CHAPITRE V
DES GRANDS TRAITS DE l'hISTOIRE POLITIQUE DE Là RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Chacun reconnaîtra sans peine qu'il ne fallait pas, dès le milieu du siècle dernier, une pénétration bien au-dessus de celle du vulgaire pour avoir le pressentiment de quelque grand changement dans le gouvernement de la France. Le monarque lui-même ne demandait qu'à vivre au jour le jour. On redoutait comme un remède extrême, qui pouvait devenir un poison mortel, la convocation des États-généraux, ainsi que jadis la cour de Piome avait tant redouté, pour des raisons semblables, la convocation du concile œcuménique; et l'on était persuadé que le désordre des finances obligerait tôt ou tard d'affronter ce remède héroïque. L'événement arrivé, après le gaspillage de tant de milliards dans les révolutions et dans les guerres, à la vue de nos budgets modernes qui n'arrêtent pas l'accroissement des fortunes privées et de la richesse nationale, on s'est pris à rire de la mesquinerie du déficit financier qui avait occasionné de pareils bouleversements. On s'est dit qu'il n'aurait fallu qu'un peu plus de ménagement dans les dépenses royales ou une médiocre faculté inventive en fait d'expédients financiers, pour prévenir ou combler ce fameux déficit. Il n'y aurait donc pas eu de proportion entre
les effets et les causes : il aurait suffi d'un hasard pour empêcher l'explosion^ ce qui revient à dire que l'explosion aurait eu lieu par hasard.
Quand on raisonne ainsi, l'on méconnaît gravement les données essentielles de la question. Ce n'est point par hasard, mais par la force des choses, que tous les gouvernements, monarchiques ou parlementaires, absolus ou contrôlés, ont tendu sans cesse jusqu'ici, au moins dans le vieux monde, à élever le niveau de leurs dépenses au-dessus du niveau de leurs recettes, et se sont vus en conséquence dans la nécessité de hausser les taxes existantes, d'en imaginer de nouvelles, de contracter des emprunts, d'essayer de les amortir et puis d'y renoncer. Les ministres, les dynasties, les formes de gouvernement se sont succédé sans rien changer à celte marche générale, sauf quelque temps d'arrêt insignifiants. Quand les ministres de Tancienne royauté auraient tous été des Sully ou des Turgot, quand tous les monarques auraient eu la fine bonhommie de Henri IV ou la rude et simple honnêteté de Louis XVI, quand ils auraient tous tenu bon contre les obsessions des courtisans et les tentations des traitants, il aurait bien fallu qu'un État comme la France, où la centralisation monarchique avait décidément prévalu, où l'accroissement sensible de la population, de l'industrie et de la richesse commandaient un plus grand développement de tous les services publics ; qu'un État enfin qui devait entretenir des armées toujours plus nombreuses pour assurer l'ordre dans l'intérieur et pour tenir son rang au dehors, en payant argent comptant ce que jadis on ne se faisait pas scrupule de prendre, avisât aux moyens d'augmenter son revenu et de mettre son capital en valeur par des anticipations sur l'avenir. La France ne pouvait pas être administrée patrimonialement ou bourgeoisement, comme une petite principauté d'Allemagne ou comme un canton suisse, et elle
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ne voulait pas déchoir politiquement comme l'Espagne. Il fallait donc que la charge de l'impôt s'accrût, ne fût-ce que nominalement, tout compte fait de l'accroissement de la richesse publique et de la baisse des métaux précieux. Or, pour un accroissement de charges publiques, lors même qu'il ne serait que nominal ou apparent, il faut nécessairement compter avec l'opinion publique; il faut risquer, sur le terrain de la politique, des conflits qui doivent amener, non pas fortuitement, mais de toute néces site, une explosion révolutionnaire, si d'ailleurs le temps s'est chargé d'accumuler et de mettre en présence toutes les matières explosibles.
On a dit que les conflits auraient pu être évités, si la France de l'ancien régime n'avait eu le malheur de manquer de constitution : tous les pouvoirs politiques n'y ayant que des attributions usurpées ou incertaines et mal définies. C'est encore là, selon nous, une manière inexacte de poser la question. Les constitutions écrites (la raison l'indique et l'expérience l'a depuis bien prouvé) n'empêchent pas les conflits, les refus de concours, les obstinations, les coups d'État, les émeutes, les révolutions. Quand le chancelier Maupeou reçut, à l'avènement de Louis XVI, sa lettre d'exil, signe du prochain rétablissement des parlements, on rapporte qu'il dit : (( J'avais fait gagner au roi un procès qui dure depuis trois cents ans; le roi veut le perdre, il en est bien le maître ». Or, un procès qui dure depuis trois cents ans, avec une si remarquable uniformité dansia procédure, ressemble fort aune constitution; et il est bien certain que dorénavant nulle constitution écrite n'aura la même longévité. La France de l ancien régime, depuis l'anéantissement politique de la féodalité et la discontinuation des États-généraux, était donc parvenue à se faire une constitution telle quelle : seulement cette constitution avait plus que des vices, elle avait des. bizarreries,
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des ridicules qui ne lui permettaient pas de supporter l'examen'dans un siècle raisonneur et moqueur. Voltaire n'avait pas épargné les railleries à ces robins qui achetaient pour soixante mille livres le droit de se poser en tuteurs des rois et en censeurs de leurs ministres. La gravité apprêtée de la Grand' chambre et le tumulte des Enquêtes , le rôle du Premier Président et des gens du Roi, à moitié fidèles au roi, à moitié à leur Compagnie, cette Cour qui était ou qui n'était pas ce suffisamment garnie de Pairs », selon qu'il plaisait ou qu'il ne plaisait pas aux ministres de permettre aux Pairs de prendre séance, qui tantôt affichait sa supériorité sur les autres parlements, et d'autres fois s'avisait de ne vouloir faire qu'un même corps avec .eux, rien de tout cela ne pouvait tenir dans le siècle des Chatham et des Burke, quand le plus mince avocat avait sur ses tablettes VEsprit des lois et le Contrat social.
— Il fallait donc bien satisfaire, non par une mesure exceptionnelle, accidentelle, comme une convocation de notables ou d'États-généraux, mais par l'institution de quelque mécanisme permanent, propre à remplacer le mécanisme usé, à ce besoin de publicité, de contrôle et d'intervention de l'opinion publique, résultant de l'accroissement inévitable des dépenses publiques. Des Assemblées provinciales auraient été incompatibles avec les principes d'uniformité et d'équitable répartition qui tendaient par tout à prévaloir. Comment aurait-on fait la part des intérêts provinciaux et des intérêts généraux ? Comment respecter les inégalités et les privilèges, à propos des charges léguées par le passé, en les proscrivant pour l'avenir? Comment une mesure législative, fiscale ou financière, aurait-elle pu être acceptée dans un ressort et rejetée dans une autre? Si nous avons maintenant deux Autriches, cis-leithane et trans-leithane, on aurait eu alors une quinzaine de Frances. On ne pouvait donc éviter une repré-
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seiitation réputée nationale, des Assemblées nationales régulièrement convoquées. Conséquemment il fallait que la royauté, mise au pied du mur, s'en tirât par la convocation extraordinaire d'une Agsemblée constituante, c'est-àdire qu'elle abdiquât et qu'elle amenât tout ce que nous avons vu. Ou bien il fallait que le roi s'attribuât à lui-même le pouvoir constituant, en brisant les résistances des parlements, du clergé, de la noblesse en bravant l'opposition des courtisans, des dévots, des philosophes, en défendant son € juste-milieu )), sa charte octroyée contre les poignantes attaques des conservateurs obstinés et dés novateurs impatients, en jouant un jeu de bascule, sans cesse contrarié par la coalition des partis extrêmes. Or, l'on sait ce qu'ont produit dans des temps bien moins critiques, avec des contrariétés d'intérêts bien moins flagrantes, avec bien plus d'apaisement des passions, ces prétentions à un gouvernement de juste milieu. Comment supposer que la machine politique, improvisée par déclaration, royale dans de pareilles circonstances, aurait pu fonctionner sans amener d'abord des conflits, des désordres, puis la secousse fatale à un édifice vermoulu. Un miracle seul (comme si le petit-fils de Louis XV eût été un Bonaparte, malgré toutes ses traditions de famille et son éducation royale) aurait pu fournir les moyens de l'étayer pendant quarante ans encore : mais la nécessité de tels miracles équivaut à une impossibilité dans l'ordre des faits historiques.
Louis XVI, nourri dansle palais de Versailles, ne pouvait être ni un Bonaparte, ni un Frédéric, ni même un Joseph II dont il savait d'ailleurs très-bien comprendre et juger les systèmes. Il ne pouvait oubher qu'il tenait la place du grand roi, ni renier sa qualité de gentilhomme ou son titre de fils aîné de l'Eglise. Ses frères, avec plus de prétentions à l'esprit ou à la chevalerie, n'eussent pps mieux fait que lui, et ne se sont mieux tirés d'affaire quand
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leur tour est venu, que grâce à Thabitude de. fuir, contractée de longue main. Tous les princes de sa race, placés sur d'autres trônes, ont succombé comme lui, sans exciter (tant s'en faut) l'intérêt qui s'attache à ses malheurs et à ses vertus privées, sans avoir donné plus que lui l'exemple des vertus royales. Rien n'accuse mieux la sénilité d'une dynastie, le désaccord entre ses traditions domestiques et les conditions des temps nouveaux; rien n'atténue davantage la part des erreurs et des torts individuels. L'indécision, les concessions, les rétractations tant reprochées à Louis XVI tenaient sans doute à une faiblesse de caractère, mais témoignent aussi de lumières supérieures à celles de son entourage, d'un plus juste sentiment des périls auxquels l'exposait de toute part une fatalité inéluctable. Dans la journée du 14 juillet 4789, restée comme le type de nos journées révolutionnaires, le soldat avait passé à l'émeute, le roi avait rendu son épée, le gros de la nation avait acclamé, une ivresse générale avait gagné les têtes; la royauté capétienne, l'aînée des royautés de l'Europe, était frappée au cœur; le secret de sa faiblesse, de son impuissance était divulgué; toutes les hiérarchies sociales qui ne subsistaient plus que par elle, se sentaient frappées du même coup, ou plutôt elles sentaient qu'on ne s'en prenait à la royauté que pour détruire le seul appui qui leur restait. En réalité Louis XVI n'avait plus que le choix entre fuir ou mourir. 11 eût été plus beau devant le monde, plus digne d'un roi gentilhomme, plus utile même à sa race, de mourir en héros qu'en martyr chrétien; pas de doute à cela : mais la royauté héréditaire n'a pas la vertu de produire des héros au moment précis où le besoin s'en fait sentir; les conséquences naturelles et habituelles de l'institution ne doivent pas être mises sur le compte du hasard.
Mounier et ses amis ont renoncé à essayer de gouverner
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la Révolution, quand ils ont vu échouer leur système des deux Chambres, et ils ont bien fait, car cette témérité à se jeter dans des voies absolument inconnues, en faisait pressentii' bien d'autres : mais par contre ils se trompaient fort s'ils croyaient que dans la fièvre des partis, sous la pression des journaux, des clubs et des émeutes, il suffisait d'édicter une constitution plus ou moins imitée des Anglais ou des Américains, pour clore la Révolution. De ce que les clubs et les émeutes ont si facilement renversé les faibles digues que leur opposait la Constitution de 1791, est-il permis de conclure, après les événements qu'on a vus depuis, qu'en 1792 on eût mieux réussi à contenir les clubs et les émeutes avec un parlement à l'anglaise, un roi faible, des royalistes divisés et une armée désorganisée? On ne fonde pas des constitutions sur le champ de bataille, et toute la France n'était alors et ne pouvait être qu'un champ de bataille.
Assez longtemps on a pu croire que, si une mort soudaine n'eût emporté Mirabeau, cet homme aurait été de taille à sauver la royauté : aujourd'hui que tous les détails de ses négociations avec la Cour nous sont connus, qu'y voit-on? Rien qui dépasse les proportions d'une vulgaire intrigue à laquelle prennent part quelques honnêtes gens pour des espérances en l'air et quelques chevahers d'industrie pour un peu d'argent. Rien n'y sort du vague et du commun, aussi bien du côté de Mirabeau malgré ses intentions foncièrement bonnes et son incontestable supériorité, que du côté des entremetteurs. Avec de puissantes facultés et même du génie, Mirabeau manquait de la force de caractère qui fait l'homme d'État ; et il serait resté fort au-dessous du rôle de restaurateur d'empire, quand même les désordres de sa vie passée et sa situation besogneuse ne le lui auraientp as interdit. Pendant longtemps l'esprit de parti s'est cramponné à l'idée que la Révolution ne se
serait pas faite sans l'or du prince qui habitait le Palais- Royal, et sans les ténébreuses machinations de ses familiers. On ne peut plus croire cela aujourd'hui, après que les factions, les conspirations et l'émeute ont donné, en France et ailleurs, tant de preuves de leur propre vitalité.
— Tenons donc pour certain que la Révolution était inévitable, et qu'elle ne pouvait être, au moins dans sa première crise, ni gouvernée, ni dirigée, ni même efficacement combattue. Quand les caprices et les lenteurs d'une maladie chronique déroutent et impatientent le médecin, il essaye parfois de la faire passer à l'état aigu; et s'il y réussit, s'il détermine, comme on dit, une crise, la crise consiste en une succession rapide de phases qui conduisent promptement à une issue favorable ou funeste. En acquérant plus d'énergie, la lutte entre des principes contraires s'est mieux prononcée; l'anomalie a pris un caractère normal, l'ordre s'est introduit dans le désordre même. Il en faut dire autant des grandes crises politiques : plus elles ont d'intensité, plus elles tournent à l'état aigu, plus elles doivent offrir de régularité dans leurs phases. En un quart de siècle, la France a offert le spectacle de deux crises de ce genre, à jamais mémorables, et que l'on peut qualifier d'incomparables, pour l'intensité ouFacuité comme pour la régularité des accès. Il n'y a vraiment de parallèle et de contraste à étabhr qu'entre Fune de ces crises et Fautre : les principes les plus contraires faisant justement de Fune et de Fautre les modèles les plus achevés de ce que Foi:, appelle la fatalité historique.
En elïet, le caractère dominant de notre grande crise révolutionnaire, sous nos trois premières Assemblées qui^ se succèdent comme les actes d'un drame ou de ce quel l'on nomme aujourd'hui une (( trilogie », c'est d'être un entraînement général, irrésistible, un de ces phénomènes] du monde moral sur lesquels les forces individuelles n'ont
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pas plus de prise qu'elles n'en peuvent avoir sur les imposants phénomènes du monde physique et sur le tumulte des éléments (1). Les individus n'y acquièrent passagèrement de l'importance qu'à condition d'aider à la roue; et la roue les broie dès qu'ils essayent d'en arrêter ou d'en retarder le mouvement. Rien ne peut s'opposer au flot montant de la démocratie, à la passion de démolir et de niveler, jusqu'à cette phase de la Terreur, unique en son genre comme la crise elle-même, et suivie d'une réaction à laquelle les terroristes eux-mêmes donnent malgré eux le branle et qui les entraîne, au point qu'à partir de là, selon les plus récents apologistes du système, il faut considérer la cause de la Révolution comme perdue, en attendant le futur inillenium. Il n'est pas étonnant que ces pages de l'histoire aient pris une teinte de fatalisme contre lequel on a mal à propos protesté au nom de la morale et de la raison. Comme si le crime cessait d'être crime et le criminel d'être moralement responsable et justement punissable, parce que, bon gré mal gré, la statistique accuse par la constance de certains nombres la constance de certaines causes dont l'action se fait sentir jusque sur le terrain de la criminalité (livre I, chap. 1)!
A la crise que nulle force individuelle ne pouvait conjurer ni gouverner, en succède une autre où la volonté d'un homme peut tout, dispose de tout; et ceci même ne serait qu'un accident assez commun dans l'histoire, si l'on n'avait affaire qu'à la supériorité des talents, à l'éminence des fa-
(I) « Si quand 0 aut régi juslo vim populus attulit, regnove eum spoliavit, aut etiam, id quod evenil sa^pius, oplimalium sanguinem gustavil, ac tolam rempublicam substravit libidini suae, cave pules autem mare uUum aut flammam esse lantam, quaui non sit facilius sedare, quatn effraenatam insolentia multiiudinem. » Cic, de Republica, I, 42. — Ces lignes seules vaudraient la peine qu'Angelo Mai s'est donnée pour déchiffrer. le fameux palimpseste de Milan.
cultes, à ces hautes capacités de général, de politique, d'administrateur, dont la réunion compose le grand prince et fait du prince un grand homme. 11 faut, pour produire le phénomène dont nous voulons nous rendre compte, que l'homme invincible et maître des autres par ses talents soit irrésistiblement maîtrise par son caractère ; qu'il ne trouve pas seulement, comme Alexandre, ce monde sublunaire trop petit pour lui, mais qu'avec l'intelligence la plus pénétrante et le coup d'œil le plus juste, il se refuse dans son immense orgueil à regarder comme faites pour lui les inflexibles règles de la raison et de la morale. En conséquence, le grand n'est pour lui qu'un trait d'union entre le commun et le gigantesque; les combinaisons les mieux calculées impliquent déjà la visée d'un but excessif, ou plutôt il n'a d'autre but que celui d'exciter sans cesse la plus active imagination qui fut jamais, et de pousser sa fortune aussi loin qu'elle peut aller. Quand le principe d'action est si simple et si dominant, quand il est servi par toutes les facultés de l'inteUigence et du commandement, quand il dispose des plus grandes ressources et des circonstances les plus favorables, il n'est pas étonnant que l'action se déroule avec toute la régularité d'un phénomène de l'ordre physique.
Aussi, tandis qu'un guerrier et un roi à la manière dii grand Frédéric voit ses succès et ses revers se succéder dans la guerre et dans la politique avec l'irrégularité que le dé comporte, bien que son génie domine le dé et finalement reste maître de la partie, la carrière militaire et politique de Bonaparte n'offre rien de pareil, parce que le premier revers marquant le tuerait et couperait court à son épopée. Comme son prestige tient encore bien plus au parti qu'il sait tirer de la victoire qu'à la victoire même, il faut que par la continuité et l'exagération croissante de ses entreprises il en vienne à user tous ses moyens, y compris