Moreau). Je l'ai recueilli également dans le golfe de Marseille, où il est assez fréquent. Les pêcheurs à la sé/rele rencontrent quelquefois en été le long de Pomègue. Il a été pris également en février avec le gangui vers Canoubier. Enfin j’en ai reçu provenant de Rio-Janeiro (surface).
Je rappelle que les jeunes dece Dactyloptère (1) ont été pêchés à deux reprises dans le port de Marseille.
5° Syngnathes. — Les Syngnathes se trouvent assez souvent dans le golfe, où leur nombre est chaque fois considérable. Ces Poissons pélagiques vivent en effet par bande ; on les capture assez facilement dans tout le golfe, entre Maïré et la rade de Marseille.
On les pêche parfois le matin avec le gangui dans les prairies de Zostères (30 mètres). Ils rappellent donc à ce point de vue les autres pélagiques côtiers à faciès adulte.
(1) Voir page 27.
L'espèce que j'ai pu recueillir se rapporte au Syrgrathus phlegon, Risso (1), espèce bien différente du $. Rubescens, Risso, que le gangui ramène fréquemment des prairies profondes de Zostères (2). Le docteur Moreau en a donné une bonne description (3). Les individus que je possède présentent toutefois certaines particularités. |
Les individus mâles sont beaucoup plus nombreux que les individus femelles. Les dimensions et la coloration varient aussi avec le sexe.
Le mâle atteint une longueur totale de 13 centimètres. Le museau mesure un centimètre 2. La hauteur du corps, prise au niveau des pectorales, est de 3 millimètres et demi.
La femelle a une longueur totale de 15 centimètres, le museau de 1 centimètre 4, la hauteur du corps de 4 millimètres.
Les yeux sont bien développés et l’iris est argenté.
La tête et le museau sont un peu plus longs que la dorsale. Celle-ci commence au quinzième anneau du tronc et s'étend sur les douze anneaux suivants.
La poche des œufs occupe trente-trois anneaux.
Le système de coloration de cette espèce est des plus ables Voici celle que j'ai observée chez les individus mâles et femelles :
Dans le mâle, le museau est d’un rouge plus ou moins foncé. Les anneaux placés en avant de la dorsale sont blanchâtres, mais à chaque espace interannulaire existe, sur le dos, une petite tache rouge jaunître, très claire, qui se continue sur les flancs. Ceux-ci ont une teinte en général légèrement bleuâtre. La face ventrale en ce point est argentée. Les anneaux qui portent la dorsale sont complètement incolores ou blanchâtres. Quelques individus présentent des taches rouge foncé à la base de la dorsale. Les autres anneaux, vus par la face dorsale, montrent une teinte jaunâtre, interrompue en quatre points par des espaces blanchâtres, lesquels sont plus ou moins marqués suivant les individus mâles que l’on observe. La face ventrale de cette région est d’un blanc légèrement jaunâtre. Enfin la caudale est rouge foncé.
Dans la femelle, le museau offre une coloration rouge, plus claire que ie le mâle. Les quinze premiers anneaux du corps ont chacun à la face dorsale une tache rougeñtre très foncée, ovalaire, unie aux taches des anneaux voisins par un petit prolongement de même couleur. La face ventrale de cette région est argentée,
(1) Risso, Hist. Nat. des principales productions de l'Europe méridionale, tom. 3, page 181, pl. xv, fig. 41.
(2) A.-F. Marion, Esgquisse d’une topographie zoologique du Golfe de Marseille, Annales du Musée d'Hist. Nat. de Marseille. — Zoologie, tome I, Mémoire 1, page 62, 1883.
(3) Hist. Nat. des Poissons de la France, tome 2, page 52.
comme dans le mâle. Les anneaux qui portent la dorsale ont destaches semblables aux précédentes, mais un peu moins nettes. Enfin la région postérieure ne diffère pas des régions précédentes, et, comme celles-ci, elle est très vivement colorée enun rouge, qui occupe non seulement la face dorsale, mais s'étend aussi sur les flancs. La face ventrale est blanchâtre. Quant aux bords de la poche à œufs, ils sont d’un bleu foncé parsemé de petites taches jaunâtres.
Le Syngnathus phlégon est souvent attaqué par des Caliges, qui nagent du reste librement autour de lui dans les vases où je place les individus mâles et femelles (4 mai). Cette espèce de Lernéen appartient au groupe des Caliges à ventouses frontales. La carapace est beaucoup plus longue que large. C’est sans doute le Cailigeus Rissoanus, M.-Edw., trouvé la première fois sur un Poisson à Nice et dont le mâle n’était pas connu de M. le professeur Milne-Edwards. Les mäles sont ici assez nombreux.
6° Sphyrénides. — Dans le bassin National, j’ai capturé à la surface, le 22 avril, un poisson assez rare, le Sphyræna spet, Lac., que Risso décrit dans son Ichthyologie, mais dont il ignorait les mœurs pélagiques (1).
Les dimensions et la coloration seules diffèrent.
La longueur ordinaire de ce poisson mesure de quatre à cinq décimètres, mais se réduit à deux décimètres dans l'individu pris à Marseille.
D'un rouge doré sur le dos, il est blanc argenté sur les côtés et le ventre. Cette coloration est donc bien différente de celle que Risso a observée chez certaines Sphyrœna, dont la teinte générale est bleu verdâtre, avec couleurs variées sur la tête. Les nageoires sont toujours jaune clair. L’anale, au lieu d’être argentée, est jaunâtre comme toutes les autres nageoires.
L'ouverture buccale a les bords légèrement jaunâtres; elle est largement fendue. La mâchoire inférieure, dont l'extrémité présente une large tache noire, est plus longue que la mâchoire supérieure. Outre de nombreuses dents légèrement recourbées à leur extrémité libre, on distingue une dent plus forte et plus recourbée, implantée dans la mâchoire inférieure, au niveau de l’extrémité de la mâchoire opposée. La tête est cannelée à la région dorsale. Les yeux sont assez développés. L'iris argenté présente quelques taches foncées. Enfin, de la partie supérieure de l’œil part de chaque côté une ligne qui vient se terminer à la queue.
La première dorsale comprend cinq rayons, la deuxième neuf. Chaque pecto-
(1) Cette espèce a été prise aussi, maïs à d’assez longsintervalles, par M. le professeur A.-F, Marion, (Erquisse d'une topographie zoologique du golfe de Marseille, Annales du Musée d'Hist. Nat. de Marseille. Zoologie, tome 1, mémoire 1).
rale en a douze, chaque ventrale six. L’anale enfin compte neuf rayons et la caudale vingt. Le même nombre se trouve dans la description de Risso.