PRINCIPALES THÉORIES PATHOGÉNIQUES DE LA NEURASTHÉNIE
Si tous les auteurs se sont mis rapidement d'accord sur la symptomatologie de la neurasthénie, ils ont été de tout temps et sont encore très divisés sur la pathogénie de ce syndrome. |
Et pourtant cette question est d’une importance capitale non seulement au point de vue doctrinal, mais encore et surtout au point de vue pratique. Si l’on veut, en effet, faire ‘de la bonne thérapeutique, il faut qu'elle soit avant tout pathogénique.
Les conceptions pathogéniques qui ont élé émises sont extrêmement nombreuses : cela tient à ce que la neurasthénie intéresse tous les médecins quelle que soit la spécialité à laquelle ils appartienent ; elle ne fait pas exclusivement partie du domaine de la neuropathologie.
Le neurasthénique ne commence généralement pas par consulter le neurologiste, à moins qu'il ne se rende
compte lui-même dela nature nerveuse de ses douleurs.
Nos
S'il souffre de l'estomac, il s’adresse au gastro-thérapeute ; est-il gèné par des bourdonnements d'oreilles, des vertiges, il se fait examiner par un oto-rhino-laryngologiste, a-t-il des troubles de la vue il demande l'avis de l’ophtalmalogiste, est-ce un chancre qui l’inquiète, c’est le syphiligraphe qui sera appelé à lui donner ses soins.
* Si après avoir vu un nombre souvent considérable de médecins il n'a obtenu aucun soulagement il en arrive à s'adresser aux spécialistes des affections nerveuses.
Cette façon de se comporter est bien particulière aux neurasthéniques et due en partie aux médecins qui leur appliquent soit un traitement vaguement symptomatique, soit ‘un traitement basé dans tous les cas sur la même théorie pathogénique.
Nous n’avons pas l'intention de rappeler toutes les théories par lesquelles on a essayé d'expliquer les symptômes neurasthéniques. Nous ne nous occuperons que des principales, surtout de celles qui semblent avoir été confirmées par un traitement rationnel.
Il nous faut cependant dire quelques mots d’une théorie beaucoup plus physiologique d’ailleurs que pathogénique, à laquelle se rallient tous les psychophysiologistes contemporains et parmi eux Lange, Ribot, G. Dumas... Nous voulons parler de la fhéorie vasomotrice.
Cette théorie a éié bien étudiée par Angel qui démontra par des expériences minutieuses à l’aide du plé-
thysmographe-de Mosso l’hyperexcitabilité du système
vaso-moteur et l’exirême facilité de son épuisement chez les neurasthéniques. à
Weber rapprochant ces faits expérimentaux des faits cliniques émit l’hypothèse que tous les symptômes d’épuisement nerveux dépendaient de troubles vaso-moteurs, des alternatives de spasme et de congestion s'effectuant dans les centres nerveux sous l'influence des causes les plus légères. : | -
Nous ne ferons également que citer l’opinion d'Erb qui croit à un trouble intime de la nutrition des éléments nerveux ; celle de Beard qui voit un défaut d'équilibre entre l’usure et la-réparation de la cellule cérébrale ; celle de Féré qui pense que la neurasthénie est due à un excès de vibrations surmenant la cellule cérébrale.
Ces dernières théories ne sont que des « suppositions vraisemblables, mais invérifiables » comme le dit le professeur Raymond, et ne nous avancent guère attendu qu’elles ne nous disent pas comment nous devons traiter les neurasthéniques. Elles n’ont rien de pratique, à l'encontre des théories que nous allons maintenant étudier.
Pour donner un peu de clarté à l’exposé des grandes théories pathogéniques qui se trouvent actuellement en présence, nous les diviserons en deux grands groupes :
1° Les théories organiques ; put
% Les théories nerveuses.