VI
Une excellente mesure hygiénique , qui mérite également l'attention de l'autorité, c'est d'établir, lors d'une épidémie de choléra 9 de vastes bâtimens , bien aérés et sains, destinés à recueillir les personnes bien portantes des maisons de la classe indigente dans lesquelles la maladie s'est manifestée , surtout lorsqu'on ne peut pas y exécuter sur-le-champ ce qui est nécessaire pour empêcher ou détruire l'infection.
S- vu.
Un point hygiénique que l'autorité doit faire strictement surveiller , c'est l'enterrement des personnes enlevées par le choléra. Cet enterrement doit avoir lieu immédiatement après les vingt-quatre heures du décès. Mais il convient de ne pas le faire plus tôt ; car une trop grande précipitation à les inhumer pourrait
(a) J'ai exposé dans mon Hygiène militaire , (section de propreté) les» mesures prophylactiques à prendre dans les hôpitaux*
avoir des suites fâcheuses , puisque le cholérique peut se trouver dans un état de mort apparente par asphyxie , syncope ou narcotisme. Pendant les vingtquatre heures qui précèdent l'inhumation., il faudrait exposer le cadavre dans un lieu convenable en plein air et le saupoudrer de chaux vive , afin d'anéantir l'effet pernicieux de l'exhalaison qui se dégage dans les derniers momens du cholérique , et dont le corps pourrait conserver le pouvoir infectant quelques heures après la mort. La prudence commande de ne pas permettre que le défunt soit porté à l'église. Il est inutile de rappeler qu'il doit être mis assez profondément en terre ; précaution qu'il ne faut pas même négliger dans les temps ordinaires. On a agi très-sagement , pour le dire en passant , d établir les cimetières dans un certain éloignement de lieux habités et de défendre d'enterrer dans les églises : cette mesure, dictée par l'hygiène^ est trop bien appréciée pour que j'aie besoin de m'y arrêter.