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ORGANES DES SENS

Les organes des sens, ou organes décrits commé tels chez les Chœtognathes, sont les suivants :

1° Proéminences tactiles ; 2° Couronne ciliée;

3° Follicules vestibulaires; 4° Fossette postcérébrale ; 5° Fossette vestibulaire ; 6°

Yeux.

Je vais donc examiner si ces organes se retrouvent tous dans la Spadella Marion: et en quoi ceux qui existent diffèrent des mêmes organes des autres Chœtognathes.

I. Proéminences tactiles (pl. V, fig. 3 et 6). — Gegenbaur et Keferstein, plus récemment Langerhans et O. Hertwig, ont fait connaître en détail la distribution et la structure de ces organes. B. Grassi enfin a également fait sur ce sujet d’excellentes recherches qu’on peut résumer ainsi : innervées par le plexus nerveux périphérique, les proéminences tactiles affectent une distribution bilatérale parfaite ; elles sont munies sur leur bord libre de poils, sous lesquelsse trouvent des bâtonnets reposant sur des cellules. Celles-ci, qu’on peut distinguer en centrales, intermédiaires et périphériques, reposent à leur tour sur l’épiderme dont la structure ne change pas en ce point. À la base des cellules aboutit un nerf émané du plexus nerveux périphérique.

Si on se reporte aux figures 3 et 6 de la pl. V, on voit immédiatement que les proéminences tactiles dans la Spadella Marioni sont bien différentes et ont une structure qui s'éloigne, par bien des points, de celle que Grassi a décrite chez la plupart des Chætognathes.

D'abord, les bâtonnets font toujours défaut. Le développement de ces derniers, lorsqu'ils existent comme dans la Spadella hexaptera (Grassi, loc. cit., pl. 8, fig. 12), ne permet aucun doute à ce sujet. Les poils sont donc immédiatement en rapport avec les cellules tactiles elles-mêmes. Leur longueur, qui est toujours très grande, se réduit beaucoup dans la Spadella Marioni et ne dépasse pas celle des cellules qui les portent. Les cellules tactiles ne reposent pas en outre sur l’épiderme; ce sont de véritables cellules épidermiques, placées sur le même plan que les cellules ordinaires, c’est-à-dire dépourvues de poils. La forme est identique à celle de ces dernières. Le nucléus est en général central, légèrement rapproché de la base. La seule différence qu'il soit possible d’établir entre les cellules tactiles et les cellules épidermiques proprement dites, consiste dans ce fait que, outre le poil immobile et rigide qui occupe le bord libre de celles-là, ces cellules présentent à leur base un prolongement qui fait toujours défaut à celles-ci. Ce prolongement très fin se dirige entre les fibres musculaires, perpendiculairement à leur direction, se renfle vers le milieu de sa longueur de manière à former un renflement fusiforme qui, à son pôle inférieur, se prolonge à son tour en un fin filament. Ce filament vient se terminer dans un petit tronc nerveux placé sous la musculature, entre cette dernière et la cavité générale, Le renflement ne m’a jamais montré trace de noyau et son contenu est toujours parfaitement homogène. L’innervation des cellules tactiles chez la Spadella Marioni dépend donc du plexus sous-musculaire, dont l'existence est incontestable; car, on suit facilement le prolongement basilaire de la cellule tactile jusqu’à son contact avec un ramuscule nerveux sous-musculaire qu'il serait assez difficile de distinguer, si ce n’était le prolongement en question.

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