‹ Considérations sur la méningite cérébro-spinale et particulièrement sur les récentes épidémies de BayonneChapitre 19 sur 33 · RON · texte numérisé non relu

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l’opisthotonos persiste; quelques vésicules d'herpès se montrent sur la commissure labiale droite. T. 37° le matin, 38,2 le soir.

Diagnostic : Méningite cérébro-spinale.

12 Février. — Nuit mauvaise avec agitation et délire; dans la journée la torpeur reprend et le malade va sous lui: la langue est: sèche, noirâtre au centre, rouge sale sur les bords; la déglutition redevient difficile; le corps se couvre d’une sueur continue et abondante; pupilles étroites ; pouls : 90°, assez faible. T. 39°,4 le matin, 40° le soir, Bromure, lavement chloralé, sulfate de quinine.

13 Février. — La nuit a été mauvaise; délire entrecoupé de périodes de torpeur, pouls faible à 90° ; exorbitisme accentué et nystagmus ; opisthotonos très prononcé, face congestionnée ; par intervalles quelques crises convulsives toniques et cloniques durant quelques minutes; sueur très abondante sur tout le corps. M. le Médecin-Chef, appelé le matin à 6heures, a fait appliquer un vésicatoire sur la nuque; on songe un moment à faire le lavage du sang par une injection abondante de sérum artificiel, mais l’état du malade est tel que cette médication est jugée inutile. T : 39,6 le matin, &1 le soir. Mort dans la nuit.

L'autopsie n’a pu être faite : on a dû se contenter d'appliquer une couronne de trépan dans la région occipito-pariétale gauche; il n’y avait pas de pus, en ce point, à la surface du cerveau, mais uvre injection très vive du réseau vasculaire exposé; de même, on a découvert la moelle à hauteur des premières cervicales, mais on n’a constaté, outre l'absence d’exsudat purulent, qu’une congestion très intense des vaisseaux gorgés de sang.

OBsSERVATION mt (inédite).

Méningite cérébro-spinale. Mort.

Urr... Jean, jeune soldat au 49° régiment d'infanterie, 21 ans, 3 mois de service; entré le 11 février au matin dans un état de coma des plus accentués, et dont rien ne peut le tirer; pendant tout le cours de la maladie, la situation a, du reste, été la même. D'après les renseignements fournis par le médecin du corps, Urr.…, dans la journée et la nuit précédentes, se serait plaint de violents maux de tête, aurait, le matin même, présenté quelques mouvements con-

OT

vulsifs généralisés de courte durée, accompagnés de vomissements bilieux ; ces derniers se sont renouvelés à trois reprises pendant les premières heures du séjour à l'hôpital.

Le malade est un homme assez robuste, en excellent état de nutrition ; la face est rouge, très congestionnée, les yeux fermés, aux pupilles paresseuses et étroites ; ilsetient dans une torpeur absolue, couché sur le côté gauche en chien de fusil, la tête entre les bras; vaideur extrême de tout le corps; de temps en temps, Urr... pousse quelques grognements inarticulés qui se changent en cris si on cherche à lui imprimer quelques mouvements ; langue sale, piliers antérieurs et amygdales rouges sans dépôt ; pouls à 65, assez petit. T. 40°,4. Prescription : sulfate de quinine, bromure, collutoire boraté et lavement chloralé. T. le soir : 39°,3. | |

12 février. — Apparition de petites papules rouges surmontées d’une vésicule remplie de sérosité claire (sudamina) à la faceinterne de la rotule gauche, sur la face antérieure et trochantérienne de la cuisse correspondante : elles forment trois plaques de la largeur d’une pièce de 5 francs. Ur... dans la journée, va complètement sous lui, et il est difficile de lui faire ingurgiter ses médicaments. T. 38°, 1 le matin; 38,5 le soir.

1 3 février. — Nuit mauvaise, apparition de deux petits groupes d’herpès labialis de la largeur d’une pièce de 5 francs; face rouge, violacée, asphyxique ; les joues flasques obéissent aux mouvements respiratoires (38 par minute). Pouls à 92. Pupilleslarges, déglutition impossible, hypéresthésie tégumentaire très accentuée. T. 380,8 le matin ; 38,7 le soir.

Mort le lendemain matin ; à 6Gheures, la températureétait de 41°,8; au moment de la mort, à 8 heures, elle montait à 420,3.

Autopsie. — Cerveau. On constate sur la surface externe de la dure-mère l'existence de petites masses bosselées, champignonneuses de la grandeur d’une pièce de 0,50 centimes ou de 1 franc, lobulées, disséminées en & points différents de la membrane qu’elles soulèvent (2 en avant, 1 en arrière et à gauche, 2 en arrière et à droite), et qui sont, comme le démontre l’incision de la dure-mère, composées d’exsudats purulents gris assez concrets; entre l’arachnoïde et la pie-mère s'étale, plus épais au niveau des sillons, un exsudat gris verdätre demi-opaque, séro-purulent, formant une lame plus mince en avant etsur les côtés des lobes cérébraux qu'en arrière où l’exsudat devient franchement purulent et plus épais,

CAMIADE n

pie

masquant ainsi le tissu sous-jacent (lobes occipitaux) ; les ventricules latéraux renferment du pus étalé sur les parois et qu’on collecte en quantité notable en raclant les ventricules avec lesdoigts;le pus, peu abondant et en lame mince, apparaît aussi à la base du cerveau au niveau de la protubérance annulaire et vers le chiasma des nerfs optiques; la consistance de l’encéphale n’a pas semblé modifiée, mais les sinus étaient gorgés de sang et l’ensemble de la masse cérébrale fortement injecté.

L’injection et les traînées purulentes se propageaient nettement du côté de la moëlle épinière dont on n’a vu que la partie supérieure, car on n'a pu examiner la moëlle en totalité.

Rien du côté des poumons; cependant. àla basedu poumon droit, on trouve une masse du volume d'une grosse noix fortement congestionnée et tranchant par sa couleur rouge foncée sur le reste du tissu. :

La plèvre gauche renferme un verre de liquide trouble dans lequel flottent de nombreux flocons purulents.

Le cœur est un peu mou; le péricarde renferme 300 grammes environ de liquide citrin.

Les autres organes n’ont pu être examinés (présencedes parents).

OBSERVATION 1V (inédite)

Méningite cérébro-spinale. Guérison.

C... Jean-Baptiste, engagé volontaire au 49° régiment d'infanterie, 18 ans; 15 jours de service; entré à l'Hôpital le 16 février au matin.

Rien à noter du côté des antécédents morbides héréditaires ou personnels, à part une bronchite à l’âge de 13 ans.

Le début de la maladie actuelle remonte à 24 heures. C... dans la nuit précédente a été pris de vomissements alimentaires et bilieux et de maux de tête si violents qu'il a, par ses cris et son agitation, maintenu éveillés ses camarades de chambrée; la température axillaire à ce moment était de 400, 3.

Le matin, au moment de son entrée à l’hôpital, la température n'est plus que de 38°, 4, mais le malade qui est un grand garçon vigoureux demeure plongé dans une torpeur profonde, couché sur le côté, les yeux fermés, les pupilles paresseuses et à demi-dila-

Se

tées, la tête maintenue entre les bras relevés, les bras et les jambes. en demi-flexion. ;

La perte de connaissance est absolue; G... ne répond à aucune des questions à voix haute qui lui sont posées; il pousse simplement quelques cris inarticulés et sans signification ; la nuque est immobilisée, le troncraidi et la déflexion des membres douloureuse ; trémulations musculaires et soubresauts des tendons aux poignets ; langue un peu sèche, gorge d'aspect normal, abdomen souple; les vomissements n'ont plus reparu; rien dans la poitrine. Prescription : injection de morphine 2 centigr.; bromure, 4 gr; 80 Re de quinine et lavement purgatif.

Dans l'après-midi l’état général est meilleur et la torpeur moins profonde; le malade répond d’une façon à peu près nette aux questions qui lui sont posées; il se plaint beaucoup de la tête et de la région dorso-lombaire; les téguments sont aussi manifestement hyperesthésiés, le moindre pincement est ‘très vivement senti; 2 selles avec miction ; pas d'albumine dans l’urine. T. le soir 37°, 7 pouls 65.

17 février. — État général assez bon en amélioration manifeste sur la situation de la veille; G... reconnaît les personnes de son entourage, répond nettement aux interrogations, mais entend mal; la température qui était de 380,6 le matin monte cependant dans la soirée à 39, 5, et le maintien du bon état général malgré cette élévation thermique n’a pas paru nécessiter alors les injections de sérum. Mêmes prescriptions.

18 février. — T. 37°, le matin, 39°, 2 le soir. Apparition dans la journée de vésicules d’herpès assez confluentes sur les lèvres, particulièrement abondantes à la commissure gauche et au menton; la tête, les yeux et la nuque sont douloureux. Un lavement procure une selle. Mèmes prescriptions.

19 février. — La nuit a été agitée et la température est de 380,8 le matin sans grande rémission sur la veille; nouvelle éruption de petites vésicules d’herpès sur le menton et à la partie supéro-antérieure du cou; la douleur cervirale s’accroit, la torpeur reprend interrompue par quelques cris poussés de temps à autre; pouls à 60. Injection de 1 litre de sérum en 5 bulles; morphine et bro: mure; sueur très abondante dans la journée et une selle molle; T. le soir 40, 1 avec subdélirium; potion laudanisée.

20 février. — Nuit bonne: tête et cou toujours douloureux, la

connaissance est revenue, mais la surdité s’est accentuée, pas d’agitation: T 37°, le matin; 38, 3 le soir; morphine, bromure, lavement purgatif.

21 février. — T. 38, 8 le matin, 380, 3 le soir. La nuit a été moins calme que la précédente; les douleurs locales persistent et des crampes intermittentes se montrent dans les jambes dont la déflexion s’opère cependant plus facilement ; le coude droit est douloureux, ses mouvements gênés, mais l'articulation ne présente pas trace d’épanchement.

22 février. — T. 870,5 le matin, 37», 6 le soir; céphalalgie en voie de disparition, nuque toujours raide ; une ile au moyen d’un lavement purgatif; journée calme, morphine et iodure de potassium 4 gr.

23 février. — État général bon, cou toujours un peu douloureux ; connaissance entière, pas de fièvre.

. L'amélioration a été ‘en progressant à partir de ce moment et le malade est sorti le 17 mars en pleine guérison; il ne persistait aucune trace de l'affection.

OBSERVATION v (inédite).

Méningite cérébro-spinale. Guérison

Dam... Bernard, jeune soldat au 49e Régiment d'Infanterie, A ans; 3 mois de service; entré à l'hôpital le 17 février au matin.

Pas d’antécédents morbides héréditaires ou personnels.

Sans malaise précédent, Dam... a été pris dans la nuit d’une céphalalgie orbito-frontale avec frissons et vomissements; le médecin du corps, appelé aussitôt (4 heures du matin) a constaté une température de 40°,3 et envoyé de suite le malade à l'hôpital où les vomissements se sont renouvelés à deux reprises jusqu’à 7 heures du matin.

17 février. — Au moment où il est examiné, Dam... est plongé dans un état de torpenr assez prononcé dont on le tire cependant en lui parlant à voix un peu haute; yeux fermés, pupilles étroites, mais sensibles; décubitus latéral, contracture légère des membres supérieurs et inférieurs; les doigts de la main sont maintenus repliés dans la paume et LS tentatives d’extension sont pénibles et doulou-

reuses; céphalalgie violente, douleur à la nuque, raideur très marquée du cou ; langue blanche, ventre souple, rien dans la poitrine: pouls à 60. T. 38°,8. Prescription : bromure, quinine et lavement purgatif.

Deux vomissements bilieux dans la soirée, un deuxième lavement, le premier n’ayant rien donné, amène deux selles. T. k0°; pas d'albumine dans l'urine.

18 février. — Nuit agitée avec délire; perte absolue de connaissance le matin avec hyperesthésie généralisée et trémulations musculaires; Dam... pousse quelques cris et des plaintes de temps en temps. T. 389,5. Injection de 1000 gr. de sérum.

Sueur abondante et miction vers 1 heure de l'après-midi ; le calme renaît et la connaissance revient. Dam... répond d’une façon suflisamment nette aux questions posées; se plaint de la tête, de la nuque et des yeux très sensibles à la pression; raideur marquée de tout le corps, pas de vomissements ; T, 38°,7.

19 février. — Nuit calme; pas de torpeur, ni de perte de connaissance; pupilles un peu rétrécies; persistance des douleurs spéciales ; langue rouge sur les bords, sale au centre et en arrière; pouls à 80. T. 38°,5, matin, 38°,4 soir. Un lavement amène une selle. Bromure et injection de morphine.

20-21 février. —Rien de particulier ; diminution de la céphalalgie, mais persistance de la douleur àla nuque toujours raide, prend bien son bouillon et son lait.

22 février. — A noter seulement l’apparition de quelques vésicules d’herpès à la lèvre inférieure et sur la ligne médiane.

23-24 février. — Deux vomissements dans l'après-midi du 24 avec réapparition d’un peu d’'hébétude et de la céphalalgie. T. 370,2 matin, 38°,3 soir; un lavement purgatif le soir.

25 février. — T. 39° le matin après une nuit passée à peu près sans sommeil dans des rêvasseries continuelles, la douleur de la nuque n'existe plus, bien que le cou reste raide, maisla céphalalgie est violente, ‘la parole est bredouillée; injection de 1000 gr. de sérum et un purgatif; dans la journée une selle et une miction abondante. T. 38,1 soir. Pouls à 68.

26 février. — Nuit un peu meilleure que la précédente ; persistance de la céphalalgie et retour de la douleur dans la nuque avec irradiation dans le plexus cervical droit; parole toujours embarrassée. Injection 800 grammes.

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