‹ Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernesChapitre 17 sur 78 · DE ]/ÈRE DES TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

DE ]/ÈRE DES TEMPS MODERNES

u'ticulier, sans viser d'ailleurs à une précision chronologique inutile à notre but et qui pourrait devenir une cause d'embarras . Ainsi, à ne considérer que les révolutions de la politique, on serait tenté de se demander s'il convient de terminer ce que nous appelons le dix-septième siècle, ou par la révolution anglaise de 1688 et par l'humiliation du grand roi, obligé de reconnaître à Ryswick « le fait accompli », ou par l'ouverture de la succession d'Espagne en 1701, ou par la paix d'Utrecht qui termine cette grande querelle en 1713 et fonde un nouveau droit européen. De même, tout calendrier mis de côté, se poserait la question de savoir s'il vaut mieux dater le commencement du dix-neuvième siècle, ou île l'explosion de 1789, ou de l'apaisement de la grande crise révolutionnaire dix ans plus tard, ou du retour de la paix en 1815, retour qui amène la réaction dans les idées et les transformations économiques par lesquelles le dix-neuvième siècle tranche surtout avec le siècle précédent (1). Sur de pareilles questions il faudrait bien se décider si l'on écrivait une histoire en forme ; mais des observations générales, comme celles que nous comptons présenter, trouveront toujours leur place sous une rubrique ou sous une autre, avec moins d'inconvénients qu'il n'y en aurait à s'asservir à une chronologie systématique.

(1) En 1809, le célèbre comte de Maistre ne regardait pas le dixhuitième siècle comme clos, lorsqu'il annonç^iit, dans le XP entretien des Soirées de Saint'Pétersbounj, la venue d'une sorte de messie philosophique, ayant la mission « de mettre fin au dix-huitième siècle qui dure toujours, car les siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier comme les siècles proprement dits. » Le tort de l'allier philosophe €st ici de compter sur un homme (et probablement sur luimême) pour opérer la clôture d'u-n siècle : dans la phase actuelle de l'humanité, ce ne peut être que l'œuvre d'un autre siècle.

Page 1