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dort davantage bien qu'ayant des cauchemars.
Et déjà après 10 cachets, appétit, l'intestin, le sommeil con- Hbdgnt à s'améliorer. Elle se sent l'esprit plus délié, l'humeur plus gaie.
L'amélioration s’accentue après l’ingestion de 35 cachets. Elle a plus de force, plus d’entrain, commence à s'appliquer au! travail.
Le 29 décembre elle a absorbé 47 cachets.
Les règles MER du 2i au 27 abondantes l'ont été moins
toutefois qu’en septembre et en novembre,
70e Elle n’a plus éprouvé pendant ses menstrues ni constipation, ni vertiges, ni migraine.
Elle se sent plus forte, a fait de longues marches,a plus d'entrain, ne ressent plus de lassitude, a une grande facilité au tra-
vail, a un caractère égal.
Nous avons tenu à ne pas séparer ces deux observa-
tions fort instructives qui montrent le rôle que peuvent jouer les glandes à sécrétion interne dans la genèse de certaines neurasthénies.
La première malade avait été considérée pendant trois ans comme atteinte de neurasthénie primitive et soignée en conséquence. Il éiait en effet très naturel de reconnaître aux symptômes neurasthéniques qu’elle présentait, une origine nerveuse, attendu que l’examen des organes n’avait rien révélé de particulier. C’est tout à fait par hasard que les auteurs frappés de l’asthénie profonde qui dominait tout le tableau clinique, se sont décidés à instituer un traitement opothérapique.
Les effets remarquables obtenus grâce à cette médication ont prouvé que les symptômes neurasthéniques étaient étroitement liés à l'insuffisance surrénale.
La deuxième observation nous montre une jeune fille qui devint neurasthénique à la suite d'émotions et de surmenage intellectuel. De par son mode d’apparition on était en droit de reconnaître à cette neurasthénie une origine psychique. Mais la constatation chez la malade de signes d’hypothyroïdie engagèrent les auteurs à instituer un traitement contre ces troubles : ayant
constaté la disparition simultanée des symptômes d’hy-
pothyroïdie d’une part et des symptômes neurasthéniques d’autre part, ils ont été amenés à conclure tout naturellement que ceux-ci résultaient d’une insuffisance thyroïdienne.
Il semble bien que lorsque nous connaîtrons mieux le rôle des glandes à sécrétion interne, il nous sera plus facile d'expliquer certaines neurasthénies dont la pathogénie nous échappe et qui résistent à tous les traitements.
Nous en avons trouvé une nouvelle preuve dans deux observations publiées très récemment dans la Revue de Médecine par Schneïder (de Lyon).
Il s’agit de deux cas de neurasthénies considérées comme des neurasthénies graves et que l’auteur fait Mépendre d'une insuffisance surrénale chronique. Son opinion est basée sur la constatation qu'il a faite chez ses malades de signes d'insuffisance surrénale dont les principaux sont l’hypothermie (36°), l’hypotension artérielle (12 à 13), — poulspetit, fréquent, instable — ligne blanche abdominale. Asthénie très prononcée.
Le traitement opothéraptique n'ayant pas encore été institué au moment de la publication de ces observations il n’est pas possible de se prononcer sur le bien-
fondé de la pathogénie admise par l’auteur.
Neurasthénie secondaire à des lésions du naso-pharynx.
Observation XIV (Royer).
M. X..., 38 ans, gardien dans une administration.
LA L4 L « . , Antécédents héréditaires. — Une sœur sourde par suite d’une
surdité acquise,
EN TE EE f
Antécédents personnels. — Rien à noter : l'audition de l'oreille
gauche a toujours été un peu inférieure à celle de l'oreille droite,
L’afection débuta il y a trois ans par une sensation de froid dans les oreilles, surtout à gauche.
Nombreux traitements qui ne donnèrent aucun résultat.
État acluel'lors du premier examen).
Circulation : normale, quelquefois tachycardie émotive.
Respiration : normale. Cependant de temps en temps la nuit un peu d'insuffisance nasale, ronflement.
Digestion : diminution de l’appétit, tendance à la constipation. Sécrétions et excrétions : normales.
Fonctions de motricité : rien de spécial.
Sensibilités : #
Sensibilités au tact, à la température, à la dou leur: normales
Sensibilité olfactive : à peu près nulle.
: Sensibilité gustative : émoussée.
Sensibilité auditive : diminuée à gauche.
Céphalées : Sensation prononcée de fatigue et de dépression. Impression d'angoisse constante, sensations psychiques anormales, hallucinations auditives, céphalées frontales ou occipitales à peu près constantes, obsédantes, à paroxysmes irréguliers, accompagnées d’une sensation de constriction en cercle.
Le malade ne peut fixer son attention sur les sensations qu’il reçoit, la perception n’en est pas immédiate.
De même qu'il ne peut fixer Son attention sur les sensations reçues de l’extérieur, il ne réussit pas non plus à l’arrêter immédiatement sur ses propres pensées qui défilent sans frein et auxquelles il assiste pour ainsi dire en spectateur. Dans ces
conditions les associations d’idées se font autrement que par des
Lg ap
liens logiques à la façon dont sans doute elles se produisent
chez les excités maniaques. |
Le malade est dans un état d’anxiété constante qui se complique d'un profond découragement dû à l’inutilité des traitements subis, à la crainte de perdre sa place. Il a manifesté quelques idées de suicide.
La physionomie et l’attitude sont en rapport avec l’état mental : elles indiquent surtout l'inquiétude et la tristesse, Regard méfiant.
Examen des fosses nasales : Nombreux polypes muqueux autour des cornets moyens.
Ils ne descendent pas ässez bas pour obstruer les narines qui sont très larges de sorte que la respiration par le nez est restée possible,
Ils sont serrés les uns contre les autres comme des grains de maïs sur leur tige, — un seul à gauche est un peu volumineux.
Pas d'écoulement purulent, ni muqueux, sinus transparents. Dents du maxillaire supérieur saines.
Légère imflammation chronique du pharynx.
Traitement. — Les polypes sont enlevés en plusieurs séances à l’anse froide et à la curette tranchante, leur surface d’implantation modifiée au galvano-cautère.
Dès la première séance l’état s'améliore, la céphalée diminue,
.les idées sont moins brouillées, la tristesse moindre, Sommeil
calme.
À mesure que le nez est mieux débarrassé de ses tumeurs muqueuses le progrès vers la santé parfaite s'accentue et avec les derniers polypes disparaissent les dernières traces de la malladie.
Pendant l2 cours du traitement à la suite de l’inflammation
NT . —74— causée par la cautérisation au galvano-cautère la céphalée a reparu pendant un jour ou deux ramenant avec elle une partie des anciens troubles mentaux.
C'est là un fait qui a presque la valeur d’une expérience, qui confirme l’exactitude de l'interprétation du rôle pathogéni- |:
que attribué aux lésions nasales.
Royet pense que dans ce cas les symptômes neurasthéniques sont dus à une action réflexe ou à une modification directe de la vascularisation sanguine ou lymphatique des centres nerveux. Il admet que la prédisposition est indispensable mais que cette notion de prédisposition ne doit pas entraver l’action thérapeutique. Bien au contraire, c’est dans les cas de ce genre qu'il ne faut pas hésiter à intervenir, c’est la « seule façon de détruire les petites causes qui peuvent produire de grands effets. »
La disparition des troubles neurasthéniques par le traitement de la lésion nasale constitue une preuve suffisante de l’action de la lésion organique sur les trou-
bles psychiques. ia
Neurasthénies secondaires à l’artério-sclérose.
Observation XV:
(Due à l’obligeance de M. le ‘professeur MiraLuié.)
M. X..., âgé de 58 ans, avocat.
[ ya six ans, le malade eut un vertige en sortant de table,
puis resta six mois environ sans en avoir,
PS
| Es ME
Un jour qu'il plaidait, un nouveau vertige le surprit. Depuis cette époque, il a la phobie du vertige, il lui est impossible de plaider debout. Assis, il peut parler pendant des heures, mais si, par malheur, il pense à son vertige, il perd immédiatement toute assurance. \
Les vertiges vrais qui, en somme, étaient assez rares autrefois, deviennent de plus en plus fréquents, à tel point que le malade s’est trouvé dans l’obligation de réduire considérablement sa clientèle.
Nous le voyons pour la première fois le 10 octobre 1905. Il est très déprimé au physique comme au moral, très découragé par l’insuccès de toutes les médications Es (jusqu’ici, il a toujours été considéré comme un neurasthénique et traité en conséquence.)
Il se plaint surtout d’insomnies persistantes et d’une sensation de courbature générale qu’il éprouve tous les matins à son réveil.
Mais c’est de ses vertiges qu'il nous entretient le plus longuement; c’est le symptôme dominant chez lui.
A l'examen nous trouvons un foie petit et des varices.
Quoique nous n’ayons relevé aucun signe net d’artério-sclérose, nous le soumettons au traitement ioduré et au régime lacto-végétarien.
5 novembre. — Le traitement a produit une diminution notable des vertiges et des phobies du vertige.
Depuis huit jours, le sommeil est meilleur; au réveil, le malade se sent bien reposé (ce qui, de puis quatre ans, ne lui étai jamais arrivé).
Il se plaint d’être très constipé; nous lui donnons la solution
de Bourget.
20 Le 2 décembre. — Le malade a encore eu un vertige, son état général continue à s'améliorer; moins de dépression, moins de phobies, beaucoup « plus d’aplomb et d'équilibre ». L'insomnie, les cauchemars ont reparu de même que la lassi-
ude au réveil.
Nous conseillons au malade de reprendre le traitement ioduré
qu’il avait interrompu pendant quelques jours, à la suite d’une
légère indisposition.
19 janvier 1906. — Beaucoup de mieux.Le malade écrit : « Si je pouvais retrouver un sommeil plus prolongé et moins agité je me porterais parfaitement. »
18 juillet, — Nous revoyons le malade qui nous déclare être complètement débarrassé de ses vertiges, il n’a plus de phobies, plus aucun symptôme neurasthénique. Il a repris ses occupa-
tions, sa clientèle et plaide comme autrefois.
Observation XVI (Gonrrwskt).
Il s’agit d’une femme de 54 ans, malade depuis onze ans. Elle
ce
avait été soignée pour des maladies diverses sans résultat et ne
voulait plus voir de médecins, convaincue que sa maladie était
incurable,
Elle n'avait pas quitté sa maison depuis dix ans déclarant qu’il lui était impossible de marcher. Chaque nuitelle était prise de crises de fausse angine de poitrine et par les plus grands froids était obligée de laisser ses fenêtres ouvertes. Sur les instances d'un de ses voisins que j'avais guéri elle consentit à me faire appeler. Je constatai une hypertension aveccommencement d’artério-sclérose, céphalée, amyosthénie, insomnie, dépression
morale extrême, plaque sacrée, pessimisme, pouls serré, reten-
MAL es tissement aortique légèrement éclatant, huit pulsations de plus dans la position horizontale que dans la position verticale.
Après un examen attentif je lui déclarai que je pouvais lui
faire beaucoup de bien.
Profondément découragée elle me déclara que si elle avait consenti à me faire appeler, c’était pour ne pas être désagréable à ses parents et à ses amis, qu’elle n’avait plus aucune espérance et qu'il était inutile de faire un nouveau traitement.
Persuadé que je pouvais considérablement améliorer son état,
Jj'insistai avec l’assurance que donne la conviction et lui deman-
dai d’essayer simplement de prendre un médicament dont je lui garantissais le succès : 2 gouttes de solution de trinitrine au centième pendant les crises de la nuit. Elle consentit sur mes instances, mais uniquement pour m'être agréable, disait-elle, convaincue qu’elle n’en obtiendrait aucun effet, Le résultat fut tel que je l'avais annoncé,
La malade en fut si frappée etéprouva un tel bien-être qu'elle me déclara être prête à suivre toutes mes prescriptions ; elle se sentait renaître à l’espérance. F3
Voilà six ans que je lui donne mes soins, je l’ai soumise au régime lacto-végétarien et lui fais prendre matin et soir un comprimé de tétanitrol à 5 milligrammes.
Tous les symptômes neurasthéniques ont disparu, elle n’a plus de crises d’angine de poitrine, dort les fenêtres fermées, fait de longues promenades à pied, visite ses amies et est heureuse de vivre. Par le régime et le tétanitrol la tension artérielle
se maintient à la normale.
Les symptômes neurasthéniques que l’on relève chez
ces deux malades sont-ils liés à l’artério-sclérose ou
sont-ils dus à des préoccupations morales bien naturelles causées chez le premier malade par ces vertiges répétés qui l'avaient mis dans l'obligation d'abandonner à peu près sa profession; chez la deuxième malade par ces crises de fausse angine de poitrine qui depuis dix ans l’avaient empêchée de sortir. de sa maison. Ilestassez difficile de résoudre'cette question : cepen-
dant ce que l’on peut affirmer, c’est l’origine organique
et non psychique des accidents qui ont motivé l’inter-
vention des médecins.
Si l’on avait persisté en effet à considérer ces phénomènes comme des phénomènes d’origine psychique, si Von avait continué à soigner ces malades comme de simples névropathes, il est bien certain qu'on aurait couru le risque de ne jamais les améliorer.
L'idée que l’on a eue de les considérer avant tout
comme des artério-scléreux et de leur appliquer un trai-
tement approprié s’est trouvée vérifiée par les résultats
thérapeutiques obtenus dans les deux cas.
Neurasthénie secondaire au diabète.
Observation XVII (LevyiLLain.)
M. Ma..., 34 ans, est atteint de troubles névropathiques gastro-intestinaux et nutritifs généraux qui semblent être sous dépendance de la glycosurie intermittente dont il est affecté. Les antécédents héréditaires sont névropathiques, père médecin mort jeune, mère nerveuse morte brightique, oncle psycho-
thape, tante hystérique.
13 0e fus
£ , L : Les antécédents personnels sont nuls jusqu’à 21 ans, santé
robuste jusque-là ; puis surviennént des ennuis considérables de famille, grosses préoccupations d’affaires et il semble qu’à cé moment se soit produit une légère neurasthénie avec céphalée constante, troubles vaso-moteurs et dyspeptiques.
pi À 18 ans (mariage), la nervosité irritable s'accroît, en outre poussées de sciatique gauche avec contractions vermiculaires et crampes dans le mollet gauche, de temps en temps rachialgie et occipitalgie: malgré cela la nutrition générale reste bonne; en
6 décembre 1893 M. Ma... pesait encore 80 kilos.
£ Le début des troubles actuels s’est fait nettement en janvier 1904, d’une manière presque aiguë et sous forme de céphalal- € gie, vertiges et nausées avec embarras gastrique et langue sa- “1 burrale; on fit alors le diaghostic d’influenza. Après trois sémai- È nes d'état aigu, la santé ne se rétablit pas complètement, les % maux de tête persistent avec prédominance de localisation à la 1 nuque. En mars 1894, poussées de lumbago très douloureuses durant quinze Jours.
En juin 1894 reprise des accidents du début, l’état vertigineux est très accusé: il s’y ajoute des troubles de la vue (diplopie, amblyopie.…), c’est alors qu’on fait la première analyse d'urine
| et qu'on découvre 39 grammes du sucre par litre sans polyu- ‘rie, ni azoturie franche.
M. Ma... consulte alors le professeur L.., qui prescrit : Vals, digitaline, bromure de K., dioscoride et régime végétarien. Le sucre baisse rapidement et oscille pendant trois mois entre 6 et e 8 grammes.
| En même temps les troubles nerveux diminuent, mais il y a
tendance marquée à l’azoturie, l’urée oscillant entre 46 et 57 grame
mes pendant cette "période,
SE Sp s
Le régime est changé : 2 litres de lait par jour, Vichy et quelques viandes fortes. Le sucre remonte rapidement ; le 10 décembre l'analyse dénote 40 grammes par vingt-quatre heures.
Le Jait est alors supprimé, le sucre descend à 5 grammes le 14 décembreet disparaît complètement le 18 ; en même temps que la poussée glycosurique les troubles nerveux étaient réapparus sous forme de douleur et sensation congeslive à la nuque, palpitations, dyspnée, fachialgie, etc... a . M. Ma... lors de son arrivée à Nice dans les premiers jours de janvier 1895, ne présente aucune trace de sucre el est soumis au régime carné intensif sans pain, ni farineux,avec Vichy, glycérophosphate et arsenic.
Du côté de la tête sensation permanente d'ivresse légère e+
d'hébétude avec état vertigineux proportionnel, mais sans titu-
bation, ni le moindre signe de Romberg. +
Douleurs à l’occiput alternant avec des sensations de poussée congestive dans la même région.
Asthénie psychique et morale avec diminution de la mémoire, diminution de goût pour le travail, apathie pour les occupations favorites, préoccupation vive de son mal,idées tristes, découragement,en somme état mélancolique avec irritabilité exagérée et tendance aux larmes. Les troubles de la vue sont très accusés et le malade se plaint fréquemment d’altérations diverses de ses facultés visuelles ; polyopie, amblyopie, diplopie, ete...
Du côté de l'appareil cardio-pulmonaire, aucun signe de lésion organique, mais par poussées, palpitations et gêne de la respiration et même dyspnée faisant croire au malade qu’il a de l’angine de poitrine ; toutefois l’exercice musculaire n’exagère pas ses troubles et il n’y à ni cardialgie, ni brachialgie gauches.
Du côté de l'appareil digestif : langue saburrale, pas de poly-
ina - - A de
PRE Fa
phagie proprement dite, pas de troubles dyspeptiques après les
repas, alternatives de constipation et de diarrhée ; renvois de
gaz fétides.
, Diminution notable de la puissance sexuelle, \ Du côté du système musculaire : fatigue générale, amyosthénie très accusée le matin, malgré qu’il n'existe aucun trouble du sommeil, M. Ma... dormant en moyenne huit heures sans rêves
habituels, sensation de courbature générale et rachialgie très
accusée.
Du côté de la nutrition générale, amaigrissement notable. M. Ma..., pesant 83 kilos fin décembre 1893, ne pesait que 67 kgr. 700 fin décembre 1894, il aurait donc perdu plus de 12 kilos en un an Aucun trouble objectif de la sensibilité, les réflexes sont bien conservés. 5
Troubles vaso-moteurs déterminant parfois des poussées de coloration verdâtre de la peau, surtout aux extrémités.
M. Ma... fut d’abord soumis au traitement hydrothérapique simple avec continuation du régime alimentaire et médicamenteux prescrit.
Puis en raison d'absence persistante de toute trace de sucre, j'ai autorisé à reprendre l’alimentation ordinaire ;: pendant plusieurs semaines la glycosurie ne reparut pas et les divers malaises éprouvés semblaient s'être améliorés : persistait seule la continuation de l’amaigrissement.
Au début du mois de mars une nouvelle analyse d’urine dénota la réapparition du sucre en assez grande quantité (34 or. par litre) dans les urines, bien que le malade continuât son traitement hydrothérapique auquel s'était ajouté depuis uné quinzaine le traitement électrostätique.
Fortineau ; : EE 6
| Ce M. Ma. dut reprendre alors la diététique alimentaire des
glycosuriques et depuis lors les phénomènes nerveux se sont notablement améliorés.
Les troubles de la vue ont presque complètement disparu, la gêne respiratoire et les poussées dyspnéïques n'existent plus, : les douleurs de la nuque sont plus rares, l'état d’ébriété et de vertige a disparu, lamyosthénie est mois accusée, les fonctions digestives semblent meilleures et le poids a augmenté d'environ
1 kgr. 500.
Cette observation nous montre que le diabète, lorsqu'il évolue sur un terrain prédisposé comme chez ce malade qui présente de nombreux antécédents héréditaires névropathiques, peut dans certains cas être la cause déterminante de la neurasthénie.
L'examen de cette observation prouve en effet que les troubles nerveux dépendent directement de la glycosurie, puisqu'ils disparaissent avec une régularité expérimentale sous l'influence des régimes qui diminuent
le trouble urinaire.
Neurasthénies secondaires à des maladies infectieuses.
Le syndrome neurasthénique peut s’observer au début, au cours ou pendant la convalescence de maladies infectieuses telles que la grippe, la fièvre typhoïde, la syphilis, la tuberculose, le paludisme.
La grippe a surtout été incriminée. Mancel dans sa
thèse a relaté plusieurs observations dans le but de
DR
montrer l'influence que peut avoir cette infection dans la genèse de certaines neurasthénies.
Pierret a également insisté sur l’action particulièrement neurasthénisante, épuisante de l'infection grippale. F
Le professeur Fournier a décrit, il y a plusieurs années, une nouvelle forme de neurasthénie qu’il a appelée la neurasthénie syphilitique. D’après lui, la syphilis agirait par l’action débilitante, anémiante, dépressive qu'elle exerce sur l’économie.'Il reconnaît toutefois que le « trauma moral » joue un rôle considérable dans le développement. des troubles neurasthéniques qui apparaissent tout à fait au début au moment de l'accident primitif.
Ce n'est donc que dans les neurasthénies qui se montrent pendant les périodes secondaire ou tertiaire qu'il fait intervenir l'infection générale. |
Le traitement antisyphilitique n'ayant aucune prise sur les accidents nerveux, le professeur Focanier en a
conclu que cette neurasthénie était, comme le tabes et
- la paralysie générale, une affection parasyphilitique.
Il est certes regrettable que le traitement ne soit pas venu confirmer l’hypothèse de l’origine syphilitique de ces neurasthénies. Aussi sans nier l'influence de l'infection syphilitique, croyons-nous que mème dans
les neurasthénies tardives il y a lieu de prendre en
considération les préoccupations morales que fait naître
dans l’esprit du malade l’éclosion d'accidents syphili-
tiques secondaires ou tertiaires.
Les neurasthénies secondaires au paludisme sont con-
nues depuis relativement peu de temps. Elles ont été étudiées par un certain nombre d’auteurs tels que Lejonne, Tessier, Schupfer, Dausauer, Comméléran qui ont tous insisté sur l'influence très nette du paludisme sur l’apparition' de quelques neutasthénies.
Les deux observations suivantes.empruntées à Triantaphyllidès nous en fournissent la preuve; il ressort de leur examen que le meillèur moyen de supprimer les symptômes neurasthéniques chez les malades dans le sang desquels ontrouve des hématozoaires, est de s’attaquer à la cause même de ces symptômes, à l'infection
paludéenne.-
Observation XVIII (TRIANTAPHYLLIDÈS.
Sch.…, négociant, 37 ans, habite Batoum depuis huit ans, sans aucun antécédent morbide, il n’a Jamais souffert de paludisme.
Depuis neuf mois 1l se sentait de temps en temps nerveux et sujet à des mauvaises humeurs, mais cet état passait vite. Il y a quinze jours, il commença à sentir de nouveaux troubles, mais’ cette fois beaucoup plus accentués et qui allaient en progressant.
Étal actuel. — Santé physique excellente, facies triste et un peu pâle. Le malade ne peut plus s’occuper de ses affaires. Il ne peut plus penser et depuis trois jours il à suspendu toute sa correspondance. Il a une impotence cérébrale presque complète, mélancolie sans raison. Émotivité excessive. Il commence à sangloter en racontant son histoire, ne sachant lui-même pourquoi il pleure. Caractère irascible : « je deviens, dit-il, insupportable mais je ne puis me retenir. »
Insomnie, légère céphalée, diminution de l’appétit, aucun
LEVEL autre trouble du côté des voies digestives. Pas d’amyosthénie, pas de troubles vaso-moteurs. Apophyses épineuses des deuxième et troisième vertèbres dorsales un peu douloureuses à la pression.
Foie et rate: normaux.
Hémoglobine : 100. Plasmodies non pigmentées.
Traitement. — Injection hypodermique de 0 gr. 80 de quinine bimuriatique.
Le lendemain amélioration brusque. Le malade est gai et
content, et se sent capable de reprendre ses occupations.
Observation XIX (TrIANTAPHYLLIDÈS.)
Mme E.., 34 ans, habite Batoum depuis deux ans; aucun antécédent.ni malarique, ni nerveux, d’une constitution forte.
Depuis un an et demi elle est sujette à des maux de tête périodiques, accompagnés de nausées.
Depuis deux mois la céphalée est presque constante et en même temps elle a souvent une tristesse sans motif, elle se sent
fatiguée surtout après le repas. Elle a des douleurs erratiques
* partout, des sensations de frissons et de bouffées de chaleur +
qui lui parcourent le corps, des palpitations fréquentes, des anxiétés et des terreurs.
Inappétence, légère constipation.
Plaques cervicale et ombilicale.
Foie et rate : normaux. |
Plasmodies sans pigments, hémoglobine 0,95, hématies 4.100.000.
Traitement. — Injection hypodermique de 0,80 de quinine
bimuriatique.
POE TE Le lendemain la malade se sent beaucoup mieux et après la troisième injection, elle se déclare complètement guérie. Après trois mois récidive et guérison prompte après quatre
injections de quinine.
Neurasthénie secondaire au cancer.
Observation XX (Caurru, in Thèse Tarroux.) .
F..., industriel. Toujours bien portant jusqu'en 1889 malgré un grand surmenage intellectuel et surtout physique.
En 1889, A est pris de douleurs lombaires revenant par accès. Cette douleur parfois intolérable le rend triste et agacé.
Il ne dort plus la nuit et comme il maigrit un peu, que ses
= forces diminuent beaucoup, il s'inquiète et vient consulter à
Paris.
L'absence de tout phénomène du côté des organes, foie, reins, poumons, cœur, la conservation des réflexes, la présence de là rachialgie, de lamyosthénie, de l’insomnie persistante et l’état mental particulier font penser à la neurasthénie.
En 1891, l’état s’est aggravé, il y a dilatation légère de l’estomac et vomissements surtout nocturnes, un nouvel examen négatif pratiqué par deux médecins des hôpitaux fait confirmer le diagnostic de neurasthénie grave.
M. F... est envoyé à Royat tant pour le distraire que pour lui faire suivre un traitement électrique et hydrothérapique 5 sous l'influence du séjour à Royat, des douches électriques, de la distraction, l’état mental s'améliore. KF.. est moins sombre, il souffre un peu moins, il dort un peu mieux, mais il maigrit
de 30 livres en vingt-deux Jours.
qu mois dé. Rare de fe même à année 1891, c 'est=à: dire
d HT 4
trois mois après, F.. meurt d’un cancer du foie. Au miliou
É: FR de septembre le foie débordait les fausses côtes d’ un travers de
main, il était marronné et lon sentait cette ie très nettement
les nodosités de sa surface. AU AT D QE LP) "
Cette observation montre combien: il peut être par-
fois difficile de trouver la véritable cause de la neuras- à ‘ thénie. C'est l'évolution de celle ci qui a permis dans ce cas particulier de la rattacher à un cancer du foie
donE le. diagnostic | “était impossible à faire au début, étant donnée Fabsenos de tout phénomène objectif.