‹ Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernesChapitre 72 sur 78 · DE L HISTOIRE POLITIQUE DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

DE L HISTOIRE POLITIQUE DE LA RÉVOLUTION

ennemis et donneront prise à la malignité naturelle au plus grand nombre ; 2° une nouvelle génération d'ambitieux s'élèvera en moins de temps qu'il n'en faudrait pour éteindre doucement la génération des ambitieux satisfaits; 3° ceux qu'intimiderait le souvenir de la crise passée feront place peu à peu à une jeunesse curieuse à son tour de voir et de faire du neuf, ou ce qu'elle prend pour du neuf. Toutes ces causes, les unes de l'ordre physique, les autres de l'ordre moral, pourront aboutir à déterminer une sorte de durée moyenne des gouvernements.

Telles montagnes s'offrent à nous dénudées, qui jadis ont porté une longue suite de générations d'arbres séculaires ; et même, dans quelques cas, nous avons des signes certains que des essences en ont remplacé d autres, sans que nous sachions trop comment la substitution a pu se faire. Puis la main de l'homme est venue, qui, pour satisfaire la cupidité du moment, a dépouillé ces montagnes de leiir vêtement protecteur, au point de rendre le reboisement impossible, ou pour des raisons tirées de l'ordre physique, ou parce qu'il y aurait désormais disproportion entre la dépense et le profit. 11 faut pourtant bien que dans ce cas l'homme s'accommode de la protection imparfaite et des produits d'ordre inférieur que procurent encore les broussailles après la disparition des futaies. Ne serait-ce point là le cas, après que les peuples auront fait coupe blanche de leurs vieux gouvernements? Et la seule manière de se consoler, ne serait-ce pas de s'habituer à n'avoir plus au même degré besoin d'un gouvernement?

Page 1