‹ Considérations Sur La Pathogénie Des Fistules OmbilicalesChapitre 6 sur 19 · PORTE · texte numérisé non relu

PORTE

Orseevarion III (Tirée de la thèse de Gauderon et résumée)

Meger, Marie, âgée de 6 ans et demi, entre le 29 avril 4874 à l'hôpital Sainte-Eugénie, où elle est couchée à la salle Sainte-Marguerite, lit n° 2, service da docteur Triboulet. Elle présente depuis le 26, c'est-à-dire depuis trois jours, au niveau de l’ombilic une petite tumeur que l’on a pris pour une hernie ombilicale, sans doute étranglée, car elle s'accompagne de douleurs abdominales, de vomissements incoercibles. Cependant il y avait des selles diarrhéiques. Le facies est péritonéal, les yeux excavés, les traits tirés. À l’auscultation on constate l'existence de frottements pleuraux à droite et en avant. La toux est fréquente et fort pénible.

30 avril. — Le Dr Triboulet fait enlever l'appareil placé sur la prétendue hernie ombilicale, et il jaillit du point correspondant à la cicatrice un jet de pus jaunâtre, bien lié, inodore. La quantité qui s'évacue est abondante, évaluable à un litre et demi environ. L’écoulement une fois achevé on peut examiner la région atteinte, et l’on voit que l'ombilic à été distendu, qu'il avait revêtu l’aspect d’une tumeur acuminée, violacée et inclinée à la périphérie, et que le sommet de cette tuméfaction est le siège d’un orifice de dimensions assez restreintes qui a donné issue au pus.

L’abdomen n’est plus sensible à la pression. Du reste les parois du ventre ne présentent en aucun point l'induration que l’on perçoit dans les phlegmons sous-péritoneaux ou dans le phlegmon de la paroi ellemême. En somme c’est toujours, semblable avec lui-même, le cadre symptomatologique de la péritonite suivie de perforation.

L'enfant à 4 selles diarrhéiques, mais elle n’a ni vomissements, ni hoquet.

Le soir nouvelle selle diarrhéique.

Le 2 mai. — L'’écoulement purulent est réduit à peu de chose.

AS = L'abdomen n'offre aucune trace de ballonnement, ni de douleur. L’appétit est bon, mais la toux sèche et diaphragmatique persiste.

Le 20 mai. — Après quelques alternatives de bien et de mal, après avoir donné tantôt du pus franchement phlegmoneux, tantôt du pus ou de la sérosité plus ou moins sanguinolénts, là fistule est tarie, et elle est entièrement oblitérée le 4° juin. Les téguments sont toujours souples et d'une indolence parfaite. La petite malade qui pendant toute la période d'état de son affection s’était tenue fortement incurvée en avant, à retrouvé toute sa rectitude de position et part en convalescence pour Épinay.

Réflexions. — On le voit, le fableau est un peu monotone et ce sont loujours des faits analogues que nous avons à présenter au lecteur, bien que le point de départ soit différent dans chacun des cas cités. Dans l’espèce nous avons affaire à une péritonite idiopathique (?) chez une petite fille de # ans. Le püs se forme, disténd l’ombilic. Celui-ci S ’abcèlle, laïsse écoulèr le produit liquide du processus inflammatoire, el finalement l'orifice se trouve obliléré eu moins d’un mois. On se demande même, en étudiant de pareils faits, si l’on est bien en droit de les qualifier de fistules ombilicales. Tout abcès phlegmoneux livré à lui-même s'ouvre, el reste ouvert un temps plus où moins long. Les bubons inguinaux se tertinent par une ulcérätion des téguments, lorsque le bistouri ne devance pas avec avantage l'effet de jé évolution spontanée ( de la lésion ; l’orilice reste permanent trois semaines, un mois, six semaines : personne n’à cependant songé à créer une fistule inguinale spéciale.

Mais l’orifice d'ouverture peut réellement se constitüér en trajet fisluléux, témoin lé Cas suivant qui n’est pas sans

intérêt (1). L'état général du malade est mauvais : il ya une pleurésie qui languit et se traîne ; bientôt surviennent les symptômes locaux et généraux de péritonite sur lesquels nous ne reviendrons pas. Bref, pleurésie et péritonite deviennent purulentes simultanément, et le pus ne tarde pas à jalir, tant dans les espaces intercostaux, qu’au niveau de l’ombilic. Les deux orifices restent ouverts pendant 8 mois sans que la suppuration larisse. Au bout de ce laps de temps, ils se ferment l’un et l’autre. Ici il y a véritablement existence de fistules, dont la longue durée est du reste expliquée par l'état général du malade, qui était exécrable.

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