‹ Considérations sur la méthode naturelle en botaniqueChapitre 3 sur 8 · PEN · texte numérisé non relu

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bellifères qui, outre les vraies ombellifères, renferme les wmbelliferæ improprie (Filipendula, Ulmaria, Thalictrum) et les stellatæ tetrapetaloideæ (les Rubiaceæ stellatæ des modernes botanistes).

La même grande division du règne végétal en herbes et en arbres fut adoptée par l'illustre Ray, qui plus heureux que ses devanciers, partagea les herbes en imperfectæ ou plantes sans fleur et sans fruit (les cryptogames de Linné) et en perfectæ ou plantes avec fleur et avec fruit (les phanérogames de Linné), et celles-ci ainsi que les arbres en monocotylédones et dicotylédones d’après le nombre de leur feuilles séminales. La présence ou absence de la corolle, la fleur simple ou composée, le nombre des pétales, la nature du fruit, la graine et quelquefois même la position des feuilles sur la tige, servirent, tantôt l’un tantôt l’autre, de base aux autres divisions: il en résulta 33 classes de plantes, dont 5 ou 6 seulement sont des familles naturelles et d’autres présentent des rapprochemens heureux de familles où de classes naturelles.‘

Mais d’autres pas bien importants furent faits avant et après Ray dans l'étude de la méthode naturelle pour l’établissement des genres et des familles. Conrad Gesner, comme je l'ai dit plus haut, avait déjà remarqué l’affinité que quelques espèces de plantes ont entr'elles, de sorte qu’il en résulte des groupes supérieurs ou genres, et il avait déjà conçu l’heureuse idée que toutes les plantes devaient appartenir à des genres composés de deux ou de plusieurs espèces.* Plus tard il avait publié que c’est dans le fruit, dans la graine et dans la fleur plutôt que dans les feuilles, qu'il faut chercher les affinités génériques des espèces” Ces idées furent suivies et dévelop-

! Methodus plantarum, Londini, 1682.

2 Generis unius Polii species duæ sunt..…… Novi et alias duas Oreoselini species. Existimandum est autem nullas propemodm herbas esse que non genus aliquod constituent, in duas aut pluras species dividendum. Gentianam unam prisci describunt, mihi decem aut plures species notæ sunt. Epistola ad Fabricium, 4559, pag. 33.

# Ex his enim (fructu, semine et flore) potius quam foliis stirpium natura et cognaliones apparent. His nolis Staphysagriam et Consolidam re-

PS : De

pées par Columna pour létablissement des genres de son Ecphrasis, comme 1l l’a déclaré lui-même dans la seconde partie de cet ouvrage à propos du Leucojum luteum, aizoides, montanum.

Pénétré de ces principes, lillustre Tournefort établit le premier les genres mieux que tous ses prédécesseurs et à peu près comme on les admet à présent dans la science. Ayant donné la première importance à la réunion des caractères de la fleur et du fruit, il s’aida quelquefois, dans la confection des genres, des caractères tirés de quelques parties de la plante, bien qu’il crût qu’on ne pouvait pas établir des genres sur eux seulement. Il considérait les premiers genres comme de premier ordre, et de second ordre les derniers: ceux-ci sont souvent bons, comme le Laium, Corona imperialis (Petilium) et Tulipa, le Hermodactylus, Sisyrinchium (Gynandriris Part.) et ris, le Populus et Salix; quelquefois mauvais, comme le Chamaedrys, Polium et Teucrium, le Porrum, Cæpa et Allum, qui ont été justement réunis par Linné aux genres Teucrium et Allèum. Il ne fut pas aussi heureux dans sa classification des végétaux, fondée principalement sur la forme de la corolle, qui venait déjà de servir de base au système de son contemporain Rivin, et s’il distingua quelques familles naturelles ou presque naturelles, celle des labiées, des crucifères, des ombellifères, des liliacées, des papilionacées, plusieurs de ces classes renferment des plantes de familles entièrement distinctes et éloignées, et quelques unes de ces familles appartiennent à plusieurs classes de son système, car il partagea les plantes en ligneux et en herbacées, comme on avait déjà fait presque généralement avant lui.

gali vulgo dictu Aconito facile deprehendi. (Epistola ad Zwinger, pag. 413), et dans une autre lettre : Melissa constantinopolitana ad Lamium vel Urticam nostram quodammodo videtur accedere, seminis tamen, unde ego cognationes stirpium indicare soleo, figura differt. (Epistola ad Occon, pag. 65.)

1 Hanc doctissimus Carolus Clusius videtur sub nomine Aizoi XI descripsisse ob quandam foliorum cum Aizoo similitudinem, quorum effigiem in conferendis generibus parvi facimrus, tam in hac quan in alis plantis non enim ex foliis sed ex flore seminisque conceptaculo et ipso potius semine plantarum affinitatum dijudicamus etc., pag. 62.

Linné distingua les genres par tous les caractères de la fleur et du fruit, y compris les étamines qui avaient été tout à fait négligées par Tournefort ; il établit mème sur ces étamines son célèbre système sexuel. Mais, homme de génie, il ne se contenta pas de ce système artificiel pour classer les plantes, car il tâcha de fonder une classification ou méthode naturelle, vrai but de la science selon lui auquel il faut se diriger de toutes ses forces." Ses fragmenta methodi naturalis consignées d’abord en 1738 dans ses Classes plantarum et 32 ans plus tard, un peu modifiées, dans sa Philosophia botanica, témoignent de ses constants efforts pour reconnaître les ordres ou familles naturelles des plantes. Quoiqu'il n’ait pas eu d'autre guide que son génie qui lui révélait les rapports des végétaux malgré le peu de connaissances qu'on avait alors de leurs structure, plusieurs de ces ordres sont des classes ou des familles naturelles, telles qu'on les admet maintenant dans la science; il donna un nom à chaque ordre, et quoiqu'il n'ait dit que d’une manière vague qu’on doit se servir de la symétrie de toutes les parties des plantes pour établir la méthode naturelle, quoiqu'il n’ait pas fait de classes ni donné les caractères des ordres qu'il a établis, je crois que c’est dans ses

1 Diu et Ego circa methodum naturalem inveniendam laboravi, bene multa quæ adderem obtinui, perficere non potui, continuaturus dum vixero, interim quæ novi proponam : qui paucas quæ restant, bene absolvit plantas, omnibus magnus erit Apollo.

Nulla lege naturali ordines post se invicem recensui sed unice genera indigitare studui ordine quæ convenirent eodem.

Emendent, augeant, perficiant hanc methodum qui possint : desistant qui impares sunt: qui valent, Botanici sunt eximii.

Nulla hic valet rejula à priori, nec una vel altera pars fructificationis sed solum simplex symmmetria omnium partium, quam notæ sæpe propriæ indicant. (Linn. Classes plantarum. Lugduni Batavorum, 1738, pag. 486, 487.)

Methodi naturalis fragmenta studiose inquirenda sunt.

Primum el ultimrum hoc in botanicis desideratwm est. (Lin. Phil. bot. 1770 p. 27.)

Classes quo magis naturales, eo, ceteris paribus, praestantiores sunt.

Adfines conveniunt habitu, nascendi modo, proprietatibus , viribus, usu.

Summorum botanicorum hodiernus labor in his sudat et desudare decet.

Methodus naturalis hinc ultimus finis Botanices est et erit. (Linn. Phil. bot. p. 137.)

ouvrages qu’on doit reconnaître le véritable germe de la méthode

naturelle."

Son illustre élève Adrien von Royen mérite d’avoir ici une mention particulière pour avoir été le premier qui en adoptant les bases de la méthode de Ray abandonna en 1740 * la grande division des plantes en ligneux et en herbacées, suivie alors par tous les botanistes qui avaient fondé leurs systèmes sur le fruit, et même par Tournefort qui avait établi le sien sur la forme de la corolle. En partageant les plantes en monocotylédones et en polycotylédones, von Royen distingua dans ces dernières celles à étamines invisibles, ce que du reste avaient toujours fait tous ses devanciers après Dodoens et Césalpin par le manque de fleur et de fruit. On ne peut nier que ces vingt classes, ou les ordres de chacune d'elles, n’aient réuni quelquefois d’une manière heureuse des plantes d’une mème famille.

4 On a eu tort d'écrire que Linné avait profité des conversations de Bernard de Jussieu pour établir les ordres naturels, et que ceux-ci auraient difficilement pu naître des vues qui l'ont dirigé dans les autres ouvrages (Cuvier,. Éloge d'Adanson); car Linné a publié ses Classes plantarum, où se trouvent ses Fragmens de la méthode naturelle, à Leyde quelques mois avant son voyage à Paris où il connut personnellement Bernard de Jussieu. Voyez les Mémoires autographes de la vie de Linné publiés par M. Fée dans la Vie de Linné, Paris 1832, pag. 29 et 30, et le Discours d'ouverture du cours de botanique de la Faculté de Médecine prononcé le 3 Mai 1837 par M. Fée, Strasbourg 4837 p. 15, 16) Dans une lettre à Haller datée de Hautecamp, 3 Avril 1732, Linné écrivait qu'il travaillait depuis longtemps à établir des classes naturelles ; et Bernard de Jussieu en 1742, c’est-à-dire 47 ans avant son arrangement naturel des plantes au Jardin de Trianon, en se félicitant de la nomination de Linné à la chaire de botanique d’Upsal, lui parlait de l'espoir qu'il avait de voir enfin perfectionnée par lui la méthode naturelle que tous les amis de la botanique désiraient et attendaient. (Lettre du 45 Février 4842. Voyez À Selection of the correspondance of Linnaeus and other naturalists from the original manuscripts by Sir James Edward Smith, London 1821, vol. I, pour la lettre de Linné à Haller pag. 29, et pour celle de Bernard de Jussieu pag. 211.) Il semble de là que Linné se soit entretenu avec Bernard de Jussieu de l'importance de la méthode naturelle et qu’il ait contribué à fixer son attention sur cette méthode. Homme loyal et fort inclin à accorder des éloges à ceux qui l'avaient précédé dans la science, il n'aurait pas osé emprunter à Bernard de Jussieu une seule de ses idées sur la méthode naturelle.

? Floræ Leydensis prodromus, Lugduni Batavorum, 1740.

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Déjà avant Linné le nom de famille avait été prononcé par un belge, Mathias de Lobel‘ et par un italien, le Prince Frédéric Cesi” et donné par Magnol aux ordres naturels à cause de cette affinité qu’il avait reconnue dans les genres et qu’il compara à celle des familles des hommes. Magnol avait écrit aussi qu’il paraissait impossible de tirer les caractères de ces familles de la seule fructification, et que par conséquent il avait dû les choisir dans différentes parties de la plante, telles que la racine, la tige, les fleurs et les graines ; qu’il y avait même dans nombre de plantes une certaine similitude, une affinité qui ne consiste pas dans les parties considérées séparément, mais dans l’ensemble, affinité sensible qui ne peut s'exprimer. Mais par une fausse application d’un principe, du reste assez vague, ses ordres ne furent pas du tout naturels, et le nom même de famille fut ignoré ou négligé par les botanistes, même par Linné, jusqu’à ce que Adanson le fit revivre dans son ouvrage sur les familles des plantes. Adanson critiqua l'exécution que Magnol avait faite de son plan, parce qu'il avait choisi, en opposition même avec ses principes, tantôt la racine, tantôt la tige, tantôt la fleur ou le fruit pour base de ces familles; mais il en adopta les principes, en déclarant qu'il faut se servir de toutes les parties des plantes en même temps pour trouver la méthode naturelle; car celle-ci ne peut être qu'une, et une fois trouvée elle ne peut être remplacée. Pour appliquer ces principes il forma plusieurs systèmes artificiels tirés de la situation, de la figure, du nombre, de la durée, de la consistance etc. de chaque partie des plantes; et ayant rapproché celles qui se trouvaient les unes à côté des autres dans le plus grand nombre de ces systèmes, il établit 58 familles, dont on ne peut nier que plusieurs sont des classes ou des familles vraiment naturelles. Il a même rapproché les unes des autres des familles qui ont une structure très voisine, comme les Composées des Campanulacées, les Aristolochiées des Éléagnées etc., ce que les travaux récents des botanistes ont

1 Stirpium adversaria, Londini 4570, dans le préface. ? Phytoscophicarum tabularum pars. 42, Romae 1651.

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mieux démontré. Adanson en outre disposa toutes ces familles en allant des plus simples, les Bisses, les Champignons, les Algues, les Hépatiques et les Fougères, aux Palmiers, aux Graminées, Liliacées etc. et aux dicotylédones, quoiqu'il ait mis à la fin les Aroidées et les Mousses entre les Pins ou Conifères.

On à dit qu'Adanson avait recueilli dans les travaux de Bernard de Jussieu le germe de quelques unes de ses familles: car en 17959, cinq ans avant la publication de l'ouvrage de l'élève, Bernard avait distribué, d’après une méthode particulière à lui, toutes les plantes du Jardin de Trianon; mais on a justement remarqué que si Adanson profita de ses leçons, c’est en homme de génie qu'il le fit. Les principes qui le guidèrent furent différents de ceux de son maître, ainsi que l'exécution de son plan. On peut dire avec plus de raison qu’Adanson profita beaucoup des ordres naturels de Linné, car plusieurs de ces ordres sont les mêmes que ceux du grand naturaliste de Suède.

Les premiers essais de la classification naturelle de Bernard de Jussieu commencent, au dire d’un homme illustre et qui est d’une grande autorité sur ce sujet,’ par des rectifications faites aux Fragmens de la méthode naturelle de Linné, dans lesquelles il intercalait quelques uns de ces genres que le botaniste suédois avait relégués à la fin comme #ncertae sedis. Peu à peu Bernard modifia et perfectionna ces essais, de sorte qu'il en résulta plus tard une méthode qui lui est propre et qui démontre, bien qu'il n’ait pas fait connaître ses principes, qu'il s'est servi des caractères de l'embryon et de l’insertion des étamines pour disposer les familles des plantes; car dans le tableau de ses ordres naturels, que A. L. de Jussieu a publié plus tarden tête de ses Genera, on voit figurer d’abord les acotylédonées, depuis les monocotylédonées épigynes, périgynes et hypogynes, et enfin les dicotylédonées épigynes, hypogynes, périgynes et diclines, avec la confusion de quelques genres de

* Adrien de Jussieu dans l’article Taxonomie. Coup-d’œil sur l’histoire et les principes des classifications botaniques, extrait du Dictionnaire universel d'histoire naturelle, Paris 4848, pag. 21.

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plantes dicotylédones dans les acotylédones ou dans les monocotylédones à cause du peu de connaissances qu'on avait alors sur ces genres.

Ces mèmes principes dirigèrent sans doute l’illustre neveu de Bernard, Antoine Laurent de Jussieu, qui sut les saisir avec son rare talent et les développer, en proclamant l'importance de la subordination des caractères et de leur inégale valeur, ce qui a formé et forme mème à présent le principe des classifications naturelles. Dès l’année 1773, dans un Mémoire sur la famille des Renoncules, il écrivit à propos de l’affinité qui existe entre les parties de la fructification : On a reconnu dans cette affinité divers degrés : tous ces caractères n'ont pas la même valeur, la même force pour unir ou séparer les plantes. Les uns sont primitifs, essentiels par eux-mêmes etinvarrables comme le nombre des lobes de l'embryon, la siluation dans la graine, la position du calice et du pistil, l’attache de la corolle et des étamines: ils servent aux divisions principales ; les autres sont secondaires: ils varient quelquefois et ne deviennent essentiels que quand leur existence est liée à celle des précédens; c'est leur assemblage qui distingue les familles. Plus tard, en 1789, il développa ces principes d’une manière claire et précise dans l'introduction de son grand ouvrage du Genera plantarum où le lecteur peut saisir toute la marche qu’il a suivie pour établir les classes et les familles des plantes. Par une étude approfondie sur différentes familles que tout le monde reconnaît naturelles, telles que les Graminées, les Liliacées, les Labiées, les Composées, les Ombellifères, les Crucifères et les Légumineuses, il releva que les caractères de l'embryon et de l'insertion des étamines étaient invariables dans chacune ou plusieurs de ces familles, tandis que d’autres, tels que le nombre des étamines, la présence et la nature du périsperme, la situation relative du calice et du pistil, offraient quelques exceptions dans chaque famille, et que d’autres enfin: étaient variables dans chaque genre de plantes. Il proclama alors la doctrine de la valeur inégale des caractères et par conséquent de leur subordination, en soutenant qu’il fallait peser et ne pas compter ces

caractères, et attacha la première importance à l'embryon et à l'insertion des élamines pour établir les grandes divisions du règne végétal. C’est d’après cette théorie qu'il partagea les plantes en acotylédones, monocotylédones et dicotylédones, et qu'il subdivisa ces deux dernières par l'insertion hypogynique, périgynique et épigynique de leurs étamines, tout en admettant pour les dicotylédones des classes fondées sur la présence ou absence de la corolle et sur la distinction des sexes dans la fleur, d’où résultèrent ses dicotylédones apétales, monopétales, polypétales et diclines, pour rendre moins nombreuses, peût-être, ces plantes dans chaque classe de sa méthode.

Une grande révolution s’opéra dans la science par la proclamation de ces principes. Des hommes d’un mérite supérieur, tels que De Candolle, Robert Brown et Kunth, en les acceptant, publièrent d’après la méthode naturelle du fondateur de l’école française de grands ouvrages, l'un la Flore française,‘ l'autre la Flore de la Nouvelle Hollande et le troisième enfin la déscription des plantes rapportées du Nouveau Monde par lillustre De Humboldt.” Ils ne firent que peu de changemens à cette méthode qu'ils enrichirent de nouvelles familles soit en séparant celles que De Jussieu avait considérées comme une seule famille, soit en découvrant des familles de plantes dans des pays auparavant peu connus des savants. R. Brown entrevit aussi des groupes supérieurs aux familles mêmes, que plus tard M. Bartling a nommés des classes et M. Lindley des alliances, qui réunissent un certain nombre de familles, tels par exemple que le groupe ou classe des Rosacées, des Légumineuses, des Malvacées, des Urticées etc., que De Jussieu avait considérées seulement comme des familles. Mais De Candolle ne s’arrèta pas à suivre presque pas à pas la méthode naturelle de Jussieu comme

1 Flore française, de J. B. de Lamarck, 3e édition, par A. P. de Candolle, Paris vol. 4-5, 1805; vol. 6, 1815.

2 Prodromus Floræ Novæ Hollandiæ et Insulæ Van Diemen, vol. 1, Londini 4810.

3 Synopsis plantarum quas in itinere ad plagam aequinoctialem Orbis Novi collegerunt Al. de Humboldt et Am. Bonpland, auctore Carolo Sigism. Kunth, tom. 4-4, Parisiis 1822.

il avait fait dans sa Flore française; car, en profitant de la découverte que son illustre maître Desfontaines venait de faire de la différente structure de la tige des plantes monocotylédones et dicotylédones, il essaya plus tard une nouvelle classification fondée principalement sur les organes de la nutrition des plantes. Il partagea le règne végétal en deux grands embranchemens, des plantes vasculaires et des plantes cellulaires ; il divisa les premières en Exogènes ou Dicotylédones et Endogènes ou Monocotylédones, et les secondes en cellulaires Foliacées et Aphylles. Il subdivisa les Exogènes en quatre classes d'après la présence ou l'absence et la forme de la corolle et l'insertion des étamines, c’est-à-dire dans les Thalamiflores, Caliciflores, Corolliflores et Monoclamydées, et les Endogènes en Phanérogames et en Cryptogames; car il considéra comme Endogènes les Cryptogames vasculaires. Il donna en un mot, pour les grandes divisions des végétaux plus d'importance aux organes de la nutrition qu'à l’embryon, ou au moins il leur donna une importance presque égale.

On sait que la méthode de De Candolle à été adoptée par une foule de botanistes autant par sa simplicité que parce que l’auteur s’en est servi pour décrire dans son Prodrome presque toutes les plantes alors connues. D’autres botanistes ont tàché de faire des classifications nouvelles du règne végétal. Je n’en ferai pas ici une histoire détaillée, car on voit adopté en toutes le principe de la subordination des caractères; je me borne seulement à rappeler les savants efforts de trois botanistes célèbres, de M. Lindley, d'Endlicher et de M. Brongniart, car leurs classifications ont eu plus de retentissement que toutes les autres. Après plusieurs essais qui datent de 1830, et surtout de 4833, M. Lindley a donné en 1846 une classification des plantes fondée principalement sur les organes de la nutrition, et partagé tout le règne végétal en sept classes, qui sont 4° les Thallogens ou les Cryptogames qui n’ont ni tige ni feuilles; 2° les Acrogens ou les Cryptogames qui en ont; 3° les Rhizogens ou les Phanérogames parasites réduites souvent à des fleurs avec une tige ou un prétendu £hallus

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ou mycelium, tels que le Balanophora, le Rafflesia etc.; 4° les Endogens qui correspondent aux monocotylédones ayant des faisceaux ligneux distribués confusément et des feuilles à nervures parallèles; 5°les Dictyogens ou plantes monocotylédones, qui ont des nervures en réseau dans les feuilles et des faisceaux ligneux en cercle autour d'un centre médullaire, telles que les Paridées, les Dioscoreacées, les Smilacées (Smilax) etc; 6° les Gymnogens ou plantes gymnospermes, quiavaient été déjà élevèes avant lui au rang de grande division du règne végétal, et Te enfin les Erogens qui correspondent à la plus grande partie des plantes dicotylédones. Il partagea ces dernières en diclines, hypogynes, périgynes et épigynes, à peu près comme avait fait de Jussieu, et établit, ainsi que je l'ai dit plus haut, des alliances pour les groupes supérieurs aux familles.‘ Aux divisions de M. Lindley correspondent à peu près celles du grand ouvrage d'Endlicher sur les Genera plantarum.* L’illustre botaniste de Vienne divisa les végétaux en Thallophytes et Cormophytes d’après leur accroissement périphérique dans les premiers, et d’une manière spéciale en opposition de la tige à la racine dans les seconds, qui ont par conséquent une tige et une racine. Chez quelques uns de ces derniers les faisceaux vasculaires, ou leurs ébauches selon Endlicher, s’accroissent par leur extrémité supérieure ; ce sont les végétaux Acrobryés, qu’il distingua en cryptogames à vaisseaux ébauchés ou Anaphytes (Hépatiques, Mousses) et à vaisseaux parfaits ou Protophytes (Équisétacées, Fougères , Lycopodiacées, Cycadées), et en phanérogames Cu Hysterophytes (Balanophorées, Gytinées, Rafflésiacées ) ; ou ils s’accroissent par la formation de nouveaux faisceaux qui de la périphérie se dirigent vers le centre pour croiser ensuite et recouvrir les anciens: ce sont les végétaux Amphybryés qui correspondent aux monocotylédones ; ou bien ils s’accroissent à l'extrémité supérieure autant que par la périphérie, et ce sont les végétaux Acramphybryés ou dicotylédones, dans lesquels il

1 The vegetable kingdom. London 1846.

* Genera plantarum secundum ordines naturales disposila. Vindobo-

nae 4836-1840.

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