‹ Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernesChapitre 9 sur 78 · DE L ÉGLISE AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

DE L ÉGLISE AU MOYEN AGE

La foi et le prosélytisme chrétien, la constitution même de l'Eglise dans ce qu'elle a de plus essentiel ont précédé le moyen âge et lui ont survécu; l'influence des doctrines et des institutions religieuses sur la civilisation européenne, jusque dans les temps les plus modernes, est un lait si considérable qu'on en a plutôt exagéré que méconnu la valeur. D'autres religions figurent dans l'histoire avec les caractères de diffusion prosélytique et régnent encore sur des centaines de millions d'hommes. En effet, il est inévitable que des peuples, d'abord séparés par des hostilités habituelles et des antipathies héréditaires, finissent par entrer en commerce les uns avec les autres, et que ce commerce réagisse sur les croyances religieuses. La réaction aboutirait à l'indifférence en fait de religion, si les temps ne permettaient encore ou même n'exigeaient un retour de zèle dû à des croyances nouvelles, mieux en rapport avec les changements qui se sont opérés dans le monde intérieur de la conscience et de la pensée. Selon les circonstances, la nouvelle religion peut favoriser ou entraver les progrès ultérieurs de la civihsation au sein des nations déjà avancées chez qui elle fait sa première apparition ; au lieu qu'elle est toujours civilisatrice à l'égard des

DE l'église au moyen AGE. /O

nations moins avancées auxquelles elle s'impose, soit par la supériorité intrinsèque de son dogme ou de sa morale, soit à cause de la civilisation supérieure ou de l'énergie guerrière des peuples qui se chargent de la propager. En reliant par la même foi et les mêmes rites de trèsgrandes fractions de la famille humaine, les religions prosélytiques ont créé un fonds commun d'idées, de croyances et d'hahitudes qui, tant que ces religions conservent leur empire, ne se distingue presque pas du fond d'idées, de croyances et d'habitudes que la nature donne à tous les hommes.

Il est de la nature des religions prosélytiques d'incliner au spiritualisme et à l'ascétisme, c'est-à-dire de tenir peu de compte de ce l'homme charnel » qui porte visiblement l'empreinte de tant de différences individuelles et de tant de différences de races, pour s'attacher de préférence à un principe intérieur et invisible, capable de se dépouiller des affections périssables et de tendre à cet état de pureté parfaite où toutes les différences s'effacent, au point de motiver l'égalité des races, des nations et des hommes dans la société religieuse. L'idée de cette pureté de l'àme ou du principe intérieur n'est autre que l'idée de sainteté y substituée à l'idée d'un devoir d'abstention ou de purification des souillures charnelles, laquelle prévalait dans les rehgions plus anciennes. Elle diffère de l'idée dû juste et de l'honnête, autant que la rehgion diffère par son essence de la morale que jadis on appelait philosophique, et que de nos jours on appelle indépendante. Bien différente de l'honneur, tel que Tentendent les classes supérieures de la société, et de la sagesse, telle que les philosophes l'entendent, la sainteté est d'autant plus populaire qu'elle paraît plus extraordinaire et plus rare. Le peuple la regarde comme la compensation ou l'expiation des faiblesses du commun des hommes; et CTâce à ce moven terme entre

un monde idéal et les misères de la vie terrestre, il concilie comme il le peut sa foi et ses mœurs.

11 y avait certainement dans le .christianisme à l'état naissant, des éléments qu'il devait prompte ment dépouiller ou modifier, à moins de renoncer à sa grande mission de réforme sociale et d'institution civilisatrice. Gomment la croyance à la fin prochaine du monde, si répandue chez les premiers chrétiens, aurait-elle pu se conciher avec une forte organisation de l'Église et avec la pénétration de toutes les institutions civiles par les institutions chrétiennes? Aussi a-t-elle dû de bonne heure être rejetée dans l'ombre, et toute prédiction à ce sujet laissée comme aliment aux imaginations inquiètes que tourmenteraient les malheurs des temps, réchauffement des partis ou leur constitution maladive.

En annonçant que le royaume du Christ n'est pas de ce monde, les textes du christianisme primitif se prêtaient sans doute à des interprétations plus favorables aux progrès ultérieurs de la civilisation, qu'une religion comme l'islamisme qui, dans son but de conquête armée, unit au ministère religieux le pouvoir militaire et civil. Mais, d'un autre côté, il faut convenir que l'idée fondamentale du christianisme, celle d'un royaume de Dieu dont les maximes sont en contradiction directe avec les maximes du siècle, ne lui auraient pas permis de devenir une religion d'État, de se marier aux institutions civiles, d'imprimer son cachet aux m.œurs et aux institutions sociales, ni par conséquent d'exercer la plénitude de son action civilisatrice, si de bonne heure l'Église n'avait consenti à distinguer entre la perfection évangélique qui ne peut guère être atteinte ni même recherchée que dans l'isolement du siècle, et un christianisme mitigé qui épure la morale mondaine sans imposer le renoncement au monde tel que Dieu l'a fait. Grâce à ce sage tempérament que la satire seule confon-

DE l'église au moyen agk. 77

(irait avec les accommodements, le christianisme a pu, tout en devenant une institution sociale, conserver les moyens de se retremper à sa source, dans le milieu ascétique et contemplatif dont il ne lui est pas permis de se détacher tout à fait.

Voyez pourtant comme en toutes choses les inconvénients se placent à côté des avantages. Puisque le christianisme avait été dans le principe une réforme du judaïsme, une réaction de Tesprit contre la lettre, du sens moral contre la casuistique, de la foi vive et spontanée contre la loi cérémonielle, des petits et des simples contre la domination des prêtres et la superbe des docteurs, il fallait bien qu'on pût retrouver dans les textes primitifs de quoi appuyer plus tard des révoltes conti-e l'Église établie, contre la théologie dominante ; de quoi exciter l'ardeur de nouveaux réformateurs. On ne pouvait proposer aux hommes, soiis le nom de royaume de Dieu, un idéal religieux si éloigné des réalités de la vie commune, sans sug-gérer à des enthousiastes, à qui la vie ascétique et contemplative ne suffirait pas, la pensée de transporter dans la vie civile leur idéal de société religieuse. Enfin il pouvait arriver que de futurs philosophes, très- peu dévots, très-peu croyants, ne vissent dans l'idéal religieux du christianisme primitif, que le symbole ou l'annonce précoce d'un nouvel ordre social, au sein de sociétés livrées avec ardeur à la production des richesses et peu ou point occupées du royaume de Dieu. 11 n'y avait qu'une forte discipline intérieure qui put mettre obstacle à ces réactions dissolvantes. D'ailleurs les religions n'ont pas seulement à se défendre contre les entreprises de réforme radicale : il faut qu'elfes se préservent des causes internes de dégradation et de corruption. Le fond des instincts de la nature humaine est toujours là, et les superstitions grossières qu'une religion plus pure avait chassées, tendent sans cesse à reparaître sous d'autres

formes dans la religion populaire, si la vigilance et l'autorité des chefs spirituels n'y mettent ordre. Le clergé inférieur, placé tout près du peuple et vivant du peuple, ne sera que trop porté à seconder les penchants populaires, s'il n'est contenu lui-même par une discipline sévère. L'organisation ecclésiastique, la discipline, les formes du culte ont en cela bien plus d'importance que les formulaires dogmatiques ' — Le besoin d'une telle organisation n'est pas le môme dans toutes les religions. Ainsi une religion comme l'islamisme, dont la constitution dogmatique est si simple et qui apparaît dans le monde avec tous les traits de Tâge adulte, n'a pas les mêmes dangers à courir. L'islamisme établi ne diffère pas tant de l'islamisme primitif, que l'un puisse fournir des armes contre l'autre. Les schismes s'y sont multipliés, le califat a péri, les usurpateurs se sont arrogé ici et là la puissance spirituelle, sans qu'il en résultât une sorte de rérjression vers l'ancien système des religions nationales. Au contraire le christianisme, à moins d'être ramené à ce degré extrême de simphfication dont se vantent quelques sectes très-modernes, ne peut se passer d'une autorité souveraine qui maintienne l'unité religieuse et la défende au besoin contre les entreprises du pouvoir civil. Or, il en est de l'idée de la souveraineté spirituelle comme nous montrerons ailleurs qu'il en est de l'idée de la souveraineté politique : la logique pure est inhabile à la définir, et de toutes les déllnitions qu'on en voudrait donner, aucune ne résiste cà la critique de la raison, ni même eiux objections du bon sens vulgaire. Une secte naissante a d'abord une ébauche d'organisation démocratique : car, quand la même foi exalte tous les fidèles, tous semblent avoir un droit égal à S3 choisir des guides spirituels. Mais, cette première chaleur passée, la force des choses veut que le gouvernement religieux se

i)K l'église au moyeSi ace. 79

concentre dans un clergé que ses éLudes, sa discipline, son noviciat et ses fonctions spéciales distinguent de la société laïque, devenue incapable d'entendre une théologie raltinée et de se contraindre dans ses mœurs autant qu'il le faudrait pour éviter une contradiction trop choquante entre l'idéal religieux et les réalités de la vie. Le clergé à son tour, et par les mêmes causes, passe de la démocratie presbytérienne à une aristocratie de prélats, où le pouvoir spirituel, l'institution canonique sera censée descendre du supérieur à l'inférieur, par une émanation de l'apostolat primitif, et non remonter par voie de représentation ou d'élection, lors même qu'une élection du peuple, du clergé ou du prince interviendrait encore pour présenter un sujet à l'institution canonique. Voilà ce qui peut suffire dans le cours ordinaire des choses, tant que les passions des hommes ou des incidents extraordinaires ne provoquent pas une critique plus profonde des sources mêmes de la souveraineté. Mais, viennent des querelles sur le fond du dogme, sur les points capitaux de la discipline ou sur la transmission de l'autorité canonique, viennent des questions d'hérésie ou de schisme qui remuent, non-seulement des pro'/inces, des nations, mais tous les peuples naguère réunis dans une foi, dans une soumission communes : il faudra bien recourir à des assemblées de prélats, à ce que l'Eglise homme des conciles œcuméniques; et c'est alors que se pressent les difficultés logiquement insolubles. A qui appartiendra la convocation et la dissolution de ces assemblées ? Combien faudra-t-il de prélats réunis pour représenter l'Église? Quelles seront les conditions de majorité requises? La voix d'un seul prélat, ignorant ou corrompu, suffira t-elle pour décider des croyances et de la soumission de quelques dizaines, de quelques centaines de millions d'hommes? On ne s'en tirerait pas sans l'intervention d'un autre principe d'autorité régulatrice, sans un respect

soutenu pour les précédents, et surtout sans Tascendant d'une primauté dont le développement graduel conduit inévitablement à ce que les publicistes nomment une monarchie tempérée. 11 est vrai que cette monarchie tend à son tour au pur absolutisme, et qu'il n'y aura pas de définition logique ou de formule constilutionnelle dont la vertu suffise à l'arrêter sur cette pente. Mais enfin le tempérament que la logique seule ne donnerait pas, peut être le fruit de la sagesse des hommes ou, ce qui vaut bien mieux, de la disposition providentielle des événements. C'est ce que les théologiens appellent la promesse, et ce qui manque malheureusement aux théoriciens politiques. Rien de plus intéressant que d'examiner par quel concours d'idées et de faits, par quelle sagesse de conduite FÉglise romaine a pu acquérir cette autorité régulatrice, cette primauté destinée à se convertir en monarchie spirituelle : mais cet examen sort de notre cadre, puisque le moyen âge commence avec la chute des monarchies ariennes, laquelle décide en dernier lieu de la prépotence du siège de Rome chez les chrétiens d'Occident. Il laut bien se tixer sur la position de ce point de repère ou de cet horizon historique, comme on pourrait dire en empruntant aux géologues une de leurs expressions familières : car, en général, les institutions se déconstruisent suivant un ordre inverse de f ordre de construction. Le couronnement de fédifice a déjà disparu, que les assises inférieures et les substructions subsistent encore. Dans la réaction de la civilisation moderne contre le moyen âge, et par conséquent contre les institutions ecclésiastiques en tant qu'elles sont marquées du sceau du moyen âge, il faut pouvoir dire où le mouvement doit s'arrêter à moins de dépasser le but ou de changer de but. Ainsi les réformateurs du XVr siècle, en ne prêchant qu'une réforme du catholicisme du moyen âge, ont en réalité fait du pro-

DE l'église au moyen AGE. 84

test autisme une religion nouvelle, plus foncièrement distincte du christianisme latin des premiers siècles que ne l'étaient les anciennes hérésies. Ainsi la doctrine moderne de la complète séparation du spirituel et du temporel contrarie un ordre de faits et d'idées plus ancien que le moyen âge, quoique le moyen âge ait singuhèrement exagéré les conséquences de la doctrine contraire, par la raison toute simple que, dans l'Europe du moyen âge, la puissance séculière, la puissance du glaive et de la cotte de mailles, s'y fractionnaient à l'excès; tandis que le pouvoir spirituel, <c le pouvoir des clefs y>, naturellement dépourvu de la force physique, y arrivait au plus haut degré de concentration et d'unité. Alors les docteurs dans leurs exposés systématiques, comme l'Église dans son langa^-e officiel, avaient beau jeu pour donner une prééminence d'honneur, une supériorité effective à l'âme sur le corps, au spirituel ^ur le temporel. Rien ne cadrait mieux avec la distinction métaphysique des deux grandes catégories d'êtres, matériels et immatériels, visibles et invisibles, sensibles et intelligibles ; avec la notion que l'on se faisait de la double nature de l'homme, à la fois corps et esprit, de sa double destinée dans le temps et dans l'éternité, de sa double participation à une société civile en vue des biens temporels, et à une société reUgieuse ou spirituelle en vue des biens qui ne passent point. Avec cette philosophie on faisait la part de toutes choses : de la réahté sensible dont l'homme ne peut s'isoler sans tomber dans les excès du mysticisme et de Tascétisme, ainsi que de la croyance à un monde invisible et supérieur, croyance à laquelle l'homme ne peut renoncer sans se sentir humihé dans les profondeurs de son être et froissé dans ses affections les plus chères. Il faut admù-er un système si bien hé, qui a ses formules philosophiques et juridiques, et en vue duquel la discipline, les rites, les pratiques reçoivent toutes les

modifications propres à donner au système sa plus grande force et sa plus parfaite unité. On conçoit que, même de nos jours, des hommes de talent aient pu en entreprendre la réhabilitation ou la glorification ; et il serait absurde de le regarder comme une œuvre d'ignorance, quoiqu'il se soit accrédité à la faveur de certaines erreurs historiques : parce qu'il faut bieii;, toutes les fois qu'on veut plier la société à un système, mettre un peu de côté l'histoire et la tradition, soit qu'on les igi;ore, soit qu'on les dédaigne. Nous dirions volontiers de ce sy tème politico-religieux, destiné à s'user comme tous les systèmes s'usent, ce que nous disions plus haut du système cosmique emprunté par le moyen âge aux écrits de l'astronome d'Alexandrie : il satisfaisait bien au besoin d'unité formelle, de finalité précise et de construction régulière qui se trouve dans l'esprit humain; il n'avait que le défaut de contrarier les principes internes de variété et d'évolution continuelle auxquels la nature vivante paraît obéir.

La papauté elle-même n'a pas suivi dans l'application du système une règle uniforme. Elle avait d'abord aspiré à romaniser tout à fait les barbares et à reconstituer en Occident, à l'aide de leur épée, un «: saint-empire romain )) qui ne pourrait se passer de sa consécration et de son appui, qui unii'ait intimement le pouvoir du glaive et le pouvoir des clefs sans pourtant les confondre, et en leur laissant, conformément à la parole' évangélique, leurs droits respectifs. C'était là une constitution théoriquement trop délicate pour résister longtemps aux principes de corruption dont nulle constitution n'est exempte. On l'a bien vu dans les luttes entre les papes et les empereurs allemands, luttes oùcertainement la papauté aurait péri ou se serait transformée en un patriarchat comme <^-eux de Gonstantinople ou de Moscou, si le domaine spirituel de la papauté avait été renfermé dans les bornes de l'empire

tédesco-romaiii, et si la constitution féodale de cet empire n'y avait singulièrement énervé la puissance du chef temporel. Quand au contraire une monarchie spirituelle se posait en face d'une pohjarchie temporelle, les deux puissances trouvaient dans des avantages de natures diverses les moyens de s'équiUbrer, de cet équilibre diplomatique qui requiert beaucoup d'habileté, qui n'exclut ni les jalousies continuelles, ni les hostilités fréquentes, ni même les oppressions passagères ; mais qui ménage à la puissance opprimée les moyens de prendre sa revanche et de recommencer la lutte : sans quoi les plus beaux raisonnements des métaphysiciens, des jurisconsultes et des canonistes n'auraient pas prévalu contre la brutalité des faits. 11 y avait d'ailleurs une raison puissante pour qu'une théocratie pure, comme il' en a existé avant l'avènement des reUgions prosélytiques, et même au sein de l'islamisme et du bouddhisme, ne pût pas s'étabHr dans l'Europe du moyen âge. Car l'Église était propriétaire et dès lors, en vertu du système féodal, elle participait au pouvoir temporel : de sorte que là même où la majeure portion de la souveraineté, où la plupart des droits régahens appartenaient à un seigneur ou plutôt à une seigneurie ecclésiastique, le droit féodal assignait au seigneur, à la seigneurie ecclésiastique, une certaine vassalité ou dépendance dans l'ordre temporel. Le célibat ecclésiastique ou simplement la régularité ecclésiastique, qui contribuaient tant à la force de l'Église dans l'exercice du pouvoir spirituel, étaient plutôt une cause d'affaibhssement dans l'exercice des droits temporels. Tous les fiefs, tous les patrimoines ecclésiastiques, depuis le patrimoine de saint Pierre jusqu'à la prébende rurale, étaient autant de gages sujets à la mainmise des princes temporels, à peu près ce qu'était en dernier lieu la possession d'Avignon pour la Cour de Rome, dans ses rapports avec la Cour de Versailles. On a maintes

fois remarqué, et avec raison, que l'idée de la distinction des pouvoirs spirituel et temporel est favorable à la liberté ; que tout en contenant ceux qui disposent du glaive et des magistratures civiles, elle préserve la société et l'individu du danger de se voir enveloppés dans les bandelettes d'une théocratie qui étoufferait à la fois les corps et les âmes. 11 est également vrai que, pour une Église établie, le mariage du temporel et du spirituel peut mettre obstacle à l'afîermissement d'une théocratie oppressive . L'Europe du moyen âge en a fait l'épreuve. A peine le système théocratique s'y est-il formulé, que les réactions commencent. Il en vient du Midi, des contrées où l'antique civihsation païenne et romaine a laissé le plus de traces, où un prosélytisme indo-persan est même parvenu à s'infiltrer; et ces premières réactions sont réprimées, grâce surtout à un retour de ferveur, signalé par l'apparition des ordres mendiants. Il en vient du Nord, des contrées soumises les dernières à la conquête rehgieuse dont Rome a été le centre. CeUes-ci doivent plus tard réussir : la matière fermentescible se trouvait toute prête, mais il était nécessaire que d'autres principes intervinssent à la manière d'un levain pour en déterminer la fermentation.

Page 1