CHAPITRE XI
FlriigniBiit d'une iùiloire de la xévolatipA <rafifti« » jpir ^yid
Home (1).
Le long parlement déclara^ par un
serment s6lenn.ely qu^il né pouvait être dissous, pag. 18 1. Pour assurer sa puissance^ il ne cessait d'agir sur Fesprit du peuple : tantôt il ëchauflait les esprits par des adresses artificieuses , pag. 176} et tantôt il se faisait envoyer^ de toutes les parties du royaume^ des pétitions dans le sens de la révolution, p. i33. L'abus de )a presse était porté au comble : des clubs nombreux produisaient de toutes parts des tumultes bruyants : le fanatisme avait sa
(i) îe che l'édition anglabe de Bftle, i^ volâmes în-S** citez l^graud, 4789.
) gg COHSIDBBATIOirS
langue particulière; c'était un jargon nouveau» inventé par la fureur et l'hypocrisie du temps , pag. i3i. La manie universelle était d'invectiver contre les anciens abus^ pag. lag. Toutes les anciennes institutions furent renversées l'une après Fautre, pag. lizS, i88. Le bill de Self'denianjce et le New-model désorganisèrent absolument Tàrméé; et lui donnèrent une nouvelle forme et line nouvelle composition , qui forcèrent une foule d'anciens officiers à renvoyer leurs commissions , pag. i3. Tous les crimes étaient mis sur le compte des royalistes , pag. i48; et Fart de trompel^ le peuple et de l'effrayer fut porté au point , qu'on parvint à lui faire croire que les royalistes avaient miné la Tàniisfe, pag. 177. Point de roi! point de noblesse! égalité' universelle 1 c'était le cri général/ pa^. 87. Mais au milieu dé l'efTérvescence populaire^ on distinguait la seclé exagérée'des Indépendants, qui finit par encbaiiier |e long parlement , pag. 374. *
Contre un tel orage j la ^bonté du roi était inutile; les concessions mêmes faites a son peuple étaient calomniées comme &ites sans bonne foi , pag. 1 86. *
Cétâit par ces préliminaires que les rebella avaient préparé la perte de Charles l^ ; mais un simple assassinat n'eût point rempli leurs vues; ce crime n^aurait pas été national ; la honte
SUR LA jFRANcjE. r8g
et; le, danger. ne seraient tombés que sur. les aieurlriçrs.: Il faillait donc iniaginer.un autre plan; il fallait étonne^ Tiuâvérs par une procédure inouïe y : se parer: dés 4ebors delà justice , et couvrir Jaicru^iité par l'àudacé; il :&llait, en unmot^ .en fanatisant le^ peuple: par les notions d'une : égalité parfaite , s'assurçr Tobélssauce du graxid nQmbre, et former insensiblement une jr;qalition, générale contre la royauté , tom. io,pag. 91. , ;
L'^néantisseipen^t de la inoQarcbie fut le préliminaire de la morldu roi. Ce prince fut détrôné de fait y et.Ija constitution anglaise fut renversée ( en iG48)f\ar le :bïll de nùhradressi^ qiii le sépara de la constitution. . [ '
Bientôt les calomnies les plus atroces et les plus ridicules furentrépanduessjur le compte du rpi f pour tuer ce respect qui est la sauvegarde des trôines. Les rebelles; n*oublièretit rien pour noircir sa réputation ; ils l^ccqsèrént d'avoir livré des places aux ennemtsde TÂn- ^çterre, d'avoir fait couler le sabg de ses^ujets. C'est j)ar la calomnie qu'ils se préparaient à la
violence^ pag. 94.
Pendant la prison du roi au château de Carisborne , les usurpateurs du pouvoir s'appliquèrent à accumuler sur la tête de ce malheureux prince tous les genres de dureté. On le priva de ses serviteurs; on ne lui permit
poiiït'der (mntnliiiiqli^âVèc ses amis : àtièttnè' société^aucnaedistractioDy ne lui étaient permises poiiradoQdrlâ'itié£si6oôlié dé ses peâséés.ll s'^attendait d'é6^> jî ïùùt iûstaûtV àssassfti^ où *en!ipov$oiitifë (t); car;fid^é d'un jugeaient' n'entrait pofnt dans sa pensée , pég. Sg et 96; ' ' (Pendant <jim le rôi sôtrffirait cMieDeniëtit* dahs i»ipirisôti; le parlement fettoît pnblièr qoll «^y trdtfiait fort bien , et qn^il ^taît de fort bonne humeur^ ibîd. (2).
La grande sonrcedont le fbitlraSt toutes ^es cbûsôtations ; au- milieu des ïéalamités qut Tàc^ ctfblaiem, Mdit, sans dofute fe' religion. Os priâ^ cipe n'aTâit chez lui rien dé dur ni d'aùstërè, rien qui lui inspirât du ressexAim^t èontre seé énnet»id \ od qui put TÀlarmer sur l'avemr. Tâiidîà qùé^ H)ât porl^k autour de hil tin iîi«^ peet bostife;) taudis qiie ëa faHiille y ses parente, ses anif» ità)ént<^k>ign^8 de Iiiî bu <&ns tiùï' puisi^nce de luirét^è ûlîle», il se jètàît avec ean£éaQÔe datifs* les }Whs diï grand Etre , dont la puts^nee pénètre et soutient TaniTers/ et dont les dià^ikieMs, r^çus aVeê pytë A ré^ signation ^ paraissaient au roi lés gages les
(i) C'était aqsa l'opînioi) de Louis XVI. Voyez son éloga liisto-* rique.
(2) On se rappelle cTavoir lu, dans le journal de Condorcett. un raorceàtt Air le boù àppéfil dû rtfi à fon râtour 4e Varennes.
SITÏ^ LA FAAIVCE. 1^1
plus certains d'MUé recoin pense infioiéir p^.9^ et 96.
Leé geûs de loi âe côodoMireat mal daos e^tte dn^ofastance. Bradàbaw , qui était 4e oetl» profession , xie rougit pas de prédder le tm butia! qui condattma le roij e^Coke se nmdit partie publiqtie pour le peuple^ pag..ia3» Le tribtmaî fut compose d*ofBeiers de Yarméeré^. yohêe, démembres dé la chaqibre basse ^ et de boui^eois de Londres | pmsqite loi» étsient de basse «extraction y pag/isd*
Charles ne dotiiait pa& Û^ sa ^mort$ il avilit qu^un roi eàt rarement àélrfoié ^ns péiii;; maia il croyait plutôt à un melinrequ'à un jugement solennel y pag. la*!.
Dans sa prison > il ëtait déjà âétrÀnée oa avait écarté de lui toute la pompe de soor rang, et les personnes qui Tapprodiaient avaient reçu ordre de le traiter fiât)» i|ucune marque de respeet^ pag« lâ^!^. Bientôt il ^a^. bitua à supporter les familiarltéa et mteierin*^ solencè de ee^ hommes v comme il a^mtt sup^ porté $es autres màlbeurs , ^pag. t âS. [
Les juges du roi sUntituJaient les npfiset^ tanis du peuple^ pag. Ia4* Du peuple.» prin^* cipe unique de tout pouvoir Intime , pag* 117, et racte d'accusation portait t QifàbkmtU du poUiH)it limité qui ItU itpmit été tonfié^ H avait tâché trcdtréUsèmefUt et mûliciwf^mênt ététe^r^
ig^ CONSIDERATIONS
unpoui^oir illimite et tyranniquesur les mines de la liberté*
Après la lecture de Pacte ^ le président dit au roi qii il pouvait parler. Charles montra dans ses réponses beaucoup de présence d'esprit et de force d'àmé^ pag. ia5. Et tout le monde est d'accord . que sa conduite, dans cette dernière scène de sa vie, honore sa mémoire, pàg. lay. Ferme et intrépide, il mit dans toutes ses ré-* ponses la plus grande clarté et la plus grande justesse de pensée et, d'expression, pag. ia8. Toujours doux , toujours égal, le pouvoir injuste qu'on exerçait sur lui^ ne put le faire sortir des bornes de la modération. Son &me , sans effort et sans affectation, semblait être dans son assiette ordinaire , et contempler avec mépris les eiforts de l'injustice et de la méchanceté des hommes, pag. laS.
Le peuple , en général, demeura dans ce silence qui est le résultat des grandes passions comprimées; mais les soldats^ travaillés par tous les genres de séductions, parvinrent enfin jusqu'à une espèce de rage, et r^ardaient comme un titre de gloire le crime affreux dont ils ise souillaient , pag, i3o.
. Oix accorda trois jours de sursis au roi; il passa ce teirips tranquillement, et l'employa en grande partie à la lecture et à des exercices de piété : il lui fut permis de voir sa famille , cpii
I MODERN LANGUAGiS I .FACULTY LIBRARY j OXFORD.
SUR LA FRANCE. ' igj
l*eçut de lui d'excellents avis et de grandes marques de tendresse , pag. i3o. Il dormit paisiblement , à son ordinaire > pendant les nuits qui précédèrent son supplice. Le matin du jour fatale il se leva de très-bonne heure, et donna des soins particuliers à son habillement. Un ministre de la religion , qui possédait ce caractère doux et ces vertus solides qui distinguaient le roi 9 l'assista dans ses derniers moments, pag. i32.
L'échafaud fut placé , à dessein ^ en face du palais, pour montrer d'une manière plus frappante la victoire remportée par la justice du peuple sur la majesté royale. Lorsque le roi fut monté sur l'échafaud, il le trouva environné d'une force armée si considérable , qu'il ne p*it ^ flatter d'être entendu par le peuple, de manière qu'il fut obligé d'adresser ses dernières paroles au petit nombre de personnes qui se trouvaient auprès de lui. Il pardonna à ses ennemis ; il n'accusa personne ; il fit des vœux pour son peuple. SIRE, lui dit le prélat qui l'assistait , encore un pas ! Il est difficile^ maïs il est court , et il doit vous conduire au ciel. — Je vais, répondit le roi, changer une couronne périssable contre une couronne incorruptible et un bonheur inaltérable.
Un seul coup sépara la tête du corps. Le bourreau la montra au peuple , toute dégoût-
!94 CONSlbÉRAtlON^
tante de Àng^ tt en crtaiît à baiifè ioix »i fihSà it téie^ah Kraâ/v/pag, i^ «et r33.
Ce prince mérita' pinliôtie libre de éon que c^i àe jgmneL Qtièlqoefois il miisit eus af* fatres e» déférant mal à propos à ïsti\s -de^ personnes d'une oapackéiaierîèureà ia sîenoe. H était plus propre à conduire un !g[Oitwnie«nrent ri^nHer et paisible^ q«i!à éluder oli 9é* pousser les assants d^isae assemblée populaire , pag. 1 36; mai s y s'il n'eut pas le courage d'egîr , ilesit ioiijours celui de scMifFrif. II Inaquit » pour son malheur, dans ides temps difitcUes \ 0(Lj s'il n^ut'point assez dlalNleté pour sie tirer ^uoe posil^ion aussi embarrassante, il esliaisé db T'esoQser , puisque mémie après réréÂânisatV ou il est communément aiaé d'àpenceroir toutes lés erneurs, cVsst encore un gmnd prohtème de sairoir ee qu^il sraraîtdâ faire^ pag. 137. Ëxpotsé ^lis ' seeoors au ehoo «des passiofns les plus haHBeeises et les plut implacables^ il «e iw fut jamais possible de commettre la moindre «Tireur sBdsâtth*er^urIiïi les pilus fatales eoosé- <«faénc8Sj positibn dont ^la difficulté passe les forées du plus grand talent, pag. 137.
On a voulu jeter des doiutes sur sa bonne foï^ mais l'exameii le plus «erupuleux de sa làonduile, qui est aujourd'hui par&itementCQWiue, réfute pleinémeÉit eette accusa tic^ ( au contratrè;*si l'on considère les cireoastanc^ excès-
SII& LA FEAirCE. IqS
si^jetnenl épineuse^ dont il se vit «otoui^^ si Ton compare sa copchnte à ses déclaratioat^ on ser4 kwé d'avouer que: l%oiioeitr et la prcAité ù^m^md h part»; la plus sazUaple de son cai9ctère»p« t^j^
. Xa mort du ^oi mit la sceau à k idfefiiriielion de la.mooarobie» Elle fut anéai^e pair uq dé^ cret exprès du corps l%islatif. Oa gfai^ra un sceau Dafional^avec la légende e i^xjk pb£m«er db LA UBEETÉ. Tôutcs les foTmes cliai3gâf)e0t, et le fk^m dit roi disparut de toute paît devant ceuix des représentants du peuple ^p*. i4i&« Le bane €bt mi s'appela le banc natùmal* La statue du roi élevée à la Bourse fut renversée; et l'on grava ces mols^ sur le piédestal r Exi^ TTRAtrirns asgum ûltihus, p. i43.
Charles, en mourant, laissaa sespeuplesune ima^ de lui-même ( eikûr saIiaish ) dans cet écrit faxneuR,'Ch^-*d\»uirre d^él^âiioe^ de 0Skt^ denr et de simplicité. Cette pièce, qui ne i^êspire que la piété, la douceur et l'humanité, fit une ieapression profonde sur les esprits. Plqsieiirs sont allés jusqu?à croiite que c'est* à elle qu^'il fallait attribuer le rétabl^ementde la monar^ chie,p. i46*
& est rare que le peuple gigttd quelque chose aux révolutions qui changent la formé des goùvei^eMsnts j par la raison qué le nouvel* 4xti* bassement, nécessairement jaloux et défiatif,
\ 96 GONSIDÉR ATIOirS
a hesoiny pour se soutenir , de pins de déféôse et de sévérité, que l'ancien y p. 100. ^
Jamais la vérité de cette observation ne s'était fait sentir plus vivement que dans cette occasion. Les déclamations contre quelques abus dans l'administration de la justice et des finances avaient soulevé . le peuple; et , pour prix de la victoire qu'il obtint sur la monarchie, il se trouva chargé d'une foule d'impôts inconnus jusqu'à cette époque. A peine le gouvernement daignait-il séparer d'une ombre de justice et de liberté. Tous les emplois furent confiés à la plus abjecte populace , qui se trouvait ainsi, élevée au-dessus de tout ce qu'elle avait respecté jusqu'alors. Des hypocrites se livraient. à tous les genres d'injustices sous le masque de la religion, p. îoo. Ils exigeaient des emprunts forcés et.exorbitantsde tousceux qu'ils déclaraient suspects. Jamais l'Angleterre n^avait vu de gouvernement aussi dur et aussi arbitraire que celui de ces patrons de la liberté , p. i la , 1 13.
Le premier acte duJong parlement avait été un serment , par lequel il déclara qu'il ne pouvait être dissous , p. 1 8 1 •
La confusion générale qui suivit la mort du roi, ne résultait pas moins de l'esprit d'innova* lion, qui était la maladie du jour, que de la destruction des anciens pouvoirs. Chacun voulait faire sa république; chacun avait ses plans,
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SUR LA FRANCE. \Qj
quHl voulait' faire adopter à ses concitoyens par force ou par persuasion : mais ces plans n'étaient que des chimères é6*atigères à Texpërieuce, et qui ne se recommandaient à la foule que par le jargon à la mode et Fëloqùence populacièré, p. i47* Les égaliseurs rejetaient toute espèce de dépendance et de subordination (i). Une secte particulière attendait le règne de mille ans (a) ; les Antinomiens soutenaient que les obligations de la morale et delà loi naturelle étaient suspendues. Un parti considérable prédiait contre les dîmes et les abus du sacerdoce : ils prétendaient que l'état ne devait prot^er ni solder aucun culte , laissant à chacun la liberté de payer celui qui lui conviendrait le mieux. Du reste, toutes les religions étaient tolérées, excepté la catholique. Un autre parti invectivait contrela jurisprudence du pays, et contre les maîtres qui renseignaient; et sous le prétexte de simplifier Padmînistration de la justice ^ il proposait de renverser tout le système de la législation anglaise ^ comme trop liée au gouvernement monarchique, p. i48. Les républi-
(1) Ntnu voulons un gotwemmeta, • • • • oft^let dUtineiions ne naissent que de fégaUtéméme; où le citoyen soit soumis au magistrat, le magistrat au peuple, et le peuple à la justice, Robespierre. Voyez l« Moniteur du 7 février 1794.
(3) Q ne faut poiat passer légèrement sur ce trait de eoafermiié.
Iû9 C0HSIDÉEAT109S
ciios ardente abolirent les noms de baptême^ pourleiir substituer des noms extra^a^ants^ analogues à Fesprit de k rérolution , p. a4^. Ils dioidèrent que le mariage, n'étant qu'un simple coottat^ detait être câébrë parleront les magifttrats ehrils, pw 04^* Enfin, c'est une traditioo en An|^eterre^ qu'ils poussaient le fiematisme au poiol de supprimer le mot roycmme dans roraifûii dominieale, disant 2 Çae voire répur^ bUque wriv€. Quant à l'idée d'une prùfiagmide \ rimttàtion de celle de Rome> elle appartient à Gromwel^ p. a85.
Les républicains moins fanatiques ne se menaient pas moins au-dessus de toutesleslois^ (le toutes les promesses» de tous les serments. Tous les liens de k société étaient relàebés,. et les passions les plus dangereuses s'ènve-* nîmatent davantage, en s'iqppuyant air des maximes spéculatives encore plus antisociales, p.i4â.
Lm royalistes, privés de leurs propriétés et ofaasséa de tous les emplois, voyaient avec horreur leurs ignobles ennemis qui les écrasûeot de leur puissance : ils conservaient, par principe et par sentiment, la plus tendre affectîoa pour la fitmiUe de finfortuné souverain» dont ils ue oessaient dlmnorer la mémoire, et dn déplorer la fin tragique.
D'un «utre càté» les presbytériens , fond»-
SDR LiL FRANGE. I99.
,teurs.4«lairépakliqiiei dont Tii^flMenee av^it fait valoir les sirooe^du langptrJemeDti^ ëjlaieni indignés de yw c^qe le pouyoîr leur éehapf)ait , et que^ par la trahison ou l'adçeasQ supérieure de leurs propres as^ocie^^ ik perdaient tout le fruit de leurs travaux passés. Ce mécontentement les poussait vers le parti royaliste, mais sans pouvoir encore les décider : il leur restait de grands préjugés à vaincre ; il fallait passer sur bien des crainte^, sur bien des jalousies, avant qi/il leur fut possible de s'occuper sincèrement de la restauration d'une famille qu^ils avaient si cruellement ofiensée.
Àprèfi avoir assassiné leur roi avec tant de formes apparentes de justice et de solennité , mais dans le fait avec tant de violence et même de rs^e ^ oes hommes pensèrent à se donner une forme régulière de gouvernement : ils établirait un grand comité ou conseil d'état, qui était revêtu du pouvoir exécutif. Ce eooaeil conimandait aux forces de terre dt de mer : il recevait toutes les adresses, faisait exécuter les lois, et préparait toutes les aflbircs qui devaient être soumises au parlement , p. i5o, i5i. L'ad* mînistration était divisée entre plusieurs co~ miles ^ qui s^étaienl emparés de tout, p. i34> et ne rendirent jamais décompte,, pages 166,
Quoique les usurpateurs du pouvoir* par
.!IOO G0NSlB£RATfOirS
leur caractère et par la nature des instruments qu'ils empIoyaiAit y fussent bien plus propres «aux entreprises v^oureuses qu'aux méditations de k législature» p. aog, cependant rassemblée en corps avait l'air de ne s'occuper que de la législation du pays. A l'en croire , elle travailkit à un nouveau plan de représentation , et dès qu'elle aurait achevé la constitution, elle ne tarderait pas de rendre au peuple le pouvoir dont il était la source , p. 1 5 1 .
En attendant, les représentants du peuple jugèrent à propos d'étendre les lois de hautetrahison fort au delà des bornes fixées par l'ancien gouvernement. De simples diseours, des intentions même , quoiqu'elles ne se fussent manifestées par aucun acte extérieur, por* tèrent le nom de conspiration. Affirmer que le gouvernement actuel n'était pas légitime; sou^ tenir que rassemblée des représentants ou le comité exerçaient un pouvoir tyrannique ou illégale; chercher à renverser leur autorité, ou exciter contre eux quelque mouvement séditieux^ c'était se rendre coupable de haute*tra« hison. Ce pouvoir d'emprisonner dont on avait privé le roi, on jugea nécessaire d'en investir le comité, et toutes les prisons d'Angleterre furent remplies d'hommes que les pas<sions du parti dominant présentaient comme suspects f p. 1 63.
SVK LA FRAirCE. UO^^
C'était ane grande jouissaDoe pour les nou-^ veaux maîtres de dëpouillar les seigneurs de leurs noms de terre; et lorsque le brave Mon*trose fat exécutée en Eeosse^ ses jugés ne manquèrent pas de l'appeler Jacques , Graham y i^. i8o.
Outre les impositions inconnues jusqu'alors et continuées sévèrement , on levait sur le peu. pie quatre-vingt-dix mille livres sterlings par mois j pour l'entretien des armées. Les sommes immenses que les usurpateurs du pouvoir ti* raient des biens de la couronne, de ceux du clergé et des royalistes^ ne suffisaient pas aux dépenses énormes, ou j comme on le disait^ aux déprédations àm^ûemeut et de ses créatures^ p. i63, 164.
Les palais du roi furent pillés , et son mobilier fut mis à l'encan ;' ses tableaux , vendus à vil prix, enrichirent toutes les collections de FEurope; des portefeuilles qui avaient coûté 5oyOOO guinées^ furent donnés pour 3oo, p. 388.
Les prétendus représentants du peuple n'a* valent 9 dans le fond, aucune popularité. Incapables de pensées élevées et de graqdes coucep» tiens, rien n'était moins fait pour eux que le r^e de législateurs. Egoïstes et hypocrites^ ils avançaient si lentement dans le grand œuvre ^e la constitution, que.la.nation commença à craindre que leur intention ne fût de se per-