‹ Considérations sur la France (volume 4)Chapitre 21 sur 26 · PRÉFACE. X · texte numérisé non relu

PRÉFACE. X

Il ne parait pas que , depuis Taimée 1 796 , date de la première édition du livre que nous citons (1)9 il se soit passé dans le monde rien qui ait pu amener Tauteur à se repentir de sa théorie. Nous croyons an contraire que, dans ce moment , il peut être utile de la développer pleinement et de la suivre dans toutes ses conséquences j dont Tune des plus importantes, sans doute, est celle qui se trouve énoncée en ces termes au chapitre X du même ouvrage.

L^oumie ne peut faire de souverain. Tout au plus, il peut servir dlnstrument pour déposséder un souverain et livrer ses états à un autre souverain déjà prince ci Du

reste , il ri a jairuUs existé de famille sou^ veraine dont on puisse assigner P origine plé-

penda qualunçue iimile ordinazione* Disc, sopr . Tit. Liv.y Hb. I,cap. IV.

(i) Considérations sur la France ^ chap. IV,

plus grande réunion de moyens , un homme plus puissant j plus actif, plus redoutable ? Longtemps nous le vîmes fouler aux pieds vingt nations muettes et glacées d'effroi; et son pouvoir enfin avait jeté certaines racines qui pouvaient désespérer tespéraiice. *— Cependant il est tombé , et si bas , que la pitié qui le contemple , recule , de peur d'en être touchée. On peut , au reste , observer ici en passant que , par une raiâon un peu di^Térente, il est devenu également difficile de parler de cet homme, et de Taugnsfe rival qui en a débarrassé le monde. L'un échappe à l'insulte , et l'autre à la louange. — Mais revenons.

Dans un ouvrage connu seulement d'un petit nombre de personnes à Saint-Pétersbourg , l'auteur écrivait en l'année 1 8 1 :

c< Lorsque deux partis se heurtent dans une réi^olution , si Von wû tomber dun côte

PaÉFAGB. itV

des victimes précieuses , on peut gager ^ue ce parti ^nira par t emporter f malgré toutes les apparences contraires. »

Cesl encore là une assertion dont la Térité vient d^étre justifiée de la manière la. plus éclatante et la mcnns prévae. L'ordre moral a ses lois comme le physique , el la recherche de ces lois est tont-à-fait digne d^oceuper les mé£tattons du véritable phdlosc^he.

Après un siècle entier de futilités criminelles, il est temps de nous rappeler ce que nous sommes , et de faire remonter toute science à sa source, CTest ce qui a déterminé Fauteur de cet opuscule à lui permettre de s'évader du porte-feuille timide qui le retenait depuis cinq ans. On en laisse subsister la date , et on le donne mot à mot tel qu^il fut écrit à cette époque. Lamitié a provoqué cette publication , et c^est peut-être tant pis pour Fauteur ; car la bonne dame est, dans certaines occasions ,

tout au5si aveagle que son frère. Quoi qull en soit, Tesprit qui a dicté 1-ouvrage jouit d'un privilège connu : il peut sans doute se tromper quelquefois sur des points indifférents , il peut exagérer ou parler trop haut ; il peut enfin offenser la langue ou le goût , et dans ce cas , tant mieux pour les matins , si par hasard il s^en troui^e; mais toujours il lui restera Tespoir le mieux fondé de ne choquer personne, puisqu^il aime tout le monde ; et j de plus , la certitude parfaite d^intéresser une classe d^hommes assez nombreuse et très estimable, sans pouvoir jamais noire à un seul : cette foi est tQut*&-fait tranquillisante.

MODERN LANGUAG15 FACULTY 1;BRARY OXFO- ^' .

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