‹ Considérations sur la méningite cérébro-spinale et particulièrement sur les récentes épidémies de BayonneChapitre 4 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

L'histoire de la méningite cérébro-spinale ne remonte guère qu'au commencement du siècle, car 1lest difficile de savoir si la maladie épidémique décrite sous le nom de « trousse-galant », et qui fit plusieurs apparitions au xvi° siècle, était vraiment dela méningite cérébro-spinale, ou si, au contraire, cette dernière affection est une maladie nouvelle, comme le voudraient certains auteurs et, en particulier, M. Kezson.

La première épidémie du siècle fut celle de Genève, en 1805, observée et étudiée par Vreusseux et MaTrey. Puis quelques cas furent observés à Pont-à-Mousson en 1813 eten 1814. Enfin, en 1837 apparut la grande épidémie des Landes et de Bayonne, épidémie qui marque véritablement le début de l’histoire dela méningite cérébro-spinale. Dans les Landes, elle fut observée par DurAU, de Mont-de-Marsan, Serres, de Dax, Léon Durour, de Saint-Sever, Hiarr, de Mugron, Lespès, LAMoTHE, JuzANx, Barz. Decos, Laraurie, etc., et à Bayonne, par LaLANNE, médecin en chef de l'Hôpital militaire, qui signale très peu de guérisons. La mortalité, en 1837, à Bayonne, à Dax et dans un certain nombre de communes du département des Landes, augmenta dans des proporlions considérables. M. GescrwinD, médecin principal de

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fre classe, et M. Decvaize, de Bayonne, dans des travaux récents sur lesquels nous reviendrons, se sont de nouveau occupés de cette épidémie : ils pensent que l’épidémie des Landes est postérieure de plusieurs mois à celle de Bayonne. Quoi qu'il en soit, le 18° léger, quittant ses garnisons de Pau, Tarbes, Lourdes, Navarrenx, Oloron, eltc., et traversant les Landes par étapes, transporta la maladie à Périgueux, Rochefort et Versailles, où elle fut étudiée par Faure-Vizcars (1839); les rapports de l’épidémie des Landes et des épidémiesde l'Ouest ne paraissent pas douteux. D'un autre côté, comme vient de l’établir M. Gescawinp, le 48° de ligne, parti de Bayonne, transporta la maladie à Auch et à Foix; il séjourna à Port- Vendres avant de s’embarquer pour l'Algérie; aussi le 26°, venu de Perpignan et qui s’embarqua après lui à Port-Vendres, apporta la méningite à Constantine, le lendemain de la prise de la ville {septembre 1837).

Mais la maladie ne se contenta pas de porter ses ravages dans le Midi, dans l'Ouest, en Algérie ; elle fit également son apparilion dans l'Est, à Nancy, Metz et Strasbourg, où elle fut étudiée par ForGer et Tourpes (1840). Cette épidémie dura environ quatre ans (1837-1842) el se montra dans un grand nombre de nos garnisons.

De 1845 à 1851, la méningite sévit également sur un grand nombre de points, soit en France, soit en Algérie. Elle a régné en Danemark (1845), en Irlande et dans la Grande-Bretagne (1846), en Suède (1854-1855), en Hollande (1861), en Allemagne (1863-1864) ; elle a aussi visité la Russie, la Grèce, le Caucase (1867-1868-1869). En Allemagne, elle a donné lieu à de petites manifestations épidémiques plus fréquentes qu’en France (1874-

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1879-1880-1885, etc.). Elle a cependantété observée, depuis 1850, à plusieurs reprises dans notre pays, à Bayonne, à Grenoble, à Versailles, à Vincennes, à Cherbourg, à Orléans, etc. | |

En Amérique, la méningite cérébro-spinale aurait été observée en 1806 à Washington et en 1813 à Philadelphie oùelle fut trèsmeurtrière ; elle aurait reparu à New-York en 1872.

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