‹ Considérations sur la France (volume 4)Chapitre 14 sur 26 · I .H ii l ' J · texte numérisé non relu

I .H ii l ' J

§ I*' — ' ConskUratiws générales*

C'est un sophisme très«ordinaire à cette ëpo** que^ d'insister sur les dangers d'une contrerévolution, pour établir qu il ne Faut pas en revenir à la monarchie.

Un grand nombre d'ouvrages destinés à per« suader aux Français de sfen tenir à la république^ ne sont qu'un développement de cette idée. Les auteurs de ces ouvrages appuient sur les maux inséparables des révolutions : puis, observant que la monarchie ne peut se rétablir en France sans une nouvelle révolution « ils en concluent qu^il faut maintenir la repu*blique.

Ce prodigieux sophisme , soit qu'il tire sa

l/l4 CONSIDERATIONS

source de la peur ou de Ten vie de tromper , mërite d'élre soigneusement discutée

Les mots engendrent presque toutes les erreurs. On s*est accoutumé à donner le nom de conlre^révolution au mouvement quelconque qui doit tuer la révolution ; et parce que ce mouvement sera contraire à Tautre, il faudrait conclure tout le contraire.

Se persuaderait-on y par hasard, que le retour de la maladie à la santé est aussi pénible que le passage de la santé à la maladie? et que la monarchie, renversée par des monstres, doit être rétablie par leurs semblables? Ah! que ceux qui emploient ce sophisme lui rendent bien justice dans le fond de leur cœur ! Ils savent assez que les amis de la religion et de la monarchie ne sont capables d'aucun des excès dont leurs ennemis se sont souillés; ils savent assez qu'en mettant tout au pis, et en. tenant compte de toutes les faiblesses de l'humanité, le parti opprimé renferme mille fois plus de vertus que celui des oppresseurs ! Us savent assez que le premier ne sait ni se défendre ni se venger : souvent même ils se sont moqués de lui assez haut sur ce sujet.

Pour faire la révolution française, il a fallu renverser la religion , outrager la morale, violer toutes les propriétés, et commettre tous les crimes : pour cette œuvre diabolique > il a fallu

SUR LA. FRANCE. ' î^5

employer un tel nombre d'hommes vicieux, que jamais peut^-etre autant de vices n'ont agi ensemble pour opérer un mal quelconque. Au contraire y pour rétablir Tordre , le roi convo^ quera toutes les vertus : il le voudra, sans doute ; mais , par la nature même des choses , il y sera forcé. Son intérêt le plus pressant sera d'allier la justice à la miséricorde; les hommes estimables viendront d^eux- mêmes se placer aux ppstes où ils peuvent être utiles; et la religion , prêtant son sceptre à la politique , lui donnera les forces qu'elle ne peut tenir que de cette sœur auguste.

Je ne doute pas qu'une foule d'hommes ne demandent qu'on leur montre le fondement de ces magnifiques espérances ; mais croit - on donc que le monde politique marche au hasard^ et qu'il ne soit pas organisé , dirigé , animé par cette même sagesse qui brille dans le monde physique? Les mains coupables qui renversent un état opèrent nécessairement des déchirements douloureux; car nul agent libre ne peut contrarier les plans du Créateur , sans attirer , dans la sphère de son activité y des maux proportionnés à la grandeur de l'attentat ; et cette loi appartient plus à la bonté du grand Etre qu'à sa justice.

Mais, lorsque Phomme travaille pour rétablir l'ordre, il s'associe avec l'auteur de l'ordre, il

c. F, lO

l46 CONSIDÉRATIOîrS

est favorisé par la nature^ c'e^-à-dirc, par Tcnsemble des choses secotidesy qui sont les itii-* distres de la Divinité. Son actioù a c[tielqtre choàe de divib ; elle est tout à la fois douôe ^t itnpérieiisë} elle ne force rietl, et rien tiéfldi vhsisté : en disposant, elle l*asâaiuît : à me^i^ qu'elle opère 9 on voit cesser Cette intpilétude^ cette agitation pénible , qtii est réifet et le signe du désordre : comme, ^us la ntiain du cfairurgieu habile/ le corps àilimal luxé est averti du replacement par la cessation de la douleur.

Français, «d'est au bruit des chants infernaux/ des blasphèmes de l'athéisme , des cris dé mort^ et dé longs gémissements de Pinnôôencé égorgée, c'est à la lueur des incetidtes ^ sur les dé-^ bris du trôné et des autels,- arrosés par le sang: du meilleur des rois et par celui d'une foub innotnbrajble d'autres victimes ; c'est au mépris' des Yhéeur^ et de la foi publique, c'est au milieu de totis les forfaits , que vôS Séductéurà et vos; tyrâtiâ ont fondé ce qu'ils appellent votre U^

berti.

C'est au iioin du Dieu ïnts-GitAirD Et !rl»is-

BOir^ à la éUite des homines qu'il aime et qu'il

inspire^ et sous l'influence de son pouvoir Créa*

teut, que vous reviendrez à votre ancienne

constitution, et qu'un roi vous donnera la

seule chode que vous deviez, désirer sagement,

la liberté par le monarque.

SITR LA FRAWCïr» ti^J

Par quel déplopable avcfuglemcDt voii^ <)bslio^^vQus à lutter péniblement coDtire cette pqis^pee qui annula tous vos effprt^ pmi» ^qç invertir ^e ^a présence ? Yqqs n'eteei inipmfç^nt^ que parce que ypus ayezrqsevQ^s «^p^r^f d^)tev et aiêne la coiitr^rier : 4u Hipme^VQU^ODB agirez 4d poacert ^vec elfe^ yom por^ioiperesE ^n quelque ipanière à 9^ natqfe ; t<râsi les obstacles 3'^iplaniront devapt; you^^ et vous rîrevdes cniiqte$ puériles qui yo^g ^git^nt aujourd'hui. Toutes le» pièqes de I4 mnxibii^e politique ayant ype bepdaqpe iiaturelle vers la plaice qui leur est asaiguée, cette tendiincc}, qui est divine , favorisera tous les efibrfs du rm; et Tordre ét^pt r^lément naturel d« rhopwet vpus y trouverez le bonb^wr que vw^ cherid)e£ vaine^ Pieqt dans le désordre. I^ révolution vous à fait $opHrir , p^ro^ qu'elle f^t l'ouvrage de tous les vioesy et que les vices sont très^jn^tement les bourreiip:!^ de rbomme. Par la raison con-« traire, le ret<Hir à la monarchie , lojn de pro^ duire le^ ipaui; que vous araignée pour Tayentr, fera cesser ç^vin qui vop$ copsuHient aiijôuv'^ d'bMJ} toMs yp$ elïorts fieront positifs; vous né détruire^ qui^ la 4e$truetion»

Détroippez^vous Pne fois de ces deetrinejs désolantes y qui ont déshonoré notre siècle et perdu la France. Déjà vous avez appris à eonPâi tre les prédicateurs de ces dogmes funestes ;

mais rimpression qu'ils ont faite sur vous n^esi pas eflacëe. Dans tous vos plans de création et de restaumtion , vous n'oubliez que Dieu ; ils vous ont séparés de lui : ce n'est plusque par un effort de raisonnement que vous élevez vos pensées jusqu'à la source intarissable de tout existence. Vous ne voulez voir que l'homme ; son action si faible ^ si dépendante , si circonscrite ; sa volonté si corrompue, si flottante : et l'existence d'une cause supérieure n'est pour vous qu'une théorie. Cependant elle vous presse^ elle vous environne : vous la touchez, et l'uni* vers entier l'annonce. Quand on vous dit que sans elle vous ne serez forts que pour détruire, ce n'est point une vaine théorie qu'on vous débite, c'est une vépité-pratique fondée sur l'expérience de tous les siècles, et sur la connaissance de la nature humaine. Ouvrez l'histoire, vous ne verrez pas une création politique ; que dis-je ! vous ne verrez pas une institution quelconque, pour peu qu'elle ait de force el de durée, qui ne .repose sur une idée divine; de quelque na-* ture qu'elle soit, n'importe : car il n'est point de systèmereligieux entièrement faux. Né nous parlez donc plus des difficultés et des malheurs qui vous alarment sur les suites de ce que vous appelez contre^réçohuîon. Tous les malheurs que vous avez éprouvés viennent de vous ; pourquoi n'auriez-vous pas été blessés par les

SUR LA FRANCE. l/^Q

ruines de Fédifice que vous avez renversé sur vous-mêmes? La recoustruction est un autre ordre de choises; rentrez seulement dans la voie qui peut vous y conduire. Ce n'est pas par le ôhemin du néant que vous arriverez à la création.

Oh ! qu% sont coupables ces écrivains trompeurs ou pusillanimes, qui se permettent d'effrayer le peuple de ce vain épouvantail qu'on appelle contre^révobition I qui; tout en convenant que la révolution fut un fléau épouvanta* ble^ soutiennent cependant qu'il est impossible de revenir en arrière. Ne dirait-on pas que les maux de la révolution sont terminés^ et que les Français sont arrivés au port ? Le r^ne de Robespierre a tellement écrasé ce peuple , a tellement frappé son imagination y qu'il tient pour supportable et presque pour heureux tout état de choses où Ton n'égorge pas sans interruption. Durant la ferveur du terrorisme, les étrangers remarquaient que toutes les lettres de France qui racontaient les scènes affreuses de cette cruelle époque, finissaient par ces mots : Jl présent on est tranquille, c'est-à-dire les bourreaux se reposent ; ils reprennent des Jbr^ ces ; en attendant tout va bien. Ce sentiment a survécu au régime infernal qui l'a produit. Le Français pétrifié par la terreur, et découragé par les erreurs de la politique étrangère, s'est

|50^ eONSII>£R AXIONS

i-enferiné dans un égoïsme qui i^ lui permeè plus de voir que lui-même , et le lieu et le mo-ment où il existe : on assassine en cent endroits de la France ; n'importe ^ car ce n'est pas lui qu^on a pillé ou massacré : si c'est dans sa rue^ à côté de chez lui qu'on ait commis quek^u'un de ces attentats ; qu'importe encore ? Le moment ^est passé; mcdntenant tout est tranqiuUe : il doublera ses vtrrovtx, et li'y ipesserà plus : en un mot^ touC Fraot^îs est suffisammeiaft faeu^ reux le jour où ^n ne le tue pas. * . Cependant Its lois sc^nt sans TÎguear ^ le gou*^ vernement reconnaît son impuissance pour les faire exécuter; les crimes les phis idiomes «e >iiultipli^>t de toutes parts ; le démon :révo-« lutionnaire i^elève fièreiûent la feéle ; la ^coosti*^ tution n'est qu une toije d'araignée, et le |)oavoir se permet d^orribka<Utentats. Le mariqge n'est qu'une prostitution l^alè ; il n'y a plus d'arutorîté paternelle^ plus d'dFroi pour le crime, plus d'asile pour Hioidigeiice. Le hidôli^ suicide dié^nonoeâu goùveriretnent lé désespoir des malheureux qui l'accilisent. Le peuple se dé« mbrsdise de la manière sla pkis efira^nte^ èl l'abolition da ^cuke^ jointe à l'aibsence totale d'éducacioa fiubliqisé , prépaVè à la FVan«3e tme génération doûtTidéeseiïIe Tait rrissonner.

Lâches optimistes ! vo3à donc Fordrede^Ao- &es que vous craignez de voir chafnger! Sortez,

SUR LA FRANCE. l5l

..sorjLez de votre mall^e.ureuse léthaigie ! au lieu de montrer ail peujple le$ maux imaginaires qui (ioivept r.ésujler 4'un changement, employez VOS talents à lui faire désirer ja comniQtion douce et :r$^s^9ii?is.$aate.^ gui ramènera le roi sur son trône., et Tordre dans la France.

Mopltrez-nous , homp^^s trop préoccupés, mon|i:e^-OQUs ,ces ipaux si terribles , dont on yovi^BpiejQace pour voq^ dégpAi.ejrde la.monsirchîe ; jQe voye^-vo^pas (juç yo$ Ipstitu.tions républicaines n'ont poipt de racine^, ^çtqu*eUes ne sont que posées sur votre ^ol^ siu ^ieuque les précédentes y éiaxemi plantées. Il a faUu la hache pour renverser celles-ci: les autres cederont à un souflOie et ne laisseront point de traces. Ce u^est pas tout à fait la même cl^ose, san^ doute ;i d'ôter à un presidei>t à mortier sa dignité héréditaire qui était tline prqp^iété, qu 4e/airp descendre de son 3iégç yP juge tqp^praii^e,<jMi n^a vpoint de dignité. La réyolutiona {beaucoup fait souffrir, parc,e qu'elle a beaucoiji|> détruit ; p^rce quelle a violé bru$quement et durement toutes les propriétés, tous le? préjugés et toutes leç coutumes ; parce çjqe tç^^e tyrami^eplébéi^une étant, de sanati^re^ fp^i- .g.upqse, insuUaPte impitoyablp, pelle .ç[ui a opéré la révolution française^ d^û povf sser ce caractère. à l'excès,, l'univers n^ayaut Jamais ,vu de tyrannie plus basse et plus absolue.

l5a COirSIDÈBATlONS

L'opinion est la fibre sensible de rhomme :

on lui fait pousser les hauts oris quand on le blesse dans cet endroit ; c'est ce qui a rendu la révolution si douloureuse, parce qu'elle a foulé aux pieds toutes les grandeurs d'opinion. Qr, quand le rétablissement de la monarchie causerait à un aussi grand nombre dliommes les mêmes privations réelles , il y aurait toujours une différence immense, en ce qu'elle ne détruirait aucune dignité; car il n'^y a point de dignité en France ^ par la raison qu il n^ a point de souveraineté*

Mais» à ne considérer même que les priva* tions physiques 9 la différence ne serait pas moins frappante. La puissance usurpatrice immolait les innocents ; le roi pardonnera aux coupables : l'une abolissait les propriétés légi-« times ; l'autre réfléchira sur les propriétés illégitimes. L'une a pris pour devise : Diruitj œdificat , mutât quadrata rotundis. Après sept ans d'efforts elle n'a pu encore organiser une école primaire ou une fête diampêtre : il n'est pas jusqu^à ses partisans qui ne se moquent de se& lois , de ses emplois , de ses institutions , de ses fêtes, et même de ses habits : Tautre^ bâtissant sur une base vraie, ne tâtonnera point : une force inconnue présidera à ses actes ; il n'agira que pour restaurer : or, toute action régulière ne tourmente que le mal.

SUR LA FR Aires. l53

Cest encore une grande erreur d'imaginer que le peujrfe ait quelque chose à perdre au ré* tablissemebt de la monarchie ; car le peuple n'a gagné qu'en idée au bouleversement gé^ néral : // a droit à . toutes les places , dit-on ; qu'importe ? Il s'agit de savoir ce qu'elles valent. Ces places, dont on fait tant de bruit et qu'on offre au peuple comme une grande conquête > ne sont rien dans le fait au tribunal de l'opinion; l'état militaire même, honorable en France pardessus tous les autres, a perdu son éclat : il n'a plus de grandeur d'opinion, et la paix Ta-* baissera encore. On menace les militaires du rétablissement de la monarchie, et personne n'y a plus d'intérêt qu'eux. H n^y a rien de si évident que la nécessité où sera le roi de les maintenir à leur poste; et il dépendra d'eux, pins tôt ou plus tard, de changer cette né^ cessité de politique en nécessité d'affection , de devoir et de reconnaissance. Par une combinaison extraordinaire de circonstances, il n'y a rien dans eux qui puisse choquer l'opinion la plus royaliste. Personne n'a droit de les mépriser, pnisquMls ne combattent que pour la France : il n'y a entre eux et le roi aucune barrière de préjugés capable de gêner ses devoirs : il est Français avant tout. Qu'ils se souviennent de Jacques II , durant le combat de la Hogue^ applaudissant, du bord de la mer, à b

i54 CO£iSlD£RATIO£Î.S

valeur de ces Anglais qui achevaient 4e le deirôner : pourraleat-ils douter que h roi. ue soit fier de leur valeur, et i)e les re;garde dans f^qn cœurcouunelesdéifen^eurs d^ l'iat^rité de son royaume ?MVt^ p^ ^applaudi publiquemei)^ à c0H^.yaI^ur, en r^*ettant'( il le fallait bien ) qu'elle m » déployai pas pour une indUeure came? Jifst^il pas fiéliçité les braves .de l'arixiéç deXknidë (Siufoir vaincu de$ haines qua C^artîfifiç Je plus pwfoxid tr^^Uait.depjm M iongtfmp^ à nourrir (i)? Les militaii:e3. fran^çais,^ après leurs victoires, n'ont plus qu'up l>esoin : c'e$^ que la sou veiataeté légitime viexmei Légitimer Jeur caractère; maintenant on les craint ^ »ojpL les méprise,. La plus profapd^ insoiuciai:ic.e ,e^ le piÂx de leurs travaux # et JLeurs concitoyens sont les bommçs de l'univers les plus iadîfférentsaux triompbe9derarmée,:Âls yont souyôat jus(|u*ii id^tester ces. victoires j^ n^etuçri^sejqt . l'humeur |;uerrière de wrs jsdaitres. Le irétl^blissementdelai^onarcbie doxinerasubJitemi/gQt ,aux militaires une haute place dans r.cjpipipa; les talents rçcueillçrip^t snr leur rp^Ue .une dignité réelle, .une illustration toujoprs proi^- . santé, qui. sera .la. propriété des gv^eriiei^s, et (ju'ils transmettront à leurs enfants ^.celJt^

(1) Lettre du roi aa prinee de -Gohdc, da 5 janvier 'l^d7, îm- > priméer 4aa8 tous h» papiers pi|i)Mc8.

SUR LA FRAirCE- iS5>

gloire pùrèy cet édat «ranquiUe, vaudront bien les ifueâKioDs^ booorablesy ^et rostrdCtsoie de PouUi qui a suîecédé k l'échafiauid.

Si Fan en^^isage la questioD sous un (ïiaMil de TUie {iluâ génëral^ on troutèra que la tiionarchie^est, sans codtrédity ie gouvernement qui donne le plus de distinction à un plus gtànd nombre de peiBoones. Lasouva^kietëy dans celte lespèce de gouveroeeient , possèdie assez tl'éclat ipour en commutiiquer une partie, avec îles jgiradàtiofiis néeesâainesy k one foule d'agedts qu'^edtstîngiré plus ou moins. Dans la république^ la sdirverai&eté«l%sti>oifit pal-^ paUé comme dans la /monarefaie^ ^'est un être piireioieQt metral, et sa grandeur est incommu*^ nicable ? aussi les eaaploistieâontiieii dans les républiques bôrs de la ville où i^ésidè ie gou«vernement ; et ils ne sont ridn encore qu'en tant qu'ils sont occupés par des membres du gaûVeraemeift ; alors c'est Thommeiqui honore l'emploi, 'ce n'est point remj^loi qui bonore l'homnae s cehuHci ne brille point eomme^g^e/z/, mais comme portion àxx souverain^

'On peut voir dans les provinces «qui ob^ssent à des républiques, que les emplois ;(^si>l*oii excepte ceux qui sont réservés aux membres du souverain ) élèvent très-peu les hommes aux yeux de leiws semblables .^ et ne signifient presque rien dans l'opinion ; car la république^par

l56 CONSIDÉRATIONS

sa nature^ est le gouvemement qui donne le plus de droits au plus petit nombre d'hommes qu'on appelle le solweraîn y el c^\ en ôte le plus à tous les autres qu'on appelle les sujets.

Plus la republique approchera de la démocratie pure^ et plus Tobservation sera frap* pante.

Qu'on se rappelle cette foule innombrable d'emplois ( en faisant même abstraction de toutes les places abusives ) que l'ancien gouvernement de France présentait à l'ambition universelle. Le clergé séculier et régulier, répée 9 la robe, les finances, l'administration, etc., que de portes ouvertes à tous les talents et à tous les genres d'ambition ! Quelles gradations incalculables de distinctions personnelles! De ce nombre infini de places, aucune n^était mise par le droit au-dessus des prétentions du simple citoyen (i) : il y en avait même une quantité énorme qui étaient des propriétés précieuses^ qui faisaient réellement du propriétaire un notable j et qui n'appartenaient exclusivement qu'au tiers-état.

Que les premières places fussent de plus dif* ficile abord au simple citoyen, c'était une chose

(1) La fameuse loi qui excluait le tiers-état da service militaire « ne pouvait 1* ire ciécutée; c'était simplement une gaucherie ministé* rlelle , dont la pasgion a parlé comme d'une loi foodamenlale«

SUR I.A FRANCE. l57

Irès-raisonnable. Il y a trop de mouvement dans l'état y et pas assez de subordination , lorsque tous peuvent prétendre à ^oe//. L'ordre exige qu'en général les emplois soient gradués comme l'état des citoyens, et que les talents, et quelquefois même la simple protection, abaissent les barrières qui séparent les différentes classes. De cette manière, il y a émulation sans humi^ liation*, et mouvement sans destruction ; la distinction attachée à un emploi n'est même produite, comme le mot le dit, que par la difficulté plus ou moins grande d'y parvenir.

Si l'on objecte que ces distinctions sont mauvaises, on change l'état de la question; mais je dis ; Si vos emplois n'élèvent point ceux qui les possèdent, ne vous vantez pas de les donner à* tout le monde; car vous ne donnerez rien. Si, au contraire, les emplois sont et doivent être des distinctions, je répète ce qu'aucun homme de bonne foi ne pourra me nier, que la monarchie est le gouvernement qui, par les seules charges , et indépendamment de la noblesse , distingue un plus grand nombre d'hom* mes du reste de leurs concitoyens.

Il ne faut pas être la dupe^ d'ailleurs, de cette égalité idéale qui n'est que dans, les mots. Le soldat qui a le privilège de parler à son officier avec un ton grossièrement familier , n'est pas pour cela son égal» L'aristocratie des places,

î56 COirS I DÉR ATIOlfS

ffo'ofi «e poiiTaît apercevoir tf abord dans le bouleyersement général, jooifnneDce à se for* Hier ; ta fioblesse même reprend son îndej^tpuc^ lîbk< inâuenee. Les troupies de terre et de mer sont déjà commandées eppartiepar des gentîlshooiiûes, ou par des élèves que FandeD régime avait ennoblis eu les agrégeaqt à ui» profession noble, La république a naéme obtenu par eusL ses plus grands suecès. Si la délicatesse, peutêtre malheureuse , de la noblesse française ne Tavait pas écartée de la Franee, elle commanderait déjà partout ; et oVsl une chose assez commune d'y entendre dire : Que sibi noblesse €Miii veuluy on lui aurait donné iou^ tes emphis. Certes, au mom^it ou j'écris (4 janvier ^797)^ république voudrait bien avoir sur ses vaisseaux les nobles qu^elle a fait massacrer à Quiberon.

Le peuple, ou la masse des citoyens; n'in donc rien à perdre; et, au contraire, il a tout à gagner an rétablissement de là monarchie, qui ramènera une foule de distinctions réelles, lucratives et même héréditaires, à la place des emplois passagers et sans cfignité que donne la république.

Je n'ai point insisté sur les émoluments attachés aux- placer, puisqu'il est notoire que la république ne piaye point ou paye mal.Elle n'a produit que dés fortunes scandaleuses : le vice seul s'est enrichi à son service.

SUR LA FRANCE. l5g

Je tèriranerai cet artrcle par des observatioiis-qui prcmyent clairement ( eemé semble) (jue le dâDger iju'oiï voit danà-Ia coBtre-rëvo* lutioD^ se trouve précisément dans le retard de cegimd thangemen^.

La (amtHe dés Bourboûs ûe petiti^reatteinte par lestîhefs de la république : elle existe ; ses droits sont visibles , et son silence parle plus haut, peut-être 9 t{ue fous les manifestes possibles. - . : > ^

Cest une vérité qui saute au^ yeux, que là république française , même depuis qu'elle semble avoir adoucisses maximes, ne peut avoir de véritables alliés. Par sa nature ^ elle est ennemie de tous les gouvernements t elle tend à les détruire tous ^ en -sorte que txnts ont un intérêt à la détruire. La 'politique peut san^ doute donner des allies à la république ^k) ; mais ces alliances sont contre nature , oir^ ii Ton veut, la France a des alités, mais £2 tépu^ biifuèfrançnisetî^eniL^iM.

Amis'et ennemis s^aceorderonttoujours pour donner tun roi à la France. On cite souvent le

(t) Sàbmu , et htme vettlam petimmffiê émimsqitê tkkHm « - * Anl non ut plaeidis eoeant immitia . non nt i

Serpentes avibus gendnentur , tigribusagnû

C'est ce que certains cabinets peuTent dire de mieux à l'Earope qui (S interroge.

i6o CONSIDERATIONS

succès de la révolution anglaise dans le dernier siècle; mais quelle différence ! La monarchie n'était pas renversée en Angleterre. Le monarque seul avait disparu pour faire place à un autre. Le sang même des Stuarts était sur le trône; et c'était de lui que le nouveau roi tenait son droit. Ce roi était de sou chef un prince fort de toute la puissance de sa maison et de ses relations de famille. Le gouvernement d'Angleterre n'avait d^ailleurs rien de dangereux pour les autres, c'était une monarchie comme avant la révolution : cependant , il s'en fallut de bien peu que Jacques II ne retint le sceptre; et s'il avait eu un peu plus de bonheur ou seulement un peu plus d'adresse^ il ne lui aurait point échappé; et quoique F Angleterre eût un roi, quoique les préjugés religieux se réunb^ sent aux préjugés politiques pour exclure le prétendant , quoique la situation seule de ce royaume le défendit contre une invasion; néanmoins, jusqu'au milieu decesiècle^le dan« ger d'une seconde révolution a pesé sur l'Angleterre. Tout a tenu , comme on sait, à la bataille de Culloden.

En France, au contraire , le gouvernement n'est pas monarchique; il est même Tennemi de toutes les monarchies environnantes; ce n'est point un prince qui commande; et si jamais l'état est attaqué;, il n'y a pas d^apparence

SUR hk FRA.NGE. iGl

que les parents étrangers des peûtarques lèvent des troupes pour les défendre. La France sera donc dans un danger habituel de guerre cmle:

et ce danger aura deux causes constantes ; cai die aura sans cesse à redouter les justes droits des Bourbons , ou la politique astucieuse des autres puissances qui pourraient essayer de mettre à profit les circonstances. Tant que le trône de France sera occupé par le souverain légitime» nul prince dans Funivers ne peut songer à s'en emparer; mais, tant qu'il est vacant, toutes lés ambitions royales peuvent le convoiter et se heurter. D'ailleurs, le pouvoir est à la portée de tout le monde , depuis qu'il est placé dans la poussière. Le gouvernement régulier exclut une infinité de projets; mais, sous l'empire d'une souveraineté fausse» il n'y a point de projets chimériques ; toutes'les passions sont déchat. nées, et toutes ont des espérances fondées. Les poltrons qui repoussent le roi, de peur de la guerre civile, en préparent justement les maté* riaux. Cest parce qu'ils veulent follement le repos et la constitution, qu'ils n'auront ni le repos ni la constitution. Il n'y a point de sécurité parfaite pour la France dans l'état où elle est. Le roi seul, et le roi légitime, en élevant du haut de son trône le sceptrcde Charlemagne,peu t éteindre ou désarmer toutes les haines, tromper tous les projets sinistres, classer les ambitions

1 Go, CONSIDÉR ATIOICS

en classant les hommes, calmerles espritsagités, et crëer subitement autour du pouyohr celte enceinte magique qui en est ta véritablegardioine. II est encore une réflexion qui doit être sans cesse derant les yeux des Français qui font portion des autorités actuelle», et que leur position met à m^e d^nfluer sur le rétablisse*méht de la monarchie. Les plus estimables de ces hommes ne doivent point oublier qu'ils se^ ront entraînés, plus tôt ou phts tard, par la force dés choses; que le <emps fuit, et que la gloire leur échappe. Celte dont ils' peuvent jouir est une gloire de comparaison : ils o&t fàik oesser lés massacres; ils ont tâché de sécher les larmes de la dation : ihi briilent^ parce qu'ils ont. succédé aux plus grands $çélérats qui aient souillé ce globe; mais lorsque cent causes réuDâes au* ront relevé le trèoe, V amnistie j dans k. force du terme , sera pour eux ; et leurs noms , à jamais obscurs^ demeureront ensevelis dans Tonbli. Qu'ils ne perdent donc jamais de vue l'auréole immortelle qui doit environner les noms des restaurateurs de la Bfionarchie. Toute insurrection du peuple contre les nobles n'aboutissant jamais qu^à une création dé nouveaux nobles, on voit déjà comment se formeront ces nouvelles races, dont les circonstances hâieront nUustration , et qui, Aès leur berceau , pour« ronl prétendre à tout.

' SUR LA FRilNCE> i63

^ § H. ^— Des Bimff nationaux»

On effraye ks Ffançais de la restitution des. biens nationaux ; on accuse le roi de n'avoir osé toucher, dans sa déclaration , à cet article délicat. On pourrait dire à une très-grande partie de la nation r Que vous importe ? et ce ne serait peut*>étre pas tant mal répondre. Mais pour n^avoir pa^ l'air d'éviter les difficultés, il raut mieux observer que Tintérét visible de la France, en général^ à Tégard des biens nationaux, et même f intérêt bien entendu des acquéreurs de ces btens, en particulier, s^accordeavec le rétablissement de la monarchie.

Le brigandage exercé à l'yard de ces biens frappe la conscience la plus Insensibb. Per- 6on(i0 croit à la l^itimîié de ces acquisitions ; et celui même qui déclame lè plud éloquem-ment sur ce siget, dans le sens de la législation actuelle, s'empresse de revendre pour assurer son gain. On n'ose pas jouir plèinemetit ; et plus les esprits se refroidiront , moins on osera dépenser sur ces fonds. Les bâtiments dépâriront, et l'on n'osera de longtemps en élever de nouveaux : les avance^ seront faibles; le ca« pital de la France dépérira considérablement. H y a déjà beaucoup de mal dans ce genre , et eeux qiti ont pu réfléchir sur les abus de» ^^-

i64 coirsiDB&ATioirs

creiSf doivent comprendre ce que c^est qu'un décret jetë sur le tiers , peut-être ^ du plus puissant royaume de FEurope.

^ Très-souventy dans le sein du corps législatif, on a trace des tableaux frappants de Tétat déplorable de ces biens. Le mal ira toujours en augmentant , jusqu'à ce que la conscience publique n'ait plus de doute sur la solidité de ces acquisitions; mais quel œil peut apercevoir cette époque?

k ne considérer que les possesseurs, le premier danger pour eux vient du gouvernement.

Qu^on ne s'y trompe pas, il ne lui est point égal de prendre ici ou là:lej)lus injuste qu'on puisse imaginer, ne demandera pas mieux que de remplir ses coffres en se faisant le moins d'ennemis possible. Or, on sait à quelles conditions les acheteurs ont acquis; on sait de quelles manœuvres infâmes , de quel agh scandaleux ces biens ont été l'objet. Le vice primitif et continué de l'acquisition est indélébile à tous les yeux; ainsi le gouvernement français ne peut ignorer qu^en pressurant ces acquéreurs, il aura l'opinion publique pour lui, et qu^il ne sera injuste que pour eux; d^ailleurs, dans les gouvernements populaires, même légitimes, l'injustice n^a point de pudeur; on peut juger de ce qu'elle sera en France, où le gouvernement, variable comme les personnes, et

SUR LA FRANCE. l65

manquant d'identité, ne croit jamais revenir sur son propre ouvrage en renversant ce qui est ifait.

11 tombera donc sur les biens nationaux dès qu'il pourra. Fort de la conscience, et ( ce qu'il ne faut pas oublier ) de la jalousie de tous ceux qui n'en possèdent pas, il tourmentera les possesseurs , ou par de nouvelles ventes modifiées d'une certaine manière, ou par des appels généraux en supplément de prix , ou par des impôts extraordinaires; en un mot,il$ ne seront jamais tranquilles.

Mais tout est stable sous un gouvernement stable; en sorte qu'il importe même aux acquéreurs des biens nationaux que la monarchie soit rétablie , pour savoir à quoi s'en tenir. C'est bien mal à propos qu^on a reproché au roi de n'avoir pas parié clair sur ce point dans sa déclaration : il ne pouvait le faire sans une extrême imprudence. Une loi sur ce point ne sera peut-être pas , quand il en sera temps i le tour de force de la l^islation.

Mais il faut se rappeler ici ce que j*ai dit dans le chapitre précédent ; tes convenances de telle ou telleclasse d'individus n'arrêteront point la contre-révolution. Tout ce que je prétends prouver, c'est qu'il leur importé que le petit nombre d'hommes qui peut influer sur ce grand événement, n'attende pas que les abus accu-

1^ ÇQ^^p^i^Tioys

miilé$.d^ Taparc^iie. le.reQdeat i^éyitabk^ et rawèo^ot brvt^yeioeiU; car plii^ la roî sera nécessaire^ ^tplus le sort de tous ceux qi)i ont gagpé à la révolutioQ doit être diijr%

Ùp autre épouvantaiI« dont on se sert pour faire redouter wx, Français le retour de leur roi j ce sont les vengeances dont ce retour doit être accompagné.

Cette objection y comme les autres, est wr^»

tout faite par des bonunes d'esprit qui n'y croient point ; il est cependant boj;i de la discuter en faveur des hqnnêtes gens qui la proient fondée.

Nombre d'écrivains royalistes ont rqiottssé ^ comme uçe insulte i ce désir de vengeance qu'on suppose à leur parti ; ua seul va parler pour tous : je le cite pour ngion plaisir et pour celui de mes lecteurs. On ne m'accusera pas de lé choisir parmi les royalistes à la glace. .

« Sous l'empire d'un pouvoir iUqgîtime^ les K plus b^orribles vejtigeances sont à craiiidre» K C9r qui aurait le droit de les réprimer ? l^ vîc^ »< time ne peut invoquer à âoa aide raiU.torité « des lois qui n'existent pas, et d'un gpuveri< nement qui n'est que l'œuvre du crime et de « l'usurpation.

SUR LA FRÂKCIs. 167

« Il en est tout autrement d^uh gouverneic lOiHit assi» sur ses bases mcrées^ antiques ^ « JegîtiûAefiç il aie droit d'étouffer lespliis justes ce vengeances I et de punir à l'instant dil glaive «c des lois quiconque se livre plus au sentiment ce de k nature qu'à celui de ses devoirs.

<c Un gouvernement légitime a seul le droit « de pro)clftmer Famnifitie et les moyens de la « faire observer.

a Alors, il est démontré qiie le plus parfait^ « le plus pur des royalistes, le plus grièvement cî outragé dan^ ses parents, daùs ses propriétés^ a doit être puni de m&rt, sous Un gouver* tu nement légitime, s'il ose venger lui-même « ses propres injures, quand le roi lui en a « commandé le pardon.

a C'est donc sous nn gouvernement fondé « sur nos loisque l'amnistie peut être sûrement « accordée, et qu'elle peut être sévèremeUt « dbsèrvée; •

. ce Ah ! sans doute, il serait facile de discuter « jusqu'à quel point le droit du rdi peut éten^ « dre une amnistie^ Les excepticms que prescrit « le premier de ses devoirs sont bien évidentes. « Tout ce qui flit teint du sang de Louis XYI <c n'a. de grâce à espérer que de Dieu ; mais qui « oserait ensuite tracer d'une main sûre les li- « mites où doivent s'arrêter l'amnistie et la clé- « mence du roi? Mon cœur et ma plume s'y

l68 CONSlDERATIOirS

« refusent également. Si quelqu'un ose jamais .« écrire sur un pareil sujet, cesera^ sans doute, .ce cet. homme rare et unique peut-être, s^il « existe , qui lui-même n'a jamais failli dans le « cours de cette horrible révolution , et dont a le cœur, aussi pur que la conduite , n'eut ja* « mais besoin de grâce (i).»

La raison et le sentiment ne sauraient s'exprimer avec plus de noblesse. U faudrait plain^ dre l'homme qui ne reconnaîtrait pas , dans ce morceau , Paccent de la conviction.

Dix mois après la date de cet écrit , le roi a prononcé dans sa déclaration ce mot si connu et si digne de l'être : Qui oseraii se venger quand h roi pardonne?

U n'a excepté de l'amnistie que ceux qui votèrent la mort de Louis XYI, les coopérateurs, les instruments directs et immédiats de son supplice, et les membres du tribunal révolution* naire qui envoya à l'échafaud la reine et madame Eliss^th. Cherchant même à restreindre l'anathème à l'^rd des premiers , autant que la conscience et l'honneur le lui permettaient, il n'a point mis au rang des parricides ceux dont il est permis de croire quUls ne se mélèreni aux assassins de Louis XFI que dans le dessein de le sauver.

(1) Observations sur la conduite des puissances coalisées» pai H. le Gonie d*4ntraigiie8 \ ayant-propos, pag. luiv et soIt,

SUR LA FRAKCE. 169

A regard même de ces monstres , que la pos-^ êérité ne nommera qu*avec horreur ^ le roi s'est coDtenté de djre , avec autant de mesure que de justice j que la France entière appelle sur leurs têtes le glaiçe de la Justice.

Par cette phrase, il n'est point privé du droit de faire grâce en particulier : c'est aux cou* pables à voir ce qu^ils pourraient mettre dans la balance pour Satire équilibre à leur forfait Monk se servit d'Ingolsby potir arrêter Lambert. On peut faire encore mieux qû'Ingolsby.

J'observerai de plus , sans prétendre affaiblir la juste horreur qui est due aux meurtriers de Louis XYI , qu'aux yeux de la justice divine tous ne sont pas également coupables. Au moral, comme au physique, la force de la fermentation est en raison des masses fermentantes. Les soixante*dix juges de Charles P' étaient bien plus maîtres d'eux-mêmes que les juges de Louis XYL II y eut certainement parmi ceux-d des coupables bien délibérés, qu'il est impossible de détester assez ; mais ces grands coupables avaient eu l'art d'exciter une telle terreur, ils avaient fait sur les esprits moinsvi* goureux une telle impression , que plusieurs députés, je n'en doute nullement, furent pri«

vés d'une partie de leur libre arbitre. Il est difficile de se former une idée nette du délire in*

%7* CONSIDERLTIOirS

définisBable et surnaturel qui s'em^iera db l'as> tembiée » l'époque du jtigemeutde Louis XVI.

ie suis persuadé que plusieurs dbs coupables , CD se rappekDt cette fuoeste époque, croient avoir fait un mauvais rêve; qu'ils sont tentés de dout^ de ce ^u'ila ontfait, et qu'ils s'espliquent moinB à eux-^méoies que nous ne pouvons les expliquer.

Ces coupables, fôchés et surprix de rêtre, devraient tâcher de Faire leur paix.

AU' surplus, ceci ne r^rde qu'eux; Car la nation serait bien vile, si elle Tardait comme un inconTenient de la contre-révolution ^ la punition de pareils hommes; mais pour ceux mêmes qui auraient une faiblesse , on peut observer quela Providence a déjà commencé la punition des coupables : plus de soiunte régi<Hdes, parmi les plus coupables, ont péri de mort violente; d'autres périront sans doute, ou quitleRMit l'Europe avant que la France ait un roi; très-peu tomb^vnt entre les mains de la justice.

Les Français parfaitement tranquilles sur les vengeances judiciaires, doivent l'être de même sur les vengeances particulières : il'' nnt à ret égard les protestations les plus sole ont la parole de leur roi ; il ne leur < mis de craindre.

Mais, comme il faut parler à tou:

SUR II A FAAJfCJE. 171

et pnéyenir toutes les objections jicwiaie Ui&ut repondre 9 mêiae à ceuK <{ui ne croieiit paiiH à rbopDeiftr étala foiy il faut pifouver que l#s ^engeances particulières ne sont : pas potH siblds. , . .

Le souveraio le plus puissaQt n'» qw deus bras; iljo'est fort que par les. instruments qu'il emploie^ et que ropinion lui çoumeti Or ^ quoi* qu'il soit évident que le roi, après la restaura* tion supposée, ne cherchera qu'à.pardonner^ ^ons, pour mettre les choses au pis, une supposition toute oontriore. Gomment s'y preodraiuil s'il voulait exercer des yeogeances arbi« traires? L'armée française, telle que nous la connaissons, serait-elle un instrument bien souple entre ses mains? L'igiiorance et la mau-* vaise foi se plaisent à représenter ce roi futur comme un Louis XIY, qui, semblable au Jupiter d'Homère, n^avait qu'à froncer le sourcil pour ébranler la France. On ose à peine prour* ver combien cette supposition çst &usser Le pouvoir delà souveraineté est toute morale; elle commande vainement, si ce pouvoir n'est pas pour elle ; et il faut le posséder dans sa plé^ nitude pour en abuser^ Le roi de France qui montera sur le trône de ses ancêtres , n'aura sâ^ rement pas l'envie de commencer par des abus ; et , s'il l'avait, elle serait vaine; parce qu'il ne serait pas assez fort pour la contenter. Le bon*

ÎJ% COKSIDÉRATIOVS

net rouge, en touchant le front royal, a fait dis* paraître tes traces de l'huile sainte : le charme est rompu , de longues profanations ont détruit l'empire divin des préjugés nationaux; et longtemps encore, pendant que la froide raison courbera les corps, les esprits resteront debout. On fait semblant de craindre que le nouveau roi de France ne sévisse contre ses ennemis ; Tinfortunél pourra-t-il seulement récompenser ses amis (i) ?

Les Français ont donc deux garants infaillibles contre les prétendues vengeances dont on leur fait peur, l'intérêt du roi et son impuissance (i).

Le retour des émigrés fournit encore aux adversaires de la monarchie un sujet intarissable de craintes imaginaires; il importe de dissiper cette vision.

(i) On ooniuât la plaisanterie de Charles H sor le pléonasme de la formule anglaise» ammutbit oobu : Je con^etidlt, dît*il; amnistie pour meg etmeadt, et oubli pour mes amis.

(S) Les événements ont justifié tontes ces pré£ctions dn bon sens. Depuis que cet ouvrage est achevé» le gdlnrenieme&t firançais a publié les pièces de deux conspirations découvertes» et qui se jugent d'une manière un peu différente : Tune jacobine» et Tautre royaliste. Dans le drapeau du jacobinisme il était écrit : mort à tou$ nos ennemis; et dans odni du rojslisme : grâce à tous ceux qui ne la nfuserontpasm Pour empédier le peuple de tirer les oonséfioences» on lui a dit que le pariement devait annuler l'amnistie royale ; mais cette bêtise passe le maximum ; sûrement elle ne fera pas fortune»

SUR LA FRAlfCE. 17^

La première chose à remarquer , c*est qu'il est des propositions vraies dont la vërilé u\ qu'une époque; cependant on s'accoutume a les rëpétéir longtemps après que le temps les a rendues fausses et même ridicules. Le parti attaché à la révolution pouvait craindre le retour des émigrés peu de temps après la loi qui les proscrivit : je n*alBrme point cependant qu'ils eussent raison ; mais qu'importe ? c^est là une question purement oiseuse , dont il serait ti*èsinutile de s'occuper. La question est de savoir si y ilans ce moment y la rentrée des émigrés a quelque chose de dangereux pour la France.

La noblesse envoya a84 députés à ces états généraux de funeste mémoire ^ qui ont produit tout ce que nous avons vu. Par un travail fait sur plusieurs bailliages^ on n'a jamais trouvé plus de 80 électeurs pour un député. 11 n'est pas absolument impossible qne certains bailliages aient présenté un nombre plus fort; mais il faut aussi tenir compte des individus qui ont opiné dans plus d'un bailliage.

Tout bien considéré ^ on peut évaluer à aS^ooo le nombre des chefs de famille nobles qui députèrent aux états généraux; et en multipliant par 5, nombre commun attribué, comme on sait, à cliaque femille, nous aurons isS^ooo têtes nobles. Prenons i3o,ooo^ pour caver au plus fort : ôtons les femmes , restent

1 74» CDNSlD^RXl'lOWS

65,000. Iteir^nchoiisi de c^^értiîèt h6ihl)ré : 1^ les Doèle» qui hb softt jataâiâ sô^riîs, ai* ééux^ (fuî sont tetïtrésyS'' les viëiUal'd^, 4""!^ êrifknts^ ' 5^ les malades , 6^ les j[irêtre^, 7* i^^uà cetix qoî ont péri par la gtïeiTé, par les^ stipt)lîcies, oii^ par Tordre seul de la nature : il restera \sù nombre qu'il n^est pas aisé dé déterminer an juste,' mais qui, sur tous les points de Vue pos« sfble , ne saurait alarmer la France.

On prince, digne de son nom, mêtiè ùu% combats 5 ou 6,ooo hommes au plus ; ce corps' qui n'est pas méme^ àb^ucoup près, tout composé de nobleis , a fait preuve d'une valeur admirable sous des drapeaufx étrangers ; mais ^ si on l'isolé, il.drsparait. Enfin, il est clair que, sous le rapport militaire, les émigrés ne 'sont rien et ne peuvent rien.

Il y a de plus une considération qui se rapporte plus particulièrement à Fesprit de cet ouvrage, et qui mérite d'être développée.

Il n'y a point de hasard dans le motide,. et même dans un sens secondaire il n'y à point de désordre, en ce que fe désordre est ordonné par une main souveraine qui le pKé à là r%lé , et le force de concourir au but.

Une révolution n'est qu'un mouvement politique, qui doit produire un certain effet dans un certain temps. Ce mouvement a ses lois; et en les^ observant attentivement dans une cer-

SUR LA 9RJLSCE0 175

taine étendue de temps, on peul èirep des conjectures assez cf i^aiûes pour Ta'venir. Or, une des lois delà révolution française, cW qu0 les émigrés ne pen^vent Pattaqliet* que pour leut malheur , et sont totalemenft exclus de Feeuvre quelconque qui s*opère. ...

Depuis les première^ chimères de la cohtrerévolution^ jusqu'à l'entreprise à jamais lamentable de Quiberon, ils n'ont rien entrepris qui ait réussi , et même qui n'hait tourné contre eux. Non-seulement ils ne réussissent pas^ mais tout ce qu^ils entreprennent est marqué d^uii iél caractère d^impurssanoe et de nullité , queFopi«> nion s'est enfin accoutumée à les regarder comme des hommes.qui s'obstinent à défendre un parti proscrit; ce qui jette sur eux une défaveur dont leurs amis même s'aperçoivent.

Et cette défaveur surprendra peu les hommes qui pensent que la révolution française a pour cause principale la dégradation morale de fa noblesse. '

M. de Saint-Pierre a observé quelque part, dans ses Etudes de ta Nature^ que si Ton compare la figure des nobles framçais à celle de leurs ancêtres , dont la peinture et la sculpture^ nous ont transmis les traits , on voit à révidence que ces races ont dégénéré.

On peut le croire sur ce point, mieux que sur les fusions polaires et sur la figure de la terre;

1 ^6 COirSIDERATIOirS

n y a dan& chaque. état un certain nombre de familles qu*on pourrait appeler co^souçe^ raines^ même dans les monarchies ; car la noblesse I dans ces gouvernements , n'est qu'un prolongement de la souveraineté. Ces familles sont les dépositaires du feu sacré; il s'éteint lorsqu'elles cessent d'être vierges.

Cest une question de savoir si ces familles , une fois éteintes ^ peuvent être parfaitement remplacées. 11^ ne faut pas croire au moins , si l'on veut s'exprimer exactement ^ que les souverains puissent ermohlir. Il y a des familles nouvelles qui s'élancent^ pour ainsi dire, dans l'administration de l'état; qui se tirent de l'égalité d'une manière frappante, et s'élèvent entre les autres comme des baliveaux vigoureux au milieu d'un taillis. Les souverains peuvent sanctionner ces ennoblissements naturels; c'est à quoi se borne leur puissance. S'ils contrarient un trop grand nombre de ces ennoblissements, ou s^ils se permettent d'en faire trop de leur pleine puissance ^ ils travaillent à la destruction de leurs états. La fausse noblesse était une des grandes plaies de la France: d'autres empires moins éclatants en sont fatigués et déshonorés, en attendant d'autres malheurs.

La philosophie moderne , qui aime tant parler de hasard^ parle surtout du hasard de la

naissance; c'est un de ses textes favoris :

mais il n^y a pas plus de hasard sur ce point que sur d*autres : il y a des familles nobles comme il y a des familles souveraines. L'hom-* me peut-il faire un souverain ? Tout au plus il peut servir d'instrument pour déposséder un souverain, et livrer ses états à un autre souverain déjà prince (i). Du reste, il n'a jamais existé de famille souveraine dont on puisse assigner l'origine plébéienne ; si ce phénomène paraissait, ce serait une époque du monde (2). Proportion gardée, il en est de la noblesse comme de la souveraineté. Sans entrer dans de piqs grands détails, contentons*nous d'ob-» server que si la noblesse abjure les dogmes na« tionaux, l'état est perdu (3).

{\) Et même la manière donc le pouTonr humain ett employé dans ces cupoonstancest est toitte propre à rhomSier. Cest ici surtout où rompent adieaser à rhommo ces paroles de Roniseaa 1 Montre-moi M pmuancetieumonirtraitafmbkue.

(S) On entend dire asaci souTent qoe H Biehigrd Çrpnf^ avait eu le genh de son père, U eàt rendu le proieetorai héréditaire dans sa

fimUOe. GTest fort bien dit.

(3) Un saTant italien a fiiit ime angoUère itmàrqne. Après aToir ebsenré que la noblesse est gardienne natarclle et comme dépositaire delà religion nationale t et qae ce caractère est plus frappant à mesure qu*on fl^élére Ters l'origine des nations et des dioses» il ajoute: Talchè dee esset' «n grand segno » ehe vada afinire vna maimt ave i nobili disprezwÊO Ut Beligione natia» Vico» Prineâpi d'uni Sdenza nuoTa. lib. II.

Lorsque le sacerdoce- est membre politique de l'état » et que sei

ij$ CbtfSUlÊKXtlOlKS

' *Eè^t15tejoU(f])a^c(uèl(^ués nobles dtûft. lit létbllitidtr fiiàiïçâiâé , est mille fois, ^ ne Âispss plûÈ^ottil/ièy nààis plos ieniËle qae tout c^ qm ndùâ âvdûà vU pendant cette révolution.

' ' itl tl-a pas ésListé ae signe plus effrayant , plutf décisif, dé r^pouvaillable jugement porte sur k moûâtdhiè française.

On déâftaûdèrâ peut-être ce que ces fautes peuvent avoir de commun avec les émigrés « ^Ur lés détefctenf/ Je réponds que leâ individus qui eôtnpoë^nt les nations, les (amiltes, et méttié bs'dorps polifîqfaes, ^ônt solidaires; d'^èât uK fait. Je réponds en second lieu^ q|ie léâ'èSiïsés de ce que souâS« la noUesse émigfée» sodt'i^tén antérieures à Temîgratioa;^ Ià cûffé^ rence que nous apercevons entre tels et tels nobles français, n'est, aux yeux de Dieu, qu'une différence de longitude et de latitude : ce n'est pas parce qu^on est ici ou là ^ qu'ott est <to qu'oà doit être : et tous ceude qtd dÙerU : Seigneur f Secteur! n^entretoni pas ddm le tàyanrhe. Les hommes né peuvent juger que par Teitérieur ; mais tel noble ^ à Cobleatz^ pouvait avoir de plus grand» re{NroGtMs à se &t^> ^oe tel ikMte

«MtMdl||iM« édBt tttMj^^ flil t^Aâ^àt, ^ !â bâte n6t>leiiei fl «B réMlté I* plilB feriè ec \k iplia dttrd)fe d« toûteë léfe eoiu^tatioiii possibles. Absî le phîlosophûme, qui est le dis8oltàii( iiiiHrértelf tltot él» Mjrt 40fl tMt-d^Kilvre siir fa monaWOiié ^te^

SUR. ZA pha^icb^ k79'

du otxtè^witt idaïui; Vasmaàilé^ àiier^f^Hl^^^ uu^Ue. Sofia, IJLnoblesse fiaoçuffe? M doit 9V0 prendre. ipi'à eUef4beme.de toiia sea HMiUieiiuns; et IwsqufeUe en sera Inen pemued^e^ !^ miryi foil ( unt ' iprfloid pdis. Les exdplîoaiy: plus on moins nombrenses ^ sont dignes 4es liospefals ife ToniveiB; maison ne peut parler Kfu^exkifésiàrii}. Aiqourd'houi le oc&lene indlbenrewse^ qiii ne peoi eoufirir qo'nne ^dipse).doîl: eowdiffir Vk téteelse résigner^ Un fdmr elle doit embrassa deboKibeigdiee 4fex enfants ipi en sommin ^Uefia f^oint portés : en attendàni^ elie ne 4<»^ plue &tre d'efforts extérieurs ; peut*étre ipèctie set^fp il à dâiirêr ^'od ne Peut. ja4aais vue d^n^tine atUlude «oeaaçapt^ Eo tojitc^e^ l'é^^Mion fut une erreur, et non un tort : le plw gran4 noeabf^ 4^rp;a|t obéir à rhonneui*.

^ MtamBif oHreJii^t pniàJbem^ f^tcféfrt leg^

Lé Diéù devait remporter.

Il j: aurait bien d'autres jréflexiopsà &ire sii» çepQint^^tenws-iipiis?enau Eût quiest évident, Ifséwigrés nepeuTOnt .çîefl^,f>nç|ïeut.jp^ê9iç ajouter qu'ils ne sont rien; a$r tous lesjoui^ le nombre en diminue , malgré le i^uyernemenf , par une suite de cette loi invariable de la révoluUpn française^ giû veut <cpie tout .se fasse, ina^ gré les hoinmes el contre toutes les pcobabUil(4s>

1 8a CONSIDÉRATIONS

De longs malheurs ayant ^soupli les émigrés^ tbus les jours ils se rapprochent de leurs .concb toyens ; Faigreur disparait ; de part et d'autre oj;i commence à se ressouvenir d'une patrie commune; Qn se ten4 la main , et. sur le champ de bataille ^méme, on reconnslit des frères. L'étrange amalgame que nous voyons depuis quelque* temps a'a point de cause visible , car ces loiS'Sont les mêmes; mais il n'en est pas moins réel. Ainsi il est constant que les émigrés ne sont rien par le nombre , quUls ne sont rien par la force, et que bientôt ils ne seront plus rien par la haine.

Quant aux passions plus robustes d'un petit nombre d'hommes^ on peut négliger de s'eu occuper.

Mais il est encore une réflexion importante que je ne dois point passer sous silence. Ou s'appuie dequelques discours imprudents, échappés à des hommes jeunes, inconsidérés ou aigris par le malheur ^ pour effrayer les Français sur le retour de ces hommes. JTaccorde, pour mettre toutes les suppositions contre moi, que ces discours annoncent réellement des intentions bien arrêtées : croit-on que ceux qui les ont fussent en état de les exécuter après le rétablissèment de la monarchie? On se tromperait fort, Au moment même où le gouvernement légitime se rétablirait , ces hommes n'auraient plus de

StrK LA FRANCE. iS^i

forcé que pour obéir. L'anarchie 'nëcesétte la vengeance; Tordire Fexelut sévèrement: Tel hdifame qui^ dans ce nioment^ ne parle que de punir> se trouvera alorè environné de circonstanées qui le forceront à ne vouloir que ce que la loi Veut j et ,'poiir soa intérêt même, il sera citoyen tranquille y et laissera la vengeance aux tribunaux. On se laisse toujours éblouir par le lïiéme sophisme : Un parti a séçij lorsqiCil était dominaieur; donc le parti contraire séifira^ lorsqviil dominera à son tour. Rien n'est plus faux. En premier lieu, ce sophisme suppose qu^il y a de part et d'autre la mémè's^mme de vices; be qui n'est ptafrasstirémêntvSanis-iOsister beaucoup siir les vertu s- des royalistes , '^e suis sûr au moins- d'avoir pour moi la- oouâcienèe universelle /lorsque j'affirmerai simplement qu'ail y en a moîfis du c6té de la république. I^aitleurs ^4és f^t^liigés seuky s^rés des vertii&^assureraiëtitJa France qu'elle ne peut souffrir de la part des ^ royalistes rien de semblable à ce qu'elle a éprouvé de leurs ennemis. L'expérience, a déjà préludé sur ce point plonirti^mquilliserles Français; ilso&t vu , dans |)las d'une occasion , que le parti qui avait ; iout souffert de la part de ses enneinfe^ n'a pas su s'en venger lorsqu'il lésa tenifô en, son pouvoir. Un petit nombre de vengeances^ qui. ont fait iin si grand bruit y prouvent la même proposi-^

Aîouji l»dr.pn a vu qiiele4ém de jostîcfr Je>p)i^ •Miadal^ox. a pu j^ul am€»w jpf;$ vepgisaiiiii^, et qui^ p^caoojue oe se serait fait justice^ Mil^ j^yernemeo t a^t pu ou yquIu la faire^^ r .

Il esi;^ ea outre 9 de la plus ilfawle éiriclMçe que l'intérêt le plus presisaut du roi sera d'emr pécher Us yepgeapces* Ce ii'€S|;pas w sçi^at des oiaux de rauarchîe^ qu'il TOiidraJ» ramener;} ridéeméœe de la yioleuoe 1^ ferapftiirt et ce crime seraleseiU qu'il »ese croira pas. eo droit: de pardpiiiier«v .

La Fraoïte^ d'ailleurs^ i^t faieo lasse de .eoor vulaiwis et d'borreurs^ elle ne veut plua de aaog; et puisque repmioA est asses fertedaes ce moment pc^r : comprimer le parti qui eo voudrait^ on peut juge» de aa lorçe à i'épo* que osU elle awa le^ gouveiMoif al pom ^^ Apria de$ maua^ amsi looga 9t a«issi tm*i^t^i les Fraïaçaia se reposeront av0odâlîce#dati(^fef lM»a de |a. mwarchieii Toute atteinte cop^ise oelte tranquiHitéseiuit véritablement un çriiM à&ièaa^natàmf que Ips liibttnaitiL:.n'aiuRiaQt pettl«ôlve pas le^temps de punir, .. . ^ \. v

Ces raiâoiM iscait sa convaincantes , que pdiST iomie ne pfttt afy méprendre s musi^.iljie&ttt peint être la« dupe dd cea^criu ok ûom noyons uoephflanthvqpittihypoinrite passer xaiodamna^ tieti sur les horimufs de la révdulioa ^ et â|'ap^ puy^ sur cèseacè$ pour établir la n^essité

ma. JLAi EAAHCE. l63

4'm privemr ai^ secoodt. JDteis le. bitf ils ne <»MlaiMifiiit oetie réi^iaftioti que poitrine pas esdiâr leontne' £|]s. k cri «mivfiBsdsiimî» èhs

ih tm pamfeaNQHwt ftière^iteiieoK dimt eUe pouffait se passer; Il if^est pas. un de <des écrite oà f on ne troisve des pr8u«:é8 Jèiideotes que ies^ameui» âeoflieili Mr indioatfiDB au parti ^'«ls.oondi«,n«>t pa^dNT. . f .

Àinâ Y Ses Fraoçats ^ toujouniidapes ^ Je mêA dans 'OStte oocaskui fdus .^a jamais. 4 .. ils «oiit ^tir pour^ux^a gétt^Ml, ist Ik «font rteir i «mlodire^ dl ils «serifieiit leur faoolieor |KMir oobiMler 4}ue)ques mlséRfU«« '

4^ué ai les 4hëorfes les plus ividcttHe^ ne peuvent eéttirtfllioti^ ies Fra^faiS) H Visiii^ peHVcnlt ^e^o^e obtenir ^l^mUL-^mémét de (mire iqim4a VrotMèneer esH la garâi«dae de f ordw, et cpitl n^^t pas ioiil h AH ^^ d'i^eoMvè die ou avee ellé^ ^«igeons au moins deMce^qiiVâle Fëm jpàr ee ^ju'dlea fkStvcft si le^refsooneaoem glissesur nos ^sprkc^j eroyoâs-dti jaâjÎBsliJ'iiiagiètertre dontia ^ xkn^ le^^ède deMier^ à pea près le même speèiàete qâé la Pmnee ^a dom^é dans 'le h6tre. Le Àûaiiidm& de lu ^erté-, échaufTé par celui de la religion^ y piéfi^ra lés âmes bien plu$ profondément cju'il ne 1> fait

ï 84 CONSJ DERATIOSS

enF^Dce^oit le calle de la liberté s*appu^ sur le^néant. Quelle difil^reoM y d'aiUeuTs , dans le caractère des deux nations, et dans celui des acteurs qui ant joué un rôle sur les deux seènes ! Où sont y je ne dis pas les Hamden , mais les Cromwel de la France ? Et cependant, malgré le &natisme .brûlant des républicains, malgk'é la fermeté réfléchie du caractère national, malgré les terreurs trop motivées des nombreux coupables et surtout de. l'armée, le rétablissement de la monarchie causa-t*Jii, en Angleterre, des déchirements semblables à ceux qu'avail enfantés une révolution régicide^? Qm'on nous montre les vengeances, atroces des royalistes. Quelques régicide» périrent par Fauloriité d^ lois; dtt r^ste,îl n'y eut , ni combats ^ m vengeances particulières* Le retour du ifoi ne fut marqué. que par un cri de joie, qilEÛ retientit dans toute l'Angleterre; tous les ennemis s^embrassèrent. Le roi, surpris de ce qu'il voyait, s'écriait avec attendrissement ; N'est-ce point mafmUe^ si p ai été repoussé si longtemps pat un si bon peuple! L'illustre Çlarendon ^ témoin et historien intègre de ces grands événements, nous dit qu'on ne savait plus ou était ce paqde qui avait commis tant d excès ^ et privé , pendant si longtemps y le roi du bonheur de régner.sut d excellents sujets (i ).

0) Hume, tome X»cliap. L}UUI,an» 1660»

Cest^à^dire que le peuple ne reconnaissait plus le /lefijp/^. On ne saurait mieux dire^ • Mais 4se grand changement , à quoi.lenatt-il ? A riea, ou pour mieux dire, à rien de irisible : une année- auparavant, personne ne le croyait possible. On ne sak pas même s'il fut amené par un royaliste; car c'est un problème iùsd* lubie de savoir à quelle époque Monk 4Côm«mença dé bonne foi à servir la monarchie* .

£taient-ce au moins les forces des royalisles qui en imposaient au parti contraire? NuUe^ ment ; Monk n^avait que six mille hom^mes} les républicains en avaient cinq ou six fois davantage : ils occupaient tous les emplois , et ils possédaient militairement le royaume entier.

Cependant Monk ne fut pas dans le cas de livrer un seul combat: tout se fit sans effort et comme par enchantement : il en sera de même en France. Le retour à Tordre ne peut être douloureux , parce qu'il sera naturel , et parce qu'il sera &vorisé par une force secrète^ dont Taction est toute créatrice. On verra précisément le contraire de tout ce qu'on a vu. Au lieu de ces commotions violentes , de ces déchirements douloureux y de ces oscillations perpé-^ tuelles et désespérantes^ une certaine stabilité , un repos indéfinissable^ un bien-aise universel y annonceront la présence de la souve-^ raineté. Il n'y aura point de secousses , point

l8d 430]ISinEATICUGi;

de yiolences , point de supplices méfoe , excepté ceux que la T^rilable nation approuvera ; le ctime même et les ofl^i^patîciiM a^oot traités avec une séyértti mesmrée^ aiwo une jusUoe calme qui n'«ppart«»tq«'»»pouvo|r l^a,e ; le roi touchera lesplaiee derétat4^Ae main timide et paterpelie. Enfin , e't»t m k grande yétM doâl lés Français ne sauMient trop se pénétrer : le rétablissement de la mouardbie , quV>n eppelle canXte^çolutàcm ^ ne sfira point une réu€4utiaa ewitmtre f mats le 4im/^i> v 4e k

SVB !.▲ FEAirCE.

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