‹ Considérations sur la pathogénie de la neurasthénieChapitre 8 sur 22 · THÉORIES NERVEUSES · texte numérisé non relu

THÉORIES NERVEUSES

Obéissant à une tendance bien naturelle, les neurologistes admettent une perturbation primitive du sysième nerveux. De son mauvais fonctionnement dépendent tous les symptômes neurasthéniques, aussi bien

les principaux que les accessoires ; c’est ainsi que les

A, Lan

troubles dyspeptiques sont considérés comme secondaires.

Telle était l'opinion de Charcot : « Un autre phénomène de la neurasthénie, dit-il, c’est cette fameuse dyspepsie dont les malades ont si souvent à souffrir et qui à fait croire à certains cliniciens que tous les désordres neurasthéniques avaient pour point de départ les affections gastriques; tandis que c’est tout le contraire qui est vrai, c’est la neurasthénie qui commence et c’est l'affection de l'estomac qui complète le tableau. »

Quoique partant d’un mème principe, tous les neurologistes n’énvisagent pas la neurasthénie de la mème façon. Il existe actuellement deux théories nérveuses qui cherchent à expliquer les phénomènes nerveux.

L'une, la plus ancienne, est celle de Beard, de Charcot et de presque tous les neurologistes qui se sont occupés particulièrement de la question: Bouveret, Levillain, Gilles de la Tourette,etc..… Bien qu’elle ne puisse donner une explication satisfaisante de «la nature intime du phénomène cellulaire qui se traduit cliniquement par l’asthénie générale et que nous pourrons ignorer longtemps encore « (Brissaud), elle n'en reconnait pas moins l'existence réelle de cette asthénie.

| L'autre, plus récente, considère laneurasthénie comme

une maladie psychique.,

Nous exposerons brièvement ces deux théories très

différentes l’une de l’autre.

a). — Théorie nerveuse pure, mécanique ou dynamique. — Comme nous venons de le voir c’est la théorie

la plus généralement admise par les neurologistes,

La

Pour Raymond le syndrome neurasthénie est une « dépression générale du système nerveux, une diminution de son potentiel, une faiblesse irritable de celuici, une asthénie de tout l’appareil dans ses fonctions psychiques, sensitives, motrices, vaso-motrices, tro” phiques ». Û

Pour Brissaud Ja neurasthénie consiste en une « diminution de l’énergie nerveuse soit dans les petits appareils périphériques des viscères, soit dans les grands appareils centraux de la moelle ou du cerveau ».

Pour Mathieu c'est « un état de faiblesse du sysième nerveux indépendant d’une lésion de la nutrition ».

De Fleury pense que la neurasthénie est due « à un abaissement de la tonicité, de la vitalité du système nerveux se traduisant par un amoindrissement fonctionnel des deux catégories de phénomènes nerveux centrifuges suivants : motricité et sécrétion glandulaire >».

Pour lui, la déchéance physique très réelle qui résulte de l'insuffisance de l’innervation retentit bientôt sur l’état mental du neurasthénique. ï

Le malade a en effet conscience du: fonctionnement

défectueux de son organisme tout entier, d’où ces sen-

timents de tristesse, d'inquiétude, cette impossibilité

de fixer son attention, cette asthénie psychique qui lui sont si particuliers.

L'auteur subordonne donc bien nettement l’état mental à l’état physique.

Il arrive à cette conclusion partagée par la grande majorité des neurologistes :

1° Que les phénomènes nerveux de la maladie de

Beard sont primitifs et que la dyspepsie les entretient ou les aggrave, mais ne les crée point de toutes pièces.

2° Que cependant l’état mental du neura$thénique n'est pas créateur desymptômes comme dans l’hystérie.

b). — Théorie psychique.— Cetteseconde théorie nerveuse esi soutenue depuis quelques années par le professeur Dubois, de Berne, etle professeur Dejerine. Elle diffère complètement de toutes les théories que nous venons d'exposer.

D'après ces auteurs, tous les troubles dont se plaignent les neurasthéniques sont purement subjectif,

l’état somatique est sous la dépendance directe de l’état

mental.

Le trouble fondamental consiste en une sorte de pa-

résie de la volonté ; le malade est dar l'impossibilité

de réagir contre les symptômes physiques provoqués dans la grande majorité des cas par des causes morales. Les émotions de toutenature jouent un rôle considérable dans l’apparition de la neurasthénie ; on sait en elfet qu’elles sont susceptibles d’agir . directement sur les organes à muscles lisses et d’en troubler le fonctionnement. — Si la volonté est incapable d’exercer son influence sur les actes involontaires, du moins elle peut agir indirectement sur eux en provoquant des états émotionnels.

Chez l'individu normal la volonté réussit à supprimer | les émotions et du même coup les troubles organiques qu’elles ont provoqués.

Le neurasthénique, au contraire, par suite de son manque de volonté, ne peut plus réagir ; il résulte de

cette aboulie que les troubles organiques survenus à l’occasion d’un choc quelconque, au lieu de disparaitre rapidement, s'installent à demeure, se localisent sur tel ou tel organe, souvent sur plusieurs, augmentent d’intensité ‘et finissent bientôt par simuler une véritable affection organique.

Cette conception pathogénique s'adapte non seulement à la neurasthénie, mais à toutes les psychonévroses.Si elle est vraie ilest logiquement inutile de diagnostiquer l’hystérie de la neurasthénie, la neurasthénie des obsessions et des phobies ou de la mélancolie légère, puisque toutes ces affections relèvent, d’après la , pathogénie, d'un même traitement: la psychothérapie.

Cette théorie psychique est d’une simplicité extrême et séduit au premier abord.

Les résultats remarquables qu’obtient le professeur Dejerine dans son service de la Salpêtrière semblent bien prouver que cette théorie est exacte dans de nombreux cas. Nous aurons à nous demander s’il est pos-

sible de l’adapter à tous les états neurasthéniques.

En résumé on peut dire qu'il existe actuellement trois grands groupes de théories pathogéniques de la neurasthénie: À

4° Les unes attribuent une importance considérable aux troubles organiques, et y subordonnent les symp-: tômes nerveux :

2° Les autres admettent une fatigue réelle et primitive du système nerveux tout entier, fatigue dont le malade prend peu à peu conscience : les troubles psy-

chiques qui constituent l’état mental si particulier du

47 Bi 4 neurasthé nid u

D) Une aut e enfin prétend que ! tout est lan ee

nur dus

la neurasthénie, maladie avant tout psychique. Il existe |

HP

rs 4 VER ne un trouble pis if de ris fie Pose à tous les

Ru

Page 1