‹ Considérations sur la méningite cérébro-spinale et particulièrement sur les récentes épidémies de BayonneChapitre 29 sur 33 · OBSERVATION XXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIII

(Leroux et Vrocer in Presse Médicale, 24 déc. 1898)

Méningite cérébro-spinale simulant le tétanos

Le dimanche 28 août, entrait à l’hôpital Saint-Joseph, service de M. Leroux, un homme âgé de quarante ans, Eugène T....,tisseur de profession, venu pour faire la moisson dans les environs de Paris.

Cet homme était malade depuis trois jours seulement; le jeudi précédent, 25 août, dans la matinée, il avait été pris de raideur au niveau des reins; les membres inférieurs lui avaient refusé tout service; il n'avait pu s’alimenter depuis lors qu’au moyen d’un chalumeau. Les détails nous manquent malheureusement sur ce début; les crises douloureuses très pénibles que provoquait chez ce malade chacune de nos questions nous ont fait abréger son interrogatoire; il nous a affirmé cependant n'avoir pas fait de chute. Nous avons appris, après coup, que des chevaux étaient morts de tétanos six ans auparavant dans la ferme où il travaillait.

Examen clinique. — Le 28 août, à cinq heures du soir, quatrième jour de la maladie, le malade se présente à nous dans l’état suivant: Il est étendu raide, ne reposant pas sur le plan du lit; il présente une ensellure lombaire permettant de passer la main entre ses lombes et le matelas; la raideur du tronc et des membres inférieurs ne permet pas de l’asseoir; on le dresse sur ses pieds tout d’une pièce, comme un mannequin, en essayant de le soulever par les épaules; il existe une raideur dela nuque très prononcée; le malade offre un léger degré de trismus, il ouvre cependant modérément la bouche. La physionomie est naturelle, il n’y a pas de rictus. Les bras sont libres et peuvent remuer spontanément. La respiration présente un type diaphragmatiquetrès marqué ; les muscles intercostaux parais : sent immobiles. L'examen de tout le corps ne nous permet pas de découvrir l’existence d’une plaie.

À chaque instant surviennent des paroxysmes douloureux qui arrachent des gémissements. Ces soubresauts ou spasmes de contracture se produisent au moindre attouchement, au moindre effort que fait le malade pour répondre à nos questions ou aider à notre examen; ils surviennent même sans cause apparente, d’une façon

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