‹ Considérations sur la faune pélagique du golfe de MarseilleChapitre 30 sur 54 · C : Famille des Cyrrides · texte numérisé non relu

C : Famille des Cyrrides

19 Décembre 1881.— Ratonneau........ 1 Cyrtocalpis, nov. spec. (a). 13 Janvier 1882. » I » »

26 » » I » nov. spec. (b).

29 Juin. » D +. nov. spec. (c).

0» » » 2 » nov. spec. (d).

19 Octobre. » I » nov. spec. (a).

13 Novembre, — Vallon des Auffes.. 1 » obliqua, Hæœckel. Die Radiolarien, pl. V, fig. 3-11.

ÿ (15m » I » amphora, » pl. V, fig. 2.

24 » — Château-d’If..,..... I » nov. spec. (e).

Des nombreux genres que cette famille comprend, genres abondamment pourvus d’espèces très fréquentes à Messine, et recueillies également soit en Amérique par Bailey, soit dans l’Atlantique par Ehrenberp, le seul genre Cyréocalpis, HKkI., a été rencontré dans le golfe de Marseille, où il compte sept espèces dont cinq sont nouvelles et très rares. Je dirai un mot seulement du Cyrfocalpis, nov. spec. (d), car c’est le seul qui offre quelque intérêt.

Chez cette espèce, le squelette a la forme d’un AU dont le gros bout arrondi correspond au pôle apical et dont le petit bout est tronqué. Celui-ci correspond à la grosse ouverture antérieure. Les trous de la carapace se distinguent des trous des coques ordinaires de Cyrtocalpis, mais rappellent ceux d’Eucycrophalus Gegenbauri (Hæckel, die Radiolarien, pl. V, fig. 12). Les trous des trois quarts supérieurs de la carapace sont des polygones à six, cinq et parfois trois côtés, comme ceux d'Eucycrephalus Gegenbauri. Autour du pôle oral enfin, est une bande circulaire formée par des trous quadrilatères beaucoup plus volumineux que les précédents, rectangulaires, aunombre de six, rappelant les trouscircumoraux d’£. Gegenbauri. Mais cette espèce en diffère en ce que les trous se continuent à leur point de séparation en de petis piquants, constituant une sorte de couronne, qui entoure le pôle oral. D'ailleurs l’absence de piquants au pôle apical suffit à distinguer et à caractériser le Cyr/ocalpis (d), qui constitue en somme un Cyrtocalpis aberrant se rapprochant du genre Eucycrephalus.

D : Famille des Zcanthométrides :

29 Juin 1882. — Morgilet.......... 1 Amphibelone, nov. spec. (a). » » » I 0) nov. spec. (b).

ALES Une RE UE ".) 4, VO L :

= 92 — » Juin 1882. -— Morgilet......,.. , 1 Acanthometra echinoides, Claparède. Études sur les Inf. et les Rhizopodes, pl. XIII, fig. 1-5.

$ Juillet. » I » bulbosa, Hœckel. Die Radiolarier, pl. V, fig. 2, et pl. XIII, fig. 2.

» » » 1 Genre voisin du g. Litholophus.

3 1 OEtObIÉ ES APTAdO na 0 a 1 Amphilonchetenuis, Hæœckel. Die Radiolarien, pl. XVI

fig. 1 et pl. XVIII, fig. 16.

Acanthometra echinoides, Claparède (voir plus haut).

» » » I » nov. spec. (a).

» » » 1 » brevispina, Hœckel. Die Radiolarier, pl. XV, fig. $ et pl. XVIII. fig. 9.

» » » 1 Astrolithium, nov. spec. (a).

» » » 1 Acanthostaurus, nov. spec. (a).

4 Novembre. — Morgilet.......... 2 Amphilonche tenuis, Hœckel (voir plus haut).

» » » 1 Amphibelone belonoides;, Hæœckcl. Die Radiolarien, p\.

XVL, fig. 6 et pl. XVIII, fig. 21.

« « » 1 Astrolithium, nov. spec. (b).

» » » 1 Acanthostaurus, n. sp. (a).

13 » — Vallon des Auffes... 1 Æwphilonche, n. sp. (a)r

» » » 1 Astrolithium, n. sp. (c).

» » » 2 » n. sp. (d).

» » » I » n. sp. (e).

Si on compare la quantité d’Acanthométrides recueillies dans le golfe de Marseille à celle qu’on trouve communément à Messine, on constate une énorme différence. En tout temps, on peut, à Messine, capturer de nombreuses espèces appartenant à huit genres, telles que Æcanthometra elastica, fusca, pellucida, Xiphacantha serrata, Amphilonche tenuis, Amphibelone belonoides, etc., toutes espèces décrites par Hæœckel. La comparaison est donc loin d’être à l'avantage de Marseille, quoique de tous les Radiolaires, les Acanthomètres soient précisément ceux qui y sont le plus représentés.

E : Famille des Ornmatides :

Elle ne m'a fourni qu’une seule espèce, appartenant au genre Haliommatidium (29 juin 1882, Morgilet; deux individus). Cette espèce est nouvelle en même temps qu’aberrante, en ce sens qu’elle offre quelques caractères d’Aulacanthides. C’est à ce titre que j’en donne la description.

Les spicules sont des cylindres légèrement effilés à leur extrémité libre. Vers le tiers de leur longueur, ils présentent un renflement ou plutôt un épaississement de chaque côté duquel part une branche latérale. Ces branches ont une longueur et un diamètre très variables ; en aucun cas, elles ne se soudent aux ramifications

émises par les spicules voisins. Ces spicules, dont dix sont plus longs que les dix autres, se réunissent au centre de la capsule centrale. Outre l'appareil siliceux précédent, existe une coque treillissée, à mailles larges, quadrangulaires, garnies à leur surface de piquants plus ou moins aigus et de dimensions différentes.

Enfin, et ceci constitue une particularité spéciale à cette espèce, on remarque trois spicules siliceux dont deux cylindriques sont radiaires, tandis que le troisième, bifide à l’une de ses extrémités, est tangent à la capsule centrale.

En somme, cette espèce, par la présence d’une coque treillissée, tétragonale, pourvue à sa surface de petits piquants et constituant un squelette extracapsulaire continu, tient aux Polycistines; par ses spicules ramifiés, radiaires, à sutures incomplètes, elle appartient aux Ommatides ; enfin par ses spicules supplémentaires radiaires et tangents à la capsule centrale, elle rappelle les Aulacanthides.

En résumé, les points du golfe où les Radiolaires semblent se trouver le plus souvent sont les environs de l’île Ratonneau et en particulier les abords de la côte méridionale de cette île, c’est-à-dire celle qui regarde la haute mer. Le nombre des Radiolaires pélagiques est en outre excessivement réduit, puisque sur une trentaine de pêches faites dans l’année 1882 je n’ai pu recueillir que cinquante-sept individus, se rapportant à trente-trois espèces, onze genres et cinq familles. Cette pauvreté tient à ce fait sur lequel j'ai déjà insisté, à propos des pélagiques passifs à faciès larvaire, à savoir que les courants du large passent en dehors du golfe de Marseille. Leur présence aux environs de Ratonneau (Morgilet) est due à des causes toutes fortuites ; ce n’est en effet que lorsque ces courants sont brisés, que l'on peut en recueillir dans ce golfe.

2° Foraminifères. — En 1839, d'Orbigny le premier signale une espèce flottante de Foraminifères, la Nonionina pelagica, d'Orb., retrouvée par Wyville Thomson qui l’a figurée sous le nom de Hastigerina Murrayana (1). Quelques années plus tard, Macdonald (2), Wallich et surtout Owen (3) décrivent des Globigérines et des Pulvinulines pélagiques. Ce dernier naturaliste (/oc. cit. p. 148-157) donne la liste de dix espèces prises à la surface: G/obigerina bulloides, d'Orb., G. hirsuta, d'Orb., G. inflata, d'Orb., G. (orbulina) universa, d'Orb., G. continens, Owen, G. acerosa, Owen, Pulvinulina Menardii, d’Orb., P. cana-

riensis, d'Orb., P. micheliniana, d'Orb., P. crassa, d'Orb.

De ces dix espèces, il convient de retrancher, d’après H. Brady (4), comme ne se distinguant pas suffisamment de leurs congénères, la Globigerina hirsuta

(1) W. THomson. — Voyage of the Challenger expédition, vol. I, 1877, p. 292 et 294.

(2) Macrowazn. — Anal, and mag. of nat. hist., sér. 2, vol. XX, p. 266, pl. VII.

(3) Owen. — Ÿourn. Linn. Soc. London, 1867, vol. IX, pl. V.

(4) H. Brapy. — Notes on reticularia Rhixzopoda. Quart. Journ. Sc., vol. XIV, new series, p. 294.

d'Orb. et les G. (orbulina) acerosa et continens, Owen, qui, d’ailleurs, ont été aussi recueillies en abondance par le Challenger.

Les Foraminifères pélagiques capturés par W. Thomson et décrits par Briés.

(loc. cit.) sont au nombre de dix-huit, savoir :

1 Globigerina bulloides, d'Orb.

s] » inflata, d'Orb.

3 » rubra, d'Orb.

7H ESP ES sacculifera, Brady.

5 » conglobata, Brady.

6 » æquilateralis, Brady.

TÉL » (orbulina) universa, d'Orb.

8 Hastigerina pelagica, d'Orb., var. murrayana, W. Th. 9 Pullenia obliqueloculata, P. et Jones.

10 Sphæroidina dehiscens, P. et Jones.

11 Candeina nitida, d'Orb.

12 Pulvinulina Menardii, d'Orb.

3 » » var. lumida.

14 » canariensis, d'Orb.

15 » crassa, d'Orb.

16 » micheliniana, d’Orb.

17 Cymbalopora bulloides, d'Orb.

18 Chilostomella ovoidea, Reuss.

Certaines espèces, telles que Hastigerina pelagica et Cymbalopora bulloides, sont probablement des types exclusivement pélagiques. D’autres sont très rares

à la surface; tel est le cas de Candeina nitida, Chilostomella ovoidea et Pullenia obli-

queloculata.

Si on compare les Globigérines de la surface aux mêmes espèces prises par la la drague, on constate entre elles certaines différences, notamment l’absence de piquants chez les secondes ; chez les premières, au contraire, leur fréquence et de plus l’infériorité des dimensions des coquilles. Quant aux Orbulines pélagiques, elles sont toujours plus minces et plus délicates.

Un point intéressant, c’est que les Globigérines, qui de tous les Foraminifères comptent le plus de représentants pélagiques, n’ont jamais été constatées dans le voisinage des terres à l’état pélagique. Cette opinion, due à Brady, doit assurément être modifiée ; car, si certains Foraminifères sont pélagiques, ils doivent nécessairement, vu l’absence complète d'organes locomoteurs (les pseudopodes ne pouvant, à la surface, servir d'aucune manière à la progression), être sous

la dépendance exclusive des courants à l'exemple des Radiolaires pélagiques, et par suite être jetés à la côte comme ces derniers, en cas de tempête, ou y être transportés par les courants du largè, si ceux-ci arrivent jusqu’au continent (Naples, Nice, Messine). Cette dernière hypothèse sera certainement confirmée par l'observation; quant à la première, j’ai pu en reconnaître la justesse dans le golfe de Marseille.

J'ai, en effet, recueilli au filet flottant pendant l’année 1882 les espèces suivantes :

1° Globigerina bulloides.

2° » (orbulina) universa.

3° Pulvinulina Menardii, var. tumida.

4° Spirillina perforata.

5° Truncatulina variabilis.

6° Discorbina concamerata.

7° » embryonnaire.

8° Bolivina embryonnaire.

9° Miliola bicornis.

10° Gromia? ou Lagenys ?

La Globigerina bulloides, qui est la moins rare, a été rencontrée à quatre époques différentes, le 20 juillet, le 10 août, le 7 septembre et le 13 novembre, au vallon des Auffes, à Pomègue et au large de Carry. — J'ai trouvé la Discorbina concamerata le 10 août à Pomègue et le 31 au vallon des Auffes. — Toutes les autres espèces ont été recueillies, chacune une seule fois, depuis le $ juillet jusqu’au mois de novembre.

L'existence de Foraminifères pélagiques dans le voisinage des terres me paraît donc certaine, maïs il ne faut pas oublier que leur présence dans le golfe de Marseille est anormale.

Il convient enfin de remarquer la présence à la surface de deux formes embryonnaires appartenant aux genres Bolivina, Brady, et Discorbina, d'Orb., dont les coquilles sont très minces et très délicates, et il est fort probable que les diverses espèces de Foraminifères flottent dans leur jeune âge, alors que le poids spécifique de la coquille est inférieur à celui de l’eau.

Je laisserai de côté les adaptations de Radiolaires et de Foraminifères soit aux eaux saumâtres, soit aux eaux douces, ainsi que l'adaptation de ces Protistes aux grands fonds, cette dernière adaptation renfermant sans aucun doute certaines espèces primitivement pélagiques, ce qui est indiqué surabondamment par les diverses espèces qui actuellement peuvent être à la fois à la surface ou dans les

grands fonds.

3° Santhinides. — Les Janthinides (g. Fanthina, Bolten, et g. Recluzia, Petit) se trouvent en grande quantité dans la haute mer, tant dans la Méditerranée que dans l'Océan Atlantique etla mer des Ihdes, et doivent être placées parmi les Pélagiques passifs aberrants. En effet, si ces Prosobranches flottent, ce n’est pas qu'ils soient des persistances larvaires ou des formes adultes adaptées à la vie pélagique, dont ils auraient subi l'influence ; ils sont pélagiques, sans présenter les caractères propres à ce milieu, grâce à un mucus particulier (1) qui, englobant des bulles d’air, constitue de petites vésicules aériennes, dont l’ensemble forme un flotteur puissant, à l’aide duquel l’animal surnage.

(1) À. Apams, ox the Animal and float of Fanthina, Ann. and. Mag. Nat. hist. ser. 3 vol. X, 1862

— H. de Lacaze-Duthiers, comment les Tanthines font leur flotteur, Ann, des Sc. Nat. tom. IV, MC MC UTE

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