‹ Considérations sur la faune pélagique du golfe de MarseilleChapitre 29 sur 54 · B : PÉLAGIQUES PASSIFS PARTICULIERS · texte numérisé non relu

B : PÉLAGIQUES PASSIFS PARTICULIERS

Je comprends sous cette vague dénomination les Radiolaires, les Foraminifères et les Janthinides.

1° Radiolaires. — Les Radiolaires doivent être considérés comme des adaptations pélagiques de Protistes littoraux inconnus, dont le Profomyxa serait le point de départ. De tous les Protistes inuclées, le Profomyxa, nov. spec., qu’on trouve en abondance sur les bords de la Méditerranée, surtout entre Nice et Menton, rappelle le mieux la forme rayonnée caractéristique des Radiolaires. Ses pseudopodes, en effet, moins protéiformes que ceux du Protamæba, affectent une disposition rayonnée, semblable à celle de Thalassicolla pelagica, Hkl., Radiolaire apiculaire pélagique. La seule différence qu’il soit possible d'établir entre ces deux espèces consiste pour celle-ci dans la différenciation du protoplasme et dans l'apparition du noyau. D’autre part, l’Amæba radiosa, Auerbach, établit entre Thalassicolla pelagica et les Protomyxa un degré intermédiaire important, car on peut le considérer comme un Protomyxa muni d’un noyau. Reste à connaître un Radiolaire du groupe des Thalassicolles qui mènent une vie littorale. Ce Radio-

laire n’est pas connu; mais il doit owa dû exister, et les Radiolaires actuels sont des adaptations pélagiques de ce type primitif littoral.

Les tableaux suivants indiquent les divers Radiolaires recueillis dans le golfe de Marseille pendant l’année 1882.

À : Famille des Collides.

28 Janvier 1882. — Tiboulen de Maïré. 2 Awlacantha scolymantha, Hæckel, Die Radiolarien, pl. IL, fig. 1-2.

» » » 3 » nov. spec. (a).

» » » I » . nov. spec. (b).

29 Juin, — Morgilet.......... 1 Thalassoplancta cavispicula, Hæckel. Die Radiolarien, » » » I » nov. spec. (a).

5 Juillet.’ » 3 Aulacantha scolymantha, Hk]. (Voir plus haut). » » » I » nov. spec. (a).

» » » $ Talassoplancta cavispicula, HkI. (voir plus haut). 25 Août. » 1 Aulacantha scolymantha, id.

» » » 1 Thalassoplancta cavispicula, id.

13 Novembre. » 1 Aulacantha, nov. spec. (b).

La famille des Collides, dont les nombreuses espèces ont été décrites par Müller, Schneider, Huxley et surtout par Hæœckel, qui les avaient recueillies en général à Messine, quelquefois à Nice et à Saint-Tropez, ne m’a fourni que les deux genres Thalassoplancta et Aulacantha, alors que l'abondance à Nice des Thalassicolles et de Physematium Mülléri à Messine est vraiment extraordinaire.

B : Famille des Æcanthodesmida :

Les pêches ne m'ont donné qne des espèces se rapportant au genre Plagia cantha, Clap. Ce genre qui, avec le g. Æcanthometra, Mül., constituait la famille des Acanthométrines de Müller, est pour Hæckel le type de la famille des Æcanthodesmida, HKkl., dont les spicules sont irrégulièrement unis entre eux. Ce genre était jusqu'ici représenté par une seule espèce, P/agiacantha arachnoides, Clap., trouvé par Claparède et Lachmann dans la mer du Nord, espèce que j’ai recueillie non loin de Ratonneau le 29 juin et le $ juillet 1882. J'ai également trouvé deux nouvelles espèces dans le voisinage de cette île; j’en donne de courtes diagnoses :

Plagiacantha (a), — $ spicules épais, dont 4 sont trifurquées non loin de leur point de réunion et la cinquième est bifurquée avec un petit mamelon rudimentaire, indice d’une troisième branche. —

Plagiacantha (b), — Spicules larges, soudés entre eux dans la plus grande partie de leur étendue, rayonnants d’un point commun légèrement excentrique,

formant une sorte de lame dont la périphérie est festonnée, par suite de la longueur inégale des spicules. Toutes deux avaient perdu leur capsule centrale.

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