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CHAPITRE II

La guerre et la paralysie générale au point de vue pratique.

Les psychoses et les psycho-névroses de guerre, sont étu diées depuis la guerre sud-africaine et surtout depuis la guerre russo-japonaise ; les auteurs anglais et russes ont insisté sur leur fréquence, leur acuité, leur multiplicité, surtout après les grandes batailles.

Au début du grand conflit 1914-18, convaincus de l’origine syphilitique de la paralysie générale, en France, les commissions spéciales de réforme avaient décidé de renvoyer sans pension, sans indemnités, en un mot de réformer n° 2, tous les malades atteints de méningo-encéphalite paralytique; cette façon d’agir était admissible, à la rigueur, pendant les premiers mois de la campagne; mais la guerre se prolongeant, n’était-1l pas possible d’invoquer que le fait de cette guerre, en dehors d’un traumatisme possible, par ses fatigues, ses privations, le surmenage qu'elle imposait à chaque instant au combattant, ne pouvait entrer en ligne de compte, comme cause occasionnelle ou circonstance aggravante de la paralysie générale.

1916. — En février 1916, M. Benon, dans un article sur les Maladies mentales el nerveuses el la guerre déclarait : « La paralysie générale, maladie démentielle typique, peut-elle ètre la conséquence des fatigues où des émotions de la guerre ?

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La syphilis, on le sait, ne suffit pas pour déterminer la paralysie générale. Dès lors, en présence de certains cas précis bien circonstanciés, doit-on écarter sans discussion, l'influence du surmenage dans l’apparition de cette maladie? N’est-il pas des blessés par maladies mentales ou nerveuses, qui sont des invalides de guerre au même titre que les mutilés de la bataille? » Puis dix mois après, en décembre, étudiant le rôle de la guerre, en tant que facteur étiologique, soit unique, soit associé à d’autres causes, soit comme facteur d’aggravation, il répétait : «la guerre peut être considérée comme cause occasionnelle des maladies nerveuses et mentales : jusqu’à quel point les névrcses, psychoses ou démences ne sont-elles pas le fait du service? La question paraît pouvoir être discutée dans certains cas de paralysie générale. la valeur attachée aux causes prédisposantes héréditaires ou acquises doit être considérée commerelative?.…..»

Le doute au sujet de l’étiologie de la paralysie générale devait encore une fois être profitable au malade, et la question fondamentale à se poser était de pouvoir déterminer si la maladie,constatée à la guerre,était ou n’était pas le fait du service. Ne pouvant pas non plus admettre que seule la syphilis pouvait produire la paralysie générale, n’était-il pas logique de penser à admettre, dans l’éclosion de la maladie,le rôle déterminant ou au moins occasionnel des fatigues ou des émotions de la guerre? Déjà d’ailleurs depuis quelque temps les médecins militaires s’occupaient de la question; dans son rapport du 23 septembre 1916 au centre neurologique de la 16€ région, M Maurice Villaret demande que l’on accorde aux paralytiques généraux ayant subi pendant un certain temps les fatigues et les dangers du front, une gratification toutes les fois que la paralysie débute nettement après un trauma cranien ou une commotion de guerre, chez un sujet auparavant absent de tout trouble, gratification qui pourrait d’ailleurs être diminuée considérablement du fait de la prédisposition antérieure.

a réunion de la Société de neurologie de Paris, le 19 décembre 1916, en collaboration avec tous les chefs des centres

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