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THÉORIES ORGANIQUES

Ces théories sont très nombreuses ; nous les avons

appelées organiques parce qu’elles considèrent les symp-

tômes neurasthéniques comme secondaires à dés affections organiques.

Les unes ont la prétention d'expliquer dans tous les

cas les accidents nerveux ; les autres, moins intransi-

geantes, ne s'adaptent qu’à certaines neurasthénies.

De tous les symptômes neurasthéniques les troubles dyspeptiques sont peut-être les plus fréquents et les plus prononcés, aussi n’est-il pas étonnant que l’esto-

, mac ait attiré de tout temps sur lui l'attention des au-

teurs. ( A. — THÉORIES STOMACALES. — Elles sont au nombre de trois, à

a).— La théorie de l’auto-intoxication du professeur Bouchard est la plus importante,

Cet auteur remarqua que beaucoup de ses malades chez qui il avait relevé des signes de dilatation de l’estomac présentaient en même temps toute la symptomatologie du mal de Beard. 6

Le traitement et la guérison des troubles stomacaux ayant amené la disparition des troubles nerveux, il émit l’hypothèse que la neurasthénie était toujours consécutive à l’auto-intoxication gastro-intestinale.

Nous résumerons brièvement cette théorie.

La dilatation de l'estomac, qui est au point de départ

pale

de tous les accidents, est due à l’atonie de la muscula-

ture de cet organe. En mème temps, acide chlorhydri-

que du suc gastrique diminue, AHSIQUENNE même dis-

paraît complètement.

Il résulte de ce double fait, la stagnation d’un mé-

lange d'aliments et de liquides provenant de la partie

supérieure du tube digestif, puis des fermentations

anormales, d’où production de toxines solubles qui, résorbées continuellement, vont intoxiquer tout l’organisme et particulièrement les centres nerveux.

Cette théorie n’est pas admise par les neurologistes,

cependant beaucoup d’entre eux reconnaissent qu’il y

a lieu parfois de combaîïtre les troubles dyspeptiques :

qui peuvent dans une certaine mesure entretenir l'état nerveux, surtout quand ils sont très accusés.

b). — Théorie de la viciation de la nutrition due aux

troubles dyspeptiques. — Cette théorie qui a été pro-

posée par Hayem et Winter diffère sensiblement de la précédente.

D'après ces auteurs il ne faut pas attacher une impor-

tance trop grande aux toxines provenant de fermenta-

tions anormales ; ils pensent « que l’on peut incriminer encore bien d’autres substances nuisibles qui prennent naissance pendant le cours des digestions pathologiques, par suite de l'élaboration vicieuse des matériaux

de l’alimentation. Tels sont les principes dérivés des

matières hydrocarbonées et des albuminoïdes, divers

acides volatils et éthers composés, ete. » Il s’agit donc ici d’un trouble dans le chimisme stomacal.

c). — Théorie stomacale réflexe. — Cette théorie

OS de

a été défendue par Leven qui fait jouer au plexus solaire

le rèle principal. | D’après lui les troubles neurasthéniques sont consé-

eutifs à une irritation de la muqueuse stomacale, irri-

tation de cause quelconque qui est transmise au cerveau

par ce plèxus.

Pron, dans sa thèse, soutient la mème théorie. Il ne

peut accepter celle de l’auto-intoxication parce qu'il

pense que tous les symptômes nerveux dus à la dilatation sont d’ordreréflexe ; ce réflexe se produirait dans ee cas sous l'influence de la masse alimentaire stagnante dans l’estomac, qui tiraille d’une façon continue le plexus solaire. |

Il fait remarquer qu'un simple lavage de l’estomac

améliore souvent les troubles nerveux, or il est évident

qu'on ne désintoxique pas l’organisme en quelques se-

condes.

Les partisans de cette théorie reconnaissent également l'influence du cerveau sur l'estomac. :

« Dès que la cellule cérébrale est irritée par un chagrin ou un travail intellectuel trop prolongé, cette irritation se transmet au plexus solaire et l'estomac souffre ; de même toute excitation normale ou anormale du centre nerveux stomacal modifie immédiatément l'état dynamique de la cellule cérébrale (Pron). »

B. — THÉORIES HÉPATIQUES. — a). — Glénard ayant constaté chez beaucoup de neurasthéniques la ptose des viseères abdominaux avait émis l'opinion que les symptômes nerveux étaient engendrés par le relâche-

ment de ces organes. Pour maintenir en place ces der-

sw)

ÉLO es

niers il avait même inventé une sangle qui porte son nom et qui certainement dans certains cas peut rendre de grands services. Quoi qu'il en soit il abandonna sa théorie de l’entéroptlose pour s'attacher à celle de l’hépatisme sorte de diathèse qui résulterait d’une affection du foie sous l'influence soit de l’hérédité, soit des intoxications, soit des infections, soit des émotions. De ce trouble des fonctions hépatiques dépendent, d’après cet auteur, tousles symptômes dyspeptiques'etnerveux que l’on observe chez les neurasthéniques. Il s'agirait donc d’une auto-intoxication parinsuffisance hépatique.

b). — Gilbert et Lereboullet dans ces dernières années ont fait remarquer que très souvent dans le cours des affections évidentes et surtout latentes des voies biliaires on pouvait observer les symptômes caractéristiques de la maladie de Beard.

Ils ont particulièrement insisté sur la ressembiance qui existait entre la symptomatologie de la neurasthénie et celle de la cholémie familiale, affection, disentils, souvent méconnue et décelable par certains petits signes tels que le teint cholémique, jaunâtre, les taches de rousseur très fréquentes, les xanthodermies, les mélanodermies, la tendance au prurit, à la chair de poule, l’hypertrophie plus ou moins accusée du foie et de la rate, la présence de l’urobilinurie.

Ils sont arrivés à conclure qu'un grand nombre de neurasthénies dites primitives devaient être considérées à l’avenir comme des neurasthénies biliaires.

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