ESSAI
S«ft
LB PRIHCIPE 6ÉNÉRATE1IE
ras coNsnrunoNS poLmQUES
fit DES AUTRES INSTITUTIONS HUMAINES.
■ iii<«
L Une des grandes erreurs d'un siècle qui les professa toutes , fut de croire qtfune eonstitution politique pouvait être écrite et créée à priori , tandis que la raison et réxpé'rience se réunissent pour établir qu'une tx>nstitution est une œuvre divine , et que ce qu'il y a précisément de plus fondamental et de plus essentiellement constitutionnel dans les lois d'une nation ne saurait être écrit.
IL On a cru souvent faire nne excellente plaisanterie aux Français en leur demandant dam quel lm*e était écrite la loi salique ?
mais Jérôme Bignon répondait fort à propos ,
WKmmmmm.mn
et très probablement ^aiis savoir à quel point il avait raison, qiCeUe était écrite È& cœurs des Français. En effet, soj^osonA [ qa\ine loi de cette importance n'existe que ' pdféi «{oPâte ert éâîtè> fl erit éeAmn que Fantorité qaelconcpie qui Taura écrite, aura le droit j^^i^efikew ; la loi n'aura donc pas ce caractère de sainteté et d^immuabilité qui distingue les lois véritablement constitutionnelles. L*eâSénce d^une loi fondamentale est que personne n'ait le droit de Tabolir : or , comment sera-t-elle au-dessus de tous , si quelqtjiun Ta faite? L'accord du peuple est impossible ; et, quand il en serait autrement , j un accord n'est point une loi^ et n'oblige personne i 4 moins qu'il n'y ait une aotorHé supérieure qui le garsmtisse. Locke ^ charché le caractère de la loi dans l'expression de^ volontés réunies ; il faut être heureux po9r rencontrer ainsi le caractère qqi exclut ]^ér cisément Tidée de foi. En effet ^ les volontés réunies fpmient le règlement et non la /p/, laquelle ^uf^ose nécesssôrement çt manlfes^ tement une volonté supérieure qui . ^e fait obéir (1)^ ce Dans le système de Hobbes x»
(1) « L'homme dans l'état de nature n'avait que des « droits.... £n «ntrani dans la société ^ je renonce & ma
GÉ5£aATBUR. 3
(le ufème qm a fait t^t de fortutie dan»
notre iitèole sous la plum« «de (locke)! t^ 1» ce force des lois civiles ne portç que svt une ce Gon¥euti0n; mais s^il n'y a pomt ^ Im ce luiturelie qui OFdkmne d^o^KCfiljer les lois Cl qu*on a faites ^ de quoi servent * elles ? ce Les proiuesses ^ les enga^oieiits , les serce ments ne sont que d^ pisur^les : il est aussi ce aisé de rompis ce li?p ftiwle, que de le ce fonzier. Sans le dogme d'mi Dieu l^^lace teur, toute ob%ation morale est chimérice que. Force d'un côté; iiyqMiiasiâifie de ce raptre , voilà tout le lie^ des sofHétés hn* ce maiues (1). >»
Ce qu'un sage et profcm^ tbéolqg^ a dit ici de Toblîgation m^ale^ sVp^que avee une égala vérité ^ Tobligalioii pc^que cm civile. La loi n'est proprement /o/, et né possède une véritable sanction qu'en la sup-
« TOlohté painicnliëre pour me confoitiisrà la toi, qui « 0êt la volonté générale, » 7- Le Spectateur /rffngai$ (t. ly p. 194} s'est justement moqué de cette définitiou ; mais 11 pouvait observer de plus qu'elle appartient au tuMey^eisurtout % Loeke, .qi^i a louvert co siècle d'aao manière si funeste.
(i) Dergier , Traité hist. et dogm. de la Relig. , in-8* , tom. III, chap. lY, ( 19, pages 3ao, 331. (D'après Tertull. Apol, 46.)
posant émanée d^ùne volonté supérieure ; en sorte (me son éaraetère essentiel est de rCêtre pmia Planté de tous. Autrement les lois ne seront^ coînmé on vient de le dire, que des règlements; et, comme lé dît -encore i'àutèur dté tout à Pheùre, ce ceux qui ont ce eu la liberté' de fiaîré ces coûventioins , ne rc se sotit pfas dié le pouvoir dé les' révoquer ; ce et leurs -descendants , qâi n^y oiït eu auce cUne paM / sont encore moins tenus de chîes observer (1)* w De là vièitt que- le bon sens' ^mdrdial, heureusement antérieur aux sbnfaismés, à cherché de touis cdtésiasanction des lois dans ane puissance au-dessus de rhomme, soit en reconnaissant que là souveraiiieté vient de Dieu , sôit en révérant certaines lois non écrites , comme venant dé lui.
' III. Ler rédacteurs des lois romaines ont jeté , sans prétention , dans le premier chapire de leur collection , un fragment de )tirîsprudence grecque bien remarquable.
Parmi les lois qui nous gouvernent , (Et ce passage , les unes sont écrites et les autres né
(l)Bergier , Traité historique et dogmatique de la Religion^ in-8% tome HI, chap. IV, $ XII, pages 330, 33t. (D'après TertuUieD; Àpol. 45.)
le sont pas. Rien de plua simple et rien de plus profond. GonnâlUon quelque. loi turque, qtd perqiette expressément au souverain dVnvoyer immédiatemient on homme. i la mort, sans la décision infermédianre d^on tribunal? Connatt-on quelque .loi écrite ^> même religieuse, qui le défende aux souve*.
rains de TEurope chrétienne (1) ?:€ependaht le turc n^est pas plus surpris de voir son mattre ordonner immédiatement •. la mari; d^un honûime, que de le voir.aUeràlaiiiosr:
qùée. U croit, avec toute T Asie, et même* avec toute Tantiquité, que le. droit de: mori exercé immédiatement est un. apanage légi-.
time de la souveraineté. Jttsus.nrà princes frémiraient à la seule idée de condamna:* on homme à mort; car^ selon notice manière de voir, cette condamnation serait uameur^ tre. abominable : et cependant je doute qu^il
(1) VBglite défend à seê enfanU , &neere pta$ fér-^ iement ^ue les lois eivileu , de se faire jusiwe. à e^uemèmes; et & est par son esprit que les rets chrétiens ne se la fontpas^ dans les erùnes mêmes de lèse^mor esté au premier chef, et qu'ils remettent les criminels entre les mains des juges pour les faire punir, selofi les lois el dans les formes de la Justice,' (Pascal ^ XIV* Lettre Prov.) Ce passage est très imporlant et de-^ vraii se trouver ailleurs.
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6 paiNciPE
fût possible de le leur défeddre par une loi fondamentale écrite) sans amener des mtinx plus grands ijne ceux qn^oii await voulu prévenir. IV. Demandez à lliistoire romaine qnel était précisément lé pouvoir dô sénat; elle demenrera mnelte^ du moins . quant aux li* nûtes pr^ises de de pouvoir. On voit bien en général que celui du peuple et celui du sénat se balançaient mutuellement , et ne cessaient de se combattre; on voit bien que le patiiotbme ou la lassitude, la faible^e pu la violence terminaient ces luttes dangereuses y mais nous n^ensavons.paa davantage (t). En assistant à ces grandes scènes de rbistoire, on se sent quelquefois tenté de croire que les dioses seraient allées beaucoup mieux s'il y avait eu des lois précises .pour circonscrire les pouvoirs) mais ce serait une grande erreur :
de pareilles lois , toujours compromises par
(f ) J'ai sanvent riiéchi sur oè psiwse de CicéroB (Be Leg. Il , S«) ; Legéê Lîpùb prœieriim %m0 perneulo êenaiûi puiteto iempariêiublaiœ euni. De qudl droit le sénat prsna^ll oetta liberté? el comment le peuple lelaistaiv*il faire? il n'esC sûrement pas aisé de répondre : mais de quoi peut-on s'étonner dans ce genre , puisqn'aprto tonl ce qu'on a écrit sur f ki^tcnre et sur les aintiqnités romahMS, il a fallu de nos jours écrire des dislertations pour savoir comment le sénat se recrutait?
des. cas inatteadra et dm exceptions forcées^ n^aoraient pas doré six mois, ou elles auraient renTersé là république.
y. La constitiition angolaise e&t on exemple fhvi près de nous, et psor conséquent plus
frappant. Qu^on Tex aminé aTec attention :
on verra çu^elle ne va <fi^en n'allant pas (si
ee jeu de mots est permis). Elle ne se soutient que par les exceptions* Vhabeas corpu^j par exemple , a été si souvent et s\ longtemps su^ndu, qu^on a pu douter si Texception n^était pas devenue règle. Çpi^posons un ins^ tant que les auteurs de ce fameux acte eussent eu la (Nrétention de fixiez les cas oU il pourrait être suspendu , Us Ts^uraient anéanti par le
liât.
VI* Dans la séance de la. chambre des coimnaDes du 26 juin .1807, un lord cita rautorité d^un grand homme d^état pour éta- I^ çuefe Roi jia pas le droit de dissoudre le parlement pendant \a session ; mais cette opinion fut contredite. Où est la loi? Essayes de la faire ^ et de fixer exclusivement par
écrit le cas où le Roi a ce droit; voua amènerez une révolution. Le Roi j dit alorft Pun des membres , a ce droit lorsque P occasion est importante; maïs qu'est-ce qu'une occa-
s pBtmiîk
sion hnportante ? Essayez encore de le cider par écrit. \
YIL MaisToici qaelqaè diose de plus sii»-:
gulier . Tout le monde se râppielle la ^lide qoè^tiôii agitée avec tant de chaletnr en ^n^^é-* tenre ien Taimée 1806 : il s^ag^ssait de savoœ si la cumuléiêion étwi emploi de judlcMure ûi^ec une place de membre du conseil ptîvé s'accordait ou non a\^c les principes de lia constitution anglaise ; dans la séance de celte même chambre des comijriaiies àxk 3 msrirs .
mi membre observa tfue t Angleterre estgou^ vemée par un corps (le conseil privé ) çuè là constitution ignore (i). Seulement^ ajouta-' t-îl, elle le laisse faire (2).
Voilà donc chez cette sage et justemèioit fameuse Angleterre un corps qui gouverne et fait tout dans le vrai , maïs qiie la constttùtion ne connaît pas. Delolme a oïdblié ee trait, que je potùrais appuyer de plusieurs autres.
(I; Thu9 eountru û govemed by a body noi known hy LegUlature.
(d) Conniêedat. Y. le Londom^Ckronieie du 4 niars «806. Obserrez que ce mot de legiêlature, renfermant les trois pouToirs, il suit de cette assertion que le tloi même ignore le eomeil privé. — Je crois cepehdaD» au'il s'en doute.
GÉNtHATSUa. 9
Après cela, qu^on vienne nous parler de constitaûons écrites et de lois constitutionnelles faites à priori. On ne conçoit pas comment nn homme sensé peut rêver la'pos* s9)îlité d^one pareille chimère. Si Ton s^aVi-^ sait de faire une loi en Angleterre pour donner une existence ' constitutionnelle ào conseil privé , et pour régler ensuite et circonscrire rigoureusement ses privilèges et s^ attributions , avec les précautions nécessaires pour limiter son influence et Tempècher d'en abuser , on renverserait Tétat.
La véritable constitution anglaise est cet esprit public^ admirable, unique, infaillible, au-dessus de tout éloge , qui mène tout, qu| sauve tout. — Ce qui est écrit n^st rien (f ).
Yin. On jeta les hauts cris \ sur la fin du siècle dernier, contre un ministre qui atait conçu le projet d'introduire cette même constitution anglaise (ou ce qu'ion appelait de ce nom) dans un royaume en convulsion
(1) Cette conititution turbulente, dit Hume , toèt^ fours flottante entre la prérogative et le privilège , présente une foule tTautcrités pour et contre. (Hisi. d'Angl.^ Jacques I*', chap. XLVII , ann. 1691.) Huoie^ en disant ainsi la vérité , ne manque point de respect à son pays^ il dit ce qui est elce qui doit être.
1 PfilNGIPB
qpi ea demandait une qaelcoii<pie avec uni espèce de fureur. Il eat tQr( , si Toa veut , autant da mom$ ^W peut avoir tort lors.
qo*an est de bonne foi; ce qa!il est bien per-. mis de supposer ^ et ce que je crois de tout mon coeur. Mais qui donc avait droit de le condamner? Fel duo. vel nenio. U ne déclarait pas vouloir rien détruire de son cbef ,, il voulait seulement ^ disait-il ^ substituer une chose qui lui paraissait raisonnable , à une autre dont on ne voulait plus , et qui même par le fait n^existaît plus. Si Ton suppose d'ailleurs le principe comme posé (et il Tétait eflii effet ) y que t homme peut créer une con^ $iitution^ ce ministre (qui était certainement lui homnie) avait droit de faire la sienne tput coHunç Ufi antre 9 et plus qu'un autre.
Les doctrines sur ce point étaient-elles douteuses ? Ne croyait^on pa» de tout côté qu'une constitution est un ouvrage d^esprit comme une ode ou une tragédie? Thomas Payije n'avait-il pas déclaré avec une profondeur qui no^issait les universités , (/itune constitution rf existe pas tant qiton ne peut la mettre dans sa pœhe ? Le dix-huitième siècle , qui ne s'est douté de rien , n'a douté de rien : c'est la règle ; et je ne croîs pas qu'il ait pro-
GÉKÉRATBUB. 11
dnit an seiil joorenceau de qudqoe taitot ifvi n^ait fait trois choses ao sortir dn collège ; une néopédiej imè constitntion et un itionde. Si donc un bomme j dans la maturité de Tàge ei du talent , profondémient versé dans les sciences économiques et dans la philosophie du temps, n'^avait entrepris que la se»
coudé de ces choses seulement, je Taurais trouvé déjà excessivement niôdéré; mais j^avoue qu^il me parait un véritable prodige de sagesse et dé modestie lorsque je le vois, mettant (au moins comme il le croyait) fexpérience à la place des folles théories , demander respectueusement une constitution aux Anglais , au lieu de la faire lui-même « On dira : Cela même rC était pas possible. Je le sais , mais il ne le savait pas : et comment Taurait-il su ? Qu^on me nonune celui qui le lui avait dit.
IX. Plus on examinera le jeu de Taction humaine dans la formation des constitutions politiques, et plus on se convaincra qu^elIe nV entre que d'une manière infiniment suhordomiée; ou comme simple instrmnent; et je ne crois pas qull reste le moindre doute sur Tincontestable vérité des propositions suivantes ;
1 2 paiscns
1 . Qae les racines des con^tituUgns pplit tiques exjstént avant toule loi écrite ; ^
3. Qu^ime loi constitatiomielle n^e&t et w^ pent être qae le deTeloppement ou la sauqtion d^un droit préexistant et non écrit;..
3. Que ce qu'il y a de plps essentiel ^ die plus intrinsèquement constitutionnel , et de véritablement fondamental , ii^'est iajnais^ écrit, et même ne saurait l'être, sans exposer rétat;
4. Que la faiblesse et la fragilité d'une constitution sont précisément en raison directe de la multiplicité des articles .constitutionnels écrits (1).
X. Nous sommes trompés sur ce point p^r un sophisme si naturel , qu'il échappe entièrement à notre attention. Parce que Thomme agit, a croit agir seol, et parce quil a la conscience de sa liberté , il oublie sa dépen* dance. Dans Tordre physique il entead raison; et quoiqu'il puisse , par exemple , planter un gland y l'arroser , etc. , cependant il est capable de convenir qu^il ne fait pas des chênes,, parce qu'il voit l'arbre croître et se perfec-
(f ) Ce qui peut servir de C4)innientaire au mot célèbre de Tacile : Pessimœ Ri.ipubUcœ plurimœ Leget.
GÉirÉRATBtTR. 1 3
tfohner sans que lé pouvoir humain s^eti mélr, et que dV^ilteurs il n^a pas fait le gland ; mais dans Tordre social^ où il est présent et agents H' se met à croire quUl est réellement Fauteur direct de tout ce qui se fait par lui : c^est , dans un sens , la truelle qui se croit archi^ técte . L*homme est intell^nt , il est libre , il est sublime, sans doute; mais il nVn est pas moins Un outil de Dieu , suivant Theureuse expression* de Plutarque dans un beau passage qui vient de lui-même se placer ici. // ne faut pas s^esmen^iller ^ dit-il, si les plus belles et lès plus grandes choses du monde se font par la volonté et providence de Dieu , attendu que , en toutes les plus grandes et principales parties du mondes il j a une ame; car Porgane et util de Famcj àest le corps y et Pâme est l^util ds mstr. Et comme le corps a de soj plusieurs mouvemenis , et que la pluspartj mesmement les plus nobles^ il les a de tome , aussy tome ne faiùly ne plus^ ne moins ^ auscunes de ses ope^ rations y estant meuë delle-mesme j es autres^ elle se laisse manier , dresser et tourner à Dieu y comme il luiplaist; estant le plus bel organe et le plus adroist util qui sçauroit estre : car ce seroit chose estrange que' le
14 puiicjms
pent ^ lei nuéfis et les fJj^yes fuss^U imtrw menls de Dhu ^ a»ec lesquels il nourrk et efUreiient plimeurs creafwes^ et en. perd uussy et deffakt plusieurs ausb^r ^^ ^Une se servist. nullement des émoumm à faire pw une de ses ceu9resw Ains est beaucoup .plMS vray-^sembhibh y attendu çuUlsi^dependent to^ paiement de la pidssançe de Dieu » ^^ils serpent à tous les mouvemenls et secomient toutes les volontés de Dieu , plus4ost4jue les arcs ne s'^accopwtpdent aux S^theSy Jes lyres aus Grecs ne les hauhois (1).
On ne «aaraitniietpcdire; et)ç ce croi^pw ^ue ces hellçs ^é&wow tranyent mille part d'application plqs juste que dans la fosmatioii des constitijitioiis poUtiqaes, oii Ton peut dire , a^ec une égale vérité , que rbffmiiie fait tout et ne fait rien.
XI* .&% y a quelque johose de connu , ç'i^ la cpniparabon de Clcéron au suj^et du système d^Epicure , qui voulait bâtir un monde avec les atomes tombant au hasard dans, le vide. On me ferait plutôt croire , disait jk grand oratefir , que des lettres fêtées en tn^
(1) nutarque. Banquet de$ sept Sages, tradticlion d'Amyot.
pourrakfm s^ arranger^ en tombant^ de manière à former un poème. Des millîers de boaches dut répété et cél^ré cette pensée ; ]é m vois pas <cepAidflBt cpse pepsonne 'dit Mtigé i hak doiMer le eompléméiit ^i Iniman^oe. Sfq>pMons ^pÊB des caraetëres d%nppimerie jetés ft jji^iiiëè makis du haot d^ime Xmxt "nennent former i tétre HfAthalie de Racine , «p^epi résrftera-t-ll ? Çttune itUfiUigence a présidé à la chute et à tatrangemeni des caractères ^ \jt bon sens ne conolura ^miHS autrement.
XH.^ Gonsidérons maintenant une cmistitfÉtion poiitiqpe quelconque, «eeUe de TAngletett*ef par exemple. Certainement elle n'a pas été faite k priori. Jamais des hcmimes dV&tat ne se sont assemblés et n^<mt dit :
Créons- trois pouvoirs ; halançons-^es de telle manière , etc.; personne n^ a pensé, La con- 6titotîon est TouTrage An» circonstances y et le nombt% de ces circonsfeances est infini. Les lois romaines y les lois ecclésiastiqaes , les leîs féodales; les contâmes saxonnes , normandes et danoises ; les privilèges , les préjugés et les prétentions de tons les ordres ; lés gueires , les révoltes , les révokitîons , la conquête, les croisades; toutes les vertus, tous les vices, toutes les connaissmices ^
16 PBmcffS
toutes les errecurs, toutes les passions; tous ces éléments , enfin ^ .s^;issant ensemble , .et formant par leur mâaiige et leur action l*écqproque des combinaisons iiiiôltifttées par myriades de milli<ms, ont produit epfin^iiprès plusieurs siècles , iHn^ité la plus eompliquée et le plus bel équilibre de forces pplitJM|ixes qu'on ait jamais vu dans le monde (1)«
. Xin. Or , puisque ces ^ élémens , ainsi projetés dans Tespace, se sontarrai^^ en si bel ordre, sans <{ue, parmi cette foule inn<»nbrable d hommes fi ont ^>os ce vaste champ, un seul ait jamsâs su ce qu'ail faisait par rappoit au tput , ni ^prévu ça ^^i devait arriver, il s^ensuit que c^ élëfnents étaient guidés dans Iqur chute par uçe main infaillible, supérieure à Thomme. La plus
(t)' Tacite croyait que cette forme de goiiTemèment ne serait jamais qu'une théorie idéale ou une eipérienoe paoagére. « Le meilleur de tous les gouTeroeiiieBts, » dit-il (d'après Cicéron, comme on sait), « serait celui ce qui résulterait du mélange des trois pouvoirs balanoéi tt Fun^per Tautre; maiseegêuvêmemenifi^ejnsiêra « jamais ; au f ^il te montre ^ il ne durera jHte* » (Annal, iv, 33.) Le bon sens anglais peut cependant le Daire durer bien plus longtemps qu'on ne pourrait rimagiaer, en subordonnant sans cesse , sHiis,pilt>> ou moit», la théorie, ou ce qu'on appelle les principe* , aux levons de l'expérience et de la modération : ce qui serait impossible^ si \eê principes étaient écrits.
g6hAbatsur. . 17
grande folie ^ pent-^ètre, do ^ièele des folies > fut de caroire que les lois fondamentales pouvûent .être émtes à priori; tandis qpof elles «ont évidemment Toaistage d^une force sùçè^ rienre à l-homme ; et q^ récriture même, très postérieure , est pour dOle le plus grand signe de nullité.
XIY • U est bien remarquable que Dieu ^ ayant daigné parler aux hommes, a manifesté luinmème ces i/érités dans les deuK révélations que nous tenons de sa bonté. Un très habile homme qui a fait, à mon avis, une sorte d'^époque dans notre siècle , à raison du combat à outrance quHl nous montre daitô sts écrits entre les préjugés les plus terribles de siècle, de secte , d'^habifudes , etc., et les in^ tentions les plus pures , les mouvemente du cœur le plus droit, les connaissances les plus précieuses ; cet habile homme, db-je, a décidé ce qitune instruction venant immédiatement de Dieu y ou donnée seulement par ses ordres^ devait premièrement certifier aux hommes Pexistence de cet ÊTRE. »
C^est précisément le contraire ; car le premier caractère de cette instruction est de ne révéler directement ni l'existence de Dieu , ni ses attributs ; mais de supposer le tout antérieu- *
18 PBIHGIIiB
retheûl Gonntiyv^aiisqa^oiièaehe ni pouinpiai} ni* comment. Ainsi cdlé ne dit poiiH; : U tùy <i) ôtt vous ne croirez ^ni^un smd.Dieu éiernei , toiU-^puissanty etc., dlè dit (et c^estson premier mot)^ -sons une forme purement narhijti^ t ^^ commencement Dieu créa^ et€. ; par 011 elle suppose que le dogme est cosmn avant ^Ecriture,
XY. Passom au «christianisme ^ qoi ^t ki plus grande de tcmtes les institutions imaginables, puis^'elle est toute divine, et qu'^eUe est faite pour tous les hommes et pour tons les ^ècles. Nous la trouveront soumise à la lot générale. Cartes, son divin auteur était bien le mattre d^mre Im^mème ou de labre*éaîre ; ci|>endant il n^a fait ni Tun ni Tautre , du moirà en forme législative. Le Nonveau^Tes^tament , postérieur à la mort du législateur , et même à rétablissement de sa religion , présente ime narration , des avertissements , des préceptes moraux , des exhortations, des ordres , des menaces , etc« , mais nullement un recueil de dogmes énoncés en forme impérative. Les évangélistes , en racontant cette dernière cène oii Dieu nous aima JUSQU'A LA FIN, avaient là une belle occasion de commander par écrit à notre croyance ; ils
se gsurd^nt cepen^^^ d^ déclarer, ni d'ordonner rien. On lit bien d$na leur admirable histoire : Allez j enseigraez ; m^às point dn tout ; Enseignes ceci ou cela* Si le dogme se présente sous la plame de Thistoriâi sacré, il rénonce simplement conanxe une chose antérieurement connue (1). Les symboles qui psorurent depuis sont des professions de foi pour se reconnaître, ou pour contredire les erreurs du marnent. On y lit : Nous croyons} jamais vous croiresi. Nous les réciton$ e^ particulier ; nous les chantons daaw les tempks , sur la lyre et sur forgue (2) , comme de véritables prières, parce qu'ils sont des formules de souisisâon, de confiance et de foi adressées à Dieu , et non des ordonnances adressées aux honunes. Je vou-
(1) Il est très remarquable que les évangélistes mêmes ne prirent la plume que tard, et principalement pour contredire des histoires fausses publiées de leur temps. Les épttres canoniques naquirent aussi de causes accidentelles : jamais l'Ecriture n'entra dans le plan primitif des fondateurs. Milly quoique protestant ^ l'a reconnu expressément. {Pro leg. in Ffov- Tesi. grœ c,p. i , n* 63. Et Hobbes avait déjà fait la même observation en Angleterre {Hobbes^s Tripos in three discourses. Dis. The tu y p. Î65 ,in-8r )
<â} IH ehordis et organo, Ps. cl. 4.
XO PAiHcm
dràia bien voir la Confession SAusbourg oo les trente-neuf articles mis en musiqae \ cela serait plaisant (1)!
Bien loin qae les premiers symboles contiennent renoncé dé tous nos dogmes , les chrétiens d'alors am'aient au contraire regardé comme un grand crinie de les énoncer tous.
Il en est de même des saintes Ecntores : jamais il n'y eut dldée plus creuse que celle d'y chercher la totalité des dogmes chrétiens : il n'y a pas une ligne dans ces écrits qui déclare , qui laisse seulement apercevoir le projet d'en fsdre un code ou une d^laration dogmatique de tous les articles de foi.
XYI. Il y a plus : si un peuple possède un Ae ces codes de croyance^ on peut être sûr de trois choses :